‹ Traité de chimie minerale, végétale et animaleChapitre 36 sur 107 · SELS DOUBLES DE CHLORURE AUREUX · texte numérisé non relu

SELS DOUBLES DE CHLORURE AUREUX

oxyseb d'or. Pelletier a fait voir que l'oxyde auriqoe ne se dissout pas dans les acides, et que, si Tacide sulfurique et Tacide nitrique concentrés en dissolvent une petite quantité, la portion dissout^ est précipitée par leau« D'un autre coté, MiUcherUch a annoncé que l'acide sélénique dissolvait l'or, qui s'oxydait aux dépens d'une partie dß lucide , et ce fait senàble indiquer la formation d'un oxysel (i). Jusqu'à présent nous ne connaissons que des sels hak^ïdes et dfßs sulfosels d'or. Les sels haloîdes sont presr que tous d'une belle couleur jaune ou orange. Us se distinguent des autres sels par la belle couleur pourpre (pourpre de Gassius) qu'ils donnent, quand on verse du chlorure stanneux dans leurs dissolutions très-étendues. Les sels ferreux en précipitent de l'or métallique, sous forme d'une poudre brune, qui prend l'éclat métallique par la pression.

. A. Sels haloîdes d^or.

Chlorures d^ or y. t. Chlorure aureux^-hnQl. On obtient ce seien évaporant le chlorure aurique jusqu'à siccité dans une capsule de porcelaine, chauffant la poudre ainsi obtenue au bain de sable, et la maintenant à. la température de l'étain fondant, en la remuant souvent, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de chlore. Il se présente sous forme d'une masse saline, blanche, légèrement jaunâtre, qui est insoluble dans l'eau et ne communique à celle-ci une couleur jaune que quand elle contient du chlorure aurique non décomposé. Dans ce cas, la masse se réduit en petits cristaux brillants , d'un jaune de paiUe. A l'état sec , ce sel se conserve sans altération ; mais quand on verse dessus de l'eau, il se décompose peu à peu en or et en chlorure aurique. Cette décomposition s'opère presque instantanément quand on se sert d'eau bonÀllante ou qu'on fait digârcr le sel avec de l'eau. On obtient alors deux parties d'or métallique sur une qui se dissout à l'état de sel aurique.

Quand on arrête l'évaporation du chlorure aurique avant que le sel soit complètement solidifié, et qu'on y ajou&e de l'eau, la masse Uquidc'dépose du chlorure aureux; d'où Ion pourrait conclure qu'il existe un chlorure susaureux, mais qu'il est décomposé par l'eau.

Sels doubles de chlorure mumix. Lorsqu'on mêle une scdution de

(i) P'«près Gay-Lmuac^ Vor est également «Unous par l'ackle Mique.

356 CHLOHUHE AURIQUE.

chlorure aurique, par petites portions successives, avec la solution d*un dithionite, le chlorure perd la moitié de son chlore; il se forme de l'acide sulfurique aux dépens de loxygène de la base, et le chlore s^unit au radical de la base du dithionite^ pendant que le chlorure aureux se porte sur le chlorure qui s'est formé, et reste ainsi en dissolution dans la liqueur. Jusqu'à présent on n'a encore étudié qu'un de ces sels, et cela très-imparfaitement. Il ne faut pas verser la solution du chlorure aurique goutte à goutte dans la solution du dithionite, parce qu'il ne se précipiterait que du sulfure aurique.

Chlorure auroso-sodique. On l'obtient, d'après Meillei ^ en mêlant le chlorure aurique, par petites portions successives, ayec le dithionite sodique, jusqu'à ce que la solution ait perdu sa couleur jaune. On évapore ensuite la liqueur jusqu'à cristallisation : il cristallise d'abord du dithionite et du sulfate sodique dont on décante le liquide de temps en temps, et enfin on voit, entre les cristaux de ces sels, de petites aiguilles incolores. On verse ensuite sur la masse desséchée de lalcool froid de 0,90 , qui dissout ces aiguilles, et on abandonne la solution à l'évaporatîon spontanée : ces aiguilles cristallisent de nouveau. C'est là le chlorure auroso-sodique. Les cristaux sont incolores et se dissolvent, sans coloration , dans l'eau et dans l'alcool. Leur solution n'est pas précipitée par les sels au minimum d'oxydation , tels que les sels ferreux, stanneux, mercureux, qui réduisent le chlorure aurique et séparent l'or à l'état métallique, mais les sulfhydrates en précipitent du sulfure aurique. D'après l'analyse de Meillety le sel contient a atomes de chlorure sodique pour i atome d*eau; mais le chlore qu'il y trouva ne correspond à aucune des combinaisons auriques connues.

