‹ Traité de chimie minerale, végétale et animaleChapitre 14 sur 107 · Sels d^étain · texte numérisé non relu

Sels d^étain

L*étain produit trois ^séries de sels , correspondant à ses trois degrés d'oxydation. L'affinité de l'oxyde stannique est cependant très-&ible, et on n'a encore examiné aucun de ses sels à base de sesquioxyde. L'oxyde stanneux présente les affinités les plus fortes. Malgré cela, les sels stanneux absorbent facilement l'oxygène de l'air, et passent ainsi à l'état de sels stanniques. Le plomb et le zinc précipitent l'étain à l'état métallique de ses dissolutions.

Les sels stanneux ont une saveur métallique et astringente , extrêmement désagréable. Ils sont presque tous incolores ; le cyanure ferroso-potassique les précipite en blanc, les sulfhydrates en brun café. Ils sont précipités en blanc par les alcalis caustiques , dont un excès redissout le précipité. Mêlés avec différents sels métalliques au plus haut degré d'oxydation , par exemple avec les sels ferriques , cuivriques et mercuriques , ils réduisent ces sels à un moindre degré d'oxydation ; et, ajoutés à une dissolution d'or, ils en précipitent Tor à Tétat métallique, ou bien , quand les dissolutions sont très-étendues , sous forme d'une poudre pourpre, qui a été décrite à Tarticle Or.

Les sels stanniques sont incolores , ne réduisent aucun autre sel^ ne forment point de précipité dans la dissolution du chlt)rure auriqae, et sont précipités en jaune sale par le sulfide hydrique. Les sulfhydrates et les alcalis caustiques dissolvent ce précipité.

oa pwmit croiro l'atome de Tacide cyaourénique 7=C^H'N'0' , et oelut-ei an oxacide correspondant au sulfide uréoique. Ce qu'il y a d'incertain dans Tidée de cet acide (ierrail être alors atlribué à quelque erreur dans la capacité de saturation admise, erreur provenant de la difficulté qu'on a à saturer l'acide assez complètement par des bases alciliaes pour donner des sels cristallisés.

Il6 CHLORURE STANIfEUX.

' A. Sels haloïdes ttétain.

Clorure stanneux^SnGX, On prépare le chlorure starmeux anhy^ dre en chauffant de l'étain dans du gaz acide chlorhydrique , ou en mêlant du chlorure mercurique avec un poids égal de limaille d'étain, et exposant le mélange, dans une petite cornue de verre, à une chaleur lentement croissante , jusqu'à ce que le chlorure stanneux distille à la température du rouge hianc. Après le refroidissement, la masse fondue est grise, brillante et douée d*une cassure vitreuse. Lorsqu'on dessèche le chlorure hydraté fortement dans un creuset, et qu'on le distille ensuite dans une cornue, le produit de distillation devient, suivant Capitaine^ blanc et à cassure cristalline. Introduit dans du gaz chlore sec, le chlorure stanneux prend feu, et sur la paroi interne du vase se condensent des gouttes de chlorure stannique anhydre. Le chlorure stanneux anhydre est neutre, et ne diffère du sel cristallisé qu'en ce qu'il ne contient point d'eau.

Pour obtenir du chlorure stanneux age/^i^r ( protochlorure detain), on dissout l'étain dans l'acide chlorhydrique concentré; et , quand Facide est saturé, on évapore la dissolution jusqu'au point de cristallisation; par ce moyen, il est facile d'avoir du chlorure stanneux en gros cristaux incolores. En grand, on opère la dissolution de l'étain dans l'acide chlorhydrique , dans des vases de cuivre bien décapés ; et tant qu'il y a excès d'étain, la dissolution ne contient point de cuivre, parce que ce dernier métal est négatif en contact avec l'étain. Souitiis à la distillation , le sel cristallisé se décompose, donne d'abord de l'eau pure, puis de l'eau et de l'acide chlorhydrique avec une certaine quantité d'étain j après quoi il reste dans la cornue un ^e/ basique qui, à une température plus élevée , se décompose en chlorure stanneux et en oxyde stanneux , dont le premier se sublime et dont l'autre reste.

