CHLORURES DE MERCURE. I9I
temps avec la liqueur surnageante , après quoi on la lave avec le plus grand soin à l'eau bouillante. Voici les circonstances qui peuvent faire manquer lopération : 1® Quand on a employé moins de mercure que Tacide n'en peut dissoudre , il se produit du nitrate mercurique, qui forme, avec le chlore, un sel soluble. On éprouve alors une perte , en ce que le chlonire mercurique reste dans la dissolution ; mais le précipité bien lavé est un produit de bonne qualité, quand la dissolution était suffisamment acide. 2"* Si les liqueurs sont parfaitement neutres au moment où on les mêle, il se précipite un sousnitrate de mercure, qui ne peut être enlevé par le lavage le plus soigné , et qui produit des effets dangereux lorsqu'on emploie cette préparation à l'intérieur , surtout quand la dissolution contenait de l'oxyde mercurique. Pour éviter cet inconvénient , on ajoute une suffisante quantité d'acide à l'une des dissolutions, et on les mêle à chaud. Il est indifférent d'ajouter, suivant la proposition de Sefstrom, de l'acide nitrique à la dissolution de mercure, ou de verser, suivant ChenêPiXj de l'acide chlorbjrdrique dans la dissolution de sel marin ; car aucun de ces acides ne dissout le chlorure. -—La seconde manière de préparer ce sel est de broyer atvec le plus grand soin 4 parties de chlorure mercurique avec 3 parties de mercure. Pour éviter que le mélange ne répande de la poussière pendant la trituration , on 7 ajoute un peu d'alcool. La masse est introduite dans un ballon de verre, et sublimée à une température graduellement croissante ; le mercure se combine alors avec le chlorure mercurique, d'où résulte du chlorure mercureux. On a aussi proposé de préparer ce sel en mêlant avec le plus grand soin 3i parties de sulfate mercurique sec avec 20 | de mercure et i5 à ao de sel marin en poudre fine , et faisant sublimer le mélange. Par ce moyen , on évite la peine de préparer d'abord du chlorure mercurique. Le sel se sublime en une croûte cristalline; cette croûte doit être séparée de la poudre grisâtre qui l'accompagne, et qui, placée plus près du verre, consiste tant en mercure qu'en chlorure mercurique non décomposé. Cependant la croûte saline cristallisée n'est pas tellement exempte de chlorure mercurique, qu'on puisse l'employer en médecine sans précaution ultérieure. Quelques chimistes anciens prescrivaient de la faire sublimer à plusieurs reprises; après quoi elle recevait le nom de calomel ou Ae panacée mercurielle. Mais l'expérience a démontré qu'il se forme une portiod de chlo-
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rure mercurique chaque fois qu'on sublime du chlorure mercu«* renx , quelque pur qu'il soit. Aujourd'hui , au lieu de faire sublimer la croûte saline à plusieurs reprises, on la réduit en poudre fine par la trituration et la lévigation; le chlorure mercurique qu elle peut contenir est alors dissous par l'eau. Dans ces derniers temps, on a proposé de conduire les vapeurs du sel dans un Tase contenant de l'eau chaude ; les vapeurs d'eau les condensent alors eu une poudre extrêmement fine , tandis que le chlorure mercurique reste en dissolution dans Teau. Cette méthode est d autant meilleure, que l'efficacité du médicament dépend beaucoup de la ténuité de la poudre. Pour obtenir ce degré de division , «Sbfcbeiran chauffe le sel dans un cylindre de faïence ouvert aux deux bouts; il le réduit ainsi à Tétat gazeux, en même temps qu'il y fait passer de l'air à l'aide d'un soufDet : le produit se condense ainsi en une sorte de fumée, qui arrive dans un récipient dune capacité suffisante , où il se dépose sous forme d'une poussière saline. Lair est de là chassé dans un autre vase , où, traversant de l'eau, il dépose le reste de poussière saline. On ne peut pas remplacer l'air par la vapeur aqueuse^ parce que le sel qui se condense au contact de l'eau se décompose partiel lenken t en mercure et en chlorure mercurique , et prend ainsi tme couleur grise« On reconnaît que le chlorure mercureux, conservé dans les pharmaciesi contient en mélange du chlorure mercurique , en le faisant digérer avec de l'alcool et ajoutant a la liqueur de la potasse caustique ; le chlorure mercurique dissous donne alors un précipité jaune d'hydrate mercurique. Lorsqu'au contraire il renferme du sousnitratCi on découvre ce dernier en faisant digérer le sel, à une douce chaleur, avec de l'eau contenant un peu d'acide nitrique, et versant un alcali dans la liqueur; le soussel, qui s'était dissous, se précipite alors. On découvre également la présence du sousnitrate en chauffant une petite portion du sel dans un tube fermé par un bout , expérience pendant laquelle il se dégage du gaz oxyde nitrique, qui colore en rouge l'air contenu dans le tube, et que son odeur fait assez reconnaître.
