‹ Traité de chimie minerale, végétale et animaleChapitre 25 sur 107 · CHLORURES DOUBLES ARGEKTIQUE , ETC · texte numérisé non relu

CHLORURES DOUBLES ARGEKTIQUE , ETC

liqueur <1 où l'on veut précipiter le chlorure, et, si d*autres circonstances ne sy opposent, de l'aiguiser par un peu d'acide ni* trique, parce que le précipité se dépose alors plus facilement, ou s'agglutine, en sorte qu'il est plus facile à laver. Par une agitation violente de la liqueur , on hâte aussi beaucoup la réparation du précipité. Quand la liqueur est parfaitement neutre, le précipité y reste longtemps suspendu, f t la liqueur, qui a un aspect laiteux, passe ordinairement trouble à travers le filtre. On fait bien de commencer par laver le précipité avec de l'eau dans laquelle on a versé quelques gouttes d'acide nitrique; sans cette précaution , il arrive quelquefois que quand la dissolution saline est entièrement enlevée par le laVage , l'eau pure devient laiteuse, et passe dans cet état à travers le filtre. Beaucoup de corps, du reste insolubles, possèdent cette propriété. Le chlorure argentique ne fixe pas d'eau, ni par la précipitation, ni par la cristallisation ; 09 l'obtient donc complètement anhydre par la dessiccation à + Ioo^ On le rencontre très-rarement, dans le règne minéral, soit à l'état amorphe, soit en cristaux octaédriques.

Chlorure argentiqiu ammoniacal^ Ag Gl -f- 3N H'. On l'obtient, suivant //. Rose^ en saturant du chlorure argentique bien desséché avec du gaz ammoniac sec. C'est une poudre blanche, contenant 1^,91 pour cent d'ammoniaque , qui s'en vont peu à peu à lair. Quand on dissout à chaud du chlorure argentique jusqu'à saturation dans l'ammoniaque très-concentrée, et qu'on recouvre le flacon qui contient la liqueur, il se dépose, par le refroidissement, des cristaux cubiques. Ces cristaux ont donc tout à la fois la forme du chlorure argentique et du sel ammoniac ; exposés à l'air, ils perdent de l'ammoniaque, et deviennent opaques. Ils représentent' probablement une combinaison du chlorure argentique avec un peu moins d'ammoniaque que n'en renferme le composé précédent. Mais on n'en a pas fait l'analyse.

Chlorures doubles argentique et potassique^ sodique et ammo^ nique. On obtient ces sels doubles en faisant bouillir des dissolutions concentrées des chlorures alcalins avec du chlorure argentique. Pendant le refroidissement, le sel double se dépose en cristaux qui affectent ordinairement la forme de cubes. 11 est décomposé par l'eau, qui laisse le sel argentique sans le dissoudre. Le chlorure potassique, fondu avec le double de son poids de chlorure argentiquCi donne un liquide jaune« Quand on fait digérer de

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l'argent en feuilles avec une dissolution concentrée de sel marin, la liqueur devient, d'après ff^etz/ar, légèrement alcaline, et acquiert une saveur prononcée d'argent en dissolution.

Le chlorure argentique forme^ d'après Lieiigj un sel double avec le cyanure potassique. Le premier est dissous par une dissolution de ce dernier, et , en évaporant la liqueur, le sel double cristal« lise. Ce sel ne peut pas être préparé à l'aide du cyanure argentique et du chlorure potassique; ces deux sels se décomposent l'un Fautre, et on obtient du chlorure argentique et du cyanure argentico-potassique.

Bromure argentique ^ Ag&r. Il est insoluble dans l'eau, et forme un précipité qui est d'abord blanc, mais devient d'un jaune pâle en se rassemblant. Il est très-fusible ; la masse fondue et solidifiée est transparente , et d'un jaune pur et intense. Chauffé doucement dans un courant de gaz hydrogène, il donne naissance à de l'acide bromhydrique et à de l'argent métalUque qui reste. Le bromure argentique n'absorbe pas de gaz ammoniacal. L'acide sulfurique concentré en dissout également une petite quantité; mais on l'en précipite de nouveau par l'eau. Du reste, il partage la plupart des propriétés du chlorure, et devient noir à la lumière, même quand l'intensité de celle-ci est insuffisante pour altérer sensiblement le chlorure. Il est très-peu solubledans l'ammoniaque caustique ; par 1 evaporation de la liqueur, il se dépose des paillettes cristallines de bromure argentique. On le ren« contre naturellement dans la mine d'argent de San Onofre, au Mexique, soit à l'état amorphe, soit en cristaux octoédriques ; il est coloré en jaune ; mais il est ordinairement vert à la surface, par suite d'une mince couche de bromure produite par l'action de la lumière. Avec les bromures des métaux alcalins , il forme des sels doubles semblables à ceux que donne le chlorure; et à une douce chaleur il peut être fondu, avec le carbonate sodique, en une masse jaune qui n'est pas parfaitement transparente. L'eau dissout le carbonate alcalin en laissant le bromure argentique; à une forte chaleur rouge, ces deux sels se décomposent l'un l'autre.

