‹ Traité de chimie minerale, végétale et animaleChapitre 57 sur 107 · V. Combinaison des atomes entre eux · texte numérisé non relu

V. Combinaison des atomes entre eux

Nous avons vu dans le tome I, page 3o, que les atomes simples ou composés de même espèce se combinent entre eux pour donner naissance à des molécules formées d'un nombre déterminé de ces atomes, ce qui est la cause de la figure géométrique de chaque combinaison. Un atome complexe, supposé composé du plus petit nombre possible d'atomes, forme déjà un pareil groupe d'atomes , maintenus par une force différente de celle qui produit les molécules. L'une de ces forces est l'affinité, l'autre la cohésion. Nous

OBSERYA.TIO]fS GÈVitiAlSS. 5l3

avons vu que a , 3 et 4 atomes de soufre peuvent se combiner avec 5 atomes d'oxygène pour former un atome composé; dans la chimie organique, nous apprendrons à connaître des corps qui sont composés de plusieurs éléments, et d'un plus grand nombre d'atomes de chaque élément C'est ce qui a fait naître la question de savoir si, dans les corps inorganiques contenant un petit nombre d'atomes simples, par exemple 9 A + B, A + 2B, etc., la combinaison a lieu entre ces atomes en petit nombre, ou si un groupe d'atomes d'un élément ne se combine pas de même ici avec un ou plusieurs groupes d'un autre. Il est hors de doute que s'il y a des composés en masse, il y a des millions d'atomes qui passent en même temps à l'état de combinaison. Mais on ne peut rien conclure de la simultanéité avec laquelle les atomes entrent en combinaison ; et tant que nous ignorons la position relative des atomes élémentaires dans les composés qu'ils forment, il nous sera impossible de dire si la combinaison s'effectue entre A + âB ou entre 1000 A + aoooB, supposé le plus petit nombre d'atomes élémentaires dont l'atome composé puisse se former. L'expérience se tait ici. Cependant, il est évident que la forme géométrique régulière des corps simples ou composés fait supposer des molécules ou des groupes d'atomes homogènes en nombre déterminé; mais il ne s'ensuit pas que la combinaison chimique doive s'opérer entre ces groupes entiers qui se dissolvent en vertu de la grande force qui agit au moment de la combinaison, pendant que la force de cohésion cède à l'afGnité. Quoi qu'il en soit, on a commencé à s'occuper de spéculations à ce sujet, et ou a essayé de faire d'une théorie scientifique une espèce de philosophie moléculaire. On a regardé l'isomorphie comme un argument en faveur de cette philosophie moléculaire ; on a cité comme un exemple frappant les sels potassiques isomorphes avec les sels aramoniques, en faisant valoir que cette isomorphie subsiste, bien que, par exemple, le chlorure potassique ne contienne que 3 atomes simples , tandis que le chlorure ammonique en contient I a , et que par conséquent elle ne peut se fonder que sur les combinaisons qui ont lieu entre les molécules des corps élémentaires : le nombre des atomes du sel potassique , pris quatre fois , serait ainsi égal à celui des atomes du sel ammonique. Au premier abord, la raison parle en faveur d*une pareille spéculation; mais celle-ci ne supporte pas un examen approfondi. L'isomorphie repose sans jv. 33

^l4 DETERKINA.tlON DES POIDS ATOMIQUES.

doute sur Tégalité dans le nombre des atomes , nit^is ce nest pas la seu^e condition nécessaire; outre légalité dans le groupement des atomes, il faut encore autre chose; et ce qui le prouve, c'est que^ par exemple, le nitrate et le chlorate potassiques ne sont pas isomorphes. Nous ignorons quelles sont les autres conditions nécessaires de l'isomofphie. Dans l'exemple des sels potassiques et ammoniques, que citent les partisans de la philosophie moléculaire, on suppose seulement qu'à l'aide du calcul on peut obtenir l'égalité dans le nombre des atomes; il est donc évident qu'on ne parvient pas, au moyen d'un simple raisonqement philosophique, à découvrir ce qui est encore inconnu dans la production de l'isomorphie de ces sels. Ce qu'il y a de certain, c'est que, quelque étendue que soit notre expérience , il restera toujours beaucoup de points essentiels à éclaircir; et si nous voulons j suppléer par des hypothèses , il sera facile d'élever d'immenses échafaudages, qui dureront jusqu'au premier coup de vent qui les renverse,

YL Sur le mode de détermination du poids atomique de chaque

corps simple,

1. Oxygène. Son poids atomique est supposé=:ioo, etsert d*unité ou de terme de comparaison pour les poids atomiques des autres corps«