Le chlorure stanneux possède à un plus haut degré que les oiysels stanneux la propriété de réduire une foule de corps dont Vaf* finité pour l'oxygène est médiocre. Les acides arsénieux et arsënique en sont réduits à l'état d'arsenic, les acides molybdique et tungstique à l'état de combinaisons bleues , les oxydes mercurique et argentique à l'état métallique, les oxydes manganique cuivrique et ferrique au premier degré d'oxydation. L'acide sulfu-

CULORURK STANNEUX. ïl'J

reax est converti en soufre par le chlorure stanneux; le mélange s échauffe y et il se précipite du soufre mêlé doxyde stannique. Si l'acide sulfureux est mêlé d'acide chlorhydrique, il se pi*oduit du chlorure stannique qui se dissout , et du sulfure stannique qui se précipite : 6 atomes de chlorure stanneux et a atomes d acide suIAu'eux donnent naissance à 5 atomes de chlorure stannique et I atome de sulfure stannique (f^o/r 1. 1, p. 743)* D'après f^ogelj il réduit également le cinabre en mercure liquide qui se sépare, et en acide chlorhydrique et sulfide hydrique qui se dégagent. Le cyanure niercurique donne Heu à un développement d'acide cyanbydrique et à un précipité gris , qui est un mélange de mercure métallique et doxyde stannique. Avec l'oxyde plombique il forme du chlorure plombique et de l'oxyde stannique. Il réduit l'oxyde bismuthique en sousoxyde noir. D'après Péligot^ le chlorure stanneux absorbe le gaz oxyde nitrique , avec production d'oxyde et de chlorure stannique.

En teinture on se sert d'une dissolution de chlorure stanneux , connue sous le nom de composition. On la prépare en dissolvant 1 etain , par petites portions , dans un mélange de deux parties d'eau-forte avec une d'acide chlorhydrique; le vase qui contient les acides doit être posé dans de l'eau froide , pour éviter qu'il se forme de l'oxyde stannique, ce qui arriverait si le mélange s'écfaanffait. Cette dissolution se décompose à l'air , ou quand on la chauffe ; quelquefois on ne réussit pas à la préparer : par exemple, quand l'acide nitrique qu'on emploie est plus pur que d'ordinaire, et que l'acide chlorhydrique est faible; car, dans ce cas, il se précipite de l'oxyde stannique. Il faut alors ajouter à la liqueur une plus grande quantité d'acide chlorhydrique, aussitôt ({u'on y voit paraître un précipité. Dans les manufactures de toiles pemtes , le chlorure stanneux ne sert pas seulement comme mordant, mais aussi comme moyen de réduction , particulièrementpour ramener au premier degré d'oxydation les oxydes mang^nique et ferrique fixés sur les étoffes.

Chlorure stanneux monobasiquejSnGl+Sn, Il se produit quand on verse beaucoup d'eau sur le chlorure stanneux cristallisé, ou quand on le décompose avec moins de potasse qu'il ne faut pour avoir une décomposition complète. II se sépare une poudre légère, d'un blanc laiteux, qui est le sel basique en question. Le chlorure et l'oxyde stanneux y contiennent la même quantité d*é*

Îl8 CHLORURE STANÜflQUE.

tain. Il renferme 9, 5 5 pour centou ^atomes dVaii de cristallisation. Ce sel se dissout dans la potasse caustique , et au bout de quelque temps la dissolution dépose de Tétai n métallique, une partie de Toxjde stanneux réduisant lautre, pour donner naissance à cette combinaison saline de potasse et d*oxjde stannique, dans laquelle ce dernier joue le rôle d'un acide. Si Ton mêle le sel basique, encore humide, ayec du carbonate cuivrique et de l'eau, l'oxyde stanneux en excès réduit l'oxyde cuivrique à l'état métallique, du chlorure stanneux se dissout , il se dégage du gaz acide carbonique , et on trouve au fond du vase un mélange d'oxyde stannique et de paillettes de cuivre.

Sels doubles des chlorures d^étain. Le chlorure stanneux a beaucoup de tendance à former des sels doubles avec les alcalis et les terres alcalines. Si l'on ajoute à une dissolution de ce sel de la potasse caustique^ jusqu'à ce que l'oxyde stanneux précipité se soit redissous , il se dépose un soussel cristallisé , quand la dissolution est concentrée, ou qu'on évapore la liqueur dans le vide. Les sels produits par Tammoniaque et la baryte ressemblent au soussel potassique. Ceux qu'on obtient avec la soude et la strontiane cristallisent en aiguilles déliées, et le sel double magnësique se résout en liqueur. Lorsqu'on fait distiller de l'étain avec du sel ammoniac , il se dégage du gaz hydrogène et de l'ammoniaque, et il se sublime un chlorure double stanneux et ammonique.

Chlorure stannoso ' ammoniacal. D'après Persoz , le chlorure stanneux anhydre n'absorbe point de gaz ammoniac, à la température ordinaire ^ fondu et refroidi dans ce vase, il en absorberait , au contraire ^ un atome simple.

Chlorure sustanneux y &nGV. On l'obtient en dissolvant l'acide sustanneux jusqu'à refiis dans de l'acide chlorhydri^e ; là dissolution se fait avec difficulté, et l'on doit opérer dans uti vaisseau fermé, pour prévenir l'oxydation. Il forme une liqueur incolore, d'une saveur franche et astringente ; on ne l'a pas encore obtenu à l'état solide. Ce qui distingue cette liqueur, c'est qu'elle donne sur-le-champ un très-beau pourpre d'or avec le chlorure aurique.

