‹ Traité de chimie minérale, végétale et animale (volume 5)Chapitre 84 sur 95 · PHOSPHATES · texte numérisé non relu

PHOSPHATES

l’air, les nitrites se changent, par l’ébullition, en nitrates neutres.

On ne connaît point de nitrite acide. Dans les nitrites basiques, il y a 2 ou 4 b)is autant de base que dans les sels neutres.

Phosphates. Lorsque ces sels sont à l’état solide, on reconnaît la présence du phosphore, en faisant fondre au chalumeau, sur du charbon, une petite quantité du sel mêlé avec de l’acide borique; quand la masse ne se boursouffle plus, et que le verre est en fusion tranquille, on y ajoute un petit morceau de fil de fer fin; puis on chauffe le globule aussi fortement que possible. L’acide phosphorique est réduit ; et le phosphore forme avec le fer un pliosphure qui fond en un globule, qu’on retire avec le bout d’un couteau aimanté, après avoir cassé le verre refroidi. Si le sel ne contient pas assez de phosphore pour fondre tout le fer, le fil de fer est plus gros à l’endroit où sa surface est couverte de pliosphure fondu ; cet effet doit être distingué d’une inégalité qui, lorsque le fer ne contient point de phosphore, provient de ce que les extrémités se sont oxidées, tandis que le milieu est resté intact.

Quand le phosphate est h. l’état de dissolution , on découvre l’acide phosphorique par l’addition de l’eau de , chaux, qui précipite du phosphate calcique, sous forme d’une matière blanche, floconneuse et presque gélatineuse, dans laquelle on découvre la présence du phosphore en la traitant au chalumeau, avec l’acide borique et du fil de fer. Les phosphates métalliques insolubles dans feau , ou ceux dans lesquels la réduction du métal rendrait le résultat confus , sont dissous dans un peu d’acide hydroclîlorique, ou mêlés avec cet acide; après quoi on sature la liqueur acide, à froid, avec de l’hydrate ferrique récempient précipité, on la filtre et on la fait bouillir : il se précipite alors un soussel ferrique qui contient l’acide phosphorique ; on en démontre la présence comme ci-dessus, au moyen de l’acide borique et du fer. Thénard et Vauquelin ont indiqué le moyen sui-

PHOSPHITES.

vant pour constater la presence du phosphore dans un sel. On met Techantillon au fond d'un tube de verre fermé, et après avoir chassé toute humidité, on y ajoute du potassium et on chauffe ; l’excès du potassium se sublime. Après le refroidissement, on met du mercure dans le tube, on le chauffe doucement jusqu’à ce que le potassium soit combiné avec lui , et on le verse hors du tube; on y souffle ensuite de l’air humide, et on retire la matière après quelques instans; si elle renfermait du phosphore , elle répand une odeur très-sensible de phosphure d’hydrogène.

Un autre caractère des phosphates consiste en ce que leurs dissolutions neutres, mêlées avec du nitrate plombique, donnent un précipité qui, fondu au moyen du chalumeau, prend, au moment oh il se solidifie, des facettes cristallines, propriété particulière au phosphate plombique.

L’acide phosphorique se combine, avec les mêmes bases, dans un plus grand nombre de proportions qu’aucun autre acide, excepté l’acide arsenique, qui se comporte, sous ce rapport , comme l’acide phosphorique. Celui - ci forme, d’une part, des sels acides, dans lesquels la quantité d’acide est une fois et un tiers, une fois et demie et deux fois aussi grande que dans le sel neutre; et, d’une autre part, des soussels qui contiennent une fois et un quart, une fois et un tiers, une fois et demie, deux fois, deux fois et demie et trois fois autant de base que le sel neutre. Cependant l’acide ne se combine pas avec toutes les bases dans ces proportions, mais seulement avec quelques-unes; et plusieurs de ces combinaisons ne sont pas un produit de l’art, mais de la nature. Le plus fréquemment, il y a dans ces sels deux fois autant d’acide et une fois et demie autant de base que dans les sels neutres, dans lesquels l’oxigène de l’acide est ^ celui de la base comme 5 est à 2.

Phosphites. Relativement à la présence du phosphore , ils offrent les mêmes caractères que les phosphates; mais ils en diffèrent en ce qu’ils donnent, par

CHLOIIITES. 349

la calcination, du phosphore et du gaz hydrogène, ou du gaz phosphure d’hydrogène qui s’enflamme, et laissent pour résidu un phosphate , ayant ordinairement une teinte rougeâtre, qui tient à la présence d’un peu de phosphore, dans un état particulier, dans lequel il n’est pas volatilisé par la chaleur rouge. Leurs dissolutions ont une saveur alliacée d’acide phosphoreux, réduisent les dissolutions d’or, d’argent et de mercure, avec lesquelles on les fait chauffer, et en précipitent les métaux à l’état réduit. Les phosphites moins solubles, qui se précipitent par double décomposition, restent ordinairement long -temps dissous dans la liqueur, mais se précipitent presque totalement par l’éhullition ; beaucoup d’entre eux produisent, quand on les chauffe en vase clos, un phénomène de lumière très-vif, et passent à l’état de phosphate. Ce phénomène est analogue à celui que présentent la zircone, l’oxide chromique et plusieurs autres corps.