Le chlorure mercureux, qui a pris une forme cristalline par voie de sublimation , forme des prismes quadrilatères, terminés par des sommets à quatre faces. Son poids spécifique est 6,5. La lumière solaire le noircit , et quand on le pile ou qu'on le casse dans l'obscurité , il répand une lueur comme celle que doune le sucre
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dans les mêmes circonstances. Les corps durs y produisent des raies d*un jaune clair. Ce sel est tellement insoluble dans l'eau, que , d'après les essais de Pfoff^^ un grain d'acide chlorhydrique, étendu de aSoooo grains d'eau, donne un dépôt très-sensible de chlorure mercureux quand on le mêle avec du nitrate niercureux. D'après Stromejrer ^A passe à l'état de soussel quand on y ajoute une petite quantité d'alcali caustique; et, suivant Donopan^ on obtient le même sel en faisant bouillir le sel neutre 20 à 3o fois de suite avec de l'eau, ou en l'exposant dans un état de grande division aux rayons solaires. Daujr regarde, et probablement avec raison , ces produits comme des mélanges d'oxyde mercureux et de chlorure mercureux non décomposé. Donos^an 2l trouvé que quand on verse quelques gouttes de potasse caustique sur du calomel en poudre fine, ce dernier prend une couleur brune : il explique ce phénomène en admettant qu'il se forme dans ce cas du chlorure mercurique basique , tandis qu'une portion de mercure est réduite à l'état métallique. En faisant bouillir le sel neutre pendant longtemps avec de l'acide chlorhydrique concentré, le chlorure mercureux se transforme en chlorure mercurique, qui se dissout, et en mercure , qui est réduit. Le chlorure potassique, le chlorure sodique, et surtout le chlorure ammonique, déterminent dans le chlorure mercureux une décomposition semblable: il se forme un sel double avec le chlorure mercurique produit. Il est très-important pour le médecin de se rappeler cette circons'tance; car un mélange de sel ammoniac et de chlorure mercureux, même à dose modérée , peut se changer en un poison mortel. Un cas d'empoisonnement de ce genre engagea Pagenstecher à entreprendre des recherches, dont on vient d'indiquer le résultat. Plus tard, ilfia/A& s'est efforcé de montrer jusqu'à quel point ce changement peut avoir lieu dans une grande partie des sels mercureux et des sels haloïdes correspondants. On a ensuite contesté l'action mentionnée des chlorures potassique et sodique , en la restreignant seulement au cas où l'on emploierait l'ébullition , et on a voulu expliquer le résultat de Mialhe par la solution d'une petite quantité de chlorure mercureux dans des solutions trèsconcentrées de chlorures potassique et sodique. Il est facile de s'assurer si un tel changement a eu lieu, quand on traite le mélange salin par l'éther, qui dissout le chlorure mercurique. Quoi qu'il en .soit, il faut s'imposer comme une règle de ne jamais ad- IV. i3