Chlorure stannique { deutochlorure d'étain ) , Sn€l\ De tous lês sels d'étain c'est le plus remarquable. Pour se procurer du chlo* rure stannique anhydre , on traite le chlorure stanneux anhydre par le chlore; ou bien, et ce moyen est le meilleur, on mêle exactement quatre parties de chlorure mercurique avec une par«

fcfftokuÄE STAKItIQUÈ. îl^

ded'étain en limaille, ou d*étain qui a été amalgamé avec une petite quantité de mercure , puis réduit en poudre. En exposant le mélange à une douce chaleur , on obtient dans le récipient un liquide incolore ; qui est du chlorure stannique. loo parties de chlorure niercurique fournissent environ 3i parties de chlorure stannique. De Kraskowltz dissout de Tétain dans 3 parties d acide suIAirique concentré, et chasse, par évaporation, Texcès d*acide sulfarique ; il obtient ainsi du sulfate stannique anhydre. Celuici est réduit en poudre , puis mêlé intitnement avec du sel marin et soumis à la distillation sèche : le chlorure stannique passe , et le sulfate sodique, ainsi que Texcès de sel marin , reste. Le produit de la distillation renferme des chlorures ferrique et antimonique, provenant de Tétain du commerce; on les sépare en mêlant le chlorure stannique avec le double de son poids d*acide sulfurique extrêmement concentré , et chassant ensuite celui-ci par la distillation à une chaleur très-modérée. Les oxydes ferrique et antimonique restent dans Tacide sulfurique, et il se développe, pendant la distillation , un peu d'acide chlorhydrique. On obtient encore le chlorure stannique en distillant, sur de Tacide sulfurique fumant , le sel hydraté ci-dessous décrit. A Tair il répand des fumées plus épaisses que celles produites par lacide chlorhydrique: aussi lappelait-on autrefois liqueur fumante de Libavius^ du nom de Libavius , qui en fit la découverte dans le seizième siècle. Les ftunées proviennent de cequ une partie de ce liquide se volatiliseï et forme avec Thuraidité atmosphérique un liquide moins volatil, qui se condense« C'est un liquide très-mobile et incolore, qui ne se solidifie pas à un froid de — 29^. liest très-Tolatil; il entre en ëbullition à 120^, et, d'après Dumas^ la densité de stf valeur est de 9ii997* Quand on le mêle avec un tiers de son poids d'eau, il se prend en une masse saline solide; il prend aussi la forme solide quand on le laisse à l'air, dont il absorbe peu à peu l'humidité; mais, dans ce cas, il forme des cristaux réguliers. On l'obtient aussi dans cet état d'hydratation en dissolvant de l'étain, à laide de la chaleur | dans l'eau régale , ou en faisant arriver dti gax chlore dans une solution de chlorure stanneux , jusqu'à ce qu'il ne soit plus absorbé; on chasse ensuite Texcès d'acide par l'évaporation , et on fait cristalliser le sel. En chauffant la masse , die fond comme de la glace, et se solidifie de nouveau quand on la laisse refroidir. L'^au dissout aisément ce sel; l'alcool le decom-

I %Q CHLORURE STANMQUE AVEC PBRCHLOHURB DE SOUFRE.

pose avec dégagement de clialeur, formation d*éther , et dépôt de chlorure stanneux basique. En parlant de l'oxyde stannique, j*ai décrit les différences que présentent les combinaisons de lacide chlorhydrique avec les deux modifications de cet oxydé, et j'ai dit, entre autres, que la combinaison dont il vient d*écre question n*est pas décomposée par TébuUition, et se dissout en toutes proportions dans l'acide chlorhydrique concentré. L'oxyde stannique, préparé à l'aide de l'acide nitrique, forme, avec l'acide chlorhydrique, un composé qui reste en non- dissolution, quand on traite l'hydrate stannique par un excès d'acide chlorhydrique. Si, après avoir décanté l'acide, on met le sel sur du papier gris, où il s egoutte et se sèche , on obtient une masse d'un jaune de suc* ein , qui n'a aucune tendance à cristalliser, et conserve de la mollesse à l'air. Cette masse se dissout dans l'eau , et l'acide chlorhydrique la précipite de la dissolution. Étant distillée, elle donne d'abord de l'acide chlorhydrique liquide, puis du gaz acide chlorhydrique, ensuite il distille un peu d'esprit de Libavius, et il reste de loxyde stannique dans la cornue; mais il faut une forte chaleur pour chasser les dernières portions d'acide«