lodure argentique^ Agi. Il est d'un jaune pâle, et ressemble du reste^au chlorure par son aspect et par son insolubilité. Il est cependant facile de l'en distinguer, en ce qu'il se dissout très-difficilement dans l'nmmoniaque, et en ce qu'il est noirci plus lente-

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ment par l'action de la lumière. D'après les expériences de Martini j il faut a,5oo parties d'ammoniaque d'une densité de 0,960 pour dissoudre une partie d'iodure argentique. On peut donc avoir recours à ce moyen pour séparer le chlorure argentique d'une très-petite quantité d'iodure. Martini pense même que cette séparation peut s'exécuter avec précision, et qu'il suffit pour cela de tenir compte de la solubilité de l'iodure argentique dans la liqueur ammoniacale employée. Je doute cependant qu'on puisse arriver par ce moyen à un résultat exact, attendu qu'une grande partie de l'ammoniaque perd, en dissolvant le chlorure argentique, le pouvoir de dissoudre l'iodure. Il entre aisément en fusion j à l'état fondu, il est d'un rouge foncé, et, après le refroidissement, d'un jaune impiu*^ opaque, et à cassure grenue. Calciné dans le gaz hydrogène, il donne de l'argent et de l'acide iodhydrique. L'acide sulfiirique le rend noir, en mettant de l'iode en liberté; mais il redevient jaune aussitôt qu'on ajoute de l'eau au mélange. L'iodure argentique se rencontre, quoique très-rarement, dans le règne minéral ; jusqu'à présent on ne l'a trouvé que sous forme de lamelles minces, près de Zacatecas, au Mexique.

L'iodure argentique, soit seul, soit en combinaison avec une faible portion de bromure argentique , est devenu d'un usage général dans la production des dessins photographiques (daguerréotypie). A cet effet, on met une plaque d'argent polie ou du plaqué (plaque de cuivre recouverte d'une couche d'argent) en contact avec les vapeurs de l'iode ou avec celles de l'iode, mêlées d'un peu de brome; la plaque se recouvre ainsi d'une mince couche d'iodure argentique^ et devient pâle ou uniformément jaune. On l'introduit dans une chambre obscure, et on y fait tomber l'image qu'on veut reproduire; au bout de quelques minutes, ou même de quelques secondes, la plaque a si bien reçu, dans ses différentes parties, l'action inégalement forte de la lumière de l'image, que le dessin, bien qu'il ne soit pas encore visible, se montre lorsqu'on maintient la plaque sur du mercure chauffé à + 7^^» Pendant que les vapeurs mercurielles s'y précipitent, le dessin devient visible. On dissout l'excès d'iodure argentique non altéré en plongeant la plaque dans une dissolution d'hyposulfite sodique. L'action physico-chimique de ce phénomène n'est pas encore assez exactement connue pour qu'on puisse en donner une théorie certaine.

206 FLUORURE ARGF.WTIQUÎ?.

lodure argentique ammoniacal^ aAg + Nff. On l'obtient, d'après Rammelsiergy en saturant Tiocliire argentique par le gaz ammoniac sec : il présente l'aspect d'une poudre blanche, dont l'ammoniaque s'en va à l'air. L'eau en retire également l'ammoniaque^ et laisse l'iodure argentique.

CklorO'ïodurê argentique. L'iodure argentique absorbe du gaz chlore à froid, et blanchit. Par une plus grande quantité de gaz chlore , il devient jaune orangé. Par une douce chaleur, il s'en dégage du chlorure d'iode, et le résidu devient blanc. A une chaleur plus forte, il s'en sublime de l'iode, et il se produit une quantité correspondante de chlorure argentique.

