Sels de titane
Les sels de titane ont été peu étudiés. L*eau les décompose, surtout à la température de Tébullition, et met de Tacide titanique en liberté« L*infusion de noix de galle les précipite en orange, les alcalis y forment un précipité blanc.
A. Sels haloïdes de titane.
Chlorure titanique^ Ti Gl*. Le sel anhydre a été découvert par George^ qui Ta ol)tenu en faisant passer un courant de gaz chlore sur du titane chauffé. Plus tard^ Dumas a fait voir qu'il est facile de se le procurer par une méthode analogue à celle employée pour préparer le chlorure aluminique, c'est-à-dire, en chauffant un mélange de charbon et d'acide titanique au milieu d'un courant de gaz chlore. Pendant Texpérience, il distille un liquide jaunâtre, qui répand une forte odeur de chlore, parce qu il contient en dissolution du chlore; pour Ten débarrasser, on l'agite avec du mercure, puis avec un amalgame de potassium, et on distille le mélange. On obtient ainsi un produit incolore. Son point d'ébullition est -H i35^, et sa vapeur a 6,836 de densité. Le potassium briMe avec une extrême vivacité dans la vapeur du chlorure titanique: il réduit le titane, et donne naissance à du chlorure potassique. Le chlorure titanique répand à l'air des fumées épaisses, et ressemble parfaitement au chlorure stannique (esprit de Libavius). Il s'unit à l'eau avec une telle violence, et en dégageant tant de chaleur, que la masse est lancée de tous côtés. Quand on le laisse à l'air, il en absorbe peu à peu l'humidité, et cristallise lorsqu'il contient une certaine quantité d'eau; une plus grande portion de ce liquide le redissout. La dissolution est précipitée par l'ébullition, surtout quand on y ajoute un peu d'acide nitrique. En évaporant la liqueur mêlée avec de leau, on obtient de l'acide chlorhydrique qui se vaporise, et de l'acide titanique qui reste.
Chlorure titanique ai^ec chlorure de soufre. D'après H. RosCy on obtient cette combinaison sous la forme de cristaux, en mêlant les deux corps ensemble et en exposant le mélange, pendant longtemps, à un froid considérable. On l'obtient aussi en saturant du sulfure titanique par du gaz chlore sec , ef distillant le composé IV. a 4
3^79 JFLÜftBÜBC TITAtr^QÜS.
dans un courant de gaz chlore : il se produit un sublimé jaune non cristallin, qui fume à lair. Il s^ dissout dans Feau : le chlorure sulfurique se change en un mélange diacide sulfurique, d'acide dithioneux el d'acide chlorhydrique, absolument comme le chlorure stannique correspondant.
Chlorure tifcmique aifec phosphure hydrique* D'après le n|iêtpe chimiste, le chlorure titanique absorbe le gaz phosphure hydrique, prend d*abord la consistance du beurre, devient jaune , et se transforme ensuite en une poudre sèçhe^ brune, qui fume à Tair. Ce n*est qu*ayec lenteur qu'il se sature du gaz. On ne connaît pas la quantité qu'il en absorbe. Quand on chauffe la combioaispn, il se développe une petite quantité d'acide chlorhydrique et de gaz phosphure hydrique: il se produit ui:\ sublimé jaune citrin, et il reste du titane métallique. D'après l'analyse de H. Rose^ ce sublimé contient, pour 3 atomes de chlorure titanique, i atome d'une combinaison de phosphure hydrique et d'acide chlorhydrique , qu'on n'a pu encore isoler, mais qui ressemble tout à fait aux combinaisons de ce gaz avec les acides bromhydrique et iodhydrique. Yeut-on considérer cette combinaison comme un sel double analogue à un sel ammonique, on exprimera sa composition par la formule P H* Gl 4- 3Ti Gl\ Dans chaque sublimation il Ven décompose une partie; avec leau, il développe du gaz phosphure hydrique. L'ammoniaque déplace également le phosphiure hydrique et change le chlorure titanique dans le composé suivant.
