OXIDES DE MANGANÈSE
entre ces radicaux et les métaux proprement dits, il ^s’oxide, soit à l’air libre, soit dans l’eau, de sorte qu’il est aussi difficile de le conserver à l’état métallique , que le potassium et le sodium. Il se ternit à l’air, prend une couleur jaunâtre ou violette, et se convertit rapidement en une poudre noire. Dans l’eau il dégage du gaz hydrogène; il s’altère peu dans l’alcool, quoiqu’il finisse aussi, au bout de quelque temps, par s’y réduire en poudre. On peut le conserver dans le mercure, mais il paraît être dissous en partie par ce métal. Comme il surnage le mercure, il est nécessaire de le tenir dans un vase renversé. Cependant le mieux est de le conserver dans l’huile de pétrole, ou de l’introduire dans un tube de verre, dont, à l’aide de la lampe, on ferme les deux bouts, le plus près possible du métal. Black recommande de le couvrir d’un vernis résineux incolore. Oxides de manganèse. Nous connaissons au manganèse cinq degrés d’oxidation , dont deux sont des oxides, le troisième un suroxide, et les deux derniers des acides. On avait été porté à croire que ce métal pouvait donner naissance à des sous-oxides , dont l’un serait la poudre brune, dans laquelle il se transforme, quand il absorbe l’oxigène de l’air, et dont l’autre se formerait, d’après les expériences de John , quand le manganèse s’oxide sous l’eau pure. Cependant le premier de ces oxides n’est autre chose qu’une combinaison de l’oxide manganeux avec l’oxide manganique, analogue à l’oxide ferroso-ferriqiie, et mêlée avec des paillettes brillantes de carbure de manganèse , qui, lorsqu’on verse de l’eau dessus, dégagent lentement un gaz hydrogène dont l’odeur est désagréable. Si l’on y ajoute , au contraire, de l’acide hydrochlorique , on obtient de suite une dissolution brune, qui exhale du chlore, pendant que les paillettes se dissolvent, en dégageant du gaz hydrogène, et laissant un résidu de charbon. Le deuxième de ces prétendus sous-oxides est de couleur verte, et contiendrait , d’après la donnée de John , 1 5 parties d’oxigène sur 100 de métal ; chauffé dans du gaz acide
OXIDES DE MANGANÈSE. ‘lij^
carbonique, il donnerait du carbonate inanganeux, tandis qu’une partie de l’acide serait réduite à l’état de gaz oxide carbonique. Les expériences de John n’ont pas été répétées ; mais il existe plusieurs motifs pour considérer cet oxide comme de l’oxide manganeux, dont la couleur semble plus claire, parce qu’il est plus divisé.
I® Oxide manganeux. C’est lui principalement qui sert de base aux sels de manganèse. Selon Faraday, le procédé le plus facile pour le préparer , consiste à réduire le suroxide naturel pur en poudre fine, après l’avoir fortement calciné, à le mêler avec du sel ammoniac en poudre, et à chauffer le mélange très-lentement jusqu’au rouge obscur. L’oxide manganique est réduit par l’hydrogène de l’ammoniaque, et le manganèse qui en résulte forme du chlorure manganeux avec le chlore du sel ammoniac. Si l’oxide manganique se trouve en léger excès, le chlore ne se combine avec aucune autre base; après le refroidissement de la masse , on dissout le chlorure dans l’eau, et on précipite la dissolution par un carbonate alcalin. On peut aussi préparer le carbonate manganeux, en calcinant le suroxide de manganèse, et le délayant ensuite dans de l’acide sulfurique concentré ; la masse s’échauffe, et se prend en un sel qu’on fait rougir pendant quelque temps.. On verse de l’eau sur le résidu, et on ajoute de l’ammoniaque à la dissolution saline, jusqu’à ce qu’il ne se précipite plus d’oxide ferrique. Dès que la liqueur est incolore, et que le précipité devient blanc, la dissolution ne contient plus que du manganèse, que l’on précipite par un carbonate alcalin. Pour obtenir l’oxide manganeux à l’aide du carbonate, on calcine ce sel au rouge obscur, dans un vase, à travers lequel on fait passer un courant de gaz hydrogène pendant toute l’opération, et jusqu’à ce que l’appareil soit refroidi.
L’oxide manganeux ainsi obtenu est d’un vert grisâtre plus ou moinsi’oncé. ïl absorbe l’oxigène de l’air; et quand on l’y exposependant qu’il est encorechaud, il s’enflamme, brûle, et laisse une poudre d’un brun foncé, dont je