‹ Traité de chimie minérale, végétale et animale (volume 5)Chapitre 64 sur 95 · SI I · texte numérisé non relu

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moins il reste d’arsenic. Pour enlever ce dernier métal, il existe plusieurs méthodes; je vais les indiquer toutes, parce que l’une convient dans un cas, l’autre dans un autre cas.

i” On dissout le mélange grillé dans de l’acide hydrochlorique concentré, on filtre la liqueur, on l’évapore à siccité, et l’on chauffe la masse presque jusqu’au rouge. Ij’arsenic que le minerai grillé retenait encore, est converti, par ce moyen, en acide arsenique et se dissout; mais en chassant l’excès d’acide hydrochlorique, les arséniates métalliques deviennent insolubles dans l’eau qui dissout , par conséquent , du chlorure de nickel exempt d’arsenic. Si le minerai contenait beaucoup de fer, la portion non dissoute est de l’arséniate ferrique, et la dissolution renferme du fer. Si, au contraire, la mine renfermait assez peu de fer, pour qu’il n’y en ait point dans la dissolution de chlorure de nickel, le résidu insoluble retient du nickel, et en quantité d’autant plus grande, que le grillage a laissé plus d’arsenic.

2^ On mele le minerai grillé, dans un creuset, avec de l’acide sulfurique concentré, et on expose le mélange à une douce chaleur, qui ne doit pas s’élever jusqu’au rouge, de sorte que l’excès d’acide sulfurique puisse se volatiliser; on'dissout le sulfate dans l’eau, on ajoute du sulfate potassique à la dissolution, et on l’évapore jusqu’au point de cristallisation. On obtient ainsi un sulfate double potassique et niccolique, qui, d’après les essais de Proust et de Richter, ne renferme point d’arsenic.

Pour éviter le grillage, qui exige beaucoup de temps, Thomson à proposé de dissoudre le minerai de nickel dans un mélange d’acide sulfurique et d’acide nitrique; une partie de l’arsenic cristallise pendant le refroidissement de la liqueur, à l’état d’acide arsénieux. On ajoute du sulfate potassique à la liqueur, et on la fait cristalliser, pour obtenir le sel double déjà cité; mais il ne faut pas considérer ce sel comme exempt des oxides métalliques contenus dans le minerai de nickel , qui

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produisent avec le sulfate potassique des sels doubles ^ ayant la même forme et la même composition , que le sel niccolique, dans les cristaux duquel ils entrent à l’état de simple mélange.

3° On dissout le minerai grillé dans l’acide hydrochlorique , on ajoute du nitrate ferrique à la dissolution ; puis on la sature par Tammoniaque caustique, qu’on y verse par petites portions. On obtient d’abord un précipité blanc, puis un autre brun rougeâtre. IjC premier est de l’arséniate ferrique, le deuxième de l’oxide ferrique, ou du moins du sousarséniate ferrique. Si, au lieu d’un précipité rouge, c’en est un vert qui succède au blanc, il se précipite de l’arséniate niccolique, et alors il faut verser plus de nitrate ferrique dans la liqueur. Lorsque la plus grande partie de l’oxide ferrique s’est précipitée , on fait bouillir la liqueur pour séparer les dernières portions de fer à l’état de sousnitrate ferrique. Cette méthode a été indiquée, dans ses parties essentielles, par Berthier.

4° Le minerai ayant été grillé et fortement calciné, on le dissout dans l’acide nitrique, et on neutralise la dissolution par un alcali, jusqu’à ce qu’on voie paraître un précipité. On y verse alors , goutte à goutte , une dissolution d’acétate plombique, jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité; celui-ci consiste en un mélange de sousarséniate plombique et d’arséniate ferrique, et la liqueur est rendue acide par de l’acide acétique, qui ne peut pas retenir en dissolution ces deux sels. On fait ensuite passer un courant de gaz sulfide hydrique à travers la liqueur, pour précipiter l’excès d’oxide plombique. A cet égard, il faut remarquer qu’on ne peut point employer le nitrate plombique à la place de l’acétate; car la liqueur renfermerait de l’acide nitrique libre, qui retiendrait une partie de l’acide arsenique en dissolution.

5^ On pulvérise grossièrement le minerai non grillé, et on l’introduit dans un petit appareil distillatoire, à travers lequel on fait passer lentement un courant de

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chlore gazeux. En chauffant très -doucement la poudre.^ il se formé des chlorures d’arsenic et de soufre, si toutefois le minerai renferme du soufre et de l’arsenic. Ces deux chlorures distillent, tandis qu’il reste dans la cornue des chlorures de nickel, de fer, de cobalt, etc., exempts d’arsenic, et solubles dans l’eau. Cette méthode est préférable à toute autre dans les expériences analytiques qui exigent beaucoup de précision.

6° Mais une autre méthode plus sûre encore, moins dispendieuse et d’une exécution plus facile, a été trouvée par Wœhler. Le minerai non grillé est réduit en poudre fine, et mêlé avec trois parties de potasse et autant de soufre; on chauffe ce mélange dans un creuset de Hesse couvert, d’abord doucement, pour que la masse ne passe pas par-dessus les bords du creuset; puis jusqu’au rouge, afin de la faire entrer en fusion. Quand elle est refroidie, on la concasse, et on la jette dans l’eau qui dissout le sulfure de potassium avec la totalité de l’arsenic, et laisse une poudre cristalline, douée de l’éclat métallique, qui est du sulfure de nickel entièrement exempt d’arsenic. La liqueur ayant été décantée, on lave le résidu à plusieurs reprises avec de l’eau, et de préférence avec de l’eau chaude, jusqu’à ce que celle-ci n’exerce plus de réaction hépatique. Pour exécuter ce lavage, il n’est pas nécessaire de mettre la poudre sur un filtre, parce qu’étant pesante, elle se dépose très-promptement; de sorte qu’on peut la laver facilement dans le vase même. Il est à remarquer que la masse ne doit pas être chauffée avec trop de force ; car le sulfure de nickel s’agglomérerait en grumeaux lamelleux , qui pourraient retenir en mélange un peu de foie de soufre arsenifère, et seraient par conséquent plus difficiles à laver. Le sulfure de nickel est dissous dans de l’acide nitrique, ou, ce qui est moins coûteux, dans de l’acide sulfurique, auquel on ajoute peu à peu de petites quantités d’eau-forte. Voici quelle est la théorie de cette opération. Le potassium , le nickel et l’arsetiic sont sulfurés; la combinaison de soufre et d’arsenic qui en

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