‹ Traité de chimie minerale, végétale et animaleChapitre 18 sur 107 · ACÉTATES DE CUIVRE · texte numérisé non relu

ACÉTATES DE CUIVRE

dépose , par révaporation , en cristaux bleu violet , solubles dans

lalcool.

• • • • Borate ctiivrique^ CuB\ Précipité par le borax, il forme une

poudre vert pâle, insoluble, qui se décompose en partie pendant

le lavage, se dissout dans les acides, et se fond au feu en un verre

opaque vert.

Silicate cuivrîque. Qn le prépare en précipitant des sels de cuivre par la liqueur des cailloux. Cette combinaison se rencontre dans la nature, quoique rarement. On V^ip^tWedioptase; elle contient de Teau combinée, et cristallise en beaux prismes hexaèdres transparents et verts. D'après Tanalyse de Hess^ sa composition peut

être e\prjmée par =Cu^Si*+3H.

On ne Ta trouvé jusqu'ici que dans le pays des Kirghises. On rencontre très-communément, dans les mines de cuivre de la Sibérie, une autre combinaison, qui est aussi verte, mais plus pâle cl amorphe, à laquelle on a donné le nom de malachite siliciqne (Kieselmalachit) , et qui est composée du même silicate, excepté quelle contient 6 atomes d'eau. Enfin, un troisième minéral, qui est également amorphe, et qui se rencontre près deSommerville, dans les Etats-Unis, contient,, d'après l'analyse de Berikier^le même sel combiné avec 12 atomes d'eau.

Formiate cuivrique^ GuFo. Il donne des cristaux d'un vert bleuâtre^ qui affectent la forme de prismes hexaèdres aplatis, s'efBeurissent à l'air, et exigent 8 \ parties d'eau froide pour leur dissolution complète. Le formiate cuivrique est très-peu soluble dans l'alcool, auquel il communique cependant une teinte bleuâtre. Il entre en fusion quand on le chauffe, mais il ne se décompose qu'à une très-haute température; dans ce cas, l'acide for-

niique est détruit, et il reste du cuivre métallique.

Acétates de cuivre, a. Acétate cuiçrique neutre ^ CuAc. On l'obtient en dissolvant l'oxyde cuivrique dans l'acide acétique, et faisant évaporer la liqueur jusqu'au point de cristallisation. II forme de beaux cristaux d'un vert foncé , qui renferment i atome ou 9,o3 pour cent d>au, dont la surface s'effleurit à l'air. Ces cristaux exigent 5 parties d'eau bouillante pour leur dissolution complète, et se dissolvent en petite quantité dans l'alcool. JVoehler a découvert qu'on peut obtenir ce sel combiné avec une autre proportion d'eau. Cette combinaison se produit quand on dissout

174 ACKTATB BICUlVaiQUE.

le sel a une douce chaleur, jusqu'à saturation, dans de Teau aiguisée par une petite quantité d*acide acétique, et abandonnant la liqueur à la cristallisation dans un endroit frais. On obtient ainsi de gros octaèdres à base rhomboidale , bleus , transparents , et contenant 5 atomes ou 33,2 pour cent d eau. Chauffés entre + 30*^ et 4.35^, les cristaux deviennent opaques et verts, sans perdre leur forme. Desséchés à cette température , ils perdent 4 atomes ou 26,5 pour cent d'eau , et se changent en cristaux secondaires , formés d'un agrégat de petits cristaux de la forme primitive, et se réduisent en poudre par une douce pression. Plus Inapplication delà chaleur est lente, plus les cristaux verts, dans lesquels se changent les cristaux bleus, deviennent gros. Quand on chauffe lacétate cuivrique à l'air libre, il prend feu, et brûle avec une belle flamme verte très-intense. En raison de sa belle couleur verte , on emploie cette combinaison en peinture. On la rencontre dans le commerce sous le nom très-impropre de vert' de-gris distillé. En distillation , ce sel est décomposé , abandonne d'abord son eau de cristallisation ^ puis de l'acide acétique, et laisse un mélange de charbon , de cuivre et d'oxyde cuivreux; 16 onces de sel donnent 3 onces d'eau et 6 onces d'acide; ce der« nier se réduit, par une seconde distillation, à 5 onces |; i once d'acide se dégage à l'état de gaz, et on trouve dans la cornue un résidu de 5 onces |. En laissant réagir pendant longtemps, au contact de l'air, l'acide acétique sur du cuivre, une partie de ce dernier se dissout; c'est pour cela qu'on étame les vases de cuivre dont on se sert dans les cuisines. L'acide acétique ne dissont pas de cuivre pendant la cuisson ; mais quand on laisse refroidir le tout , et que l'air peut , à travers la liqueur , pénétrer jusqu'au cuivre, une partie de ce dernier se dissout. Il faut donc se garder de laisser refroidir des mets dans des vases de cuivre , et de les j laisser séjourner après que la cuisson est terminée.

b* Acétate bicuivrique (vert-de-gris). D après Chaptalj le vertde-gris se prépare à Montpellier de la manière suivante: On fait fermenter le marc de raisin, et quand la fermentation acide commence, on place ce marc par couches alternatives avec des lames de cuivre dans des pots de grès. La surfiice des lames de cuivre a été préalablement attaquée par une dissolution de vert-de-gris dans l'eau ; et avant d'exposer les lames à l'action du marc de rai» iin , ou les chaufie jusqu'à ce qu'on ne puisse plus y tenir la main«