Chlorostannate de sulfure d^étain^ aSn€l* + Sn. D*après Du^ mas, le chlorure stannique anhydre, exposé à l'action du sulfide hydrique, absorbe ce gaz, sans perdre son état liquide. 11 est probable qu'une partie du gaz produit de l'acide chlorhydrique ,- car, lorsqu'on distille la combinaison, il se dégage du chlorure stannique, et il reste du sulfure stannique. Lorsqu'on verse la combinaison goutte à goutte dans de l'eau, celle-ci dissout du chlorure . stannique, et il se précipite du sulfure stannique. C'est pourquoi Dumas considère ce corps, ainsi que l'indique la formule, comme une combinaison de 2 atomes de chlorure stannique et d'un atome de bisulfure d'étain. A propos du mercure, nous apprendrons à connaître plusieurs combinaisons d'une sulfobase tant avec des sels haloïdes qu'avec des oxysels.

Chlorure stannique avec perchlorure de soufre , Sn€rl*+SG1*. On l'obtient, d'après //. Rose, en saturant à froid du sulfure stannique, SnS% par du gaz chlore. Le sulfure fond d'abord en un liquide brun, et se prend ensuite en cristaux jaunes qui, chauffés dans un courant de gaz chlore, distillent sous forme d'une huile jaune, cristallisant par le refroidissement. Les cristaux fument à l'air humide ; mais on peut les conserver dans un flacon sec. li^ *

GHLORUKE STANNICO-AMMONIQCE. 121

se dissolyent dans Teau ; mais celle-ci les dëcompose sans qu*il se sépare rien. La solution renferme du chlorure stannique, de ladde chlorfaydrique, de Tacide sulftirique et de Facide dithioneux qui se maintient dans ce mélange sans subir la décomposition ordinaire. Le composé dont il s'agit absorbe du gaz ammoniac, et se change ainsi en une masse jaune.

Sulfate de chlorure stannique. L'acide sulfurique anhydre se combine avec le chlorure stannique lorsqu'on en fait absorber les vapeurs par l'acide^ qui se prend par là en une masse limpide. Soumise à la distillation, celle-ci donne un produit liquide qui se solidifie, par le refroidissement, en une matière limpide, et qui, outre une partie non altérée de la même combinaison, contient du soufre, du chlore, de Tétain et de l'oxygène, en proportion non exactement déterminable. Une petite partie se dépose sous forme de sublimé contenant les mêmes matières, etil reste, dans la cornue, de foxyde stannique en combinaison avec lacide sulfurique.

Le chlorure stannique dissout, en outre, du soufre aussi bien que du phosphore; ces solutions sont probablement des combinaisons de chlorure stanneux avec des chlorures moins élevés de soufre et de phosphore.

Chlorure stannique açec oxyde nitrique» Le chlorure stannique absorbe, d après Kuhlmann, du gaz oxyde nitrique , et forme , après sa saturation , un composé cristallin qui peut être distillé sans altération. L'eau en dissout le chlorure stannique, et sépare loxyde nitrique à l'état de gaz.

On obtient, suivant Bolley^ des sels doubles de chlorure stan* nique en mêlant une solution aqueuse de chlorure stannique avec un autre chlorure, de manière que le premier soit en excès , et évaporant le mélange jusqu'à cristallisation.

Chlorure stannico-potassique ^ Kd+Sn€l*. Il cristallise en octaèdres, et ne contient pas d'eau.

Chlorure stanrdco^sodique y Na€l+Sn61'. 11 cristallise en tables à angles rentrants, et ne renferme pas d'eau de cristallisation; mais il est si soluble qu'on a de la peine à séparer les cristaux de l'excès de chlorure stannique. Les cristaux commencent à s'effleurir à l'air sec.

Chlorure stannico-ammonique^ NH^ GX + Sn GX, Il cristallise en octaèdres anhydres , comme le chlorure stannico-potassique. Il ne s'altère pas à l'air, et se dissout à + 18°, dans 3 parties d'eau.

laü lODüRE STANNKUX.

Cette solution supportel ebullitioti ; mais, quand on y ajoute une plus grande quantité d'eau, il se précipite de Thydrate stânnique, pendant Fébullition.Le chlorure stannico-ammonique est employé comme le meilleur mordant pour le Trai rouge ; c'est pourquoi on le fabrique en grand. Il se rencontre dans le commerce sous le nom de sel pink^ du mot anglais pink^ rouge (œillet). Lorsqu'on dissout dans de Tacide chlorhydrique Toxyde stannique, formé par l'action de l'acide nitrique sur l'étain , et qu'on traite la solution par le sel ammoniac, on obtient également le sel double en question ; mais il n'est pas aussi avantageux comme mordant, parce qu'il agit autrement sur les matières colorantes et qu'il donne une couleur moins pure.