2. Chlorure aurique^ Au €F.On l'obtient en dissolvant l'or dans Teau régale et évaporant l'excès d'acide. Il se dissout dans l'eau. La dissolution , qui est jaune, devient plus pâle par un excès d'acide ; elle est au contraire d un rouge foncé quand elle est parfaitement neutre. Elle possède la propriété remarquable de déposer de l'or métallique à sa surface et sur la paroi du vase qui est tournée vers le jour. L'or en est précipité à l'état métallique par le phosphore, par la plupart des métaux et par les sels ferreux. Les sels stanneux y forment un précipité plus ou moins foncé de pourpre de Gassius. A la chaleur rouge, le chlorure aurique est

CHLORURE AURIQUE. 357

décomposé et donne de Tor métallique. Ce sel peut être obtenu à deux degrés de saturation. Le chlorure aurique acide cristallise facilement d'une dissolution acide ^ sous forme d'aiguilles longues, d'un jaune clair, qui se conservent sans altération à Tair sec, mais se résolvent à lair humide en un liquide jaune. On obtient le chlorure aurique neutre en évaporant la dissolution du sel précédent, jusqu'à ce que la masse prenne une couleur rouge rubis foncé, et qu'elle commence à dégager du chlore. Le sel se prend, pendant le refroidissement, en une masse cristalline d'un rouge foncé; à lair il se résout promptement en un liquide rouge brun. Mais pour obtenir ce sel à l'état de neutralité parfaite, et pur de tout mélange de sel acide, il n'existe qu'un seul moyen : c*est de décomposer par l'çau le chlorure aureux ; car le sel neutre se décompose presque aussi facilement qu'il abandonne l'excès d'acide. Lorsqu'on mêle une dissolution de ce sel avec du nitrate ou du sulfate argentique, il se précipite du chlorure argentique, et l'oxyde aurique qui n'entre pas en combinaison avec l'acide auparavant uni à l'oxyde argentique, se précipite en même temps; on peut le séparer du précipité en le traitant par l'acide chlorhydrique, qui le dissout. Une solution de chlorure aurique s'altère, suivant Oberkampf ^ quand on y fait arriver continuellement du gaz hydrogène : sa couleur jaune se change peu à peu en une couleur rouge, jusqu'à ce quelle soit devenue enfin d'un beau rouge pourpre, ce qui démontre qu'il s'est produit de l'acide chlorhydrique et un chlorure d'un degré inférieur, correspondant probablement à l'oxyde rouge pourpre dont on soupçonne l'existence dans le pourpre de Cassius. Lorsqu'on essaye d'évaporer cette solution à chaud, il se précipite de l'or métallique, pendant que la liqueur recouvre sa couleur jaune et contient du chlorure aurique. Si l'on précipite une dissolution de chlorure aurique neutre par la potasse caustique , avec la précaution de ne pas rendre la liqueur alcaline, on obtient un précipité jaune clair, qu'on a pris tantôt pour de l'oxyde aurique, tantôt pour du chlorure aurique basique. Pelletier a essayé de prouver que ce précipité consiste en hydrate aurique, ainsi que je l'ai dit en parlant de l'oxyde aurique. tl retient cependant l'acide chlorbydrique avec beaucoup d'opiniâtreté, et ne saurait en être complètement débarrassé par le lavage. L'eau en dissout une petite portion ; la dissolution est jaunâtre, et les sels ferreux y décèlent la présence

3t58 CHLORÜRS AÜRIOO-POTASSIQUE.

d'une petite quantité d'or. Le chlorure aurique se dissout en jaune dans réther, et ce dernier^ Tersé dans une dissolution aqueuse de ce sel , enlève à l'eau une partie du chlorure. Il se dissout aussi dans quelques huiles volatiles. La dissolution du sel neutre dans rëther sert à dorer les objets en acier poli ; on trempe ces objets dans la dissolution , ou on étend celle-ci à leur surface , puis on les plonge dans l'eau , on les polit et on les frotte avec un morceau de linge fin ; cette dorure a peu de durée.

Pelletier a fait voir que, lorsqu'on mêle une dissolution neutre de chlorure aurique avec un acide végétal , 1 or se réduit en peu de temps et se précipite à l'état méullique. Ce changement s'opère encore plus promptement quand l'acide qu'on emploie est saturé par un alcali. L'oxalate potassique décompose la dissolution avec effervescence et dégagement de gaz acide carbonique; mais les sels que forment les autres acides végétaux ne produisent pas cet effet On n'a pas cherché à connaître le changement que ces acides éprouvent. Les phénomènes sont les mêmes quand en fait digérer les acides avec de l'oxyde aurique. Il faut cependant excepter l'acide acétique , qui dissout une petite quantité d'or, laquelle ne tarde pas k se précipiter à l'état métallique. L'aeide acétique étendu et l'acétate potassique se décomposent plus lentement que les acides oxaHque, tartrique et citrique. L'infusion de noix de galle précipite l'or à l'état métallique.

