Sels de molybdène
Le rtlolybdèiie forme trois séries de sels : les sels molybdeux , qui contiennent l'oxyde molybdeux, ou correspondent, par leur composition, à cet oxyde; les sels molybdiques, qui renferment l'oxyde molybdique, et les sels hyperktlolybdiques, qui ont pour base de l'acide molybdique. Dans les sels haloïdes, on trouve égaleihent les degrés de combinaisons proportionnels ^ l'ôiyde et à Tàcide molybdiques.
Sels molybdeux. Ils sont noirs ou polirpres, et offi^rit en général les mêmes variations de nudnce que les sels manganlques. Ils ont pour la plupaK cette couleur composée de Vert, de brun et de. noir, que possède une dissolution d'oxydé manganique dans l'acide chlorhydriqiie froid, avant que le dégagement de chlorfe commence. Leur saveur est purement astringente, et n'offre aucun arriéré -goût métallique; leurs dissolutions s'oiydeut moins facilement que celles des sels molybdiques , en sorte qu'il est plus facile de les évaporer sans altération que d'évaporer les sels molybdiques. Quelquefois, surtout quand ilè contiennent un excès d'acide, ils prennent une couleur pourpre très-foncée, setnblable à celle que présentent les sels manganiques dans certaine^ circons« tnncMi
^7^ GHLOAURES DE MOLYBDENE.
Sels molybdiques. Ils sont presque noirs à 1 eut anhydre, et rouges quand ils contiennent de Feau de cristallisation. Leurs dissolutions ont une saveur astringente, légèrement acidulé, avec un arrièregoût métallique. L*infusion de noix de galle leur donne une couleur orange foncé , tirant sur le brun, et y fait naître un faible précipi té brun grisâtre. Le cyanure ferroso-potassique les précipite en brun foncé, et le précipité est insoluble dans un excès du précipitant. Quand on y introduit du zinc , elles deviennent noires et finissent par donner un dépôt d'oxyde molybdeux zincifère, qui est noir. Les sels molybdiques, insolubles dans Teau, se dissolvent peu à peu dans une liqueur alcaline, à mesure que loxyde se convertit en acide, ce qui n'a pas lieu quand la liqueur ne renferme point d'alcali.
Sels hjrpermolybdiques. L'acide molybdique, tel qu^il se dépose de l'acide nitrique , se dissout assez facilement dans les acides , tandis qu'il est insoluble quand il a été calciné ou foudu. Les sels compris dans cette série peuvent aussi être désignés par le nom d'acides doubles, car ils se comportent comme tels envers les alcalis; cependant ils ressemblent en général aux sels à base d'oxydes métalliques , si bien qu'on ne croirait jamais qu'ils ont un acide pour base.
Â. Sels haloïdes de molybdène.
Chlorures de molybdène, i. Chlorure molybdeux^ Mo€l.On lobtien t en dissolvant de l'hydrate molybdeux dans l'acide chlorhydrique , jusqu'à ce que l'acide en soit saturé. La dissolution est d'une couleur très-foncée, et ne paraît translucide et rouge brun, que quand on la tient contre la flamme d'une bougie. Elle ne prend point de nuance pourpre. Soumise à l'évaporation , elle laisse une masse noire, visqueuse, qui finit par se fendiller, et qui se redissout en grande partie. dans l'eau. Chauffée dans le vide^ elle donne de leau et de l'acide chlorhydrique, et laisse une poudre noire, insoluble dans l'eau, qui consiste en chlorure molybdeux basique.
Lorsqu'on fait passer des vapeurs de chlorare molybdique sur du molybdène pulvérulent , chauffé presque au rouge , celui-ci absorbe une partie du chlorure et se transforme en une masse agglomérée, qui paraît d'un rou^e foncé après le refroidisseinept.
CHLORVRJB MOLTBDlQI]£. 377
L'eau enlève à cette masse une petite quantité de chlorure molybdeux; mais, ni Teau bouillante , ni Tacide chlorbydrique chaud, n en dissolvent davantage. Lorsqu'on fait digérer cette substance rouge avec de la potasse, elle se transforme en hydrate molybdeux; et quand on la chauffe jusqu'au rouge , à l'abri du contact de l'air, elle se sublime en une masse irrégulièrement cristallisée , d'un rouge-brique foncé, qui ne se dissout pas dans Teau. Cette substance rouge n'est autre chose que du chlorure molybdeux, qui ne diffère du chlorure obtenu par la voie humide, qu'en ce qu'il est insoluble dans l'eau, par suite du mode de préparation.
