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C. Sulfosels (Tantimoine

Le sulfure d'antimoine, Àb, qui correspond, par sa composition, à l'oxyde antimonique, forme, avec différents sulfides, des sulfosels qui sont encore peu connus.

4o. Seb de tellure.

Comme plusieurs autres oxydes métalliques électronégatifs, l'acide tellureux a la propriété de jouer le rôle de base par rapport à différents corps électronégatifs, et de donner à un certain degré de concentration, avec les hydraciJes des corps halogènes, des sels haloïdes qui correspondent à son degré d'oxygénation ; mais le tellure se combine de plus, à l'instar du soufre et du sélénium, avec les corps halogènes, dans des proportions qui ne correspondent à aucun de ses degrés d'oxygénation. — Les oxysels et les sels haloïdes du tellure ont en général une saveur métallique désagréable, à peu près comme les sels d'antimoine ; et ils sont décomposes, à quelques exceptions près, par l'eau qui précipite l'acide tellureux à l'état de soussel, d'où l'autre acide peut être éliminé complètement par de nouvelles quantités d'eau. Une des réactions principales de ces sels consiste en ce que les sulfites alcalins précipitent du tellure métallique de leur dissolution dans l'acide chlorhj* drique. Ils ont en outre pour caractères, étant mêlés avec un alcali ou avec un carbonate alcalin, sans excepter l'ammoniaque oison

CHLORURE TELLURIQÜE. 4^9

carbonate, de donner un précipité qui se redissout au moyen de l'addition d'une plus grande quantité du corps précipitant; toutefois la dissolution ne sopère qn à chaud, si Ton a employé un carbonate alcalin, et que la quantité de Tacide tellureux précipité soit un peu considérable par rapport à celle du réactif mis en expérience. Ces réactions les distinguent suffisamment des sels antimoniques et bismuthiques, avec lesquels ils partagent d'ailleurs la propriété d*étre précipités par leau, mais qui en diffèrent de plus en ce qu'ils ne sont pas réduits par Tacide sulfureux. Uu reste, la calcination avec un alcali et du charbon, qu'on peut opérer sur de petites quantités dans des tubes de verre fermés, ainsi que la solution rouge que la masse donne avec Teau , sont des moyens aussi sûrs que faciles pour reconnaître ie$ sels dont il s'agit.

Â. Sels haloïdes de tellure.

Le tellure se fond aisément et dans toute proportion, non-seulement avec ses propres sels haloïdes , mais encore avec ceux de plusieurs autres métaux. On peut également le mêler par la fusion avec des quantités quelconques de soufre et de sélénium. Par ces propriétés il s'éloigne d'une manière très-remarquable de l'action ordinaire des métaux. Les sels haloïdes du tellure sont décomposés par l'eau. Ils en absorbent une certaine quantité sans s'altérer; mais du moment où l'on en ajoute davantage, ils développent de l'acide tellureux et un hydracide. Avec les sels haloïdes d'autres radicaux, le tellure forme des sels doubles qu'on peut obtenir sous la forme de cristaux, et qui sont décomposés par l'eau, mais exigent, pour se décomposer, de plus grandes quantités de ce liquide que les sels haloïdes simples du tellure.

Chlorures de tellure. Il n'existe pas de chlorure de tellure cor* respondant à l'acide tellurique. L'acide tellurique dissous dans l'acide chlorhydrique concentré se reproduit sans altération, lorsqu'on laisse l'acide chlorhydrique s'évaporer spontanément. Le tellurate potassique ou sodique, dissous dans l'acide chlorhydrique et soumis à l'évaporation spontanée, donne du chlorure potassique ou sodique et de l'acide tellurique, cristallisés péle-méle.