Sels doubles du chlorure aurique. Le chlorure aurique t<yrme des sels doubles avec la plupart des chlorures, et dans toutes ces combinaisons, le chlorure aurique contient trois fois autant de chlore que l'autre chlorure. A l'état cristallisé, ces sels sont presque tous orangés; en s'efteurissant ils deviennent d'un jaune citron, mais à l'état anhydre ils sont d'un rouge intense. L^ meilleur moyen de les obtenir est d'évaporer les dissolutions mixtes des deux sels.

Chlorure aurieo'potassùjuej K €1 + Au GV + 5Ö. 11 forme , ou des prismes fortement striés, à sommets droits, ou des tables hexagones minces. A l'air, ces cristaux s'effleu rissent promptement, et se réduisent ensuite en une poudre jaune de soufre, pour peu qu'on y touche. Dans ce cas , les petits cristaux perdent moins de leur éclat que les grands. A la température de + loo*, ce sel perd toute son eau de cristallisation , sans abandonner la plus petite portion de son chlore. Le sel anhydre entre facilement

BROMIÎltB AITItiQITt. 359

en fusion; nais i) perd en même temps du chlore, ce qui ne Tempèche pas de conserrer sa liquidité, même à la chaleur rouge. Dans cette circoBstamce, il se transfoime en chlorure aurosopotassique, qui parait noir tant qu*il est liquide, et sur les bords translucide et brun foncé; après le refroidissement il est jaune. L*eau le décompose; du chlorure aurique double se dissout , et il reste For métallique. L'acide chlorhydriqite le décompose également. Le chlorure aurico-potassique non calciné est très-soluble dans Teau et dans Taicool ; la lumière ne le décompose pas. Le sel oriatalliaé contient io,S9 pour cent d'eau.

Le chlorure sodico-potässique ^ Na G\ + Au €1' + 4H, cristallise en longs prismes quadrilatères , qui se conservent à Tair sans altération , fondent facilement dans leur eau de cristallisation , et perdent alors souvent un peu de chlore. Il contient 9 pour cent d'eau.

Le chlorure atmeo-Uthique est déliquescent. Le chlorure ammonico-aurique j NH*€)I 4- Au Gl' + 2H, cristallise en aiguilles prismatiques , transparentes, qui, d'après Johnsiortj deviennent opaques à l'air ou quand on les touche avec les doigts. Ce sel est très-soluble dans l'eau et dans Talcool. II contient 4^71 pour cent d'eau.

BonsdorffK préparé le premier les sels doubles que forme le chlorure aurique avec les chlorures de baryum^ de strontium^ de calcium^ de magnésium ^ de manganèse , de zine^ de cadmiumy de cobalt et de nîckeL ils cristallisent tous en longs prismes rhomboîdaux, et contiennent de l'eau de cristallisation. Le selcalcique renferme 6 et le set magnésique 12 fois autant d'eau que le métal alcalin en exigerait pour s'oxyder. Le chlorure ferreux ne se combine pas avec le chlorure aurique : il le réduit.

Bromure aurique ^ AuB'. On le prépare en dissolvant l'or dans un mélange d'acide bromhydrique et d'acide nitrique. La dissolution donne, après l'évaporation^ une masse saline, rouge foncé. D'après les essais de BonsdorfJ\ le bromure aurique se combine avec d'autres bromures, pour former des sels doubles analogues aux chlorures correspondants. Par conséquent le bromure aurique y contient 3 fois autant de brome que l'autre bromure. Ainsi , le sel potassique cristallise en tables rouges, qui s'effteurissent à l'air, et deviennent d'un rouge de chair. Dans ce phénomène , ils perdept 7 f pour cent ou 5 atomes d'eau. Lorsqu'on dissout lé sel

36o lOJDUBB AURBUX.

anhydre dans dé Talcool exempt d'eau et quoD évapore la dissolution à une douce chaleur, le sel se prend en cristaux qui ne contiennent pas d*eau et qui sont des prismes hexagonaux semblables aux cristaux du sel aqueux. — La plupart de ces sels forment des cristaux prismatiques, rouges, qui contiennent de Teau.