Chlorure molybdoso^potassique. En évaporant une dissolution de chlorure molybdeux , formée par l'action d'un amalgame de potas^um sur le chlorure molybdique , on obtient une masse noire et efflorescente , qui est du chlorure molybdoso-potassique. Traité par l'eau, ce sel laisse une poudre noire qui consiste probablement en un sel basique, produit par un excès de potasse.
2. Chlorure molybdique f Mo€K On l'obtient à l'état de dissolution par le procédé décrit à l'article Hydrate molybdique. Le sel solide et anhydre prend naissance quand on chauffe doucement du molybdène en poudre, au milieu d'un courant de gaz chlore exempt d'air atmosphérique. Â la température ordinaire , le chlore n'agit pas sur le molybdène; mais lorsqu'on chauffe le métal, il s'enflamme à la surface. Ce phénomène ne tarde pas à disparaître ; après quoi le gaz chlore se transforme , sans dégagement de lumière, en un gaz rouge foncé, d'une couleur si intense, qu'il est complètement opaque dans uii vase de | de pouce de diamètre. II se condense, dans les parties moins chaudes de Tappareil, en cristaux brillants, noirs, ou d'un gris foncé, et tout à fait semblables aux cristaux d'iode. Le chlorure, ainsi obtenu, est trèsfusible et se sublime à une douce chaleur. Par le refroidissement, la masse fondue se solidifie et devient cristalline. Â l'air, elle fume d'abord pendant quelques instants , et se résout ensuite en une liqueur, qui est d'abord noire, devient ensuite bleu verdàtre , puis, à mesure qu'elle absorbe plus d'eau, verte jaunâtre, rouge foncé , couleur de rouille , et à la fin jaune. Lorsqu'on conserve le chlorure molybdique solide dans un vase contenant de l'air atmosphérique, il absorbe peu à peu de l'oxygène, et il se dépose, à pi^u dç dists^nce du chlorure , un sublimé blanc qui copsiste en
378 BIACI-CRt>OâlTR< IKOLYBBIQUE.
btaci-chlorare tliolybdiqiie. Lé chlotiire molybdiqcie se dans l'ean avec tant de violence , que la liqueur entre en une espèce d'ébulliiion , et fait eflervescence, cotnttie s'il se dégageait un gaz, qüoiqüll n'en suit pas ainsi. Quand on vferse beaucoup d'eau sur une petite quantité de chlorure moljbdique^ ou obtient une dissolution qui devient bientôt verte ou bleue^ effet qui provient de l'action oxydante de i'airv Une dissolution itaoins étendue se coAserve très-biien, et peut uiêine être évaporée jtisqu'à siîccité, à l'aide d'utle douce chaleur^ après quoi le chlorure qui reste se trouve Coloré en uoir.
ChlorUte mûfyhdique boBiqut, Il prend naissance quand on introduit de l'hydrate molybdique dans unedisàolutiofa de chlorute molybdique y jusqu'à ce que celle-ci cesse de distoudte l'hydrate. Après l'évaporation spontanée, la liqueur doiine une masse ilullement cristalline, de couleur foncée, qui devient facilement bleue, et se rfedissout dans l'eau.
Chlorure moljrbdico-ammonique. La dissolution de ce sel , aban* donnée à l'évaporation spotitanée, donne de petits cristaux bruns, inaltérableé à Tair. Loi^qu'on nléle le chlorure tndlybdique avec de Taitimoniaque, jusqu'à ce que le précipité produit par cette der> nière commerice à devenir stable , et qu'on livre la dissolution à l'évaporation spontanée, oii obtient Une masse noire, cristalline, qui consiste en un sel double basique, soluble en rouge dans l'eau.
3. Chloride molybdique ^ Mo€P. Oh l'obtient sous forme liquide, en dissolvant l'acide molybdique dans l'acide chlorhydrique. Il est soluble dans l'eau, et on en peut chasser l'excès d'acide chlorhydrique par l'application d'une douce chaleur. La niasse blanche sèche se redissout dans Teau. Si elle a été chauffée trop fortement, elle laisse un peu d'atcide molybdique n(m dissous.
