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C. Sulfosels de mercure

Le mercure forme deux sulfobascs, qui sont proportionnelles aux deux oxydes. Le sulfure mercureux donne naissance à des sulfosels, qui sont, pour la plupart, noirs ou d'un brun foncé, et insolubles dans l'eau. Soumis à l'action de la chaleur, beaucoup d'entre eux dégagent du mercure, et se transforment en sulfosels tncrcuriqnes ; mais, dans le plus grand nombre des cas, la base se sépare et se sublime. Les sulfosels mercuriques sont de couleur

a56 HYPOSCLFOI»HOSPHîTE MERCüRlQÜB.

plus claire , et parfois légèrement solubles dans Teau. Les acides ne les attac(uent pas, mais les oxysels mercuriques les décomposent très-promptement.

Sulfophosphate mercurique^ Hg*P. On l'obtient en chaufTant rhyposulfophosphite mercurique dans un vase distillatoire ^ jusqu'à ce que tout se soit sublimé. Il passe d'abord du sulfide hypophosphoreuXy puis du mercurique métallique qui est suivi de sulfophosphate, et enfin il reste quelques cristaux rouges. Lorsqu'on maintient le col de la cornue tout près du bain de sable, de manière quil s'échauffe, ces sublimés, au lieu de se mélanger, se déposent dans des endroits différents, suivant leur degré de volatilité. Le sulfophosphate mercurique est une masse jaune pâle qui se présente , dans l'intérieur du col de la cornue , sous forme de petites aiguilles, transparentes, brillantes, faiblement jaunâtres , donnant une poudre d'un jaune pâle. Il faut le conserver dans un vase bien fei*mé.

Suif ophosphite mercurique ^ Ög*^^» ^^ l'obtient en maintenant rhyposulfophosphite longtemps à-H36o% dans un vase distillatoire : il se produit un sublimé noir, composé de globules de mercure, noircis par un faible mélange de soufre. Le sulfophosphite reste, dans la cornue, sous forme d'une masse pulvérulente, jaune blanchâtre.

HjrposuIJopkosphite mercurique^ Hg P. On l'obtient en chauffant doucement, dans un appareil convenable, du sulfure de mercure en poudre avec un excès de sulfide hypophosphoreux dans un courant de gaz hydrogène; on continue à chauffer jusqu'à ce que le gaz hydrogène n'entraîne plus de sulfide hypophosphoreux. L^hyposulfophosphite mercurique forme une masse rouge sale, qui donne une poudre jaune orange. Si pendant la préparation du sel la température a été trop élevée, on y voit apparaître des globules de mercure, provenant d'un commencement de décomposition du sulfophosphite. 11 noircit peu à peu à l'air, et commence ensuite à verdir. Hyposulfophosphite monobasique , Hg P H- Hg. On l'obtient en décomposant le sulfophosphite mercurique par la distillation sèche; après la sublimation du sulfophosphate, ce dernier reste, et se sublime à la fin en beaux cristaux brillants, rouge pâle.

a atomes de Hg^P se partagent en i atome de Hg'P et i atome Hg'P.

SULFAHSÉNITE MERCUAKUX. I^'J

Sulfocarbonate mercureux^ Ilg C. Il se précipite sous forme d'une masse translucide, d*un brun fonce, ayant quelque ressemblance avec le sulfocarbonate plombique. Par la dessiccation il devient noir. Dans la distillation, il ne donne que du mercure et du cinabre, sans traces desulfide carbonique; celui-ci se dégage probablement pendant la dessiccation.

Sulfocarbonate mercurique, UgC. C est un précipité noir, qui se maintient en dissolution quand la liqueur renferme un excès du précipitant. A Tétat sec il est noir, et donne, par la distillation, du cinabre, sans traces de sulfide carbonique, qu'il paraît avoir perdu dans la dessiccation.

Su/furénate mercurique^ HgH-C*H'N*S*. Il forme un précipité blanc, qui ne tarde pas à se décomposer, et à devenir jaune, rouge, et à la fin noir.

Sulfotellurites trimercureux^ oHg fe, et trimercurique^ 3Hg Te. Le premier se précipite en brun foncé , le second en brun jaunâtre. Dans la distillation sèche, le sel trimercureux se convertit eo sel trimercurique , en dégageant du mercure. En continuant à chauffer la' masse, elle dégage du soufre, et finit par se sublimer en totalité. Le sublimé ainsi obtenu est une combinaison de sulfure et de tellurure mercurique; il est d'un gris foncé, et donne une poudre noire.