2. Hydrogène, Gay-Lussac et de Humboldt avaient découvert que a volumes de gaz hydrogène se condensent exactement afec I volume de gaz oxygène pour former de l'eau. D'après les poids spécifiques de ces gaz, déterminés par Biot et Arago^ il était facile de calculer la composition quantitative de l'eau et le poids atomique de l'hydrogène; ce dernier fut trouvé =6^6338, et son équivalent = 13,2676. Lorsque je commençai à me servir du gii hydrogène pour réduire les oxydes métalliques, et à comparer le poids de l'oxygène enlevé à l'oxyde avec le poids de l'eau recueillie, je ne tardai pas à me convaincre que ce poids atomique de l'hydrogène était trop élevé. Ceci conduisit précisément à déterminer la composition quantitative de l'eau: cette rechtfcbc fut entreprise par moi et Dulong en février 1819, di^us le laboratoire de BerthoUet^ à Arcueil; et en même temps nous déter-

aiVEEMIHATIDtr SßS POIDS ATOMtQtJEä. Dl 5

niu&mes le poids spécifique du nitrogène, de Toxygène, de rhydrogène et du gaz apide carbonique. L'expérience fut disposée de manière à réduire , par le gaz hydrogène, une quantité pesée d'oxyde cuivrique pur calciné ; cet hydrogène était préparé avec un mélange de zinc deux fois distillé, et d'acide sulfurique étendu, également distillé; puis on lavait purifié en le faisant passer dans une solution potassique do^yde plombique, et desséché par de la poudre grossière d'hydrate potassique fondu. L'eau formée était recueillie dans ua vase pesé d'avance, et présentant à l'un des bouts la fqrme d'pn tube : il contenait des fragments de chlorure de calcium fondu, sur lesquels passait Texcès du gaz hydrogène. Ce qui avait augmenté le poids de ce vase était de leau, et la perte de loxyde ciiivrique indiquait T hydrogène. On en déduisit le poids atofaique de l'hydrogène == 6,24, et son équivalent = ia,48, résultat qui fut .confirmé par la comparaison des poids spécifiques des gaz.

Plus tard, en 184^9 Ek^mas entreprit, conjointement 2ivec StasSj un nouveau travail {7)oîr page 5io) relatif au poids atomique de rhydrogène; il choisit, pour cela, la méthode employée par Dulong et moi, et qui consiste à réduire l'oxyde cuivrique par le gaz hydrogène. Pour avoir du gaz hydrogène pur, on le prépara avec du zinc et de l'acide sulfurique distillé; pour le dépouiller du gaz sulfide hydrique, on le fit passer d*abord à ti*avers une solution de nitrate plombique; puis, pour le débarrasser de larséniure hydrique , on le fit passer à travers une solution de nitrate argentique; de là, dans une solution concentrée d'hydrate potassique; de là, sur de petits fragments d'hydrate potassique fondu; enfin, pour le dessécher complètement, on lui fit traverser un tube oonienant des fragments de pierre ponce humectés d'acide sulfurique concentré. Le tube était entouré de glace , pour éviter toute fonpation d'acide sulfureux, qui se produit facilement lorsque l'acide peut s*éehauffer. Le gaz hydrogène ainsi préparé était parfeitement inodore. Les expériences furent exécutées en grand , de manière que les quantités d*eau produite variaient entre i5 et 70 grammes. J'ai déjà indiqué, page 5ii, le résultat numérique de ces expériences , dans lesquelles le poids atomique de l'hydrogène est en moyenne = 6,2675, au maximum 6,2875, et au minimum 6,24o5. Les chimistes nommés prirent cependant 6,25 pour le nombre exiiet, parce c'était un sous-multiple de i6

5 1 6 DÉTSEMINATION DES POIDS ATOMIQUXS.

par rapport à loo, poids atomique de roxygène. L'équivalent de l'hydrogène fut donc considéré =: ia,5, qui estris-^^»

L'extrême soin avec lequel ces expériences ont été exécutées mérite tout éloge. Mais il y manque une circonstance qui parait avoir été oubliée , ou qui du moins n'a pas été indiquée» A la fin de chaque expérience, le vase contenant l'eau formée était rempli de gaz hydrogène qui , avant la pesée , devait être remplacé par de l'air ; c'est pourquoi on y faisait, pendant plusieurs heures, arriver lentement un courant d'air. Cet air était sec à son entrée, et à sa sortie il passait dans le vase ajouté à l'appareil , et destiné à la dessiccation du gaz aqueux, pour se dépouiller de l'eau formée qu'il aurait pu entraîner, et dont il ne se perdait par conséquent aucune trace« L'eau formée était saturée d'air atmosphérique , et ainsi pesé« En calculant, d'après ce poids, la composition de l'eau (la quantité d'oxygène étant connue par la perte qu'avait éprouvée l'oxyde cuivrique ), on ajoutait le poids de l'air contenu dans l'eau à celui de l'hydrogène, qui se trouvait ainsi plus élevé qu'il ne l'était réellement^ et cela en raison du poids de l'air absorbé par l'eau« Quelque faible qu'ait été cet excès , il était toujours assez grand pour qu'il ne dût pas être négligé dans des expériences d'une si extrême précision. Cette source d'erreur dans la pesée était évitée dans mes expériences et celles de Z>tthng^ parce que l'eau formée était immédiatement absorbée par le chlorure calcique. Dans tous les cas, si nous avons tellement approché du poids atomique véritable de l'hydrogène, qu'on peut l'admettre indifféremment = 6,^4 ou = 6,^9 , ceci est sans importance dans l'application , tant qu'on se sert tonjours d'un même nombre« Telle est la circonstance qui fait que je n'ai pas de raison pour changer l'ancien poids atomique, 6,a4, et l'équivalent, 12,48.

