‹ Traité de chimie minerale, végétale et animaleChapitre 15 sur 107 · C. Sulfosels d^étain · texte numérisé non relu

C. Sulfosels d^étain

L'étain forme deux sulfobases, dont la composition est propor- IV. 9

l3p HTPERSULFOMOLTBDATE STAUfMQUE.

tianiielle à celle des oxydes. Quant au sulAire sustanneux , on ignore s'il possède ou non les propriétés d une sulfobase. I^es sul» fosels stanneux sont presque tous d'un brun foncé; les sulfosels stanniques, au contraire, sont plus clairS| souvent jaunes, et parfois solubles dans leau,

Sulfocarbonate stanneux y SnG. C'est un précipite dun beau brun foncé, qui ne s'altère point pendant la dessiccation.

Sulfocarbonate stannique , Sn C*. Il forme un précipité d'un orange pâle, qui devient orange foncé par la dessiccation.

Suîfotellurite tristanneux^ Sn*Te. C'est un précipité jaune brunâtre , qui devient noir par la dessiccation.

Suîfotellurite tristannique ^ Sn'lV. Il est presque noir déjà au moment de la précipitation.

Sulfatséniate stanneux^ Sn* As. C'est un précipité châtain fonce, qui conserve sa couleur en séchant. Le sel basique est tout à fait semblable au sel neutre.

Sulfarséniate stannique^ SnAs. 11 forme, tant à Pétat neutre qu'avec excès de base, un précipité mucilagineux, d'un jaune paie, difficile à (ihrer. A l'état sec, il est d'un beau jaune orangé.

Sulfarsenite stanneux , Sn* As. Il forme un précipité d'un brnn rougeâtre foncé, qui ne change pas de couleur en séchant. Il est infasible, et donne, par la distillation, une partie de son sulficle arsénieux, en laissant pour résidu une niasse grise, poreuse, d'apparence métallique, qui contient de l'arsenic et du soufre.

Sulfarsenite stannique^ SnAs. C'est un précipité jaune, mucilagineux, qui devient orangé en le desséchant, et donne une poudre d'un beau jaune. A la distillation il se comporte comme le précèdent.

Sulfomolybdate stanneux y Su Mo. C'est un précipité noir.

Sulfomolybdate stannique ^ SnMo*. Il forme un précipité brun,

translucide, qui devient d'un gris brun par la dessiccation.

Hypersulfomofy'bdate stanneUà: y an Mo. C'est un précipité brun foncé, qui s'altère peu à peu à l'air, et se transforme en hypersulfomolybdate stannique.

nrpersulfomolybdate stannique , Sn Mo*. Il est rouge, et se dissout en petite quantité dans l'eau. Le chlorure stannique est précipité en rouge par riiypcrsuirümolybdaic potassique; m^'^ '^

CHLORURE BISMUTHIQUE BASIQUE. l3r

précipité se redissout de suite^ et colore la liqueur en rouge. Eu laissant séjourner le sulfosel stanneux dans la liqueur de laquelle il s est précipité) il s'y redissout en rouge, mais seulement quand la liqueur est au contact de Tair.

Sulfotungstate starmeux^ SnW. Il se précipite en flocons bruns, volumineux.

Sulfotungstate stanniquej ânW*. Il se précipite en flocons d'un jaune grisâtre.

a3. Sels de bismuth.

Jusqu'à présent on ne connaît qu'une série de sels de bismuth. Les sels bismuthiques sont incolores, et l'eau les précipite. Le gaz sulEde hydrique en précipite le métal en noir, et l'infusion de noix de galle forme, dans la dissolution de ces sels, un précipité jaune orangé. Le cuivre et Tétain en précipitent le bismuth à l'état mé* talHque.

Â. Sels haloïdes de bismuth.

