‹ Traité de chimie minérale, végétale et animale (volume 5)Chapitre 78 sur 95 · OXIDES DE MA.NGANÈSE · texte numérisé non relu

OXIDES DE MA.NGANÈSE

semblent à des choux-fleurs, tantôt sous forme terreuse. L’hydrate cristallisé ressemble tellement au suroxide de manganèse, que les minéralogistes les ont confondus l’un avec l’autre jusqu’à l’époque où Arfvedson , examinant un manganèse cristallisé, extrêmement beau, provenant des mines d’Undenàs en Vestrogothie, trouva qu’il contenait, non pas du suroxide, mais de l’oxide manganique combiné avec de l’eau. Les minéralogistes lui ont donné le nom de mangaiiite. L’hydrate manganique ne pouvant remplacer le suroxide que dans un petit nombre de cas, il est utile d’avoir un moyen qui permette de les distinguer l’un de l’autre; l’épreuve la plus sûre consiste à les réduire en poudre : le suroxide reste noir, tandis que l’hydrate pur devient d’un brun hépatique clair. La nature nous offre souvent un mélange de ces deux corps. On reconnaît, à la couleur plus foncée de la poudre, que l’hydrate contient du suroxide; d’un autre côté, quand on chauffe ce dernier dans un tube de verre, on voit, par la quantité d’eau qu’il fournit, s’il contenait de l’hydrate. L’hydrate manganique renferme 10 pour cent d’eau, dont l’oxigène est le tiers de celui qui se trouve dans l’oxide. Le borax et le phosphate ammonico-sodique dissolvent , au chalumeau , l’oxide manganique; et le verre qu’on obtient, et qui est coloré en rouge ou en violet , suivant qu’il contient plus ou moins d’oxide , conserve cette teinte tant qu’on le tient dans la flamme extérieure. Dans la flamme intérieure, au contraire, il se décolore, parce que l’oxide manganique est réduit à l’état d’oxide manganeux ; mais on peut lui rendre sa eouleur en le chauffant pendant long-temps dans la flamme extérieure , où l’oxide reprend l’oxigène qu’il avait abandonné.

L’oxide manganique est composé de 69,75 parties de métal, et 3o,2 5 d’oxigène, ou de 100 du premier, et de 45,37 ùu second.

Les deux oxides précédons, de même que ceux de fer, se combinent l’un avec l’autre ; d’où résulte une combinaison que nous appellerons oxide rnanganoso-rnan-

OXIDES DE MilNGAJNÈSE.

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ganique^ et qui prend naissance toutes les fois qu’on chauffe fortement un oxide quelconque de manganèse. Ce double oxide est d’une couleur brune hépatique; il est impossible de le distinguer, au simple aspect, de î’bydrate inanganique, quand celui-ci est réduit en poudre fine. On le trouve dans le règne minéral, et les minéralogistes le désignent sous le nom àhausmajinite. Ordinairement on l’obtient, soit en calcinant l’hydrate manganique jusqu’au rouge blanc, opération pendant laquelle il abandonne d’abord de l’eau, puis du gaz oxigène, soit en faisant rougir le carbonate manganeux en vases ouverts. Lorsqu’on verse dessus un acide étendu, surtout de l’acide nitrique, il se transforme en oxide manganeux, qui se dissout, et, comme je le ferai voir plus loin, en hydrate de suroxide qui reste. Les chimistes ont cru pendant long-temps que cette combinaison consistait en oxide manganique, et que l’hydrate manganique était du suroxide de manganèse préparé par la voie humide, jusqu’à ce qu’Arfvedson fit voir qu’il est composé d’oxides manganique et manganeux dans une proportion telle, que le premier contient trois fois plus d’oxigène que le dernier. Il renferme 27,^2 5 pour cent d’oxigène, c’est-à-dire qu’il est composé de près de 69 parties d’oxide manganique, et 3i d’oxide manganeux. C’est probablement de cet oxide que provient la couleur d’améthyste, que le manganèse donne à quelques-uns de ses sels, à l’acide silicique dans l’améthyste, et au verre qui a cette teinte.

3*^ Siiroxide de manganese (manganèse). C’est en calcinant, dans des vaisseaux clos, cet oxide désigné par les minéralogistes sous le nom de pyrolusite ^ qu’on se procure ordinairement le gaz oxigène. Dans cette opération le suroxide se convertit en oxide manganique , ou , quand le feu est plus fort , en oxide manganosomanganique. Tel qu’on le trouve dans la nature, il est d’un gris d’acier, doué de l’éclat métallique , et cristallisé en aiguilles qui sont réunies en une masse compacte et pesante. Quelquefois on le rencojitre à l’état de pu-

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