Biaci'chlorun molybdique^ MoGl'+iMo. On l'obtient â l'état solide , quand on (Chauffe doucement l'oxyde fnolybdique anhydre au milieu d'un courant de ga2 chlore. Le ga*/ pefd sa couleur; il se dépose des paillettes cristallines d'un blanc légèrement jaunâtre, et il reste de Tacide molybdique. Le biaci-chlorure est tnoin» volatil que le chlorure molybdique; il est néanmoins facile de le sublimer à une température qui ne s'élève pas jusqu'au rouge. II n'est pas fusible. Très-peu d'eau suffit pour le dissoudre sans résida; l'alcool le dissout également» il a tine saveur acre, astringente , «vee
QU anîère-^oftt acidulé. On le eotisidëra d*iibörd cofinnie uii suiv chlorure moljbdi^e ; mais, plus tard^ H. Rose en montlra , ainsi que pmilr la combinaison tuDg8ti()ae coitespondante, sa com{)o»in<m exactéé
lûdnres de néôtyMènei i. lodare tnofybdeux^ Mol. On Tob tient en dissolyatit de Thydrate molybdeuit dans l'acide iodhjdrique ^ jtisqu^à ce que celuÎKH soit cdmplétetnetil satilrëi II ressemble, sous tous les rapports , au chlorure moljbdeux solublci Par la ▼oie sèche y Tiode e^t sans action sur lé molybdène métallique, même quand on calcine ce dernier au milieu d'un t^outaut de ▼apeurs dMode.
Q. lodure mofybdiquey Mo P. On le prépare en saturant Tacide iodhydHque par l'hydrate molybdique. La dissolution est rduge y et donne, après Téraporation à l'air, un sel cristallisé j qui est rouge vu par transparence , et brun par réfleition. Â une température élevée, il se décompose ; il se forme de l'acide iodfaydrique, qui se décompose à l'air, et il reste de l'oxyde molybdique. Le sel obtenu par l'évaporation spontanée se redissout dans l'eau.
Pliiorurei de molybdène, t. Fluorure néolybdeux^ Mo¥. Pour Fobtenir, il suffit de dissoudre l'hydraté molybdèux dans l'acide hydrofiuorique. La dissolution a une belle couleur pourpre, semblable à celle du tuiigstate molybdique, mais beaucoup plus claire. A UTie douce chaleur, elle se dessèche en un vernis pourpre; à une température élevée , la masse perd sa couleur pourpre , devient brune , et cesèe d'être complètement sëluble dans l'eau^
Flaùhihe molybdoso-potasBiquê, Où l'obtient en mêlant la disso* lutioli du fluorure molybdëux avec une dissolution de fluorure potassique. Il se précipite eil flocons d'un rouge pâle; il se dissout dans l'eau, à la faveur d'un excès d'acide; et se dépose pendant l'évaporation , ou par le refroidissement de la liqueur, sous forme d'une poudre rose foncé^ qui devient plus pftle par la deftsieea«^ lion.
Fluorure molybdoso^odique. II est plus soluble que le sel précédent, et se dépose, peridanlt l'évaporation, sous forme d'une poudre rose, cnstàliifie et farineuse«
Le fluorure molybdoso - ammoniquè ressemble parfaitement iiu sel double potassique.
a. Fluorure molybdique j MoF\ On l'obtient en saturant l'acide fluorbydrique par l'hydrate molybdique» La disêolution est rougef
38o FLUORURE SILICIGO-MOLTBDEUX.
quand elle coDtienl un grand excès d acide , elle est presque in* colore. Évaporée , elle bleuît facilement , lorsqu'elle ne contient point d acide libre. Le sel sec est noir et cristallin ; il se dissout en rouge dans Teau , et sans laisser de résidu. Si Ton emploie une chaleur trop forte pendant Tévaporation , il se dégage facilement une certaine quantité d acide, et le sel sec, repris par Teau, laisse une quantité d*oxyde molybdique anhydre , correspondant à celle du fluorure décomposé.
Fluorure mofybdica-potassique. Pour l'obtenir, on mêle la disso* lution du fluorure molybdique avec du fluorure potassique. Le sel double se précipite sous forme d'une poudre couleur de rouiQe , qui n est pas entièrement insoluble dans leau.
Les fluorures molybdico-sodique et moljrbdicO'ammonique sont très-solubles dans Teau, et forment, après Tévaporation, des masses salines , rouge jaune.