ACÉTATE BICUIVIIIQUE. 175

Au bout de trois semaines , elles sont ordinairement bonnes à être retirées; on les enlève donc, on les mouille avec de leau, et on les expose à Tair pendant quelques jours. Le vert-de-gris ainsi obtenu est bleu. Aux environs de Grenoble, on prépare le vert-degris en arrosant le cuivre de vinaigre ; et en Suède on empile les lames de cuivre entre des morceaux de drap épais, préalablement trempé dans du vinaigre. Le vert-de-gris ainsi obtenu est vert. — ^ Je croyais autrefois que dans la préparation de ce sel il se formait d'abord de l'acétate cuivreux , et que celui-ci s'oxy* dait à Tair, et se transformait en sel cuivrique , par une réaction que les minéralogistes connaissent sous le nom à'épigéniey et en vertu de laquelle le sel cuivreux solide s'oxyderait, ei les éléments seraient retenus mécaniquement dans des proportions dans lesquelles ils ne pourraient pas se combiner, si leur mouvement était libre. J'avais trouvé que quand on chauffait graduellement du vert*de»gris dans des vases distillatoires , on obtenait, à une certaine époque^ un sublimé blanc d acétate cuivreux, qui remplissait quelquefois la voûte de la cornue, sous forme d*un assemblage de cristaux légers lanugineux. Jai exposé ce sublimé à l'air humide, afin d'obtenir la base et l'acide combinés dans les mêmes proportions que dans le vert-de-gris, mais il ne s'est pas altéré.-— J'empilai aussi des lames de cuivre pur, couvertes d*une pâte composée d'acétate cuivrique neutre et d'eau, et je les laissai dans cet état pendant deux mois, au milieu d'un air humide qu'on renouvelait quelquefois, mais qui était toujours saturé d'humidité. Au bout de ce temps, les lames étaient couvertes d'une croûte de petits cristaux bleus, à éclat soyeux , qui n'étaient autre chose que du vert-de-gris. Cette expérience est contraire à l'idée d'une épigénie.

Le vert-de-gris contient souvent en mélange des corps étrangers, provenant principalement des raisins , de leur épiderme, et des grains. Le vert-de-gris du commerce se présente, ainsi que je l'ai déjà dit, sous deux aspects différents : il est tantôt d'un bleu clair, et se compose alors d'une foule de paillettes cristal* Unes, qui donnent une belle poudre bleu clair; tantôt verdâtre| et alors il est d'qne apparence moins cristalline. Dans le vert-degris bleu, l'acide contient une fois et demie, et l'eau de cristallisation trois fois autant d'oxygène que loxyde cuivrique, cest-à<* dire qu'il est composé de 43|34 parties d oxyde cuivrique, 27,4^

176 A^CiStATE SESQtl-CUlVRIQÜE.

d acide acétique, et 29,21 d'eau =Gu* Ac + 6ii. Je ferai connaiti^e plus tard les circonstances qui paraissent prouver qu'un sel dans lequel l'oxygène de l'acide est une fois et demie celui de la base, ne constitue pas une combinaison aussi simple qu'on pourrait le croire au premier abord; et qu'il serait peut-être plus consé« quent de regarder le vert-de-gris comme une combinaison d'acétate cuivrique neutre, d'hydrate cuivrique et d'eau de cristallisation : en admettant cette manière de voir, la moitié de l'oxyde cuivrique se trouverait dans le vert-de-gris à l'état d'hydrate. La facilité avec laquelle ce sel se décompose s'accorde avec cette dernière hypothèse. Quand on le chauffe jusqu'à -h6o*, il change de couleur, perd de l'eau, et laisse 76,5 pour 100 d'une masse verte, qui consiste en un mélange d*acétate neutre et d'acétate bibasique^ contenant tous deux de l'eau de cristallisation ; dans le dernier sel, l'oxygène de l'acide est égal à celui de l'oxyde, et il contient | de Toxyde cuivrique du vert-de-gris. — Si l'on verse de l'eau sur du vert-de-gris, il se réduit en une pâte molle : re<iu devient bleue, et laisse en non-dissolution une foule de paillettes cristallines, bleues. En traitant le vert-de-gris par l'eau jusqu'à ce que celle-ci ne dissolve plus rien, le résidu devient plus foncé, et à la (in noir. Ce phénomène tient à ce que le vert-<le*gris est décomposé par l'eau, qui dissout 0,1 partie de l'oxyde cuivrique à l'état d'acétate neutre, et o,3 partie d'un soussel soluble, dans lequel l'acide contient deux fois autant d'oxygène que la base; tandis qu'elle laisse 0,6 partie de l'oxyde cuivrique sous forme d'un sel insoluble, dans lequel l'oxygène de l'acide est égal à ce* lui de la base. Ce sel finit par devenir noir, parce qu'il se forme un sel encore plus basique^ qui prend immédiatement naissance quand on mêle et qu'on fait bouillir du vert-de-gris avec de Teau* c. Afietate sesquicuiurique ^ Cu' Ac' = aCu Ac -f- Cu. On peut l'obtenir par deux moyens. 1** Quand on traite le vert-de-gris par l'eau, et qu'on abandonne la dissolution à l'évaporation spontanée: ce sel commence alors à s'effleurir sur les bords du vase, sous forme d*une masse bleue non cristalline. 2° On mêle une dissolution concentrée bouillante du sel neutre avec de l'ammoniaque, en ajoutant celle-ci par petites portions jusqu'à ce^que le précipité, qui se forme au moment où les liquides se mêlent, soit redissous. Par le refroidissement de la liqueur, le sel se dépose sous forme d'un magma non cristallin , qui remplit tout le volume dû liquide.