lodare aureux^ Aul. On Tobtient en faisant digérer ladde iodhjdrique avec de l'oxyde aurique, expérience pendant laquelle il se forme de Tiodure aureux et de l'iode. On obtient le même sel , en traitant de l'or très-divisé par de l'acide iodhydrique , auquel on ajoute de petites portions d'acide nitrique, jusqu'à ce que toute action sur l'or ait cessé. Il est nécessaire d'employer un excès d'acide iodhydrique, sans quoi la combinaison neutre se précipite et se mêle avec l'or. La liqueur, filtrée bouillante, dépose pendant le refroidissement une poudre cristalline , jaune citron. La majeure partie de la combinaison reste en dissolution; on l'obtient en ajoutant à la liqueur de l'acide nitrique , en chauffant la masse jusqu'à ce que la totalité de l'iode précipité par l'acide nitrique soit chassée; l'iodure se précipite alors sous forme d'une poudre jaune verdàtre. — Lorsqu'on mêle du chlorure aurique avec de Tiodure potassique, il se précipite un mélange d'iode et d'iodure aureux , et ce dernier reste à l'état de pureté, quand on volatilise l'iode par l'ébullition. L'iodure aureux est insoluble dans l'eau froide et se dissout très-difficilement dans l'eau bouillante. Les acides ne le décomposent pas , à moins qu'ils ne soient concentrés, et qu'on ne les fasse bouillir avec lui, cas dans lequel l'or est réduit, tandis qu'il se dégage de l'iode: ainsi la température élevée agit seule dans cette circonstance. Exposé à une chaleur de + i5o^, riodure aureux se décompose; il reste de l'or, et il se volatilise de l'iode. Les alcalis le décomposent instantanément; ils réduisent l'or, et se combinent avec l'iode et l'acide iodique; car, sous l'influence de l'alcali, l'iode a plus d'affinité pour l'oxygène que n'en a l'or«

Johnston a indiqué ce qui suit relativement à la préparation de l'iodure aureux. Quand on verse goutte à goutte une solution de chlorure aurique dans une solution d'iodure potassique , il se précipite de l'iodure aureux coloré en j^une vert, et la solution renferme de l'iodure potassique qui lui communique une couleur brune. Quand on verse, au contraire, Tiodure potassique dans le chlorure aurique , il se précipite un mélange 4'iod|ire aurique et

IO0URE AÜAIQUE. 36»

d*iocle. Lorsqa*on mêle le chlorure aurique avec une solutioa préalablement chauffée d'iodure potassique jusqu'à ce que le précipité se soit redissous, il s y dépose, par le refroidissement, de très-beaux cristaux jaune d or d'iodure aureux. Ces cristaux renferment une petite quantité d'or métallique très-divisé. Pour obtenir l'iodure aureux parfaitement pur, il faut préparer d abord du chlorure aureux, puis décomposer celui-ci à froid par le moindre excès possible d*iodure potassique; après le lavage, il présente I aspect d une poudre vert pâle. Par la dissolution dans riodure potassique et par la cristallisation« on obtient de nouveau des cristaux brillants, ayant la couleur et Téclat de Tor, mais dont Tiode est resté en combinaison avec Tiodure potassique. A + i5o", il commence à perdre de l'iode, et entre + 3oo® et + 4oo"> '1 laisse de l'or pur.

Pour ce qui concerne la préparation de Tiodure aureux , nous possédons aussi les données de Meillet et de Fordos. Le premier traite une solution de chlorure aurique neutre, pas trop étendue, par une solution d'iodure ammonique, ajouté en petites portions , jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité. On mêle ensuite la liqueur avec la moitié de son volume d'alcool , on sépare le liquide filtré du précipité presque noir, et on traite celuici à différentes reprises par de petites quantités d'alcool pour dissoudre un excès d'iode. Dès que le produit est devenu jaune blanc et cristallin, on décante l'alcool et on dessèche l'iodure aureux à l'air libre dans un endroit obscur. Fordos emploie comme précipitant l'iodure ferreux, qui se convertit en iodure ferrique aux dépens de l'excès d'iode , et il lave le produit à l'eau. Il faut le conserver dans un vase bien fermé et le garantir de la lumière, parce qu'il se décompose insensiblement comme l'oxyde aurique. Il supporte à peine + 5o^, sans éprouver un commencement de décomposition. Â + lao^, et même au-dessous de cette température, il se décompose en très-peu de temps. Il se décompose par l'ébttllition avec l'eau ou avec les acides, pendant qu'il se sépare de For. Il est de même décomposé à froid par l'alcool et l'éther.

Fordos croit avoir trouvé qu'en précipitant Tiodure aureux par l'iodure potassique en excès, on obtient une solution jaune qui renferme de l'iodure aurico-potassique , mais ne supporte pas l'évaporation sans déposer de l'or.