Chlorure stannique eiphosphure hydrique. D'après H. Rose, ces deux corps se combinent sans production d'acide chlorhydrique. La combinaison est solide, et elle contient 3 atomes de chlorure stannique et i double atome de phosphure hydrique, =:3Sn€l* + P U\ Traitée à la distillation , elle développe le l'acide chlorhydrique et du phosphore, et laisse du chlorure stahneux,

Chlorure stannico^mmoniacal, SnCl' + NH'. On l'obtient, d'après H. Roscy en laissant le chlorure stannique se saturer de gaz ammoniac. La combinaison se présente sous la forme d'une poudre incolore, qui s'humecte à l'air, et peut être sublimée sans altération. Le sublimé a le même aspect que le chlorure mercureiiz sublimé. Avant la sublimation, elle trouble l'eau dans laquelle on la fait dissoudre ; après avoir été sublimée, elle donne une dissolution limpide. Au bout de quelques jours, la dissolution devient gélatineuse; la chaleur opère ce phénomène sur-le-champ. Evaporée dans le vide sur l'acide sulfurique, elle laisse un sel sec et cristallin qui se sublime de nouveau sans altération.

Bromure sianneuXj Sn&r. D est soluble, et donne, après l'évaporation, un sel sec qui est blanc et dont les propriétés n'ont |ms été examinées.

Bromure stannique^ SnEr. On l'obtient en mettant de la limâilk d'étain en contact avec du brome. La combinaison s'opère avec dégagement de lumière, et le bromui'e se sublime en cristaux blaoct qui fument peu à l'air, entrent facilement en fusion, et sont êo* lubies dans Teau.

lodure stanneux^ Sn I. On le prépare en chauffant un mélange de grenaille d'étain et d'iode ; les deux corps se combinent el

lODURF STAKffEUX ATEG lODURE STANNIQÜE. 1^3

donnent naissance à une masse rouge-brunàtre, translucide, qui est très-fusible et se sublime à une température plus élevée. Ce sel se dissout dans Teau, et se réduit , par la trituration, en une poudre d'un Jaune orange sale. Par Tévaporation de la solution aqueuse^ on peut obtenir le sel en cristaux aciculaires rouge-jaune. Un mélange chaud et étendu de la solution de chlorure stannique ayec la même quantité de solution d'iodure potassique laisse, par le refroidissement, déposer les mêmes cristaux. On peut aussi dissoudre le précipité d'iodure dans l'eau bçuillante; il se cristallise ensuite par le refroidissement.

lodure siannoso-ammoniquej Snl+âNH'. On Tobtient en faisant absorber à l'iodure stanneux du gaz ammoniac : le sel s*échaulfe et tombe en une poudre blanche.

Sels doubles d'iodure stanneux. D'après les expériences de Boullajr jeune, Tiodure se combine avec les iodures des radicaux alcalins et des terres alcalines. Ou dissout Fiodure dans la solution d'un iodure alcalin , et on évapore la liqueur jusqu'à cristallisation, ou bien on précipite du chlorure stanneux par une solu« tloif concentrée de Tautre iodure, on dissout le précipité dans l'eau bouillante jusqu'à saturation, et on abandonne la Uqueur à la cristallisation.

Iodure stannoso^poiassique^ Kl+aSnI. Il se précipite en aiguilles jaunâtres d'un éclat soyeux, lorsqu'on traite une solution de chlorure stanneux par une solution concentrée d'iodure potassique ; la liqueur finit par se changer en une bouillie. On laisse ensuite égoutter le liquide, on presse la masse et on la dissout, à chaud, dans l'alcool jusqu'à saturation : le sel cristallise, par le refroidissement, en belles aiguilles. Il est décomposé par l'eau.

Iodure stannoso-sodique ^ Nal-f-sSnl. Il est bien plus soluble que le sel précédent : aussi l'obtient-on en dissolvant l'iodure sodique solide dans du chlorure stanneux. Après quelque] agitation, le sel double se précipite^ on l'enlève aussitôt, on le presse, et on le purifie en le faisant cristalliser de nouveau dans l'alcooK Il ressemble au sel précédent, et se décompose par l'eau.

Iodure stannoso-ammoniquey NH^I + Snl. On l'obtient comme les sels précédents, mais il n'en partage pas la composition, ainsi que le montre la formule.

Avec Y iodure bary tique et ï iodure strontique^ on produit des combinaisons semblables, jaunes et cristallisables.

Iodure stanneux ai^ec iodure stannique^ Su I + Sn Ol't II se forme,

ia4 SULFATE STANJMEUX.

suivant Katie^ quand on mêle du chlorure stanneux anhydre avec du chlorure d*iode, I €1 : il se sépare d*abord un peu d'iode qui se redissout ensuite. Le sel cristallise en prismes orangés brillants. Probablement on l'obtient aussi , en dissolvant de Tiodure stanneux, en proportion convenable, dans le chlorure stannique.

lodure stannique y Snl*. Pour l'obtenir il suffit de dissoudre l'hydrate stannique dans l'acide iodhydrique. U se dépose en cristaux jaunes^ à éclat soyeux , qui sont décomposés par l'eau, et totalement transformés, à l'aide de Fébullition, en acide iodhydrique et en oxyde stannique.