AC£TAT£ SUABASIQUE. ] «^y

On le jette sur un filtre, on le presse entre des doubles de papier, et on le lave avec de resprit*devin, qui ne le dissout pas. En versant de Talcool dans la liqueur filtrée^ on obtient une nouvelle quantité de ce sel, qui se précipite alors en paillettes cristallines« Ce sel s*altère peu quand on Texpose à la température de + loo" ; il devient par là un peu plus vert , .et perd lo pour loo de son poids. Il est soluble dans leau; la dissolution dépose , quand on la chauffe, le sel basique brun, et devient neutre. Ce sel contient 6 atomes ou 19,7 pour cent d'eau, dont la moitié s*en va à + 100^,

en laissant sCu Ac + Cu + 3 H. Le mélange de ce sel avec le sel suivant constitue les espèces de vert-de-gris dont la nuance est verte. Les deux espèces de vert-de-gVis contiennent la même quantité d'oxyde cuivriquef mais l'espèce verte est préférable comme couleur, en ce que, quand on la sèche à une douce chaleur, qui n'excède pas + 100°, elle perd tout au plus 10 pour 100 de son poids , et ordinairement moins; tandis que l'espèce bleue perd , dans les mêmes circonstances, a5 pour 100 de son poids, et verdit. En chimie, l'espèce verte est également préférable, parce qu'elle contient plus d'acide acétique.

eL Acétate biciUvriquc^ Cu' Ac = Cu Ac+ aCu, On l'obtient par plusieurs procédés; par exemple, en traitant le vert*de*gris par l'eau, ou en précipitant le sel neutre par l'ammoniaque caus* tique , ou le faisant macérer avec de l'hydrate cuivrique. Si Ton mêle de l'acétate cuivrique avec une quantité d'ammoniaque insuffisante pour redissoudre du précipité, on obtient le sel bicuivrique sous forme d'un précipité, qui devient bleu par le lavage. Lorsqu'au contraire on mêle les liqueurs bouillantes à l'état concentré, il se produit un précipité pesant, grenu, d'un vert grisâtre sale, qui est le même sel. L'acétate bibasique est la plus stable de toutes les combinaisons de l'oxyde cuivrique avec l'acide

acétique. Il contient 3 atomes ou 7,4 pour cent d'eau.

e. Acétate surbasique ^ Cu*' Ac. On le prépare en étendant d'eau la dissolution du sel basique soluble, et la chauffant ensuite ; plus la liqueur est étendue, moins on a besoin de chauffer, en sorte que ce sel se forme déjà entre +20** et 3o°, quand la liqueur est très-étendue« Même la dissolution étendue du sel neutre dépose de l'acétate surbasique quand on la fait bouillir. Tant que le sel est au milieu de la liqueur, il parait d'un brun de foie; mais après avoir été recueilli sur un filtre ^ il est noir, et colore fortement IV. la

178 TàBTR\TR CUHRICO-POTASSIQUE.

les corps avec lesquels on le touche. Quand on le lave pendant longtemps avec de l'eau , il finit par passer à travers le filtre sous forme d'un liquide trouble; une partie se dissout réellement, et donne, par levaporation de la liqueur, un enduit transparent, incolore et mince, qui a l'apparence d'un vernis. Chauffé, ce sel brûle avec une légère détonation y et en lançant des étincelles. L'acétate de cuivre surbasique est composé de 92,3 pour 100 d'oxjde cuivrique, 2,4^ pour 100 d'acide acétique, et 5,a5 pour 100 ou la atomes d'eau; c'est-à-dire que l'oxyde cuivrique j contient 16 fois, et l'eau 4 '^ois autant d'oxygène que l'acide acétique.

Ure a remarqué que les sousacétates cuivriques se dissolvent dans le sucre. La dissolution est verte, et résiste, d'après ce chimiste, même à l'action des réactifs les plus énergiques, tels que l'ammoniaque, le cyanure feri*oso«potassique, et le gaz sulfide hydrique.

Acétate cuprico'-calcique ^ Cu Ac + Ca Ac + 8IÏ. On l'obtient en dissolvant les deux sels ensemble, et en évaporant la liqueur jusqu'au point de cristallisation. Il forme de beaux cristaux d'un bleu foncé. Sa composition a été déterminée par Ettling.

Tartrate cuiifrique , Cu Tr. On l'obtient facilement en versant goutte à goutte du tartrate potassique neutre dans une solution de sulfate cuivrique : il se précipite sous forme d'une poudre d'un vert clair. L'acide tartrique dissout l'hydrate ou le carbonate cuivriques jusqu'à saturation; la partie dissoute ne tarde pas à se précipiter de nouveau. Mais il agit très-difficilement sur l'oxyde cuivrique calciné. Examiné sous le microscope , le précipité vert présente Taspect de petites tables. Le sel renferme 3 atomes ou 20,282 pour cent d'eau, qui s'en vont totalement à + Ioo^ Il se dissout dans 171 5 parties d'eau froide et dans 3 10 parties d'eau bouillante. Il se dissout aussi dans la soude caustique, et cette solution, traitée par l'alcool, donne un précipité bleu pulvérulent, soluble dans l'eau , et dont il sera question plus bas.

Tartrate cuprico - potassique ^ KTr + CuTr. Ce sel double est soluble dans l'eau , et forme des cristaux d'un bleu vert foncé, dont la dissolution sert à colorier des cartes. Ordinairement cette diss<dttlion est préparée avec du vert*de-gris et de la creme

CTANURENATE CUIVRIQUR. I79

(le tartre. La masse saline desséchée, pulvérulente ^ est employée en peinture.

Soustartrate cuprico-sodique y Na Tr + Cu Tr -f- aCu -f- y H. On le prépare, d'après fFerther^ en traitant une solution sodique (le tartratre cuivrique par Talcool : il se précipite une poudre bleue qu'on lave à Falcool, puis on la dissout dans l'eau, et on l'expose dans le dessiccateur : à la surface de la liqueur il se forme des tables cristallines bleues , et des cristaux irréguliers dans l'intérieur du liquide. Ces cristaux se dissolvent plus difBcilenient dans Teau froide que la poudre séparée par Valcool ; mais ils se dissolvent facilement dans l'eau chaude. La solution est neutre, et n'est pas précipitée par l'alcali. Mais quand on la chauffe jusqu'à l'ébullition , l'acide commence à se détruire, pendant qu'il se dépose, outre une masse charbonneuse noire, des paillettes d* oxyde cuivreux.

Tartrate aäi^rique ammonUncal ^ Gu Tr + N H^ Il se précipite quand on traite une solution ammoniacale de tartrate cuivrique neutre par l'alcool. Il renferme , selon Du Menil^ 2 atomes d'eau,

et passe pour inaltérable à l'air.