Iodure aurique y Au P. Suivant Johnston^ on l'obtient en ver-

36^ CTA1CU1I6 AÜfiBCrX.

sant glitte à goutte une solution de chlorure auriifüe dans une solution étendue d*iodure potassique : on agite la liqueur de manière à redissoudre le précipité. Pendant cette opération , i) se forme d'abord un sel double soluble,* puis , par Taddition d'une pKis grande quantité de chlorure aurique, Hodure aurique se préei]Nte) pendant que la liqueur finit par se décolorer. L'iodure aurique est une poudre vert foncé, qui ne se décompose que très-faiblement par le IftTftge ; mais , par Tévaporation , il perd de l'iode de manière à donner d abord de Kiodure aureux, et enfin de l'or qui reste. La poudre humide se dissout dans Tacide iodbydrique et donne, par t'évaporation spontanée, des eristauit noirs qui détiennent, à Tair, d'un rouge pourpre. Avec l'ammoniaque il produit de For folminant iodifère, et avec d^atitres iodures, il forme des sels doubles.

lodurm aurlco^tassiquck On le prépare en dissolvant 4 atomes dl'iodttrQ potassique et i atome de chlorure aurique dans une petite quantité d eau , et abandonnant Id liqueur à l'évaporation spontanée. L'iodure aurioo-potassique ci*istaliise en aiguilles à sommet dièdre, striées longitudinalement, noires, brillantes, qui se diësolvent dans l'iodure potassique et t aeîde iodhydrique, mais se décomposent dans l'eau pure, en or et en surtodure potassi(|ue. Il est anhydre. L'iodure se décpmpoae à l'air. Soumis à la <Kstillation sèche, les cristaux perdent de Tiode, n>ais ils conservent leur couleur et leur éclat d'or. Ils se composent de Kl -h Au P.

Viodure aurico-sodique et Yioàure auricû-ammonique cristallisent , sur l'acide sulfurique , en prtsUies quadrilatères , noirs , trèsbrillants. Ils sont déliquescents à l'air, surtout le sel sodique. On a également obtenu Viodure aurico-fêrrique à Tétat cristallin. . Cynnures d^or. Les combinaisons de l'or avec le cyanogène ont été découvertes par litner; mais elles fixèrent peu l'attention jusqu'à ce qu'on en fît usage pour ht dorure par la vote hydroélectrique. A dater de ce moment, plusieurs chimistes se sont occupés de leur étude. Ce que je vais communiquer à oei égard a été emprunté à lexcellent travail àHimly.

Cyanure aureux^ Au€y. On l'obtient, en Aiélanl une solution de cyanure auroso-potassique (dont nous indiquerons plus bas ki préparation) avec une quantité suffisante d'acide chlorhydrique, et évaporant la liqueur. La soiurion , qui reste limpide et n'exhale pas d'odeur d'acide cyanhydrtque, commence, à ^ $6^, à dé|»oser

CYANURE Atr]lOSO«lK>TASSIQU£. 363

de beaux gnims cristallins jaunes; cette cristallisation continue pendant qnon évapore le liquide, au bain-marie, jasqu'à siccité. Pendant œtte opération, il se dégage de lacide cyan hydrique, et le résidu est un mélange de cjanute aureux et de cyanure potassique; ce dernier s* enlève par le lavage à lean, à labri de la lumière directe du soleil, car autrement le produit aurait une teinte verdàtre. Le cyanure lavé et desséché est une poudre cristalline d*an beau jaune^ qui, desséchée, ne s ahère pas à la lumière directe du soleu, mais offre les nuances de TarG-en-ciel , et présente ) sous le microscope , de petites tables hexagonales. Par la distillation sèche, il donne du gaz cyanogène, qui se dégage^ et de For q«i reste« Il est insipide , insoluble dans l'eau , inaltérable dans les acides les plus puissants, et insoluble dans Talcool et dans l'éther. La potasse caustique ne lattaqne pas à la température de l'air, mais elle Tattaque lentement pendant Fébullition i il se forme, par réduction, de Tor et du cyanure auroso-potassiqne. Le sulfide hydrique ne l'attaque pas , tandis que le sülfhydrate ammonique le dissout peu à peu complètement en un liquide à peine coloré qui, traité par les acides, donne un préci« pité de sulfure aurique« Il se combine facilement avec les cyanures d'autres métaux pour former des cyanures doubles.

Cyanure auros^hamntonique^ On l'obtient, suivant Carty^ en dissolvant le cyanure aureux dans l'ammoniaque caustique chaude : par le refroidissement, il se dépose en écailles grises brillantes. A une douce chaleur, il perd de l'ammoniaque, qu'on peut aussi enlever par l'acide chlorhydrique.