Chlorure bismuthique. On Tobtient en dissolvant l'oxyde bismuthique dans l'acide chlorhydrique concentré , et faisant évaporer la liqueur jusqu'au point de cristallisation. Dans cet état il renümne, suivant Àrppe^ a atomes ou 5,32 pour cent d'eau de cristallisation , qu'on peut chasser par la chaleur, mais non pas sans qu'il ne se dégage en même temps un peu d'acide chlorhydrique. Ce sel est volatil; et peut être distillé. Quand on le chauffe, il coule comme de Thuile, mais se solidifie par le refroidissement. On peut aussi préparer ce sel , en distillant un mélange d'une partie de bismuth avec deux parties de chlorure mercurique. Le chlorure bismuthique s'humecte à l'air, et tombe en déliquium. Par l'addition d*nne plus grande quantité d'eau, il se décompose, en même temps qu'il se dépose un soussel. Il se dissout, sans résidu, dans l'acide nitrique et l'acide chlorhydrique, bien que ces dissolutions, étendues d'eau, donnent un précipité de soussel. Le chlorure bismuthique anhydfe absorbe du gaz Anmoniac.

Chlorure bismuthique basique. On l'obtient en versant une dissolution neutre de nitrate bismuthique dans une dissolution concentrée de sel marin , ou en versant de l'acide chlorhydrique sur uefoxyde bismuthique, et chassant l'excès d'acide par evaporation«

l3a CHLORURE BISMUTHO-POTASSIQUC.

Ce sel est très-léger, et d un Liane de neige. II est employé comme fard, et connu sous le nom de blanc dEspagne.Sx Ton opère la précipitation à Taide d*une dissolution d'acide chlorhydriqtie concentrée jusqu*à un certain point, le sel forme des paillettes i éclat nacré; on Tappelle alors blanc de perle. D'après une analyse de Phillips , sa composition peut être exprimée par la formule Bi€P+2Bi + 3H. Jrppett Heintz lui ont assigné la même composition , mais ils n'ont pas trouvé d*eau , après la dessiccation a + loo^ Ce soussel devient souvent foncé , quand on Texpose aux rayons directs du soleil ; Klaproth attribue ce phénomène à la présence d'un peu d'argent«

Chlorure bismuthique surbasique. On ne s'est {)as encore assure si le soussel qui se précipite dans des solutions très-étendues est le sel dont il s'agit ici, ou si c'est un autre sel. Arppt a constaté que le sel précédent étant exposé à une température élevée, jusqu'à ce qu'il ne se sublime plus de dilorure bismuthique, laisse

une masse fondue qui jaunit par la chaleur, et blanchit après le

refroidiçsement. Elle se compose deBi61'+6Bi.

Suivant Jacquelain , lé chlorure bismuthique neutre , étant chauffé dans un courant de vapeurs d'eau , laisse des paillettes brillantes, constituant le chlorure bibasique qui ne donnerait pas de chlorure bismuthique par une forte calcinatiou , ce qui l'éloignerait singulièrement de la manière dont se comporte le chlorure bismuthique basique, produit par voie humide.

Chlorure sulfobismuthique. On l'obtient, suivant Reinsch^ en dissolvant le chlorure bismuthique dans lacide chlorhydrique , et précipitant une partie du bismuth par le siUfide hydrique. On d en a pas donné d'autres détails.

D'après Jacquelain^ on obtient des sels doubles de chlorure bù' muthique en dissolvant le chlorure bismuthique dans l'acide chlorhydrique, ajoutant un chlorure à la solution, qtii, étant faite, est évaporée jusqu'à un certain degré, pour la faire cristalliser pendant le refroidissement. Ces sels doubles sont décomposés par Teau, qui précipite du chlorure bismuthique bibasique.