Sulfarséniate mercureux , Hg'As. Il donne un précipité noir quand le sel dont on le précipite est entièrement exempt d'oxyde mercureux ; et, dans le cas contraire, un précipité jaunâtre foncé, qui devient encore plus foncé en séchant. Chauffé dans un appareil distillatoire, ce sel éprouve, aune certaine température, une violente décrépitation, et donne du mercure méullique, sans traces de soufre ou de cinabre. La masse décrépitée se sublime ensuite sans altération , et le sublimé n'est autre chose que le composé suivant.

Sulfarséniate mercurique^ Ug* As. Ce sel, tant neutre que basique, se présente sous forme dun précipité jaune foncé, dont la couleur ne change pas pendant la dessiccation. Il se sublime sans abandonner du soufre. Le sublimé, qui est noir et brillant, donne une poudre rouge qui ressemble à du cinabre de mauvaise qualité.

Sulfaj'sénite mercureux y Hg* As. Il forme un précipité qui est IV. 17

^58 SULFOMOLTBDATE MEBCUHKUX.

noir, ou, si le sel de mercure contient de Toxyde mercitrique , d*un vert grisâtre. Étant distillé , il décrépite avec une violence qui tient de Texplosion , et dégage en même temps du mercure métallique; après quoi on obtient un sublimé^ qui est le sel suivant.

Su/farséni'te mercurique , Hg^Âs. Il forme un précipité floconaeuX) rouge orangé, qui, lorsque la liqueur contient un excès de chlorure mercurique, devient bientôt tout blanc. Si c'est, au contraire , le sulfarsénite qui prédomine , le sel conserve sa couleur. En séchant, il devient brun foncé; mais quand on le triture, il donne une poudre jaune foncé. 11 entre d*abord en fusion, puis se sublime. Le sublimé, vu sur ses bords, ou en lames minces, est translucide et jaunâtre; sa cassure est grise, et douée de Téclat métallique. 11 donne une poudre qui est jaune comme avant la subli«mation, lorsqu'elle a été suffisamment triturée. Ce sublimé est du bisulfarséntte mercurùjtie. Celui qu*on obtient par la décomposition du sel précédent, avec dégagement de mercure métallique, est du sulfarsénite neutre; son sublimé est d'un brun presque noir, brillant, opaque, et donne une poudre rouge foncé.

Sulfantimoniate mercureux (basique), Hg^^b. On lobtient par voie de double décomposition , en traitant le nitrate mercureux par le sulfure sodique cristallisé. Il n*est pas altéré par un excès de sel mercureux.

Sulfantimoniate m^rcuri^iie (basique), Hg'Àb. On Tobtientd'une

manière analogue, au moyen du chlorure mercurique. Il forme

un précipité orange foncé , qui brunit par la dessiccation. Pour

Tobtenir, il faut verser goutte à goutte la solution du chlorure

mercurique dans la solution du sulfure alcalin , parce que si Ton

procédait d'une manière inverse , il produirait un précipité blanc

qui, d'après Rammelsbergy se compose de Hg'Sb + (3Hg€l+Hg).

Ce précipité n'est pas attaqué par les acides , mais il se dissout

dans l'eau régale. La potasse en enlève du chlore et de l'acide anti-

monique, en laissant du sulfure mercurique.

Sulfomolybdnte mercureiuCy Hg Mo. C'est un précipité brun foncé, presque noir, qui donne par la dessiccation une poudre d'un brun foncé. Etant distillé, il donne du cinabre, et laisse du sulfure molybdique gris.

SELS b'akgknt. a 59

Sulfomolybdate mercurique, HgMo. Il forme un précipite brun clair, qui n^est point altéré par lui excès de sulfomolybdate, mais se décompose instantanément dans une liqueur contenant un excès de chlorure mercurique , liqueur qui donne un précipité blanc et se colore en bleu. Séché, il donne par la trituration une poudre brun foncé; distillé, il dégage d'abord du soufre, puis du cinabre, et laisse du sulfure molybdique gris.

Hypersulfomolybdate mercureux^ HgMo. C'est un précipité brun foncé.

Hypersulfomolybdate mercurique^ HgMo. Il se précipite sous forme d'une poudre rouge.

Sulfotungstate mercureux^ "gW. C'est un précipité noir.

Sulfotungstate mercurique^ Hg W. 11 se précipite en flocons d'une belle couleur orange , quand on mêle le chlorure avec du sulfotungstate potassique. En séchant ^ il devient d'un brun jaunâtre* Sa poudre est rouge foncé , et prend du poli sous le brunissoir. Étant distillé, il donne premièrement du soufre, puis du cinabre, et laisse du sulfure tungstique. Si l'on emploie un excès de chlorure pour opérer la précipitation , le précipité devient blanc en peu d'instants; un excès de sulfotungstate potassique le rend noir.