Cyanure auroso-potassique , K€y-|-Au€y. Oh l'obtient en dissolvant 7 parties d'or dans l'eau régale, précipitant la solution par l'ammoniaque, lavant bien l'or fulminant qui se précipite, et l'introduisant dans une solution chaude de 6 parties de cyanure potassique pur; on détache avec une seringue à flacon les der* nières portions d'or fulminant, ou bien on peut y mettre le filtre lui-même. L'or fulminant se dissout sur-le-champ en un liquide incolore , en même temps qu'il se dégage de rammoniaque. Si la Hquenr n'est pas trop étendue , le cyanure aurdsd-potassique cristallise par le refroidissement; dans le cas contraire, il faut la concentrer par Févaporation. L'eau mère qui reste après la cristallisation du sel , renferme du chlorure et du carbonate potas-* tiques I et ite fournit pas de cristaux purâ. On en sépare , de la

364 CTAirüRB AURTQUE.

manière ci-dessus indiquée, le cyanure aureus, on en dissout 77 parties avec 23 parties de cyanure potassique dans Teau chaude, et on abandonne la liqueur à la cristallisation. Les cristaux qui se forment les premiers sont dissous dans la même quantité pondérale d eau et soumis à une nouvelle cristallisation«

Le sel cristallise sous la forme du soufre (Sy) en prismes incolores, ajoutés les uns aux autres, qui prennent, déjà au bout de lo minutes , trois centimètres de longueur, et ne contiennent pas deau chimiquement combinée. Il a une saveur salée, légère* ment sucrée, d'un arrière-goùt métallique; il est inaltérable à l'air, se dissout dans 7 parties d'eau froide et dans un peu moins que la moitié de son poids d'eau bouillante. II est peu soluble dans l'alcool et insoluble dans letber. Sa dissolution ^ traitée par le chlorure mercurique, surtout à chaud, donne un précipité de cjwl^ nure aureux, et il ne reste dans la liqueur que du chlorure potassique et du cyanure mercurique. Le nitrate argentique y précipite un cyanure double blanc d'or et d'argent, qui noircit promptement à la lumière.

Le cyanure auroso«potassique a acquis récemment de l'impor« tance en raison de son usage dans la dorure par voie hydroélectrique.

Cyanure auroso^ammonique y N&^€y + Au^y. Il se produit, quand on mêle une solution concentrée du sel précédent avec un faible excès de sulfate ammonique, et qu'on traite la solution par l'alcool: les sulfates se précipitent, pendant que le sel double reste en dissolution. Par l'évaporation spontanée, il se dépose sous forme d'une croûte formée d'un réseau de fines aiguilles cristallines. Il est très-sol uble dans l'eau et dans l'alcool , et insoluble dans l'éther. Il se décompose entre + 200° et + aSo^, et ne renferme pas d'eau.

Cyanure auroso^ouiçrique. Il se précipite avec une couleur verte , quand on mêle le cyanure cuproso-potassique avec une solution de chlorure aurique. Après le lavage et la dessiccation, il est jaune vert.

Cyanure aurique^ AnGj^, C'est un sel soluble dans l'eau qu*on obtient en mettant le cyanure aurico-argentique récemment lavé et encore humide (voir plus loin la préparation de ce sel), en contact avec de l'eau, et le traitant à froid ou à une douce chaleur avec un peu moins d'acide chlorhydrique qu'il ne faut

CYAirURE A.URIGO-POTASSÎQUE. 365

pour convertir le cyanure argentique, qui s'y trouve, en chlorure argentique; le cyanure aurique se dissout dans la liqueur qu'on évapore ensuite dans le vide sur l'acide sulfurique, à côté d'un ▼ase rempli de chaux caustique, $i la liqueur renferme de l'acide chlorhydrique libre. Elle laisse un résidu un peu jaunâtre , irrégulièrement cristallisé, qu'on dissout dans la moindre quantité possible d'eau ou d'alcool; on sépare, par le filtre, le cyanure aureux qui se dépose, et on évapore le liquide, soit dans le dessiccateur, soit spontanément. Le cyanure aurique cristallise en belles tables ou feuilles. En évaporant la solution à chaud ^ on obtient le sel constamment mêlé de cyanure aureux.

On l'obtient aussi en précipitant le cyanure aurico-potassique par l'acide hydrofluosilicique; après quoi, on évapore le liquide dans le dessiccateur, on dissout le résidu dans l'alcool anhydre, on filtre la solution et on l'évaporé sans l'emploi de la chaleur.