Chlorure bismutho-poiassiqußy aR €1 -4- Bi GP. Il cristallise, suivant Jacquelain^ en octaèdres rhomboédriques , dérivés d'un prisme rhomboédrique droit. Il contient 5 atomes ou 8,76 pour cent d'eau. Arppe ne trouva pas d'eau dans ce sel, auquel il donne du reste la même composition. D'après les expériences iiArpp^^

BHOMTTRK BfSMCTHIQUE. l33

on obtient ce sel en dissolvant a atomes d'oxyde bismuthique dans Tacide chlorhydrique, y ajoutant ensuite 3 atomes de chlorure potassique , et soumettant ia liqueur à Tévaporation. Le sel cristallise en prismes courts à six pans , provenant d'un prisme rhomboédrique, dont deux arêtes sont tronquées de manière à former des faces. En dissolvant i atome d*oxyde et a atomes de chlorure potassique , Arppe obtint un autre sel , cristallisé en prismes rhomboédriques très-ré^liers , anhydres , composés de 3KCI + Bi€R

Chlorure bismutho'Sodiquey 2Na €1 + Bi OP. Il cristallise, d*après Jacquelain^ en prismes striés, contenant 6 atomes ou ii,oi pour cent d'eau. Il est déliquescent. Suivant Arppe^ on obtient ce sel en dissolvant a atomes d'oxyde bismuthique et 3 atomes de chlorure sodique dans l'acide chlorhydrique , et évaporant la solution à chaud : il cristallise en prismes striés, semblables au nitre. Arppe le trouva déliquescent; et composé de aNad+Bi Gl'+aH. Lorsque, dans la préparation de ce composé, on emploie le chlorure sodique en excès, il se forme d'abord des cristaux du sel indiqué, puis il se dépose, dans les eaux-mères, d'autres cristaux de même forme, mais dans lesquels la quantité de chlorure sodique va en augmentant; c'est plutôt un conglomérat cristallin qu'une combinaison chimique, de sorte que, dans Tun de ces sels, on a trouvé i8 atomes de chlorure sodique pour i atome de chlorure bismuthique.

Chlorure bismutho-ammonique y aNH^d + Bi^P- Il cristallise en dodécaèdres ou en pyramides hexagonales doubles, ne contenant pas d'eau chimiquement combinée. Arppe a obtenu, comme pour le potassium, deux sels doubles de chlorure ammonique avec le chlorure bismuthique : l'un renferme a atomes de chlorure ammonique pour i atome de chlorure bismuthique , et l'autre 3 atomes. Tous les deux sont anhydres, et isomorphes avec les sels potassiques correspondants«

Bromure bismuthique^ BiBr'. On le prépare en chauffant du bismuth en poudre dans de la vapeur de brome , jusqu'à ce que le métal soit complètement saturé. D'après Sérullas^ la combinaison s'opère sans dégagement de lumière. A la température de aoo^, le sel se fond en un liquide rouge foncé, qui, en se refroidissant, devient gris et brillant comme de l'iode. Le bromure bismuthique est peu volatil; cependant il peut être sublimé. A l'air, il devient jaane, et se combine avec une certaine quantité d'eau. Par une

1^4 SULFATE STANNEUX.

suivant Kane^ quand on mêle du chlorure stanneux anhydre avec du chlorure diode, I Ol : il se sépare d*abord un peu d'iode qui se redissout ensuite. Le sel cristallise en prismes orangés brillants. Probablement on l'obtient aussi , en dissolvant de l'iodure stanneux, en proportion convenable, dans le chlorure stannique.

lodure stannique^ SnIS Pour l'obtenir il suffit de dissoudre l'hydrate stannique dans l'acide iodhydrique. Il se dépose en cristaux jaunes^ à éclat soyeux , qui sont décomposés par l'eau, et totalement transformés, à l'aide de l'ébullition, en acide iodhydrique et en oxyde stannique.

Fluorure stanneuxy SnF. Il se dissout aisément dans l'eau; sa saveur est douceâtre et astringente , et il cristallise , par l 'évapora tion spontanée, en prismes blancs et brillants. L'oxygène de l'air le transforme en fluorure stannique basique.

Fluorure stannique y SnP\ Il ne cristallise pas, et se coagule comme du blanc d'œuf, quand on chauffe sa dissolution jusqu'à l'ébullition.