Fluorure stanneuXy SnF. Il se dissout aisément dans l'eau,* sa saveur est douceâtre et astringente , et il cristallise , par I *évaporation spontanée, en prismes blancs et brillants. L oxygène de l'air le transforme en fluorure stannique basique.

Fluorure stannique^ SnP\ Il ne cristallise pas, et se coagule comme du blanc d'œuf, quand on chauffe sa dissolution jusqu'à lebullition.

Fluorure silicico-stannique , 3Sn F* + aSi F*. 11 est très-solublc dans l'eau, et se dépose en longs cristaux prismatiques. L'air le décompose facilement en y faisant naître un précipité de silicate stannique.

Cyanures détain. Jusqu'à présent on n'a pu obtenir ces sels à l'état isolé, ni par double décomposition, ni en traitant les oxydes stanniques par l'acide cyanhydrique. Cependant le cyanure stanneux et le cyanure stannique existent, et on peut les obtenir en combinaison avec d'autres cyanures : par exemple, avec ceux du fer, en précipitant les sels stanneux ou stanniques par le cyanure ferroso-potassique.

Cyanure ferroso^stannique , aSn€y + Fe€y. On l'obtient à l'état de précipité blanc, insoluble dans l'eau, quand on traite le chlorure stanneux par le cyanure ferroso-potassique. Il en est de même du cyanure ferrico-sta^niqne^ 3Sn€y-|- Fe€y^ On n'a pas cherché à savoir d'une manière exacte comment la solution du chlorure stannique se comporte avec ces précipitants.

Le rhodanure stannique est soluble dans l'eau ^ on n'en sait rien de plus.

B. OxyseU détain.

a. Sels à base d* oxyde stanneux,

Sulfate stanneux , Sn S. On le prépare en traitant l'etam par

KITRATE STANWEUX. Iîl5

l'acide sulfurique concentré ou peu étendu ; on obtient ainsi une masse saline , qui forme avec leau bouillante une dissolution brune, de laquelle le sulfate stanneux se dépose, pendant le refroidissement, en petites aiguilles cristallines. Chauffé jusqu'au rouge, ce sel se décompose et donne de Toxyde s tan nique. En disûUant un mélange de sulfure stanneux et d'oxyde mercurique, on obtient du sulfate stanneux anhydre que l'on peut exposer à la chaleur du rouge obscur sans qu'il soit décomposé. Pour préparer le mordant de Bancrcft^ on verse trois parties d'acide chlorhydrique ordinaire sur deux parties de grenaille d'étain; au bout d'une heure on ajoute à ce mélange, avec précaution , une partie et demie d'acide concentré. Il se dégage beaucoup de chaleur, et rétain se dissout avec violence. On entretient la chaleur en faisant digérer le mélange au bain de sable, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de gaz hydrogène. On laisse refroidir la masse , on dissout le sel dans l'eau , on décante la liqueur de dessus le résidu d'étain , on pèse ce dernier, et on ajoute à la dissolution une quantité d'eau telle que huit parties de la dissolution en con-p tiennent une d'étain.

Sulfite stanneux , Sn S. Pour l'obtenir, on dissout l'étain dans l'acide sulfureux liquide. Celui-ci se réduit en partie ; on obtient une dissolution de sulfite stanneux, contenant un peu d'hyposulfite stann eux, et il se dépose, au fond du vase, du sulfure d'étain noir. Quand on mêle une solution de chlorure stanneux avec du sulfite sodique, le sulfite stanneux se précipite sous forme de poudre blanche qui, chauffée dans la liqueur, se décompose en un soussel. U jaunit, mais ne noircit pas par l'ébullition. On n'a pas cherché ce que le composé devient dans ce cas.

DUhiomte {hypositlfite) stanneux^ Sn S. Cette combinaison est soluble dans l'eau. Les sels stanneux ne sont pas précipités par les hyposulfites solubles. Si Ton introduit une feuille d'étain laminé dans de l'acide sulfureux, elle devient brune et demi-transparente, et la masse prend une consistance gélatineuse due à la présence de l'oxyde stannique qui s'est formé; mais elle ne contient que de légères traces d'acide dithioneux.

