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Sels d^urane

L'urane forme deux séries de sels : La première comprend les sels uraneux , qui sont verts. La connaissance de ces sels est aussi

(CHLORURE URANEÜX. 4^5

ancienne que celle de l'urane ; mais ils ont été peu étudiés, jusqu'à l*époque où /'c/i^o^ découvrit le chlorure uraneux anhydre en même temps que Toxyde uraneux à Tétat d'hydrate. Outre ce chimiste, Ebelme/i, IVertheim et surtout Rammelsberg en ont fait Tobjet de leurs recherches. Ces sels, en dissolution, sont d'un beau vert; ils ont une grande tendance à former des sels basiques , et sont précipités en brun par la potasse caustique.

Les sels de la seconde série, ou sels uraniques, ont une belle couleur jaune citron. Ils ont, comme les sels bismuthiques, de la tendance à se composer de i atome d'oxyde uranique et de i atome d'acide, et à fixer, dans les sels haloïdes, 2 atomes d'oxyde; de sorte que les sels uraniques jusqu'à présent connus sont basiques , et formés de i atome de sel neutre avec 2 atomes d'oxyde uranique. La plupart se dissolvent dans l'eau aussi bien que dans Talcool, et sont précipités en jaune citron par les alcalis. Le carbonate ammonique y produit un précipité qui se redissout eu jaune par l'addition d'un excès de précipitant. Ils sont précipités en rouge brun par le cyanure ferroso-potassique. Leur dissolution aqueuse n'est pas précipitée par le sulfide hydrique, à moins qu'on n'y ajoute un excès d'acide : ils sont par là réduits à l'état de sels uraneux , de manière qu'il se précipite du soufre. Les sulfhydrates les précipitent en noir, le cyanure ferroso-potassique en rouge brun, et l'infusion de noix de galle en brun chocolat. Le papier de curcuma brunit dans une solution concentrée de sels uraniques. Fondus, au chalumeau, avec du phosphaste sodico-ammonique, ils-donnent au feu de réduction un verre vert, semblable au verre chromique; mais il s'en distingue en ce que, au feu d'oxydation, il passe du jaune au vert.

A. Sels haloïdes (Purane,

Chlorure uraneux^ UGl. On l'obtient en mêlant l'oxyde uranosouranique très-intimement avec du charbon , et chauffant le mélange jusqu'à l'incandescence dans un courant de gaz chlore sec. On mêle l'oxyde uranoso-uranique très-exactement avec tout au plus un quart de son poids de poudre de charbon , ou avec les deux tiers de son poids de sucre pulvérisé \ on calcine ce mélange dans un creuset couvert, et on obtient ainsi une masse compacte, susceptible d'être broyée en petits morceaux, qu'on intro-

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duit dans un tube de verre, qu*on entoure de lames^de fer-blanc dans toute retendue où se trouvent ces morceaux. La forme de ces fragments facilite Faccès du gaz chlore. On place le tube dans un fourneau convenable, et on le chauffe jusqu'à l'incandescence dans tous les points où il est entouré de fer-blanc , en même temps qu'on y fait passer un courant de gaz chlore convenablement desséché. Il se produit ainsi du gaz carbonique qui se dégage^ et il se sublime du chlorure qui se dépose dans un point du tube qui cesse d'être incandescent; car le chlorure n'est pas très • volatil. Si le gaz employé n'est pas sec, on obtient facilement , au-devant du sublimé vert, un léger dépôt de cristaux jaunes. Il importe, pour le succès de cette opération , que le point du tube où le chlore doit se déposer soit un peu élargi , car autrement le sublimé pourrait boucher le tube avant l'opération terminée. Après le refroidissement, on coupe le tube entre le charbon et le sublimé, et on £aiit tomber celui-ci dans un flacon bien sec, qu'on bouche sur-le-champ hermétiquement. Le chlorure uraneux présente l'aspect d'une masse cristalline d'un vert foncé, dont l'intérieur est garni de cristaux octaédriques réguliers. 11 est extrêmement déliquescent , de sorte qu'il est difficile, en le retirant du tube, de l'empêcher d'attirer l'humidité. Péligot recommande par conséquent de fermer les deux bouts du tube à la lampe, quand on veut conserver le chlorure uraneux , pour s'en servir dans la réduction de l'urane au moyen du potassium. Tant qu'il n'a pas attiré l'humidité, on peut le sublimer sans altération , ce qui exige une chaleur rouge. Sa vapeur est rouge. Il se dissout, avec dégagement de chaleur, dans l'eau , et la solution , évaporée dans le vide , laisse un sirop vert qui se dessèche à l'air en une masse verte , résineuse , déliquescente. Sa dissolution aqueuse concentrée brunit par la chaleur, pendant qu'il se dépose une poudre fine noire, qui paraît être un souschlorure uraneux. La solution est incolore, après qu'elle s'est éclaircie. Etendue, elle brunit également, sans perdre sa limpidité. La solution verte aussi bien que la solution brune , traitées par les alcalis, donnent un précipité brun d'hydrate uraneux«