Fluorure silicico*stannique , 3SnF*-f- aSiF^. Il est très-soluble dans l'eau, et se dépose en longs cristaux prismatiques. L'air le décompose facilement en y faisant naître un précipité de silicate stannique.

Cyanures détain. Jusqu'à présent on n'a pu obtenir ces sels à l'état isolé, ni par double décomposition, ni en traitant les oxydes stanniques par l'acide cyanhydrique. Cependant le cyanure stanneux et le cyanure stannique existent, et on peut les obtenir en combinaison avec d'autres cyanures : par exemple, avec ceux du fer, en précipitant les sels stanneux ou stanniques par le cyanure ferroso-potassique.

Cyanure ferroso^stannique , aSn €y + Fe €y. On l'obtient à l'état de précipité blanc, insoluble dans l'eau, quand on traite le chlorure stanneux par le cyanure ferroso-potassique. Il en est de même du cyanure ferrico^sta^nique^ 3Sn€y+ Fe€y'. On n'a pas cherché à savoir d'une manière exacte comment la solution du chlorure stannique se comporte avec ces précipitants.

Le rhodanure stannique est soluble dans l'eau; on nW sait rien de plus.

B. Oxyseh détain,

a. Sels à base d* oxyde stanneux.

Surate stanneux y SnS. On le prépare en traitant létainpar

KITRATE STANWEUX. Iîl5

Tacide sulfurîque concentré ou peu étendu ; on obtient ainsi une masse saline , qui forme avec l*eau bouillante une dissolution brune, de laquelle le sulfate stanneux se dépose, pendant le refroidissement, en petites aiguilles cristallines. Chauffé jusqu'au rouge, ce sel se décompose et donne de Toxyde stannique. En distillant un mélange de sulfure stanneux et d*oxyde mercurique, on obtient du sulfate stanneux anhydre que l'on peut exposer à la chaleur du rouge obscur sans qu'il soit décomposé. Pour préparer le mordant de Bancrcft^ on verse trois parties d'acide chlorhydrique ordinaire sur deux parties de grenaille d'étain; au bout d'une heure on ajoute à ce mélange, avec précaution , une partie et demie d'acide concentré. Il se dégage beaucoup de chaleur, et rétain se dissout avec violence. On entretient la chaleur en faisant digérer le mélange au bain de sable, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de gaz hydrogène. On laisse refroidir la masse , on dissout le sel dans l'eau , on décante la liqueur de dessus le résidu d'étain , on pèse ce dernier, et on ajoute à la dissolution une quantité d'eau telle que huit parties de la dissolution en con-p tiennent une d'étain.

Sulfite stanneux , Sn S. Pour l'obtenir, on dissout l'étain dans l'acide sulfureux liquide. Celui-ci se réduit en partie ; on obtient une dissolution de sulfite stanneux, contenant un peu d'hyposulfite stanneux, et il se dépose, au fond du vase, du sulfure d'étain noir. Quand on mêle une solution de chlorure stanneux avec du sulfite sodique, le sulfite stanneux se précipite sous forme de poudre blanche qui, chauffée dans la liqueur, se décompose en un soussel. Il jaunit, mais ne noircit pas par l'ébultition. On n'a pas cherché ce que le composé devient dans ce cas.

Dithionite {hyposulfite) stanneux^ Sn S. Cette combinaison est soluble dans r«au. Les sels stanneux ne sont pas précipités par les hyposulfites solubles. Si Ton introduit une feuille d'étain laminé dans de l'acide sulfureux, elle devient brune et demi-transparente, et la masse prend une consistance gélatineuse due à la présence de l'oxyde stannique qui s'est formé; mais elle ne contient que de légères traces d'acide dithioneux.