Succinate cuivrique^ Cu Se. C'est un sel peu soluble dans l'eau^

aussi bien que dans l'acide succinique en excès ; on l'obtient en

introduisant, par petites portions, du carbonate cuivrique dans

une solution d'acide succinique. Il faut avoir soin de n'y ajouter

une nouvelle portion de carbonate que quand l'effervescence de

la première a cessé ; on laisse à la fin une petite portion d'acide

non saturé dans la liqueur. Le sel nouvellement formé est une

poudra crisuUine d'un bleu vert, dont une très-petite quantité

reste en dissolution dans la liqueur, qui preud ainsi une faible

teinte verte. Il est très-soluble dans l'acide acétique , et insoluble

dans l'alcool. Il ne renferme pas d'eau chimiquement combinée.

Il importe de remarquer ici que les sels cuivriques ne sont pas

précipités par le succinate potassique ou sodique, probablement

parce qu'il se produit des sels doubles solubles qu'on n'a pas

encore examinés.

Cyanurénate cuivrique. On le prépare en introduisant, par petites portions successives, de l'hydrate cuivrique récemment précipité dans une solution bouillante, et saturée d'acide cyanurénique» Lasoiation, d'abord limpide, ne tarde pas à laisser déposer une

la.

l8o /INCO-FlILVirrATfi CUiVR|QU£.

poudre bleu clair, qui conserve sa couleur après la dessiccation. A+a5o% le sel perd g pour cent d*eau, en verdissant comme Toxyde chromique. Quand on mêle une solution bouillante ilacide cyanurénique avec de l'acétate cuivrique , il ne se forme pas de précipité; mais lorsqu'on fait bouillir la solution, il se produit un dépôt vert pulvérulent, qui renferme du cjanurénate aussi bien que de Tacétate cuivriques.

Zînc(hfulmùiaie cuiWîque^ CuC*N*0»+ZnN*O ? D après E. Davy, on peut l'obtenir sous trois modifications différentes, dont Tune est verte, lautre brune, et la troisième blanche. Les fulminates bnin et vert s'obtiennent simultanément. On mêle de la limaille de cuivre et du fulminate mercureux très-divisé avec de l'eau , et on secoue la masse de temps à autre. Par ce moyen il se dissout un sel cuivrique vert, et il se dépose un sel brun , sous une couche d'une substance grise ^ floconneuse, que Z^atT- prend pour du mercure réduit. Il est facile de décanter la liqueur verte avec les flocons gris de dessus la poudre brune, pesante, qu'on sépare complètement des flocons gris au moyen de l'eau , et qu'on recueille sur un filtre. Le sel brun se trouve mêlé avec du cuivre; on doit le traiter avec la plus grande précaution , parce qu'il détone aussi facilement que le fulminate argentique. Cependant il ne fait pas explosion avec l'acide sulfurique concentré. Il paraît être un sel cuivreux, car on l'a également obtenu en délayant du cuivre trèsdivisé avec de l'eau sur un disque de verre, et en plaçant celui-ci sur un verre à vin qui contenait un mélange d'acide sulfurique et d'un fulminate. Au bout de 48 heures, le cuivre s'était transforméen une masse brune, qui détonait avec force et en produisant une grande flamme. Le sel vert s'obtient en faisant évaporer a une douce chaleur la dissolution séparée au moyen de la filtration ; il affecte la forme de doubles pyramides hexagonales ou de dodécaèdres pyramidaux aplatis, et colorés en vert clair. Quand il détone, il produit une belle flamme blanche. Sa détonation est plus bruyante que celle du sel mercureux. Le sel blanc s'obtient en mêlant, dans un matras, du cuivre réduit en feuilles minces comme l'or battu, et broyé fin, avec du fulminate mercureux et de l'eau , laissant le mélange réagir pendant un mois et le secouant de temps à autre. On trouve alors au fond du matras, outre le sel brun, de petits cristaux blancs, éclatants, qui, vus au microscope, présentent une faible teinte de bleu, ^et la forme

ARSËIVfATR CUIVRfQlTE. i8|

de dodécaèdres pyramidaux ou celle de prismes rectangulaires à quatre pans. Ces cristaux ne sont solubles ni dans Feau froide ni dans Teau chaude; l'acide nitrique concentré les transforme en nitrate cuivrique, avec développement de gaz. Us détonent avec ' une violence particulière. Quand on mêle du sulfate cuivrique avec du fulminate sodico-argentique, il se forme un précipité vert , qui est du fulminate sodico-cuivrique. Ce sel double ne fait

pas explosion.

Séléniate cuiifrique^ Cu Se. Il ressemble parfaitement au sulfate, sous le rapport de la couleur, de la forme, de la solubilité, et des

nuiliiples d'eau de cristallisation.

Selenite cuivrique ^ CuSe. 11 est vert et insoluble. Quand on mêle une dissolution chaude d'un sel cuivrique avec une dissolution de bisélénite ammonique, on obtient un précipité jaunâtre, raséeux, qui se tasse après quelques instants, et forme alors une masse de petits grains cristallins, à éclat soyeux^ d'une belle couleur bleuâtre. Ces grains consistent en sélénite cuivrique neutre, et ne se dissolvent ni dans Teau ni dans un excès d'acide sélé« nieux. Chauffé, ce sel abandonne son eau de cristallisation et devient d'un brun de foie; à une température plus élevée, il fond , devient noir, entre en ébuUition, et donne un sublimé d'acide sélénieuY.

Le soussélinite cuivrique forme une poudre d'un vert pistache, qui devient noire par la calcination, et abandonne d'abord de l'eau,

puis de Facide sélénieux.

Tellurate cuivrique^ Cu Te. Il se présente sous la forme d'un précipité volumineux , demi-transparent, d*un vert céladon, mais dont la nuance n'est pas belle. Le bisel a une couleur plus pâle; il se précipite également.