Quand on chauffe du chlorure uraneux anhydre dans un courant de gaz hydrogène sec, il se produit du gaz acide chlorhydrique, et il reste un composé moins chloruré; il semblerait, d'après cela,

BIACI-CHLORURE URANIQÙE. 4^7

qaun atom« double d'uraiie pourrait se combiner avec i équivalent de chlore. Mais, dans aucune expérience, on ne réussit à enlever ainsi la moitié du chlore. Péllgot , qui entreprit le premier cette recherche y a trouvé que le gaz hydrogène n'enlève pas le quart du chlore ; suivant une expérience de Rammelsberg^ il en enlève le tiers. Dans les deux cas, il reste un résidu brun qui, d après Péligoty est fibreux, et se dissout facilement dans l'eau, qu'il colore en rouge pourpre; puis , i( commence bientôt à dégager du gaz hydrogène, la solution verdit, et dépose une poudre rouge violette, qui paraît être de l'oxyde uraneux. Les résultats analytiques indi* qués sont probablement l'un et l'autre exacts; mais on ne saurait admettre que le produit obtenu soit une combinaison simple. Selon toute apparence, il existe une combinaison = U€l , ou un souscblorure uraneux, susceptible de former avec le chlorure uraneux des combinaisons doubles qu'on pourrait peut-être, en employant une température suffisamment élevée, obtenir à l'état isolé. Le résultat de Péligot s'accorde avec UCl + aUCI, et celui de Rammelsberg avec U€l + U€l.

Chlorure uraneux ctmmoniacal^ 3U€rl + NH'. On Tobtient, d'après Rammelsberg, en faisant absorber du gaz ammoniac par du chlorure uraneux anhydre : le chlorure se dédouble avec dégagement de chaleur. Il contient 5,6i pour cent d'ammoniaque. Chauffé dans un courant de gaz ammoniac, il laisse U€l + VG\.

Les expériences qu'on a faites pour produire des sels doubles avec le chlorure uraneux et les chlorures alcalins , ont donné des résultats négatifs.

Chlorure uranique^ \}G\\ Il n'a pas encore été préparé.

Biaci'chlorure uraruque (souscblorure uranique), U€l'+ atf. On l'obtient, en petite quantité, sublimé sous forme de longues aiguilles aplaties, quand on fait arriver du gaz chlore sec, à une douce chaleur, sur de l'oxyde uraneux anhydre. La vapeur du biacichlorure uranique est jaune orange. Le sublimé est déliquescent à l'air. On prépare ce composé par voie humide , en dissolvant l'oxyde uranique dans l'acide chlorhydrique, et évaporant la solution jusqu'à faible consistance sirupeuse, et la portant ensuite dans le dessiccateur. Ce composé se dépose en tables obliques , quadrilatères, déliquescentes à l'air. La solution se réduit , par la chaleur, en une masse saline jaune , irrégulièrement cristallisée et déliquescente. Elle est soluble dans l'eau, dans l'alcool et l'éther.

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La solution ethërëe, exposée à la lumière directe du soleil, devient verte.

Le biaci- chlorure uranique se combine facilement avec d* autres chlorures pour former des sels doubles.

Le sel double potassique y 3KG1 + U€PÏ}\ Il se forme par le mélange des deux sels composants, et la liqueur, évaporée jusqua consistance sirupeuse, donne, par le refroidissement, des cristaux jaunes , extrêmement beaux ; ce sont des prismes quadrilatères , des tables rhomboidales et même hexalatères, contenant 6 atomes ou 6,5 pour cent d eau, qu'ils perdent un peu au-dessus de -§- loo*. Ije sel est très-soluble dans leau; mais, par l'évaporation de la liqueur, il se décompose de telle façon qu'il s'en dépose une portion de chlorure potassique« On prévient ceci par l'addition de l'acide chlorhydrique, ou en employant le biaci-chlorure uranique en excès. Le sel est soluble dans l'alcool, et supporte une légère calcination.

Le sel sadique peut être difficilement amené à une cristallisation régulière. Le sel double ammonique ressemble au sel potassique , dont il partage la composition. 11 renferme 6 atomes ou 7,41 pour cent d'eau; il est déliquescent, et ne s'obtient cristallisé que dans le dessiccateur.