Nitrate stanneux^ SnN. On le prépare en dissolvant de l'hydrate stanneux dans de l'acide nitrique étendu. La dissolution de ce sel ne peut être concentrée, et s'altère facilement. Le sel s'oxyde

ia6 lODATE STA17KKTJX.

tant au contact de lair que quand on le chauffe, et donne dans ce cas un dépôt gélatineux d'oxyde stannique. D*après Berihollet^ oe dépôt contient quelquefois un soussel stanneux. Il est croyable qu'on obtient aussi du nitrate stanneux, en dissolvant le sulfure stanneux dans Tacide nitrique; mais, en traitant de Tétain pur par cet acide, il ne se forme que de Thydrate stannique, qu^nd Tacide est concentré; quand au contraire il est étendu, en sorte que son poids spécifique ne s'élève pas au-dessus de i,ix4) on obtient un sel double , composé d'acide nitrique , d'oxyde stanneux et d*ammoniaque, dans lequel l'ammoniaque résulte de la décomposition simultanée de lacide et de l'eau. Ce sel se décompose aussi

facilement que le sel stanneux simple.

Phosphene stanneux y Sn'P. Précipité blanc, qu'on obtient par

voie de double décomposition. On peut le fondre en une masse

nitreuse.

Phosphite stanneux^ Sn'P. II se précipite sous forme d'une poudre blanche insoluble. Il se dissout dans l'acide chlorhydrique, et cette dissolution est un des moyens de réduction les plus puissants qu'offre la voie humide, attendu que l'acide et l'oxyde tendent à se suroxyder. Il contient i atome ou 4)54 pour cent d'eau.

Le chlorate stanneux n'a qu'une existence éphémère. L'acide cMorîque dissout l'hydrate stannique, si l'on maintient l'acide à une température très-basse, et qu'on ajoute l'hydrate par petites portions successives. Mais la solution se prend bientôt en une espèce de gelée, pendant qu'il se forme de l'oxyde et du chlorure stanniques. Suivant ff^aêcàtsTy il se produit alors des détonations violentes dans la liqueur, qui s'échappe fortement ; ces détonations paraissent provenir d une formation d'oxyde chlorique qui fait explosion par la chaleur.

lodate stanneuxj Sn t. Il se précipite par voie de double décomposition, lorsqu'on verse goutte à goutte du chlorure stanneux dans de l'iodate sodique. Le précipité présente l'aspect d*une poivre blanche dont la couleur se fonce à mesure que de l'iode est mis en liberté, en même temps qu'il se produit aussi de l'oxyde stannique. Lorsqu'on verse, au contraire, l'iodate sodique dans le chlorure stanneux , le précipité se redissout avec une couleur jaune, et, par l'addition d'une plus grande quantité de sel sodique, l'iode commence à se séparer.

TARTRATE STANNOSO-PQTASSIQIJE. 127-

Carbonate stanneux, L*acide carbonique ne s'unit pas à loxyde

stanneux.

Oxalate Hanneux^ SnC Ce sel est blanc, pulvérulent, insoluble dans Veau. II se combine avec uü excès diacide pour former un sursel qui se dissout dans l'eau, et qu'on peut faire cristalliser par une lente évaporation. L'étain métallique se dissout avec dégagement de gaz hydrogène dans l'acide oxalique.

Rhodicate stanneux. C'est une poudre d'un brun de kermès ^ très-peu soluble dans l'eau.

Crocofiate stanneux y Sn C^ O^ Il se précipite sous forme d'une poudre jaune, insoluble dans l'eau.

Borate stanneux. C'est une poudre blanche, insoluble^ qui se précipite quelquefois en petits grains cristallins. Le borate stanneux se fond difficilement en un verre opaque.

Formiate stanneux y Sn¥o, Après l'évaporation , il donne une

gelée ; pendant la vaporisation, il se précipite de loxjde stannique, et quand on verse de l'alcool dans la gelée, il se précipite une

nouvelle quantité de cet oxyde.

Acétate stanneux^ Sn Ac. On l'obtient en faisant digérer l'étain avec de l'acide acétique, ou, mieux encore, en dissolvant l'hydrate stanneux dans cet acide. Si on verse de l'alcool dans la dissolution évaporée à consistance sirupeuse, Face ta te se dépose en cristaux blancs, transparents et fermes. Du vinaigre et des substances végétales acidulés, que l'on conserve dans des vases en étain qui contient du plomb, n'attaquent que l'étain, quand le plomb n'excède pas un sixième du poids de l'étain ; il faut cependant excepter les endroits dont la surface est en contact avec lair, car ils sont

également attaqués.

Tartrate stanneux^ SnTr. Il est peu soluble. L'acide tartrique

dissout facilement l'étain, et quand il s'approche du point de saturation y le tartrate se précipite en petites aiguilles cristallines. U se précipite aussi par voie de. double décomposition. Suivant Werther^ la potasse caustique le dissout, et cette dissolution, traitée par Valcool, laisse déposer un composé sirupeux non cris«»

taUin=kTr+SnH.

