‹ Traité de chimie minérale, végétale et animale (volume 5)Chapitre 83 sur 95 · NITRATES · texte numérisé non relu

NITRATES

pour cette raison que ces sels détonent légèrement avec le nitre.

L’acide sulfureux paraît former, avec les alcalis, des sels neutres qui renferment deux fois autant d’acide que ses combinaisons neutres avec les terres alcalines; il ressemble en cela à plusieurs autres acides faibles, par exemple, aux acides carbonique, molybdique et tungstique.

Hypo sulfites. Sous forme solide, ils présentent les mêmes caractères que les sulfites; mais lorsqu’on les calcine, dans des vaisseaux fermés, une moitié de ces sels passe à l’état de sulfate, tandis que l’autre moitié est transformée en sulfure métallique. Mêlés, sous forme de dissolution, avec de l’acide bydrochlorique , ils dégagent de l’acide sulfureux sensible à l’odeur, et donnent de suite, ou au bout de quelque temps, un dépôt de soufre; en chauffant la liqueur, le précipité se forme très- promptement. On peut aussi les reconnaître à ce qu’ils dissolvent du chlorure argen tique récemment précipité, en prenant une saveur sucrée. Une liqueur qui ne contient point de sulfate, mais qui contient un hyposulfite, donne, lorsqu’on la mêle avec une dissolution de nitrate argentique neutre, un précipité blanc, qui devient en peu de temps brun , et à la fin noir. D’après cela, Pfaff regarde le nitrate argentique comme un réactif très-sensible, pour découvrir les hyposulfites. Quand ces sels se trouvent, dans une dissolution, mêlés avec des sulfosels ou avec un sulfure métallique soluble (foie de soufre), il n’est pas très • facile de reconnaître leur présence. Il faut alors précipiter le soufre non oxidé par un sel plombique ou cuivrique; car ces bases forment, avec l’acide hyposulfureux, des sels solubles, que l’on traite ensuite, comme je viens de le dire, par l’acide bydrochlorique. On ignore dans quelle proportion les hyposulfites deviennent acides ou basiques.

Nitrates. Mêlés avec la poudre de charbon ou avec un autre '‘corps combustible, ils détonent quand on les chauffe. Lorsqu’ils sont à l’état de dissolution , on re-

NITRITES.

connaît leur présence en mêlant la liqueur avec de Tacide hydrochlorique, en y ajoutant un peu d’or battu, et chauffant le tout : l’or se dissout et la liqueur se colore en jaune. Mais, comme cette réaction peut aussi avoir lieu avec les séléniates , les chromâtes , les bromates et les chlorates, il faut faire suivre cet essai de l’expérience suivante : on dissout un peu de sulfate ferreux dans de l’eau mêlée d’acide sulfurique; on y ajoute la liqueur que l’on veut essayer, et on y pose du cuivre. Si la liqueur renferme de l’acide nitrique, elle prend, après quelque temps, une couleur foncée, verdâtre ou brunâtre, provenant de ce que le cuivre ramène l’acide nitrique à l’état de gaz oxide nitrique, qui se dissout dans le sel ferreux et le colore. Une autre méthode a été indiquée par Liébig. On dissout de l’indigo dans de l’acide sulfurique, on neutralise la dissolution avec de la craie, et on ajoute une petite quantité de cette liqueur à la dissolution que l’on veut essayer et qui a été mêlée préalablement avec de l’acide hydrochlorique. Une quantité d’acide nitrique égale à y^du poids de la liqueur suffît pour transformer en jaune la couleur bleue de quelques gouttes de dissolution d’indigo. Mais cette épreuve présente les mêmes incertitudes que celle avec l’or en feuilles.

L’acide nitrique ne forme point de sels acides; mais il produit des sels avec excès de base, qui contiennent deux, trois et six fois autant de base que le sel neutre.

Nitrites. Ils donnent les mêmes réactions que les nitrates, mais le mélange avec l’acide hydrochlorique ne dissout point l’or; concentré, ce mélange a une couleur jaunâtre , qu’il perd quand on l’étend d’eau , ce qui prouve que cette couleur n’est pas due à la présence de l’or. Les nitrites traités par l’acide sulfurique répandent, même à froid, des vapeurs rutilantes. Leurs dissolutions dégagent très -lentement du gaz oxide nitrique quand on les fait bouillir dans des vases distillatoires , et le sel se transforme en nitrate; les deux tiers de son nitrogène s’échappent â l’état de gaz oxide nitrique, tandis qu’un tiers se convertit en acide nitrique. Au contact de

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