Lorsqu'on mêle le chlorure mercurique avec une dissolution du sel double jaune que forme le sulfotungstate avec l'oxjtungstate potassique, on obtient un précipité orange, dont la poudre sèche ne prend pas de poli et ne se tasse pas sous le pilon, et qui donne, dans la distillation sèche, un courant continu de gaz acide sulfureux.

a6. Sels ^argent,

Uargent forme deux classes de sels : les uns ont pour base l'oxyde argenteux, les autres l'oxyde argentique. h^ première classe de sels a été découverte récemment par IVoehler ;m?ùs on n'a préparé encore qu'un très-petit nombre de ces sels argenteux. A l'état solide , ils sont bruns ou noirs \ leur solution aqueuse est d'un rouge vineux foncé.

Les sels de la seconde classe (sels argentiques) sont incolores \ ceux qui sont solubles ont une saveur métallique, extrêmement désagréable. Ils donnent avec l'acide chlorhydrique un précipité blanc, qui devient noir quand on le laisse exposé à la lumière diffuse, et qui, traité au chalumeau sur du charbon, se réduit en ar«

a6o CHLORURE AHGKNTEÜX.

gent métallique. Tous les métaux des sels précédents décomposent les sels, en précipitant l'argent à Fétat métallique. Ils se dissolvent tous, plus ou moins bien , dans Tamnioniaque caustique. Les sels ferreux et stanneux en précipitent aussi de Targent métallique; les sels de fer présentent en outre cette particularité , que ceux à base d'oxyde ferrique sont réduits à l'état de sels ferreux par l'argent avec lequel on fait bouillir leurs dissolutions, tandis que les sels à base d'oxyde ferreux réduisent à la température ordinaire l'oxyde argen tique, et se transforment à ses dépens en sels ferri-* ques. Ainsi, l'argent se dissout dans une dissolution bouillante de sulfate ferrique^ laquelle en est colorée en vert ; mais, pendant le refroidissement, l'argent ramené à l'état métallique se précipite , et la dissolution reprend dans la même proportion sa couleur rouge. La plupart des sels argentiques sont noircis par la lumière solaire , mais conservent dans l'obscurité leur couleur blanche. Cette couleiur noire est d'ordinaire tout à fait superficielle, et protège la couche subjacente contre l'action de la lumière. Elle se manifeste sous l'eau aussi bien qu'à lair, et tient à la formation d'une même couche d'oxysel ou de sel haloïde argenteux.

A. Sels haloïdes d* argent.

Chlorure argenteux^ ^%G[. Il y a longtemps que les chimistes ont remarqué pour la première fois ce composé, mais sans en connaître la nature. Scheele démontra que le chlorure argentique, qui noircit à la lumière , éprouve une espèce de réduction \ il trouva qu'il y avait de l'acide chlorhydrique mis en liberté, et qu'en traitant par l'ammoniaque le chlorure argentique noir, il restait en non-solution des flocons noirs, qu'il reconnut être de l'argent métallique. On a conclu de ces observations que le chlorure argentique ne devenait noir que par l'action simultanée de la lumière et de l'humidité. Cependant il n'en est pas ainsi; car quand on fond du chlorure argentique dans un tube de verre qu'on ferme ensuite par les deux bouts, la surface du sel argentique, qui est en contact avec le verre, se noircit peu à peu. ff^etzlara fait voir que quandle chlorure argentique noircit, il y a dégagement de chlore, et que la substance noire n'est pas de l'argent, mais un degré inférieur de combinaison de ce métal avec le chlore. D'après Wetzlar^ on peut se procurer le même composé par d'autres moyens ; par exemple , en versant une dissolution de chlorure cuivrique ou