Tellurile cuivrique y CuTe. Il a une belle couleur verte, sem« blable au vert de Scheele. Le sel préparé par la voie sèche est trës-fusible, devient noir en refroidissant, a une cassure vitreuse, et donne une poudre brun verdâtre. On peut le fondre avec un atome d'oxyde cuivrique ; on obtient ainsi une masse noire d'une cassure terreuse.

Arséniale cuivrique , Cu*Às. On l'obtient, par précipitation, à l'aide d'un arséniate alcalin, sous forme d'une poudre verte , in« soluble. On trouve dans la nature plusieurs combinaisons basiques

182 ARS£N1T£ CUIVRIQUE.

d'acide arsënique et d oxyde cuîvrique : i^ Yeuckroïte^ qui, dV

près l'analyse de Turner^ est composé conformément à la formule

Cu* ÄS + 7H) ou Cil* As + 2Cuà + 5II. Il y a 18,64 pour cent d'eau, a^ Volii^enite; c'est la même combinaison, dans laquelle une petite partie diacide arsénique est remplacée par l'acide phosphorique ; elle ne contient que i atome ou 3 1 pour cent d'eau. L'euehroite est d'un beau vert, et l'olivenite d'un gris sale. 3° La même combinaison, mais avec une autre proportion d'eau, et avec une quantité d'hydrate aluminique, dont l'oxygène est moitié de celui de l'oxyde cuivrique. D'après Trolie Wachtmeister^ sa coro-

position peut être exprimée par la formule a(AllFP)+3(Cu*AsB').

4** V écume de cuivre (Kupferschaum), Cu*As+ loH, qui a une belle couleur verte et une texture feuilletée et rayon née; sa composition a été déterminée par de KobelL Cette même combinaison se rencontre avec a atomes d'eau » et a reçu le nom iVérinite.

Arsenite cuiif rique j Cu} As. Pour l'obtenir, on fait digérer le carbonate cuivrique avec de l'eau et de l'acide arsénieux. La dissolution n'est précipitée ni par les alcalis, ni par les acides. Evaporée , elle donne un sel vert jaunâtre , qui parait contenir un excès d'acide. On obtient la combinaison neutre en précipitant le sulfate cuivrique par l'arséniie potassique. Le précipité est vert. Quand il contient un excès de base , sa couleur est plus intense ; mais il se décompose spontanément en peu de temps, devient d'un brun foncé, et contient de l'arséniate cuivrique et de l'arsénite cuivreux. L'ammoniaque caustique dissout ce cel en un liquide incolore, contenant probablement de l'arséniate cuivreux. On trouve dans le commerce, sous le nom de vert de Scheele^ une belle couleur dont on se sert en peinture, et qu'on obtient, d'après Scheele y de la manière suivante: On dissout deux livres de sulfate cuivrique pur et exempt de fer dans dix-huit pintes d'eau, préalablement chauffée dans une chaudière de cuivre; dans une autre chaudière on dissout deux livres de potasse pure et calcinée, et II onces d'acide arsénieux, dans 6 pintes d'eau pure; et quand tout est dissous, on filtre la liqueur à travers un linge. On verse cette liqueur par petites portions dans la dissolution encore chaude de sulfate cuivrique, en ayant soin de remuer sans eesse; quand tout est mêlé, on laisse reposer la liqueur pendunt quelques heures, on décante le liquide clair, et on lave le dépôt

COMPOSA D'ARS^lflTE ET B'iLClÉTATB CUIVRIQÜES« l83

ayeo quelques pintes d*eau chaude qu*on y verse, et qu'on laisse

s écouler après qu*elle est devenue limpide, pour en ajouter une

nouvelle quantité. Enfin, on verse la couleur sur une toile; e(

quand elle est bien égouttée, on la sèche à une douce chaleur. On

obtient ainsi une livre six onces et demie d'une belle couleur verte.

On remploie principalement comme couleur à Teau, quoiqu'elle

puisse aussi servir dans la peinture à Thuile.

Composé d^arsénite et d^ acétate cuimques ^ CuAc+3Cu*As. C'est une des matières^colorantes vertes les plus belles , et qu'on rencontre dans le commerce sous le nom de vert de Schweinfurth, Voici le procédé qu'on emploie pour le préparer : On met lo parties de vert-de-gris dans une chaudière de cuivre , et on y fait fondre ce sel dans une quantité d'eau suffisante pour produire une bouillie claire ; on filtre celle-ci à travers un tamis , pour la débarrasser des impuretés qu'elle peut contenir. On dissout ensuite 8 à 9 parties d'acide arsénieux en poudre fine dans zoo parties d*eau bouillante , en se servant à cet effet d'une chaudière en cuivre. La dissolution est filtrée toute chaude, puis chauffée de nouveau jusqu'à l'ébullition; après quoi on y ajoute peu à peu le vert-de-gris par petites portions, et en continuant de faire bouillir la liqueur. L'ébullition doit être prolongée jusqu'à ce que la liqueur soit limpide et incolore. La couleur ainsi obtenue est lavée et séchée. D après Ehrmann, il paraît qu'en mêlant les dissolutions concentrées de l'acétate cuivrique et de l'acide arsénieux, on n'obtient d'abord qu'un précipité d'arsénite cuivrique. Ce précipité est volumineux, vert d'olive; parle contact prolongé avec Tacide acétique devenu libre dans la liqueur, il se transforme en sel double, et se dépose à Tétat d'une poudre lourde, grenue, et d'un vert superbe. Lorsqu'on interrompt l'ébullition après avoir mêlé les deux liqueurs chaudes , ou qu'on délaye le mélange dans de l'eau (roide , cette ^ansformation s'opère beaucoup plus lentement, mais la combinaison devient alors cristalline. Elle est complètement insoluble dans l'eau. La potasse et la soude la décomposent; il se sépare de l'hydrate cuivrique bleu, qui noircit sur-le-champ , et passe ensuite à l'état d'hydrate cuivreux, en cédant de l'oxygène à l'acide arsénieux. Dans ce phénomène , la masse devient d'abord vert d'olive, puis jaune , ensuite bninfttre, et à la fin d'un rouge orangé intense. L'ammoniaque dissout la combinaison , en prenant une vive couleur bleue , même à l'abri

l84 CHROMATE CUIVRIQUE AMMONIACAL.

de l'air. La découTerte de ces propriétés est due à Ehrmann. D a* près le même chimiste I le vert de Schweinfurih est composé, sur loo parties, de 3i,!i43 d'oxyde cuivrique, 58,620 d'acide arsénieux et de io,i35 d'acide acétique , proportions qui serrent de base à la formule ci*dessus.