Les cristaux sont incolores; ce sont souvent des tables ou des lames qui n'appartiennent pas au système cristallin régulier, et contiennent 6 atomes ou 16,26 pour cent d'eau. Ils ne s'humectent pas à l'air, mais se dissolvent facilement dans l'eau, dans l'alcool anhydre et dans 1 ether. Les cristaux fondent à + 5o* dans leur eau de cristallisation, et donnent de l'acide cyanhydrique, à une température plus élevée; après quoi, il se dégage du gaz cyanogène, et il reste à la fin du carbure d'or (paracyanure aurique?) qui laisse facilement de l'or, par la combustion à l'air.

La solution de cyanure aurique donne avec le sulfate ferrique, surtout à une température voisine de + 100®, un précipité jaune. Le chlorure mercurique n'y produit pas de changement. Le nitrate mercureux y produit , à la température de l'ébullition, du cyanure mercurique et du cyanure aureux. L'oxyde mercurique a la même

action.

Cyanure aurico^potassique^ KGy-|-Au €y*. On l'obtient en changeant 36 parties d'or aussi exactement que possible en chlorure aurique neutre, le dissolvant dans une petite quantité d'eau, et versant la solution, par petites portions successives, dans une solution concentrée , préalablement chauffée , de 46 parties de cyanure potassique. La couleur jaune du chlorure aurique disparaît instantanément, et, par le refroidissement, le sel double cristallise en grandes tables incolores, qu'on purifie par une nouvelle cristallisation. Le meilleur moyen de retirer tout l'or de l'eau mère

366 SDLFITP ACaiGO*POTASSIQUE.

consiste à la mêler avec du sulfure potassique, et précipitant en* suite For, à Tétgt d« sulfure, par laddition d'un acide. ^

Le cyanure aurîco-potassique contient 3 atomes ou 3,779 pour cent d'eau , pour 2 atomes de sel. Il s*effleurit à lair, et perd son eau complètement dans le vide, sur lacide salfurique. Soumis à une douce chaleur, il dégage du cyanogène et laisse du cyanure auroso-potassique. Sa solution n'est pas sensiblement altérée par le chlorure mercurique. Le nitrate argeatique y forme, à chaud, un précipité jaune.

Cyanure aurico^mmonique ^ NH^Cry + Au€y^. En dissolvant, jusqu'à saturation complète, de Thydrate aurique dans une solution de cyanure ammonique, préparée par la distillation des solutions mêlées de cyanure ferrico - potassique et de chlorure ammonique, on obtient une liqueur incolore qui, filtrée et éva* porée, se recouvre d'une pellicule jaune rouille et laisse une nasse saline; celle-ci cristallise, après Tévaporation spontanée, en tables à quatre et k six côtés, contenant a atomes ou 5|a83 pour cent deau* Ce sel est très^^oluble dans Teau et dans l'sdcool; mais il est insoluble dans Téther. A + 100% il perd de Teau et devient d'un blanc laiteux. A une chaletur plus forte, il se décompose.

Le corps jaune rouille, qui se forme en même temps, détone légèrement par la chaleur ; il parait être dû à une production d'à« cide cyanlque aux dépens de l'oxygène de Toxyde aurique.

Cyanure aurtco-argentique* On l'obtient en précipiUtot une solution de cyanure aurico-potassique par une solution de nitrate argen tique neutre. C'est un précipité caséeux jaunitre, parfaitement insoluble dans l'eau et noircissant par la lumière. Il est insoluble dans l'acide nitrique et soluble dans l'aramoBiaque* On ne l'a pas analysé.

Rhodanure aurique^ Au -i-3C'N*S'. On l'obtient en précipitant le chlorure aurique par le rhodanure potassique. Le précipité est couleur de chair, et se dissout Unt dans le rhodanure potassique que dans l'ammoniaque. L'acide chlorhydrique rend sa couleur plus intense; les alcalis la font passer au jaune.

Pour ce qui concerne les oxyssls auriques^ je n'ai point d'articles spéciaux à y consacrer. Il est probable que ces sels existent ; mais on n'a pas encore trouvé de méthode pour les préparer. On n'en a produit qu'un très-petit nombre»

Sulfite auriço^pQtassique* On l'obtient as diâsolvaftt, josqu^à refus.

SÜLFOT£L]:.ÜRIT^ S£$QPI4UAIQU£. 36^

Toxyde aurique précipité par la magnésie , bien lavé (après lavoir débarrassé de toute trace de magnésie à Taide de l'acide nitrique), et encore humide dans une solution de sulfite potassique qui. ne doit pas contenir d'excès d'acide sulfureux. Ce sel double n'a pas été obtenu sous forme solide ; mais on l'emploie quelquefois, avec addition d'une plus grande quantité de sulfite potassique, dans la dorure par voie hydroélectrique.