Nitrate stanneux^ SnN. On le prépare en dissolvant de l'hydrate stanneux dans de l'acide nitrique étendu. La dissolution de ce sel ne peut être concentrée, et s'altère facilement. Le sel s'oxyde

l36 SULFÀTK BISMl]THIQ(]£.

sur la formation d'un sel double acide, qu'on obtientle plus facilement en dissolvant i atome d'iodure bismuthiqne dans de Faeide iodhydriquCi chargeant ensuite cette liqueur de 4 atomes d'iodure potassique, et Tévaporant dans le dessiccateur. La solution con« centrée laisse à la fin déposer des cristaux noirs déliés , composés de 4K.I + EiP + HI* Ils fument à Tair sec, donnent de Tiode et de Tacide iodhydrique, et deviennent ainsi rouges. Les deux sels, le noir et le rouge, se dissolvent facilement, sans trouble, dans très-peu d*eau ; mais , par l'addition d une plus grande quantité d*eau, il se précipite de Tiodure bismuthique et de Tiodure bibasique , en augmentant encore la quantité du précipitant.

lodure bismutho^ammonique ^ &iP+3NH\ On l'obtient, suivant Rammelsberg^ en chauffant doucement Tiodure bismuthique dans un courant de gaz ammoniac, jusqu à ce qu*il ne s'absorbe plus de gaz. Le composé est rouge brique.

Fluorure bismuthique. Il se dissout dans Teau, et se précipite, pendant levaporation , sous forme d'une poudre blanche.

Cyanure bismuthique y fti^y'. On n*a pas encore pu lobtenir à Tétat isolé; le cyanure ferroso-potassique le précipite à letat de cyanure double ferroso-bismuthique.

Le Cyatmre ferroso-bismuthique^ 2&iGy^ + 3Fe€y, est un précipité blanc, et le Cyanure f errico'bismuthique ^ Bi€y' + Pe€y^ un précipité jaune brun.

Rhodanure (sulfocyanure) bismuthique, Bi-i-3G*N*S*. On l'obtient en dissolvant dans l'acide rhodan hydrique l'oxyde bismu* thique, précipité de sa dissolution nitrique par l'ammoniaque caustique. La solution est d'un rouge orange, et ne tarde pas à laisser déposer une poudre jaune ^ qui est un soussel. Par l'évaporation de la liqueur filtrée, il se précipite du rhodanure bismuthique neutre sous forme d'une poudre rouge orange , qui ne contient pas d*eau chimiquement combinée. Traité encore humide par l'eau, il se décompose en oxyde bismuthique insoluble, et en acide rhodanhydrique qui se dissout dans l'eau. Le précipité jaune de soussel se compose , suivant Rammelsberg^ de (Bi-f-3C*N*S*)-i-4^* + 6ä. L'eau le décompose en oxyde et en acide rhodanhydrique.

B. Oxyselsn Sulfate bismuthique^ Ü\S\ Il ne peut exister qu a l'état anhydre;

SULFATE BIS]lffUTHO*POTASSlQUC. \3'J

W est difficile à préparer, en raison de la facilité arec laquelle la moindre quantité d*eau en enlève i atome d'acide sulfurique. On dissout, dans un creuset de platine, i partie d^oxyde bismuthique en poudre dans 2 parties ou un peu moins d'acide sulfurique concentré : pour chaque atonie d*oxyde bismuthique, il y a 3 atomes d*eau mis en liberté. On élimine cette eau en évaporant la solution à une température qu'on élève successivement de 4. aSo à + Soo"* ou Sio*"; Texcès d'acide sulfurique est par là complètement chassé. Le sulfate neutre reste sous forme d'une masse blanche, à cassure terreuse , qu'on introduit dans un flacon préalablement desséché et fermant hermétiquement. Si , pendant l'évaporation de la liqueur, la température dépasse à la fin le point d'ébullition de l'acide sulfurique , le sel perd facilement une petite quantité de Tacide qui s'y trouve combiné. Il attire Fhumidité de l'air ; il commence alors à se séparer de l'acide sulfurique hydraté. L'eau le décoinpose en laissant du sulfate bibasique.