AnUmoniate cuiçrique ^ GuSb. C'est une poudre cristalline, farineuse, Terte, qui ne se dissout pas dans l'eau. Chauffée, elle perd 19^ pour 100 d'eau , et devient noire. Si l'on élève la température jusqu'au rouge , le sel parait prendre feu et brûler pour un instant; après quoi il est d'un blanc légèrement verdâtre. Le sel calciné ne peut âtre décomposé par la voie humide, ni par les alcalis, ni par les acides. Chauffé au chalumeau sur du charbon , il

est facilement réduit, et donne un grain de cuivre métallique pâle.

Chromate cuivrique ^ CuCr. On l'obtient, suivant Kopp^ en saturant à froid une solution d'acide chromique avec du carbonate ou de l'hydrate cuivriques. La solution a, pendant l'évaporatiou , une grande tendance à donner des cfQorescences. Le sel se dépose en cristaux verts, de la même forme que le vitriol de cuivre. Il renferme 5 atomes ou 82,9 pour cent d'eau, et a pour poids spécifique a,!269. Le sel anhydre est blanc; mais, humecté d'eau, il

***** s échauffe et verdit. Le bichromate cuwrique^ CuCr*, présente

l'aspect d'une matière sirupeuse , qui ne cristallise pas.

Souschromate cuivrique^ Cu*Cr=CuCr+3Cu. On l'obtient, d'après Malaguti et Sarzeau^ en mêlant ensemble les solutions bouillantes de sulfate et de Chromate neutre cuivriques ; le sel se dépose coloré en brun chocolat. On 1 épuise ensuite par l'eau, jusqu'à ce que celle-ci ne se colore plus. 11 renferme 5 atomes ou 17,61 pour cent d'eau. — Suivant Bàttgery il se produit, quand on mêle les solutions à froid, un précipité rouge kermès, qui, lavé et desséché, ressemble à l'ocre ferrugineuse. C'est probablement un soussel contenant un léger excès de base.

Chromate cutwque ammoniacal (basique). On le prépare en mêlant une solution très-concentrée de bichromate cuivriqueavec de l'ammoniaque caustique forte , jusqu'à ce que le précipité qui se forme d'abord se redissolve ; en ajoutant ensuite de l'alcool i la liqueur, le composé se précipite en grains vert foncé, qu'on peut laver à TalcooL A l'air, il perd peu à peu son ammoniaque. D'après Malaguti et Sarzeauy on obtient un composé ammonia*

CHROMATE CUIVRIQt'E AMMONIACAL. 1 85

cal cristallin, en traitant, dans un flacon, le soussel encore hu-

mide =Cu*Cr+ 5H, par de Tammoniaque très-concentrée, fermaut bien le flacon, et Texposant quelques jours dans un endroit tiède, pendant qu'on l'agite fréquemment pour que l'ammoniaque se sature de sel. On décante ensuite la liqueur limpide d'un vert foncé, et on la refroidit fortement au-dessous de o"; le composé ammoniacal cristallise alors en prismes rhomboédriques irert fon* ce, ayant quelquefois i à 21 centimètres de longueur. Ces cris*» taux se composent de Cu''Cr*+5NIi' + ä, c est-à-dire de (aCuCr + CuiJ) + 5NIi\ Comme le sel basique dissous dans l'aromo« niaque contient, pour 21 atomes d'acide chromique, 8 atomes d'oxyde cuivrique , tandis que ces cristaux ne renferment que 3 atomes d'oxyde cuivrique , il est évident que 5 atomes d'oxyde cuivrique sont restés en dissolution dans l'eau mère. La liqueur, après avoir formé, par le refroidissement , un grand nombre de cristaux , étant ensuite évaporée jusqu'à siccité dans l'appareil dessiecateur (qui contient , au lieu d'acide sulfurique, de la chaux caustique anhydre, et en outre, pour entretenir une atmosphère de gaz ammoniac, un mélange de chaux caustique et de sel ammoniac), laisse un mélange de deux sels , dont l'un, formé de la combinaison ammoniacale citée, est vert, tandis que l'autre a une couleur bleu d'outre-mer et est déliquescent. Lorsqu'on introduit le mélange sous une cloche de verre où se trouve un xase rempli d'ammoniaque caustique, on voit que le dernier sel tombe eu déliquium, et peut être décanté des cristaux verts. La liqueur bleue décantée , évaporée dans un appareil dessiccateur disposé comme il vient d*être dit , donne les cristaux bleu pur ; ce sont des aiguilles prismatiques déliées, friables, qui, d'après les chimistes nommés , ne renferment pas d'acide chromique, et se composent de Cu+aN W+J^ ; c'est donc de Voxy^de cuwrique ammoniacaL A l'air, ces cristaux sont déliquescents, et l'ammoniaque s'en dégage rapidement. Par la chaleur, ils se décomposent avec production de lumière, et laissent du cuivre métallique. Lorsqu'on chauffe un tas de ces cristaux dans un point jusqu'à décomposition, et qu'on retire ensuite le feu, la décomposition continue en pénétrant la masse : chaque cristal s'allonge et se contourne , en laissant un tube mince recourbé de cuivre métallique.

l86 SULFOPHOSPIfATE CCI^RIQÜE«

SouS'^hrcmate plombico^euîprique. On le trouve dans la nature; les minéralogistes lui ont donné le nom de "vauqueli" niie. Il est tantôt terreux , tantôt à 1 etat de petits cristaux qui affectent la forme de champignons. Dans le premier cas, sa couleur est claire ; dans le dernier, elle est d'un vert foncé. Sa composi-*

tion est =Cii* Cr + Pb'Cr.

yanadate cuiinique^ Cu V. Le sel neutre est soluble en jaune |

et donne , par Tévaporation , une masse jaune foncé, nullement

cristalline. Le iiW, Gu Y', obtenu par double décomposition, se dépose peu a peu sous forme d*une croûte cristalline jaune.