Le zinco 'fulminate aurique , 3Zn Cy -|- Au €y^ ou Au + 3(C* N*0^ + ZnN) ? a été décrit par E. Daty, On l'obtient en décomposant le sel basique au moyen d'une dissolution faible et ueutre^de chlorure aurique. Par ce moyen, il se précipite lentement une poudre brune que la dessiccation rend couleur de chocolat et susceptible de détoner. L'acide chlorhydrique la dissout à froid; l'acide nitrique laisse un résidu jaune foncé, soluble dans Tâcide chlorhydrique. La poudre est soluble dans Fammoniaque et dans l'acide sulfurique concentré; la dissolution dans ce dernier véhicule donne, avec Teau, un précipité pourpre. La liqueur d'on la substance brune s* est déposée, donne, après Tévaporation, de petits prismes hexagonaux, jaunes, qui possèdent également la propriété de détoner, et laissent un résidu d'or. Ces cristaux ne se redissolvent plus dans l'eau , et lacide muriatique ne les dissout qu'après avoir été aiguisé d'acide nitrique.

Il paraît qu'outre ce sel, il existe un sélénîate aurique y attendu que, d'après l'indication de Mitscherlichj l'or se dissout dans l'acide sélénique, après en avoir réduit une partie en acide sélénieux. Mais cette dissolution n'a pas été examinée de plus près.

B. Sàlfosels d^or.

Jusqu'à présent on n'a pu produire des sulfosels qu'avec le sul- Aireaurique,dont les propriétés basiques sont bien plus prononcées que celles de l'oxyde aurique. Les sulfosels auriques sont bruns ou d'un jaune foncé, et quelques-uns d'entre eux se dissolvent en jaune brunâtre dans l'eau.

Sulfocarbonate aurique >, AuG^. Il forme un précipité gris bru- ' iiàtre foncé dans une liqueur trouble, qai est lente à se clarifier. Desséché, il est noir$ soumis a la distillation, il donne du soufre, et iaiise de l'cnr coloré en noir par un mélange de charbon.

Suljotelluricc sesquiaurique^ ÄuTe^ Il se dissout ég«Aenient dans

368 SULPOTUNGSTATE AFRIQUE.

I*eau ; la dissolution est d'un brun jaunâtre si intenseï qu elle perd toute transparence. Peu à peu la combinaison se dépose sous forme de flocons volumineux. Après la dessiccation, elle est noire. Etant distillée, elle dégage du soufre et laisse du tellurure aurique, sous forme d'une masse grise, fondue, d'un aspect métallique.

Sulfarséniate aurique, Àu'As^ Il est soluble dans Teau en brun rougeàtre. Le sel basique se précipite en brun foncé, mais se redissout quand on le lave sur le filtre. Si Ton mêle la dissolution avec du sulfate ferreux, il s'en précipite une substance d'un brun jaunâtre, et la liqueur devient incolore.

Sulfarsénite aurique^ Au'Âs\ Il forme un précipité jaune, qui brunit, se rassemble, et finit par devenir presque noir. Desséché et trituré, il donne une poudre d'un brun jaunâtre foncé. Il entre facilement en fusion, abandonne au rouge naissant une portion de son Sulfide arsénieux et reste liquide. Après le refroidissement, il est transparent et d'un rouge jaunâtre foncé. Réduite en poudre, la masse fondue est d'un brun foncé; mais si Ton y ajoute de l'eau et que l'on continue la trituration, cette poudre acquiert de l'éclat métallique, et offre l'aspect de l'or réduit. Cependant la liqueur n'a rien dissous. Chauffée jusqu'au rouge blanc, la masse fondue finit par laisser de l'or métallique.

Sulfomolybdate aurique^ AuMo^. Il se dissout dans l'eau, d'où il se précipite, au bout de quelque temps, sous forme d'une poudre brun foncé, qui noircit en séchant.

Hypersulfomolybdate aurique y AuMo\ Il forme un précipité qui est d'abord bnin foncé, mais devient jaune par la dessiccation, offre un éclat métallique impur, et prend le poli, ce qui prouve qu'il s'est décomposé. Etant distillé, il donne du soufre^ et devient plus foncé. Chauffé ensuite à l'air libre, il bn\le avec dégagement d'acide sulfureux, et devient d'un jaune d'or. A une température plus élevée, il se forme un sublimé d'acide molybdique ; circonstances qui prouvent que le sel ne s'est point décomposé dans la liqueur par la redissolution du molybdène, mais seulement par la dessiccation.

Suljotungstate auriqus^ Au W^ C'est une combinaison soluble, dont la dissolution est d'un brun foncé et transparente. Au bout de quelques jours, elle donne un précipité translucide, qui est noir quand il est rassemblé.

CHLORURE TITÀNIQUE AVKC C&LORXTRE DE SOUFRE. SÔg

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