1** Chlorure tellurique ^ Te€l*. On peut le préparer par la voie sèche et par la voie humide. A la température ordinaire de Tair, le chlore est sans action sur le tellure ; mais lorsqu'on fait passer un courant de chlore gazeux sur du tellure en poudre, et qu'on

4?^ CHLOAQHB TELLUHIQUE.

chauffe légèrement ce métal, il s'y combine ayec une vivacité teHe, qu'on peut même voir eelaler du feu, s'il j a en même temps assea de chlore. Quand l'absorption du chlore s'opère à une température assez élevée, le tellure excédant fond avec le chlorure produit, et il se forme un liquide noir et épais, qui continue à absorber da chlore jusqu'à ce qu'il acquière de la transparence et une couleur rouge foncé, qui finit par passer au jaune foncé. Après qu'il est devenu transparent, il laut continuer le courant de chlore, si oo veut l'obtenir complètement saturé de ce gaz. Pendant le refroidissement la couleur toturne au jaune citrin pur, et au moment de la solidification le chlorure cristallise d'outre en outre« et devient blanc comme la neige. S'il est jaunâtre à l'état solide, il tient encore du chlorure tellureux en dissolution.

Le chlorure tellurique est très-fusible; en fondant, il devient jaune, et, un peu avant d'entrer en ébullition, il est rouge foncé. 11 ne bout qu'à une température très-élevée , et alors il présente des soubresauts, de sorte qu'il est difficile à distiller. Sa vapeur est jaune et foncée; dans de l'air sec et froid, elle se condense en une poudre blanche, non cristalline. A l'air libre, le chlorure tellurique se liquéfie plus rapidement que le chlorure calcique ; on obtient de cette manière une liqueur claire, jaune, qui devient peu à peu laiteuse, et finit par se dessécher en un sel basique blanc, terreux, dont la formation est accompagnée d'un dégage« ment d acide chlorhydrique. Le chlorure tellurique est décomposé par l'eau; il se dissout sans altération dans l'eau bouillante. Quand on fait refroidir lentement la dissolution , elle dépose de l'acide tellureux en cristaux qui acquièrent souvent un volume asse% considérable, et sont mâles de cristaux plus petits d'un sel basique* Le chlorure tellurique est soUible dans l'acide muriatique, et si la quantité de ce dernier est suffisante, la dissolution peut être étendue d'eau sans qu elle se trouble«

On obtient du chloruro tellurique? par la voi^ humide en dissolvant l'acide tellureux dans l'acide cldorhydrique. La dissolution saturée est jaune, quand bien même les acides employés auraient été incolores. Cette couleur appartient au chlorure tellurique dissous, et ne tient pas à la présence de matières étrangères. Elle s'évanouit tout à fait, quand on décompose le chlorure aumojen de Teau. Si on fait évaporer au bain-marie le chlorure tellurique préparé par la voie humide, jusqu'à ce que l'excès d*aoi«le

CHLORURE TELLDRICO-AMMONIQUE. 4?^

tique mis en expérience se soit dégagé, on obtient un résidu trans« parent, jaune pâle, qui n'éprouve plus d'altération à cette tempe-« rature, et reste CjOm pacte et transparent après le refroidissement. Je ne lai pas analysé; mais je le regarde comme une combinaison basique, parce qu il se liquéfie très-lentement, qu il passe en même temps au blanc de lait, et ne fournit pas de liqueur claire, comme le chlorure tellurique.

Du reste, il est difficile de produire un chlorure tellurique à un degré de combinaison déterminé, attendu que Teau sépare aisément le chlorure tellurique de l'acide tellureux produit. Il n'y a pas jusqu'aux cristaux fournis par une dissolution du chlorure tellurique dans l'eau bouillante qui ne se décomposent par la chaleur; dans cette action , l'acide tellureux décrépite fortement, et le sel basique proprement dit se gonfle comme le borax. La masse qui reste dans la cornue est beaucoup plus fusible que l'acide tellureus^ , et elle devient transparente après le refroidissement. Même après une calcination prolongée , elle contient encore du chlore* Quand il ne passe plus de chlorure tellurique^ on obtient un sublimé cristallin. Ce sublimé est un sel brique, qui communique à l'eau avec laquelle on le fait digérer U propriété de donner, avec le nitrate argen tique, un précipité de chlorure argentique. Cependant on n'en obtient qu^une très-petite quantité. Eu l'analysant, on a trouvé x atome de chlorure argentique et 4 atomes d'oxyde tellurique, ce qui indique la composition Te Gl -4- 3Te. Le sel basique qui reste quand le chlorure tellurique se liquéfie à l'air, et redevient peu à peu sec, est composé d'après la formule Te -Gl -|-

6Te.