a. Sulfate sesquibasique^ &i S* = aBi S'+Bi. On l'obtient en dissolvant l'oxyde bismuthique ou le sel précédent dans de lacide sulfurique chaud, étendu de moitié de son poids d'eau : par le refroidissement, il se dépose en groupes d'aiguilles fines. Il se précipite en aiguilles microscopiques, quand on traite une solution de nitrate bismuthique dans l'acide nitrique par de l'acide sulfurique concentré ou légèrement étendu. Il ne supporte pas l'eau; il faut donc le dessécher sur une brique, dans le dessiccateur. Ce sel renferme, suivant Ueintz qui Ta le premier préparé, 9 atomes ou 7,85 pour cent d'eau. Traité par la chaleur ainsi que par l'eau, il devient bibasique. Les acides nitrique et chlorhydrique le dissolvent.

&• Sulfate bibasique^ &iS=BiS^-4-2Bi. On le prépare eh chauffant les deux sels précédents jusqu'à ce qu'ils soient devenus jaunes, et qu'ils ne perdent plus d'acide sulfurique. Il estanhydre, et redevient blanc par le refiroidissement. Il se précipite à l'état d'hydrate, quand on verse goutte à goutte une solution nitrique de nitrate bismuthique dans de l'acide sulfurique étendu, recueillant sur un filtre le précipité blanc pulvérulent, et le lavant à l'eau chaude. Il est=BiS'+aBi+6II, et contient 6,11 pour cent

d'eau. Il se dissout dans les acides nitrique et chlorhydrique.

Sulfate bismutho-potassique j 3KS+SiS\ tl se précipite, sui-

l38 NITRATES BISMDTHIQUES.

vant HeùUz , en versant goutte à goutte une solution nitrique d'oxyde bismuthique dans une solution concentrée de sulfate potassique; mais celle-ci ne doit pas être complètement épuisée par la précipitation. G* est une poudre blanche qui, mise sur une brique, doit être desséchée dans un dessiccateur. On lobtient d une composition constante, s'il y a du sulfate potassique en excès dans la liqueur où le précipité s est formé. L eau le décompose. Si, pendant la préparation, la solution du sulfate potassique est étendue, il se précipite un autre sel qui, suivant Heintz^ se compose principale-

mentde2KS+]&iS\

Sulfite bismuthique. Cest une poudre insoluble dans Teau et dans un excès d*acide sulfureux. Chauffé jusqu'au rouge, il abandonne son acide.

Närates bismuihiques. i"" Sel neutre yWiH» On Tobtient en dissolvant le bismuth dans Tacide nitrique. La dissolution s'opère avec tant de violence, que quand on verse une petite quantité d acide concentré fumant sur du bismuth en poudre fine, celui-ci s*échauffe jusqu*au rouge. En dissolvant le métal dans de Tacide moins concentré, on obtient un liquide incolore, qui cristallise, pendant le refroidissement, en prismes quadrilatères. Ces cristaux contiennent 9 atonies ou 16,87 pour cent d'eau de cristallisation. Le sel fond à 4- 26^ environ dans son eau, et se dédouble en une portion qui reste non fondue, et en une autre qui se dissout dans Teau du sel primitif, mais qui se prend de nouveau en cristaux par le refroidissement. Soumis à la distillation sèche, il donne de l'acide nitrique hydraté , en laissant un soussel qui se décompose par une chaleur plus forte , de manière qu'il ne reste que de Toxyde. Le nitrate bismuthique neutre se décompose dans Teau : il s'y dissout de l'acide nitrique avec très-peu d'oxyde bismuthique, et il reste un soussel insoluble. Si Ton écrit sur du papier avec une dissolution saturée de bismuth dans l'acide nitrique, l'écriture n'est pas visible après la dessiccation; mais en trempant le papier dans l'eau , les caractères se développent et paraissent, parce qu'il se forme du sel basique, qui est plus blanc que le papier.