Chlorure titanique ammoniacal y Ifi €1' + aN ff. Il forme une masse saline blanche, pulvérulente, dont j'ai déjà indiqué la préparation, dans le tome II, page 362, où j'ai rapporté également la propriété qu'il a de laisser du titane élémentaire, quand on le fait chauffer. Sa compositioi^ a été déterminée par H. Rose*
Le chlorure titanique se combine avec les chlorures alcalins, et forme avec eux des sels doubles^ incolores ^t suscepjtibles de cris* talliser.
Fluorure titanique y TiF\ D'après Unverdorben y on l'obtient à 1 etat anhydre, en distillant de l'acide titanique dans un appareil de platine, avec du sps^hfluoi^ en poudre et de l'acide sulfunque fumant. Il forme un liquiçle incolore , qui répand des fumées à lair. Pour préparer le sel aqueux, il suffit de dissoudre l'acide titanique dans l'acide fluorhyckique, et d'évaporer la solution acide dans àe& yasc^ de platine, jusqu'à consistance de sirop;^ une partie
SULFATE TlTAKiqUB, Zjl
de fluorure cristallise. L^eau décompose ces crisuux eu $el acide qui se dissout, et eu sel basique qui reste ^êt^e Ton peut expo* ser à ia chaleur rouge, sans que le fluorure qu'il contient soit décomposé. La combinaison acide, qui se dissput, est analogue aux acides, hydrofluoborique et hydrofluosilicique : on pourrait Vappeler âc^ hjrdrqfluotitaniqtiey HP + Ti F*. Elle forme des sels doivbles particuliers^ qu'on obtient en saturant l'acide libre par une base; j'ai décrit ces sels, en tant qu'ils sont connus^ à rartîcle de ckaque base, places que je leur ai assignées, pour qe p^s séparer des corps d'une certaine ressemblance.
Çjraaura titanique^ Ti Gy*. Qn l'obtient, d'après Doebereiner^ en mêlant une sokitiQU de chlorure titauique avec du cyanure palladeux, et y versant goutte à goutte une solution de cyanure mercurique. Oti obtient ainsi un précipité blanc, composé de cyanure pallacleux et de cyanure titanique. Âpx*ès le laitage et la dessiccation, on le chauffe dans une cornue à une douce chaleur. Le cyanure titanique Sie sublime alors sous forme d'une masse amorphe, gris blanchâtre , trè^-soluble dans l'eau« Cette solution , mêlée d acide chlorhydrique, prend, quand on y plonge une lame d'étain, une couleur violette; elle contient alors du cyanure stanneux et du chlorure sesquititanique.
Cjranure Utanico^ammonique, Il se précipite, selon le même chimiste, sous forme d'une poudre blanche, quand on mêle la solution aqueuse du cyanure titanique avec de l'ammoniaque caustique«
Cyanure ferroso-tUanique. Il se précipite sous forme d'une masse floconn.euse, brune» quand on mêle du suUate titanique avec du cyanure ferroso-potassique.
B. Oxysels de titane.
Sulfate titanique^ TiS\ On l'obtient en mêlant de Vacîde titanique, en poudre fine, avec de l'acide sulfurique préalablement étendu de la moitié de son poids d*eaB, et faisant digérer le mélange jusqu'à ce que toute l'eau soit évaporée; après quoi on chasse l'excès d'acide sulfurique à une température qni ne doit pas s'élever jusqu'au roug^. La masse saline qui reste es^ une espèce de combinaison neutre d'acide sulfurique et d'acide titanique^ xlaAs laquelle ce dernier acide contient un tiers autant d'oxygène qu'en renferme le premier. Lorsqu'on verse une certaine quantité d'eau
3'JOk SELS DE TUNGSXiîNE.