Chlorure tellurico^potassique. Lorsqu'on dissout du chlorure potassique au moyen d une dissolution acide de l'acide tellureux dans l'acide chlorhydrique, et qu'on laisse la liqueur s'évaporer spontanément, il cristallise d'abord un peu de chlorure potassique incolore; et ensuite, quand la masse a atteint la consistance d'un sirop, on obtient de beaux cristaux d'un jaune citrin, qu'on peut débarrasser de l'eau mère adhérente en les pressant entre des doubles de papier Joseph. Ils sont décomposés tant par l'eau que par Talcool anhydre, n'éprouvent pas d'altération de la part de l'air sec et froid, mais se liquéfient dans l'air humide ordinaire.

Chlorure Ullurico-ammonique, On l'obtient en ajoutant du sel ammoniac à la solution du chlorure tellurique, 11 cristallise pins

47^1 CHLORURE T£LLUREÜX.

facilement que le sel précédent; les cristaux sont de beaux octaè« dres jaune citrin, qui sont souvent hémîtropiques, et quelquefois tronqués de manière à former des feuilles hexagones et régulières. Le sel ammoniac excédant cristallise en cubes incolores au milieu de ces cristaux. L'eau et l'alcool anhydre le décomposent. Le sel se dissout sans altération dans une petite quantité d'eau, mais la dissolution est alors incolore. La couleur ne se reproduit quau moment de la cristallisation.

2* Chlorure tellureux^ Te Gl. H. Rose est le premier qui l'ait préparé. On l'obtient en mêlant le chlorure tellurique avec un poids égal au sien de tellure métallique en poudre, et en soumettant le mélange à la distillation. La vapeur de chlorure tellureux qui se dégage a une couleur pourpre dans le premier moment de son apparition au milieu de l'air de l'appareil; mais quand lair se trouve expulsé, elle prend une forte teinte jaune. Le chlorure tellureux distillé ne présente que peu ou point de traces de cristallisation; il est noir, très-fusible, plus volatil que le chlorure tellurique, d'une cassure terreuse, donne une poudre verte jaune, attire l'humidité de l'air en s'entourant d'une goutte claire, qu une plus grande quantité d'eau rend sur-le-champ laiteuse. L'eau lui donne une couleur de blanc de lait, parce qu'elle produit de l'acide tellureux ; et l'acide chlorhydrique le rend métallique, en dissolvant l'acide tellureux qui enveloppait la poudre métallique séparée d'abord. Rose a fait voir que la moitié de la proportion de tellure se réduit, et que l'autre moitié passe à l'état d'acide tellureux*

Le .chlorure tellureux peut être fondu en toute proportion avec le chlorure tellurique; une légère quantité de chlorure tellureux rend celui-ci rouge foncé pendant qu'il est fondu, et jaunâtre après le refroidissement; une plus grande quantité le rend opaque au terme de la fusion, et noir à fi*oid. La moindre quantité d'une matière organique qui se mêle au chlorure tellurique anhydre, colore ce sel en jaune ; après quoi, si on Téchauffe plus fortement, on voit se produire la vapeur violette du chlorure tellureux, et un enduit noir recouvrir les parties les moins chaudes de l'appareil.

D'un autre côté, le chlorure tellureux peut être fondu en toute proportion avec le tellure. Lorsqu'on expose ensuite le mélange; dans un appareil distillatoire, à une chaleur plus forte , il p^^

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