Sels doubles etiodure argentique avec d^ autres iodures, A l'aide de Tébullition^ il se dissout en grande quantité dans les dissolutions concentrées des iodures des métaux alcalins et des terres alcalines. L'eau le précipite de ces dissolutions. D'après Boullay jeune, il forme, avec l'iodure potassique, deux combinaisons cristallisées. Si l'on emploie un excès de sel argentique, on obtient un sel dans lequel les deux iodures contiennent la même quantité d'iode. Si, au contraire, on emploie un excès d'iodure potassique, le sel double qu'on obtient renferme a atomes d'iodure potassique pour I atome d'iodure argentique. Ces sels sont donc, = Kl + Agi et aKI+ Agi. Le premier se dissout dans l'alcool bouillant; et de cette solution, si elle n'est pas trop concentrée, il se dépose, par le refroidissement, en aiguilles régulières; tandis que l'eau mère ne le dissout en cristaux irréguliers que lorsqu'elle est trèsconcentrée. Le dernier forme , dans son eau mère , des cristaux réguliers. L'un et l'autre sels laissent de l'iodure argentique insoluble, quand on les traite à froid par l'eau ou par l'alcool.

lodure mercurique avec sousnitrate mercurique^ Agi H- Hg*N -\r «• On l'obtient, d*après PreusSj en dissolvant l'iodure argentique, à la température de Tébullition , dans une solution de nitrate mercurique. Par le refroidissement, la liqueur se prend en une masse d'aiguilles, constituant le sel en question. Il se conserve à l'air; mais l'eau en retire du nitrate mercurique neutre.

D'après Liebig^ le cyanure argentique forme, avec Xiodure orgentiquCy un sel double analogue à celui produit par le chlorure.

Fluorure argentique^ AgF. D'après Gay-Lussac et Thenardy''^ est soluble, ne cristallise pas, et donne, par la dessiccation, une masse saline qui attire l'humidité de l'air. A une température

SÜRCYANURE ARGHWTIQUR. ^67

élevée, il fond comme le chlorure argentique^ et la masse fondue se redissout dans Teau. Exposé, en vases ouverts, à une tempéra-* Iure plus élevée encore, il dégage du fluor, et la masse fondue se couvre d'une pellicule d'argent, qui devient peu à peu plus épaisse. Ce changement ne tient pas à la température, mais à Thumidité de Tair qui se trouve en contact avec le sel fondu, et donne naissance à un dégagement d acide fluorhydrique et de gaz oxygène. Quand on fait fondre le fluorure argentique dans du gaz chlore, il se dégage, d'après H. Daçjr^ du gaz fluor, auquel aucun vase n'a pu jusqu'à présent résister. Quand on le chauffe dans un vase de verre, il se produit du fluorure silico-potassique et du gaz oxygène ; dans un vase de platine il se forme du fluorure platineux. On n'est pas encore parvenu à obtenir des sels doubles de fluorure argentique avec d'autres fluorures.

Fluorure silico-argentique ^ SAgF + aSiF*. Evaporée jusqu'à consistance de sirop, la dissolution de ce sel donne des cristaux blancs et grenus, qui s'humectent promptement à l'air. Si l'on mêle la dissolution avec une petite quantité d'ammoniaque, il se précipite un sel basique jaune clair, qui se dissout dans l'ammoniaque en laissant du silicate argentique.

Cyanure argentique^ AgCy. On l'obtient en versant de l'acide cyanhydrique dans une dissolution de nitrate argentique. Le cyanure se précipite sous forme d'une poudre blanche. Il est insoluble dans l'eau, et ne se dissout dans les acides nitrique et sulfurique qu'autant que ces acides sont concentrés et très-chauds. L'acide chlorhydrique le décompose facilement ; il en est de même du gaz suiflde hydrique et des sulfhydrates. Les alcalis caustiques ne le décomposent pas ; mais il se dissout facilement dans l'ammoniaque. Il sera question plus bas du changement qu'il éprouve à une température élevée.

Surcjranure argentique^ AgGj + MGj. On l'obtient, suivant Meillety en précipitant une solution de cyanure argen tico-bary tique par la quantité d'acide sulfurique exactement nécessaire pour séparer le baryte ; le composé dont il s'agit reste en solution. On n'en a donné encore qu'une description incomplète. Suivant Meil" let^ la solution est jauue, à réaction acide, exhale une faible odeur d'acide cyanhydrique, se conserve assez bien, et forme, avec les bases alcalines , des cyanures doubles ; mais elle exerce une faible action sur les carbonates alcalins.

a68 CYANURE FERROSO-ARGRNTIQUE.