L'acide nitrique forme avec l'oxyde bismuthique plusieurs soussels , dans lesquels t atome de sel neutre est combiné avec i > a et 3 atomes d'oxyde«

iriTRA.TR TRIBASIQÜE. J Sq

a. NUratemonobasiquey^]^W:=z'&\W+Wu On l'obtient, siU- ^ yant Graham ^ en faisant fondre le sel cristallisé neutre, et le maintenant à une température supérieure à •\- 78"*, jusqu après dessiccation. On peut ensuite élever la température à 4- 260% sans que le sel se décompose davantage. L'eau en enlève de Taclde nitrique , et le rend plus basique,

b. Nitrate bibasique ( magistère de bismuth \ &i N =Bi N^+ aBi. On l'obtient en versant goutte à goutte une solution nitrique de ni«» träte bismuthique dans Teau. C'est un précipité blanc, qu'on emploie en médecine. Il renferme, suivant Dulk^ 6 atomes ou 5,82 pour

cent d'eau, =&iN+2&iH\ Suivant /TeZ/i^s , le sel , desséche à + loo*" , contient 3 atomes ou 2,99 pour cent d'eau. Traité par l'eau bouillante, il se convertit dans le sel suivant.

c^ Nitrate trihasique, bVn = Bi N+ 3Bi W. On le prépare , d'après Duflos^ de la manière suivante : On fait d'abord cristalliser la dissolution saturée du nitrate bismuthique, et, après avoir bien débarrassé les cristaux de l'eau-mère adhérente, on les décompose avec 24 fois leur poids d'eau , et on remue le mélange. Par ce moyen^ 100 parties de sel cristallisé foui*nissent 4^)5 parties de sousseh Une quantité d'eau plus grande diminue le rendement; mais une plus faible quantité le diminue davantage. Le tableau Suivant indique les quantités de sel obtenues par Duflos ^ en décomposant 100 parties de sel au moyen des proportions d'eau marquées au-dessus de chaque quantité , en nombres multiples du poids du sel :

Eau. X. 9. 3. 4* 8* i^< lO* 34. Sa. 64* x^S.

Soassel 16 18,4 17,4 3a,5 39,5 43,5 45,0 45,5 45,5 45,0 45,o

Si on filtre la liqueur qui surnage le précipité obtenu, avec 8 , 12 ou 16 proportions d'eau, et qu'on la fasse bouillir, il se dé« pose une nouvelle quantité de soussel en écailles brillantes et cristallines. Le souspel préparé d'après la méthode susmentionnée est d'un blanc de neige, et se compose d'écaillés cristallines et microscopiques, qui forment, après la dessiccation, une poudre légère, semblable à la magnésie blanche. Duflos y a trouvé 6,4^ pour cent ou 9 atomes d'eau; de sorte que le sel peut éti'e considéré comme une combinaison d'un atome de sel neutre avec 3 atomes d*hydrate bismuthique. D'après les expériences de Dulk^ on

l4o OXALATE BISMUTHIQUE.

peut, par Teau chaude, en lerer à ce sel assez d acide pour lechan-

ger à la fin en BiN +4^ili% ce qui représente alors un nitrate quadribasique. Du/los souùenl que ce soussel n'est pas dissous par TeaUy comme on Tavait admis jusqu'ici, nihis que Feau bouillante en extrait un sursel et laisse un soussel insoluble , qui toutefois n*a pas été examiné davantage. Il a trouvé en outre que la liqueur séparée du soussel par la fiUration contient un sursel bismuthique qui est composé d'un atome d'oxyde et 12 atomes d'acide, mais qu'on ne peut obtenir à l'état solide.

Phosphate bismuthique^ B* P\ On le prépare en faisant digérer

l'oxyde bismuthique avec de l'acide phosphorique. D'après les essais de ff^enzelj il forme, d'une part, un sel soluble qui cristallise par l'évaporation , et, d'une autre part, une poudre blanche, insoluble, qui se fond au chalumeau en un verre opaque et laiteux, et se décompose quand on la calcine avec du charbon en poudre,

Photpîte bismuthique^^i^P^» Préparé par double décomposition, il se précipite sous forme d'une poudre blanche, insoluble dans l'eau.