Mofybdate cuwriquey CuMo. G est une poudre d*un vert jaunâtre, qui est peu soluble dans l'eau, et que les alcalis et les acides

décomposent facilement.

Tungstate cuicrique^ Cu W. Il forme un précipité blanc, înso* lubie.

Stannate cuwnque^ GuSn. Il forme, suivant Moberg^ un précipité vert, contenant 3 atomes d*eau.

Permanganate cuiprique^ GuMn. D'après Mitscherlich ^ \\ est déliquescent.

G. Sulfoseh de ciui^re.

On ne saurait révoquer en doute que le cuivre possède deux sulfobases ; mais celle qui contient moins de soufre, et qui corres* pond, par sa composition , à l'oxyde cuivreux , n'a pas été examinée jusqu*à présent; et les sulfosels de cuivre que nous connaissons ont pour base le sulfure , qui est proportionnel à Toxyde cuivrique. Les sulfosels cuivriques sont d'un brun foncé, et deviennent noirs parla dessiccation ; ils sont pour la plupart insolubles dans l'eau.

Sulfophosphate cuivrique , Cu*'^*. Il s'obtient très-difficilement à l'état neutre; le plus souvent il est basique et uni à un grand excès de base, lorsqu'on mêle Thyposulfophosphite avec 4 atomes de soufre, et qu'on chauffe doucement le mélange dans un vase distillatoire. Il se forme ainsi plus de sulfure phosphorique que n'en peut fixer le sulfure de cuivre, de manière qu*on peut chasser l'excès de ce dernier par la distillation ; la difficulté consiste à régler, pour cela, exactement la température qu'il faut employer.

HTP08I7tFOPHO$]»HiTE SESQDIGCIYRIQUE. 1 87

Le composé est jaune pâle, facile à pulvériser , et se conserve intact dans un vase clos.

Sulfophosphitecuivrique^ GuP. On lobtient) comme le précédent, en employant seulement a atomes de soufre, ou lorsquon chaufFe le bisulfure cuivrique anhydre, Cu, avec du sulfure hy« pophosphoreux dans un courant de gaz hydrogène, jusqu a ce que Texcès de ce sulfure soit chassé par la distillation à une douce chaleur. La combinaison se fait d'abord très-violemment. Le sel est jaune foncé, pulvérulent, très-inflammable, et brûle avec une faible flamme de phosphore et répandant de la fumée ; il reste une masse incandescente , qui dégage de Tacide sulfureux. Par la distillation sèche, elle laisse un résidu pulvérulent brun foncé , et donne du sulfure phosphoreux.

HyposulfophosphLte cuivrique^ CuP. Il se produit quand on chaufFe doucement du sulfure de cuivre avec du sulfure hypophosphoreux dans un courant de gaz hydrogène, jusqu'à ce que l'excès en soit chassé parla distillation. C'est unemassebrun foncé, donnant une poudre d'un brun de foie, qui, étant allumée, brille avec une flamme de phosphore très-vive et répand de la fumée, pendant qu'il reste une matière d'un brun de foie clair. Calcinée dans un vase distillatoire, elle donne du sulfidehypophosphoreux, et le même résidu brun de foie. L'hyposulfophosphite cuivrique est soluble jusqu'à un certain degré dans Tacide chlorhy« drîque concentré, qui se colore ainsi en jaune foncé. La partie dissoute, étendue d'une quantité suffisante d'eau, se précipite sans altération , sans qu'il reste du cuivre en dissolution dans l'acide.

Hyposulfophosphite sesquicuwrique^ G\x¥. C'est le résidu brun de foie qui reste après la distillation sèche du sel précédent : du sulfure hypophosphoreux passe, à la distillation , avec un peu de sulfure phosphoreux. Le composé acquiert, par le broiement, une couleur plus claire. Il est inaltérable à l'air , et supporte, sans se décomposer, la calcination dans un vase distillatoire. ChaufTé à l'air, il brûle avec une faible phosphorescence et une odeur de sulfure phosphoreux, et se réduit enfin , par le grillage, en une masse noire, qui renferme du phosphate cuivrique. On peut aussi préparer ce composé par voie humide , en faisant digérer longtemps le sulfure phosphoreux avec la solution ammoniacale d'un sel cuivrique. 11 se dépose alors sous forme d'une poudre rougebrune.

l88 SnUFARSilflTR CnVRIQUR BlBASfQrC.

Su/Jocarbonafe cuiifrique , Cu C. Il forme un précipité bnin foncé, presque noir, soluble en brun foncé dans un excès du précipitant. Desséché , il est noir; en distillation, il donne d'abord du Sulfide carbonique, puis du soufre, et laisse du sulfure cuivreux.

Sulfurénatô cuiçrique , Cu + C*N*H*S*. Il se précipite sous forme d'une poudre jaune foncé , qui se conserye assez bien. L'eau à It température de + 5o^ le décompose, en mettant la base en liberté, et dissolvant de Tacide bydrosulfocyanique.

'Sutfotellurite tricuivrique , Gu^ Te. C'est un précipité brun , qui passe au noir en se desséchant.

Sulfarséniate cuivrique^ Cu'Às. Il donne un précipité brun foncé, qui devient noir par la dessiccation. Ce composé se forme souvent dans les analyses , quand on précipite par le gaz sulfide hydrique une liqueur acide contenant de l'acide arsénique et de l'oxyde cuivrique. Si l'acide arsénique est en excès, le sulfarséniate cuivrique se précipite le premier en brun, puis le sulfide arsénique en jaune.