3. Surfluorure molybdique ^ MoF^ On le prépare en dissolvant Tacide molybdique dans l'acide fluorhydrique« La dissolution se fait facilement. En évaporant la liqueur, elle se dessèche en une masse jaunAtre, sirupeuse, qui n'offre aucune trace de cristallisation, et qui devient aisément verte ou bleue quand il y tombe de la poussière ou d'autres corps susceptibles d'opérer l'oxydation du molybdène. Après avoir été parfaitement desséchée, cette masse ne se dissout plus complètement dans l'eau. Le résidu, qui contient un excès d'acide molybdique, se dissout jusqu'à un certain point dans l'eau pure; cette dissolution est précipitée quand on la mêle avec la dissolution acide , qui s'est formée en premier lieu. L'oxyde de molybdène bleu se dissout aussi dans l'acide fluorhydrique; le.sel, ainsi obtenu, forme une masse saline, inçristallisable, d'un bleu foncé.«
Les sels doubles, d'une composition particulière, que forme le fluorure molybdique avec les fluorures potassique, sodique et ammonique, ont été décrits à l'article consacré aux sels haloïdes de ces bases.
Fluorure silicicO'molxbdeux. Il se dissout facilement dans un
excès d'acide, et ne se dessèche pas quand on abandonne la dissolution à l'évaporation spontanée. A chaud, l'excès d'acide se dégage, et la combinaison neutre reste. Elle est noire. L'ammoniaque versée dans la dissolution de ce sel, en précipite une substance floconneuse, d'un brun foncé, qui consiste en silicate molybdeux,
SURCYATJtüRE FEKRTGO-MOLTBDIQUE. 38 1
et se décompose dans la liqueur ammoniacale, en laissant un résidu d'acide silîcique.
Fluorure silicicO'motybdique. Le sel se dissout dans l'eau , à Taide d'un excès d*acide. Par Tévaporation spontanée la dissolution bleuit un peu, et se dessèche en une masse noire non cristalline. L'eau enlève à cette masse la partie devenue bleue, et laisse une poudre noire comme de la poix, qui est la combinaison neutre. L'action prolongée de Veau fait subir à cette combinaison une décomposition partielle; l'eau dissout un sel acide et laisse un sel basique, comme cela arrive ordinairement à cette classe de sels. L'ammoniaque décompose même ce sel sec ; elle s'empare du fluor et laisse du silicate molybdique. *
Surfluorure silicico-molybdique. L'acide hjdrofluosillcique dissout l'acide molybdique. La dissolution , qui est jaunâtre, donne par l'évaporation une substance opaque, d'un jaune citron , dont la plus grande partie se dissout en jaune dans l'eau, tandis qu'il reste une combinaison basique en non-solution.
Le cyanure de molybdène n'est pas connu à l'état isolé; mais il forme avec le cyanure ferreux trois sels doubles.
Cyanure ferroso-molybdeux. Ce sel prend naissance quand on précipite un sel molybdeux par une dissolution de cyanure ferroso-potassique. Le précipité est d'un brun foncé , et se dissout dans un excès de précipitant, qui prend alors la même couleur. Il se dissout également en brun foncé dans l'ammoniaque caustique; cette dissolution est troublée par le sel ammoniac, qui paraît précipiter le cyanure double ; le dépôt a la même couleur que ce sel, tandis que la liqueur qui surnage a une légère teinte pourpre.
Cyanure ferroso - molybdique. On l'obtient en précipitant le chlorure molybdique par le cyanure ferroso-potassique. C'est une poudre brun foncé , qui ne se dissout pas dans un excès du précipitant. Après avoir été lavé, ce sel se dissout dans l'ammoniaquej et se décompose en même temps en hydrate molybdique et en cyanure ferroso-ammonique; si l'on ajoute un peu de sel ammoniac à la liqueur, l'hydrate molybdique se précipite. Cet hydrate n'est pas dissous lorsqu'on emploie, pour décomposer le sel , un mélange d'ammoniaque et de sel ammoniac.
Surcyanure ferrico^molybdique. On le prépare en précipitant une dissolution d'acide molybdique par le cyanure ferroso-potassique. Le précipité est d'un rouge brun semblable aux deux précédents,
38» KXTBITÇ MQLTBOSÜX.
i^ab d*une teipte plus claire. 11 se dissout en rouge fonoé àxa^ un excès de précipitant, et ressemble sous ce rapport au cyanure fen- ^so-moljbdeux. Mais il diffère de ce dernier^ en ce qu'il se dissout instantanément dans Tammoniaque^et donne ainsi naissance à une disüsolution incolore.