Bromure uraneux^ U&r. 11 se produit quand on dissout l'hydrate uraneux dans l'acide bromhydrique , et évaporant la solution vert foncé dans le dessiccateur ; il se dépose en cristaux verts, irréguliers, autour desquels l'eau-mère se dessèche en une masse saline , très-déliquescente à l'air. Les cristaux renferment 4 atomes cm 2o,65 pour cent d'eau. Par l'application de la chaleur, l'acide chlorhydrique se dégage, et le liquide sirupeux acquiert une couleur brune. Traité par l'eau, il laisse un résidu brun, qui parait être du souschlorure uraneux.

Biaci^bromure uranique ^ U&r + al}. On l'obtient en dissolvant l'oxyde uranique dans l'acide ^bromhydrique. Il cristallise en aiguilles jaunes aplaties , contenant de l'eau de cristallisation, qu'on peut expulser par une douce chaleur; il devient par là rouge orange. Il est déliquescent à l'air, et soluble dans l'alcool. Il forme des sels doubles avec d'autres bromures.

lodure uraneux^ UI. On l'obtient en dissolvant l'hydrate uraneux dans lacide iodhydrique. La solution est vert foncé, et donne, dans le dessiccateur, des cristaux noirs de biaci-iodure

BIACI-CYAirURE ÜRA.NIQÜE. 4^9

uranique, produits par loxydation d'un excès d'acide iodhydrique aux dépens de l'air, et par une séparation d'iode; ce qui rend la solution brune, de verte qu^elle était.

"Le fluorure uraneux est encore inconnu.

Biaci'ßuorure uranique^ UF^-f- latJ. On l'obtient en dissolvant l'oxyde uranique dans lacide fluorhydrique. La solution jaune ne donne pas de cristaux ; mais , pendant 1 evaporation, elle donne des efflorescences aux bords, et laisse, par la dessiccation spontanée, une poudre presque blanche, qui se redissout complètement dans l'eau. Avec les fluorures alcalins, il forme de^ ^^^ doubles jaunes, cristallisables.

Fluorure sillcoso-uraneux ^ SUF-f-aSiF'. Il se précipite sous forme d'une masse gélatineuse, bleu vert, quand on traite une solution de chlorure uraneux par de Tacide hydrofluosilicique« Il se dissout en très-petite quantité dans l'acide libre. Le précipité est, après la dessiccation, peu soluble dans les acides, et ne s altéré pas par Tébullition avec Talcali. Il contient de leau chimiquement combinée.

Le cyanure uraneux n'a pu être produit, ni en traitant l'hydrate uraneux par une solution aqueuse d'acide cyanhydrique , ni en décomposant le chlorure uraneux par le cyanure potassique. L'hydrate uraneux se précipite pendant que de Tacide cyanhydrique devient libre dans la liqueur, même lorsqu'il y a un excès de cyanure potassique.

Cyanure ferrosO'Uraneux^ aUGy + FeCy. Il se précipite en brun clair, quand on mêle du chlorure uraneux avec une solution de cyanure ferroso-potassique. Les acides chlorhydrique et nitrique y ont peu d'action; l'eau régale le dissout en vert. L'hydrate potassique le décompose en hydrate uraneux et en cyanure ferroso-potassique. Quand on emploie le cyanure ferroso-potassique en excès, il se produit du cyanure ferrico-potassique dans la liqueur, pendant qu'il se sépare une combinaison , où les deux métaux (fer et urane) se trouvent par atomes égaux, en même temps qu'une quantité insensible de potassium*

Biaci'Cyanure uranique^ ü€y^-|- aU- C'est une poudre jaune insoluble , qui se forme quand on traite Fhydrate uranique par l'acide cyanhydrique. Le biaci-cyanure uranique s'obtient aussi en précipitant les sels uraniques par le cyanure potassique. Il se dissout dans le cyanure potassique avec une couleur jaune , en

44o SULFATE URAJIEÜX.

formant un sel double qui n a pas encore été examiné. La solution n'est pas précipitée par l'addition d'un acide.

Rhodanure uraneux j UC*N*S\ II forme une solution verte, quand on traite Thydrate uraneux par Facide rhodanhydrique, et donne , par l'évaporation dans le dessiccateur, une masse cristalline , déliquescente , vert foncé ; cette masse , en la redissolvant dans l'eau y se décompose partiellement en oxyde uraneux qui reste, et en une quantité correspondante d'acide rhodanhydrique qui devient libre dans la liqueur.

Rhodanure uranique, \} + 3G*N*S' + aH. 11 se dissout en jaune dans l'eau, quand on sature l'acide rhodanhydrique par l'hydrate uranique. On n'a pas encore cherché à savoir comment la solution se comporte par l'évaporation.

B. Oxjrsels d^urane.

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