Il existe des sousphosphües , dans lesquels la base se multiplie par 2 et par 4-

Hypophosphites . Ils ressemblent aux précédens , par rapport aux réactions du phosphore; mais on les en distingue en ce qu’ils ne sont pas précipités, comme eux, par l’eau de chaux ou l’eau de baryte ; ils sont tous solubles dans l’eau, et se transforment, par la calcination, en phosphates. Leurs différens degrés de saturation n’ont pas été étudiés.

Chlorates. Ils détonent fortement quand on les chauffe avec du charbon ou avec un autre corps combustible; traités par l’acide hydrochlorique, ils donnent du chlore et de l’oxide chlorique. Par la calcination, ils se transforment en chlorures, en dégageant de l’oxigène. On ne connaît à ces sels qu’un seul degré de saturation.

Chlorites. Ils ont l’odeur et la saveur de l’acide chloreux , blanchissent et détruisent les couleurs végétales. L’acide hydrochlorique en dégage du chlore ou de l’oxlde chlorique. Si l’on fait passer du gaz acide ca'rhonique à travers une dissolution qui contient un mé-

lO DATES.

lange de chlorite et de chlorure, les deux sels sont décomposés peu à peu , et il se dégage du chlore. Cette réaction tient à ce que l’acide chloreux oxide, à mesure qu’il est mis en liberté, une, partie du chlorure, de manière que du chlore est mis en liberté , et s’échappe avec le courant de gaz acide carbonique. Il existe des sous-chlorites dans lesquels la quantité de base est doublée.

lodates. Ils détonent faiblement avec les corps combustibles, donnent du gaz oxigène, quand on les calcine, et laissent des iodures. On ne sait pas encore si les iodates ont différens degrés de saturation.

Borates. Décomposés ])ar l’acide sulfurique étendu et bouillant, ils laissent déposer, par le refroidissement, des paillettes cristallines d’acide borique ; lorsqu’on évapore à siccité la liqueur acide, et qu’on fait digérer la masse avec de l’alcool, celui-ci acquiert la propriété de donner une flamme verte quand on le brûle sur un peu de coton; la couleur verte est toujours très-sensible, du moins vers la fin, même quand l’acide borique est en trop petite quantité pour qu’on puisse l’obtenir cristallisé. Turner indique la méthode suivante pour reconnaître, au moyen du chalumeau, la présence d’une petite quantité d’acide borique , combiné avec d’autres corps. On mêle une partie de spath-fluor, réduit en poudre fine par la lévigation , avec quatre parties et demie de bisulfate potassique sec; on ajoute ce flux à un poids égal de la substance que l’on veut examiner, et qui a été triturée; on humecte légèrement la masse, et on la fixe sur le chas d’un fil de platine mince et recourbé , après quoi on la chauffe au chalumeau , en la tenant un peu dans la pointe de la flamme bleue ( c’està-dire un peu plus près de la mèche que l’extrémité de la flamme bleue); au moment oîi la masse entre en fusion , elle s’entoure d’un beau feu vert , si elle renferme de l’acide borique ; mais ce phénomène passe trèsrapidement , de sorte qu’il faut bien saisir l’instant où il se manifeste, car il ne peut être reproduit par la même masse. Par ces moyens, on reconnaît, avec assez

OXALATES.

tie sûreté, la présence de l’acide borique, mais, du reste, nous manquons de réactifs pour l’isoler quand il est en petite quantité. La plupart des borates sont trèsfusibles au chalumeau , et fondent avec une espèce de boursoufflement occasionné par de l’eau qui se volatilise. Relativement aux divers degrés de saturation de l’acide borique, je renvoie à ce qui a été dit page io6 du deuxième volume.

Carbonates. Les acides les dissolvent avec effervescence, due au dégagement de l’acide carbonique. La plupart d’entre eux perdent l’acide carbonique par la calcination ; les autres l’abandonnent lorsqu’on les calcine fortement, après les avoir mêlés avec de la poudre de charbon; pendant celte opération, il se dégage du gaz oxide carbonique.

L’acide carbonique forme , avec les bases, des sels acides dans lesquels l’acide est multiplié par r et par 2 , et des sels basiques qui contiennent deux et quatre fois autant de base que les sels dans lesquels l’oxigène de l’acide est double de celui de la base, et que l’on considère ordinairement comme des carbonates neutres.

Oxalates. A l’état de dissolution , on les reconnaît par le précipité qu’ils donnent avec les sels de chaux , même quand la liqueur est légèrement acide, et par leur propriété de précipiter l’or à l’état métallique de sa dissolution bouillante. A l’état solide ils sont décomposés par la distillation, sans être charbonnés. Les bases qui retiennent l’acide carbonique à la chaleur rouge ( les alcalis fixes, la baryte, la strontiane et la chaux), restent à l’état de carbonate, et dégagent du gaz oxide carbonique ; les bases qui perdent l’acide carbonique , mais qui ne peuvent être réduites ( la magnésie , les terres proprement dites, les oxides manganeux, céreux et chromeux), restent à l’état d’oxide, pendant qu’il se dégage un mélange, à volumes égaux, de gaz acide et de gaz oxide carboniques; enfin les bases qui sont faciles à réduire donnent un résidu de métal, avec dégagement de gaz acide carbonique; la plupart des métaux

Page 1