tiède sur cette combinaison, elle se dissont complètement au bout de quelque temps, la dissolution est précipitée quand on Tétend d eau, et lorsqu'on la fait bouillir dans un état de grande dilution, tout l'acide titanique se dépose , en sorte que la liqueur ne contient plus que de Tacide sulfurique. En versant de l'acide sulfurique dans la dissolution saturée du surtitanate potassique dans Tacide chlorhydrique, il se précipite une combinaison que H. Rose a trouvée composée de 76,83 d*acide titanique, 7,78 d acide sulfurique, et i5,39 d*eaU| ce qui correspond à peu près à la formule ••••• •• •
= TiS'-f- i8TiH, '
Les cristaux qu'on regardait autrefois comme du nitrate et du muriate d*oxyde titanique , ne consistent qu'en sels potassiques. Les acides phosphorique et arsénique précipitent, de la dissolution du surtitanate potassique dans Facide chlorhydrique, des combinaisons gélatineuses qui renferment un de ces acides uni à Facide titanique. Les acides acétique et succinique ne forment point de précipité; Tacide oxalique et les Oxalates donnent un précipité blanc, qui est, d'après Rose, un Oxalate titanique dodécabasique = TiG*-4-i2TiH.
Rkodicate titanique. On lobtient en faisant digérer Tacide titanique hydraté dans une solution alcoolique d'acide rhodiclque; l'acide tiunique se dissout, et, après Tévaporation de la liqueur, il reste un résidu rouge.
"L acide tartrique précipite en blanc la dissolution du surtitanate potassique dans l'acide chlorhydrique. Le précipité ressemble extérieurement à celui produit par l'acide oxalique; calciné en vases clos, il devient noir et brillant. Lorsqu'on fait bouillir avec de l'eau un mélange d'acide titanique récemment précipité, et d'acide tartrique ou de surtartrate potassique, ou qu'on ajoute de l'acide tartrique à une dissolution d'acide titanique, on obtient une liqueur qui n'est pas précipitée par un excès de potasse.
34« Sels de tungstène.
Le tungstène donne, avec les corps halogènes, des composés salins; et ses oxydes se combinent avec les acides pour former des sels , mais qui sont peu stables en raison des faibles propriétés électropositives de la base. Les composés tungstiques ne sont connus qu'en dissolutions. On obtient ces dissolutions en plongeant de
BIÀCI-CHLORURE TUITGSTIQUE. 87 3
rétain dans la solution d'un sel à base d*oxyde tungstique, qu'on tient dans un vase couvert : il se produit un oxysel qui communique à la liqueur une couleur violette foncée. Les combinaisons de l'acide tungstique avec les acides plus forts , sont incolores et solubles dans l'eau pure; mais elles en sont précipitées par l'addition d'un acide libre plus puissant. Avec un excès d'acide tungstique, elles forment une espèce de soussels qui jaunissent en perdant leur eau chimiquement combinée. Du reste, ces sels ont été peu étudiés.
Chlorures de tungstène. D'après les recherches de Woehler^ le tungstène peut se combiner en plusieurs proportions avec le chlore.
!• Chlorure tungsteux^ W€l*. On l'obtient en chauffant du tungstène métallique dans un courant de gaz chlore. Le métal brûle, et se change en un "composé ronge foncé qui se sublime en un amas d'aiguilles fines, d'un rouge foncé. Le chlorure tungsteux est très-fusible, bout à une température élevée, et se change en un gaz rouge , d'une couleur beaucoup plus intense que le gaz nitreux. Le chlorure tungsteux se décompose, par l'eau, en acide chlorhydrique et en oxyde tungstique d'un beau violet brun qui se dépose. La potasse caustique le dissout complètement avec dégagement de gaz hydrogène. L'ammoniaque le dissout aussi avec quelque dégagement de gaz; mais la dissolution est jaune et dépose, par la chaleur, deToxyde bnin en même temps qu'elle devient incolore.
a. Chlorure tungstique^ W€F. Woehler l'obtient, mêlé avec le sel précédent, en chauffant le sulfure tungstique dans du gaz chlore. Il est d'un rouge plus beau que le chlorure tungsteux, et forme des aiguilles longues, transparentes, rouge foncé. Il est trèsfusible et se prend , par le refroidissement , en longs cristaux. Sa vapeur est rouge comme le gaz nitreux. Â l'air, il se décompose très-rapidement en acide tungstique et en acide chlorhydrique; dans l'eau , il se gonfle, dégage de la chaleur, et se change instantanément, avec un bruit sifQant, en acide tungstique et acide chlorhydrique.