Cyanures doubles de {yanure argentigue. Le cyanure argenticpie, traité par les cyanures potassique, sodique, calcique, barytique, strontique ou ammonique, forme avec eux des dissolutions inco* lores qui n ont point d'odeur, et dont la saveur est d*abord douceâtre et ensuite très-désagréal>le. Ces combinaisons ont été découvertes par Ittner. Elles ne sont précipitées ni par les chlorures ni par les alcalis caustiques ; mais les acides qui décomposent le cyanure ferroso-potassique les précipitent. Ils sont insolubles dans l'alcool, qui les précipite de leur dissolution dans Teau. L'acide carbonique de lair ne les altère pas. Il est facile de faire cristalliser le sel potassique en évaporant sa dissolution. Il donne des cristaux octaédriques réguliers , transparents, incolores ; quelquefois des tables striées, penniformes. Les octaèdres sont souvent scaliformes. 11 se compose, suivant Rammelsberg^ de K€y + Ag €y. D'après Glassford et Napier^ les cristaux brunissent à la lumière du soleil, ainsi qu'à une température de + ioo°. Ces chimistes obtinrent des tables hexagonales, mêlées de prismes rhomboïdaux fins; ces derniers contiendraient i atome ou 4)33 pour cent d'eau. Ittner dit avoir obtenu ce sel en cristaux transparents penniformes. Si l'on mêle les dissolutions de ces sels doubles avec des dissolutions neutres de sels métalliques, le cyanure argentique se précipite avec le métal ajouté, qui s'est combiné avec le cyanogène ; et il se forme des cyanures doubles pour la plupart blancs, qui sont de même nature que les cyanures correspondants que forme le fer avec les autres métaux. Les précipités que ce sel donne dans les solutions d'autres sels métalliques, présentent, d'après Glassford et Napier^ les colorations suivantes : celui des sels ferreux est blanc brunâtre; celui des sels ferriques, jaune brun ; celui des sels cobaltiques, rouge violet ; ceux des sels zinciques et des sels stanneux, blanc jaunâtre ; celui des sels plombiques, blanc; celui des sels cuivriques, vert clair; celui du chlorure mercurique, blanc; celui du chlorure aurique, blanc jaune; les sels manganeux ne sont pas par là précipités. Les précipites se dissolvent dans le cyanure potassique, pour former des sels doubles.

Les cyanures doubles argentiques, solubles dans l'eau, ont reçu, dans ces derniers temps, une application importante dans l'argenture par voie hydroélectrique.

Cyanure ferroso-argentique^ aAg€y + Fe€y. D se précipite

MÜLLANURK ARGENTIQUÈ. äGq

quand on traite une solution de nitrate argentique par le cyanure ferroso-potassique. Il est blanc, et prend facilement à lair une teinte bleue.

Cyanure forrico-potassique^ 3Ag€y4-Fe€j^. Il se précipite d'une manière analogue, au moyeli du cyanure ferrico-potassique. Sa couleur est jaune orange.

Cyanure cuiçrosty-argentique ^ Ag€y+CuGy. Il se précipite, quand on mêle le nitrate argentique avec le sel prismatique de cyanure cuivroso-potassique. I^e précipité est brun noir. L'acide nitrique en dissout | de cyanure cuivreux, et laisse 3Ag Gy4-Gu€y, de couleur plus claire. L acide chaud en retire le dernier atome de cyanure cuivreux , et laisse du cyanure argentique.

Paracyanure argenteux^ AgpGy. Il se produit, suiyamt Harald ThauloiVj quand on chauffe le cyanure argentique doucement dans un vase distillatoire. La moitié du cyanogène passe d*abord à Tétat de gaz; à une certaine température, la masse éprouve un phénomène lumineux qui indique le passage d'un état isomérique à un autre. L'argent rentre alors dans la classe des combinaisons où il est représenté par un atome double, et où le cyanogène se trouve à le tat de paracyanogène. Le paracyanure ainsi obtenu est un corps gris cendré, poreux, qui prend, sous le brunissoir^ un éclat métallique, à peu près comme le ferait le bismuth. Il se réduit facilement en une poudre fine, noire; et, à l'abri du contact de l'air, il supporte la chaleur blanche sans se décomposer. Au contact de l'air, le paracyanogène brùie à la surface, et se recouvre d'argent métallique qui s'oppose à l'action plus profonde de Tair. Thaulow^ le mêlant avec de la magnésie, le chauffa à la température ordinaire du fer ; la magnésie fut ainsi réduite par le paracyanogène, et le magnésium fondit, avec l'argent, en un bouton de régule. Le paracyanogène fondu avec du mercure forme une masse cristalline, grise, très-dure. Traité par l'acide nitrique, le paracyanogène argenteux cède l'argent; mais celui-ci ne peut être par là complètement enlevé, à moius que le paracyanogène ne soit en même temps détruit. {Voir tome I, page 32 1.)

Rhodanure argentique^ Ag+C*N'S*. Il forme un précipité blanc, caséeux, qui n'est pas dissous par l'ammoniaque étendue. A la lumière il noircit, mais plus lentement que le chlorure.

Mellanure argentique^ AgC^N". Il se précipite, suivant Liebig^ quand on traite du nitrate argentique par du mellanure potas-

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