SulJarsénUê cuivrique^ Cu*As. II forme un précipité brun foncé, qui devient brun noirâtre en se desséchant. Quand on le triture, il s agglomère, devient gris, et prend 1 éclat métallique. Dans la distillation , il donne d'abord du soufre , puis du sulfide arsénieux, et laisse une substance boursouflée, grise, i demi fondue, offrant l'éclat métallique, et donnant une poudre grise d'apparence métallique. Cette substance paraît être du sulfarsénite cuivreux. Les espèces de cuivre gris arsenical (Fahlerze), qu'on trouve dans le règne minéral, appartiennent sans doute à ce genre de combinaison. — Si l'on décompose une dissolution de bisulfârsénite potassique par de l'hydrate cuivrique encore humide, ajouté par petites portions jusqu'à ce que la couleur de l'hydrate n'éprouve plus d'altération , une partie du sel de cuivre formé se dissout dans la liqueur, qui en est colorée en rouge orangé, tandis que l'autre reste en non-solution. Si l'on verse de l'acide chlorhydrique dans la dissolution , on obtient un précipité brun clair, qui est du soussulfarséniate cuivrique ordinaire ; la portion non dissoute est du sulfarséniate basique.

Sulfarsénite cuiîfriquc bibasique, Gu}^)Ls:=z Lu* Äs + üCu. On le rencontre dans le règne minéral, sous le nom de tennantite. H

SKLS DE MER-CUUE. 1 89

est cristallisé en octaèdres réguliers , d'un éclat gris métallique, et de 4)375 poids spécifique. Une petite quantité de sulfure de cuivre s y trouve remplacée par du sulfure de fer.

Sulfantimoniatecuivrique bibasiqußy Cu*Sb=CuSb4- aCu. Il forme un précipité brun , quand on précipite une solution de sulfate cuivrique par le sulfosel sodique correspondant.

SulfantUnonltes cuiçriques basiques. Ces sels sont très» nombreux dans le règne minéral; ils existent d'ordinaire en combinaison avec les sulfures d autres métaux. Une partie du sulfure antimonieux s j trouve souvent remplacée par du sulfure arsénieux;ces deux corps étant isomorphes, la forme cristalline du composé n*est pas changée. Ces combinaisons sont comprises par les minéralogistes sous le nom commun àe fahterze. Ten vais ici citer quelques exemples :

Bournonite de Caldras, =€u'Sb + aPbÀb.

Bournonite de Pfaffenberg, =Gu'Sb+ aPb^Sb.

Des mélanges de fahlerz, relativement à leur composition,

F«* Sb . A . Sb peuvent être exprimes par , | j >». +a<^uM,,,

Ùïï j \ zxS [ zxS*

Dans ces formules, les éléments superposés indiquent quils peuvent varier et se substituer , suivant les localités d'où proviennent les minéraux.

Sulfomofybdaté cuiifrique^ CuMo. Il forme un précipité brun foncé, presque noir, qui ne change pas de couleur pendant la dessiccation.

Hypersuifomoljrbdate Cîavriquej CuMo. Il se précipite en brun foncé , mais devient plus clair en se rassemblant«

Sulfotungstate cuiifrique , Cu W. Il forme un précipité couleur de foie, qui devient d'un brun foncé quand on le recueille et qu'on le sèche.

a5. Sels de mercure*

Les sels de mercure solubles ont une saveur métallique particulière, très-désagréable. On peut toujours y reconnaître d une manière certaine la présence du mercure, en les chauffant jus* qu'au rouge avec du carbonate sodique ou potassique dans un tube fermé par le bas ; le mercure se sublime alors sous forme

igo CHLORURES DE MERCURE.

métallique. La totalité du mercure peut être séparée, avec la dernière exactitude , par la voie humide, en faisant digérer ce sel avec de l'acide phosphoreux ou hy pophosphoreux ; ou , d*après Soubeiran^ en le mêlant avec de lacide chlorhydrique concentré, et ajoutant au mélange^ que Ton a soin de chauffer, un léger excès de chlorure stanneux cristallisé. Les oxysels et les sels haloides de mercure peuvent aussi être reconnus , à ce que du cuivre dé* cape quon frotte avec Tun d'eux se couvre d'une pellicule de mercure métallique^ qui argenté sa surface.

La propriété caractéristique des sels mercureux est de donner un précipité noir d'oxyde mercureux lorsqu*on les traite par les alcalis caustiques et les terres alcalines. Les sels mercureux insolubles acquièrent, par une ébullition prolongée dans l'eau, une couleur gris foncé : il se sépare du mercure pendant qu'il se forme un sel mercurique. Les sels mercuriques ^ au contraire, forment, dans le même cas, un précipité rouge d'oxyde mercurique de belle couleur jaune.

A. Sels haloïdes de mercure.

Chlorures de mercure, i^ Chlorure mercureux^ HgGl. C'est un des médicaments les plus importants, que les pharmaciens appelaient autrefois mercure doux, quand il avait été obtenu par voie de précipitation , et ealomel quand il avait été préparé par sublimation. Ce sel peut être préparé en grand par deux méthodes , qui donnent toutes deux de bons résultats, pourvu qu'on les exécute avec les précautions nécessaires. La méthode la moins dispendieuse consiste à mêler i | de mercure pur avec i d'acide nitrique pur d'an poids spécifique de i,a à 1,26, et à faire digérer le mélange jusqu'à ce qu'il ne se dissolve plus de mercure. Quand le volume du mercure ne diminue plus sensiblement, on fait encore continuer la digestion jusqu'à ce que la liqueur commence à prendre une couleur jaune. D'un autre côté, on prépare une dissolution de i partie de sel marin dans 82 parties d'eau distillée; on y ajoute une certaine quantité d'acide chlorhydrique, on la chauffe jusque près du point de rébuUitiou , et on la mêle avec la dissolution de mercure. Les sels échangent alors leurs bases, et l'on obtient du chlorure mercureux, qui se précipite sous forme d'une poudre blanche , et que i on fait digérer pendant quelque

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