CHLORURE ARGENTIQUE. a6l

ferrique sur de Tardent pur en feuilles. L argent se réduit de suite en petites paillettes noires; on décante la liqueur, et on lave le souschlorure avec de Teau. Si le contact était prolongé, on obtiendraît du chlorure ordinaire. La combinaison noire n'est pas attaquée par Tacide nitrique : aussi voit-on que du chlorure argentique sur lequel on a versé de Tacide nitrique , noircit à la lumière du soleil. (Du chlorure sur lequel on a versé de lacide sulfurique, ou une dissolution de chlore ou de chlorure ferrique, ne devient pas noir quand on l'expose à Faction de la lumière.) La vraie composition de ce corps resta inconnue , jusqu*à ce que JVoehler àécou^ vrit loxyde argenteux : il montra qu'on l'obtient en traitant un sel argenteux par Tacide chlorhydrique, ou en précipitant la solution de l'oxysel argenteux par du sel marin. Le chlorure se précipite alors sous forme d'une masse brune, grumeuse, qui noircit par la dessiccation à une douce chaleur. Il se décompose au point où le chlorure argentique fond , et se change en une niasse de chlorure fondue , mêlée d'argent métallique très-divisé, qui s'oppose à la fusion exacte. Il est aussi décomposé par de l'ammoniaque caustique, ainsi que par une solution concentrée de sel ammoniac, qui en dissout le chlorure argentique. Il se produit, au contraire, trèsfacilement par l'action du sel ammoniac sur l'argent métallique. Quand on évapore une solution de sel ammoniac sur de l'argent métallique, il se forme, pendant qu'il se dégage un peu d'ammoniaque, une combinaison de sel ammoniac avec le chlorure argentique. Au contact avec l'argent, cette combinaison se change en chlorure argenteux , de sorte qu'en enlevant le sel par l'eau , il reste une tache noire foncée.

Chlorure argentique ^ Ag Gt\. Il se présente sous forme d'une poudre blanche, insoluble, qui se précipite quand on traite, par l'acide chlorhydrique ou par les chlorures , un sel argentique quelconque, l'hyposulfite excepté. Il occupe d'abord un grand volume, et est caséeux; mais quand on le chauffe, il se rassemble en une masse pesante , et blanche comme la neige. Il est insoluble dans l'eau , et la plus petite.quantité de chlorure ou d'acide chlorhydrique contenu dans de l'eau peut être découverte en y versant une goutte d'une dissolution de nitrate argentique. Au bout de quelques instants la liqueur devient opaline, et quand on l'expose à la lumière du soleil, elle prend une teinte vineuse, et dépose après quelque temps, une poudre d'un brun foncé. Ce réactif est

a6a CHLORURE ARGEKTIQtlE.

si sensible à la présence de l'acide chlorhydrique , qu'arec son secours on peut très-bien reconnaître cet acide étendu de ii3 f millions de fois d'eau ; mais d'après Pfafjf^ qui a fait cet essai, la réaction est presque insensible quand l'acide chlorhydrique est étendu de 2217 \ millions de fois d'eau. L'acide chlorhydrique dissout le chlorure argentique, surtout quand il est concentré, et le chlorure cristallise en octaèdres à mesure qu'on évapore la dissolution. Celle-ci est précipitée quand on l'étend d'eau. Le chlorure argentique se dissout facilement dans l'ammoniaque caustique , et cristallise aussitôt que l'ammoniaque se volatilise. Exposé à l'action de la chaleur, il devient d'abord rose, et se fond ensuite en un liquide transparent, jaunâtre, qui forme, après le refroidissement, une masse blanche, susceptible d'être coupée au couteau, et dont la consistance tient de celle de la corne; il doit à cette dernière propriété le nom iï* argent corné ^ que lui avaient donn/é les anciens chimistes. Le chlorure argentique fondu se fixe d'ordinaire si solidement aux parois du vase où s'opère la fusion, qu'on a de la peine à le détacher. Il vaut donc mieux le verser sur une plaque de pierre froide et polie. Ce qui reste dans le vase, on le détache par l'ammoniaque caustique ou par l'eau , et on le réduit par du zinc ou du fer, avec addition d'un peu d'acide sulfu* rique ou d'acide chlorhydrique (t. II, p. 474)* U ^'^^^ P*^ décomposé par la chaleur rouge, même avec le secours du charbon, quand celui-ci a été préalablement bien calciné; mais lorsqu'on fait passer des vapeurs d'eau sur le sel fondu ou sur son mélange avec le char^ bon, l'argent est réduit, et l'on obtient de l'acide chlorhydrique et de l'oxygène ou de l'acide carbonique. Chauffé, au contraire, à la chalerur ronge, dans un courant de gax hydrogène, il se forme de l'acide chlorhydrique, et l'argent est réduit. Quand on le chauffe inversement dans un courant de gaz acide chlorhydrique, il se produit de l'hydrogène et du chlorure argentique. La même chose amve, quand on y fait passer des vapeurs de sel ammoniac. Fondu avec de la potasse caustique ou du carbonate potassique, il se réduit également, et donne du gaz acide carbonique et du gaz oxygène. Par la voie humide, au contraire, les carbonates alcalins sont sans action sur lui, et les hydrates l'attaquent très-peu.

Dans l'analyse, on a tiré parti de l'insolubilité du chlorure argentique , pour déterminer la quantité d'acide chlorhydrique contenue dans une liqueur. A cet effet, il convient de chauffer la

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