Chlorate bismuthique j BiCrP. On l'obtient en dissolution, en traitant l'oxyde bismuthique par l'acide chlorique; mais la solution ne supporte pas l'évaporation , car l'oxyde se change en la

modification jaune de l'acide bismuthique , et se précipite.

■•• ••• Bromate bismuthique , Bi Br'. Il se comporte d'une manière

semblable.

lodatebismuthique^WiV. C'est un précipité blanc, insoluble, et anhydre.

Carbonate bismuthique^ BiC=&iG' + 2Bi. C'est une poudre blanche , qui ne se dissout pas dans de l'eau chargée d'acide carbonique. On l'obtient en versant goutte à goutte du nitrate bismuthique dans une dissolution de carbonate potassique. C'est un

sel bibasique , qui sert en médecine.

Oxalate bismuthique^ Bi G^. On l'obtient sous forme d'une poudre blanche, en traitant l'hydrate bismuthique par l'acide oxalique. Quand on verse une dissolution concentrée d'acide oxalique dans une dissolution de nitrate bismuthique, l'oxalate se dépose après quelque temps en petits grains cristallins. II a la même ten-

arskniAlTE bismuthique. i4i

dance que lacide bismuthique; il ne faut pas le laver, mais le pressen

Oxalate semibasique^ BiG'zzzaB-iG^+Bi. On l'obtient en épuisant par leau bouillante Toxalate neutre réduit en poudre fine, jusqu'à ce que Teau n*enlèye plus d'acide oxalique. Cest une poudre blanche insoluble, 'qui ne se dissout même pas dans lacide nitrique froid £aiible; il se dissout, en petite quantité^ dans Tacide nitrique concentré, et est très-soluble dans Tacide chlorbydrique. Chauffé entre + aoo*' et a4o^9 î' ^^ décompose avec dégagement d*acide carbonique. Suivant HeùUz^ il renferme 4 pour

cent d'eau, correspondant à la formule 2&i Cl' + 3H == a (aBi C

RhodicaU bismuthique. Il se précipite sous forme d une poudre jaune.

Croconate bismuthique. II se précipite également sous forme d*une poudre jaune.

Borate bismuthique. Il est insoluble dans Teau.

• • • » » « Formiate bismuthique^ &iFo'. Il est soluble dans Teau et cristal«

lisable.

Acétate bismuthique^ &i Ac^ Le meilleur moyen de le préparer

est de mêler une dissolution d'acétate potassique , concentrée et chaude, avec une dissolution également chaude et concentrée de nitrate bismuthique. Pendant le refroidissement , l'acétate cristallise en paillettes, qui ressemblent à celles que forme l'acide borique* L'oxyde bismuthique se dissout dans le vinaigre concentré , mais le sel reste acide , et on ne peut le faire cristalliser. Le nitrate bismuthique perd la propriété d'être précipité par l'eau^ quand on y ajoute du vinaigre.

Tartrate bismuthique ^ &iTr^ Il se précipite en grains cristallins, transparents.

. •* • ■ • Suceinate bismuthique j ^iSc\ Il est soluble dans l'eau , forme

des cristaux lamelleux , et n'est pas précipité par les alcalis.

Arséniate bismuthique^ &i'As^. Il est insoluble dans Feau et dans l'acide nitrique; Facide chlorhydrique , au contraire, le dissout. Il est peu fusible. Distillé avec du charbon en poudre , il donne un sublimé d'arsenic, et laisse pour résidu du bismuth contenant un peu d'arsenic.

l4^ SELS D£ CUIVRE.

Chromate bismuthique^ SiCr'. II est insoluble dans Teau^ et

d'une belle couleur jaune.

Moljrbdate bîsmuthùjuey Bi Mo\ Cest une poudre jaune claire, soluble dans les acides forts.

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