3. Biaci'chlorure tungstique^ W€P + 2 W. Il se produit, quand on chauffe de l'oxyde tungstique dans un courant de gaz chlore. L'oxyde tungstique s'enflamme, en laissant de l'acide tungstique, et le chlorure tungstique se sublime en paillettes blanches, faible-
374 FLÜORÜBE TüKGSTIQiJE.
ment jaunâtres , semblables à Tacide borique naturel. Ce composé est très-volatil, mais il se i^ublime sans fondre, en formant un gaz jaune foncé. Il a une odeur acide piquante; dans Teau, il ne tarde pas à se décomposer en acide tungstique et en acide chlorhydrique. Quand on le chauffe , sur une lame de platine , à la flàiàme de l'alcool, le gaz qui s'élère est décomposé par les tapeurs d'eau de la flamme, et se sépare de l'acide tungstique sous forme d'une fumée éclairante , qui toltige dans l'air, comme les fleurs de iinc. Par une chaleur brusque et forte , on le décompose , suivant H, Rose, de telle façon qu'il se sublime du chlorure tungstéux et qu'il reste de l'acide tungstique. Celte circonstance fit découvrir la composition exacte de ce corps.
Btaci'bromure tungstique^ W &r 4- a Yf. On l'obtient, sèlou Bonnet ^ en chauffant de l'oxyde tungstique fortement dans du gaz brome. On n'en a pas décrit les propriétés. On obtient, dit-on, un autre composé, en chauffant de l'acide tungstique et de la poudre de charbon dans du gaz brome ; Bonnet le considère comme formé de (W -h a W Br') + a (W4- a W&r*); mais il n'en a pas davantage décrit les propriétés.
Fluorure tungstique^ WPMl est inconnu à letat anhydre. Peutêtre pourrait-on l'obtenir en distillant, dans une cornue de platine , du spath-fluor en poudre fine et de Tacide tungstique avec du bisulfate anhydre. On obtient le fluorure tungstique, par voie humide, en dissolvant l'acide tungstique dans Tacide fluorhydrique. Il s'y dissout difficilement, surtout après la calcinâtion. La solution est incolore ; évaporée à une douce chaleur, elle se dessèche en une masse jaune qui se fendille à la fin et devient verdâtre. Parfaitement desséchée, elle peut être calcinée, efn vases clos, sans qu'il se dégage de I^acide fluorhydrique. La masse bleue ou verdâtre est décomposée par l'eau qui dissout de lacide hydrofluotungstique; celui-ci se combine avec des bases salifiables pour former des sels doubles, et laisse une poudre blanche, com posée d'acide tungstique et de fluorure tungstique. Les sels doubles, résultat de la combinaison de l'acide hydrofluotungstique avec les bases salifiables , ont une composition particulière , ainsi que nous l'avons déjà dit à Foccasion des diverses bases.
Les combinaisons du tungstène avec ViotU et le cyanogène sont totalement inconnues»
«LS MOLYBÜEUX. ^yS
Oxyseh de tungstène.
Sulfate tungstique. II se produit quaDd on verse goutte à goutte une solution de tungstate potassique dans de l'acide sülfuriqiie étendu, qui doit rester eh excès, ïl a l'aspect d'un précipité blanc qui tombe lentehient au fond , et auquel on 'enlève le sulfaté potassique par l'acide sülfüriqüe étendu. Il est soluble daiis Teau pure , d'où il est de nouveau précipité par l'acide sulFurique étetidu.
Nitrate tutïgstiqïie. On l'obtient d'une hlanièrfe analogue. Il a l'aspect d'un ^réci^ité jaune qu'il feuk très-bien lavter avec l'acide nitrique pour enlever la potasse. 11 est peu soluble dans l'eaii^ et la Solution jaune est précipitée par l'acide nitrique.
Par le métne procédé, on peut obtenu: des cotilbinaisons Semblables avec d'autres acides; mais on ne lés a pas encore examinées.