Tartrate stannoso'pot€isstquey K.Tt + SnTr. La crème de tartre dissout l'étain, et forme, avec l'oxyde stanneux, un sel double très-soluble, qu'il est difficile de faire cristalliser, et qui, de même

laS NITRATE STANNIQUE.

que la plupart des tartrates doubles, n'est précipité ni par les alcalis caustiques ni par les carbonates alcalins. Du tartre ajouté au chlorure d etain rend celui-ci plus propre à certains genres de teintures, probablement parce qu'il se forme du tartrate d'étain, et que celui-ci n'est point précipité par de l'alcali, quand on emploie des mordants alcalins.

Succinate stanneux^ Sn Se. On l'obtient en dissolvant Tétain ou l'oxyde stanneux dans l'acide succinique. Il est soluble, et cristallise en tables minces, larges et transparentes.

Chromate stanneiix^ Sn Cr. Il se précipite sous forme de flocons volumineux d'un jaune brunâtre, quand on traite une solution de Chromate potassique neutre par le chlorure stanneux. Lorsqu'on verse , au contraire , le Chromate potassique dans une solution de chlorure stanneux , l'acide chromique est réduit par le chlorure stanneux^ et on obtient un précipité vert. Le Chromate stanneux devient violet par la caicination. On l'emploie dans la peinture sur verre et sur porcelaine; il donne, selon les quantités, des nuances variables depuis le rouge rose le plus clair jusqu'au

violet le plus foncé.

f^anadate stanneux^ Sn V. Sel soluble.

Les acides métalliques sont pour la plupart décomposés par rhydrate ainsi que par les sels stanneux , et il se forme des sels stanniques aux dépens d'une partie de l'acide.

b. Sels à has9 d'oxyde stanmque.

Sulfate stemniquej Sn S^. On l'obtient, soit à l'état anhydre, en dissolvant de la limaille d'étain dans trois fois son poids d'acide sulfurique concentré bouillant, et chassant l'excès d'acide par l'évaporadon à une douce chaleur, soit à l'état de dissolution, en traitant l'hydrate stannique par l'acide sulfurique. En décrivant les deux modifications de l'oxyde stannique , j'ai indiqué les principales propriétés qu'on connaît à ce sel. Il est probable que l'oxyde stannique gélatineux , qu'on obtient quand on verse de l'eau sur le sel stanneux chauffé , n'est autre chose qu'un soussel stannique, et qu'il se dissout en même temps dans la liqueur un

sursel correspondant.

Nitrate stanniquey Sn N*. On le prépare en dissolvant de l'oxyde

stannique précipité par un alcali, dans de l'acide nitrique froid

SÜLFOSELS DÉTAUr. ItlQ

jusqua saturation de ce dernier; quand on a employé de lacide nitrique d'une certaine force , le sel finit par se déposer en pail* Jettes cristallines , à éclat soyeux. Lorsqu'on chauffe ce sel , il se décompose , et il se précipite de Toxyde stannique sous forme gélatineuse , mais qui n*est pas la même modification que Toxyde obtenu par la digestion de 1 etain avec lacide nitrique.

Le phosphate stannique est inconnu.

Phosphite stannique^ Sn P. Il se précipite sous forme dune poudre blanche, insoluble, qui donne de Teau quand on la calcine , et se transforme en phosphate stanneux.

Le Perchlorate^ le chlorate^ Yîodate et le borate stanniques sont inconnus.

Le carbonate stannique n'existe pas.

Acétate stannique^ Sn Ac\ 11 est soluble dans Feau, et donne par 1 evaporation une masse saline, gélatineuse.

SéUnite stannique y Sn Se'. Il est blanc ^ pulvérulent, insoluble dans leau , se dissout dans Tacide chlorhydrique, et se précipite de la dissolution quand on étend celle-ci d'eau. Soumis à la calcination, il se décompose, donne d'abord de l'eau, puis un sublimé d'acide sélénieux , et laisse pour résidu de l'oxyde stannique pur.

Arséniate stannique. Il n'a pas été examiné«

Arsénite stannique ^ Sn As. C'est une poudre insoluble, d'apparence gélatineuse, qui ne s'altère pas quand on la calcine, et n'entre

en fusion qu'à l'aide d'une violente chaleur.

Chromate stannique^ Sn Cr*. C'est une poudre insoluble, d'une

bdie couleur jaune-citron.

Vanadate stannique , Sn V*. Sel soluble.

Molybdate stannique^ Sn Mo\ Il est gris, pulvérulent, insoluble dans l'eau, soluble en brun dans la potasse caustique, en vert dans l'acide chlorhydrique concentré, et en bleu dans l'acide étendu« L'acide nitrique ne l'altère pas.

Tnngstate stannique. 11 est inconnu. Le précipité bleu qui se forme quand on mêle du tungstate potassique avec du chlorure stanneux est du tungstate tungstique.

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