3. Nitrogene. D'après les poids spécifiques de l'oxygène et du nitrogène, trouvés par Dulong et moi, nous avons calculé le poids atomique du nitrogène = 88,5 18, et son équivalent = i77,o36. Si on le calcule d'après les poids spécifiques déterminés plus tard par Dunias et Boussingault^ on le trouve = 175,816 {^voir tome I, p. i6a ), ce que Dunuu exprima, en nombres ronds, par I a,5 + 14 = 175,0.

Marlgnac essaya ensuite de déduire le poids atomique du nitrogène , des analyses du nitrate argentique et du chlorure ammo*

DiTERMIBTATION DES POIDS ATOMIQUES. 617

DÎque. Ces analyses sont du nombre de ces expériences modèles dont je viens de faire mention (page 5i i ). La première série avait pour but de déterminer combien on obtient de nitrate argentique neutre anhydre avec un poids donné d argent. A cet etfet , l'argent était d*abord dissous , en évitant avec le plus grand soin toute perte qu'aurait pu entraîner le dégagement du gaz; puis le sel ainsi produit était desséché, fondu et maintenu quelque temps à son point de fusion, afin d'éloigner l'humidité et tout excès d'acide; enfin, il était pesé« Voici les résultats de ces expériences :

Poid« de Targent dissous ,

Poids da sel argentiqae

Poids atomiqne calculé du

obtena.

nitrat« argentiqae.

zo8,6o8

ftE94>8o4a9

ftza4t37753

ftX24,8o64z,

AOOyOOO

D'après cela, la moyenne du nitrate argentique est ai24}68i35» Déduction faite de i atome d'argent et de 6 atomes d'oxygène , il reste pour l'équivalent du nitrogène i75,oai35»

La seconde série d'expériences avait pour but de déterminer les quantités relatives de nitrate argentique et de chlorure potassique, qui se détruisent réciproquement, et de calculer, d'après le poids atomique du chlorure potassique, celui du nitrate argentique.

Poids

Poids

Poids atomique

du cLlorure potassique.

du nitrate argentique.

du nitrate argentique.

x4,xio

Parmi ces expériences | les trois premières donnent un poids

0 1 8 DSTBBlf IN ATION D£B POIDS ATOVIQOÈ8*

atomique plus élevé que la sérié précédente. Ced est dÂ, fiuitant Marignac^ à ce que le sel argentique, employé dans ces expériences, n'avait pas été cristallisé de nouveau, ce qui avait eu lieu pour les trois dernières. La moyenne des six expériences donne, pour le poids atomique du sel, 2135,37881; d« là se déduit réquivalent du nitrogène= 175,71881. Mais il n*est guère rigou* reux de faire entrer en ligne de compte les trois premières expériences, car le sel, qui n'avait pas été soumis à une nouvelle cristallisation, devait évidemment renfermer un excès d*acide nitrique. La moyenne des trois dernières expériences donne alors, pour le poids atomique du sel argentique, 2124,697441 ^^ là réquivalent du nitrogène = 175,03744*

La troisième série d'expériences avait pour but de détemiiner l'équivalent du chlorure ammonique^ qui donne celui du nitrogène, déduction faite de i équivalent de chlore et de 4 équivalents d'hydrogène. A cet effet, on fit dissoudre un poids donn^ d'argent , et on détermina la quantité de chlorure ammonique nécessaire pour préci|>iter exactement l'argent.

Poids

Poids

É4|uiTiileirt

de Fargent.

du chlorare ammoniqne.

da chlorure tnunottiq

668,ai8ra

668,37oa4

5,1 ad

6SS,30Sa3

e6S,6aooo

668,59oaa

Les trois premières expériences s'accordent de très-près entrt elles. La moyenne donne l'équivalent du chlorure ammonique =^ 668, 3i886, et l'équivalent du nitrogène =*: 175,12086. Les der» nières donnent un nombre plus élevé. La moyenne des sept expériences est, pour le chlorure ammonique, 668,38756, et poi<f l'oxygène 175,18956.

Si Ion élimine, dans le calcul, les expériences qui donnent le» résultats les plus divergents, savoir, les trois premières dêîa* première série, et les quatre dernières de la troisième série, oftt^^P^^

BlÉTfeà#l*ÀTlbpr DEä i>OIDS ATOMIQUE^. 5ig

la |)fCThièrè série , rëqliifalènt dû i)îiro^èïie=^l;;5,o!îi88, pat Id deuxième série, = 175,03744, et par Id troisièndlë; ±±: 175^13086^ de là, pour Tëquivalent, la moyenne = 175,06, et, pour le poids de latötiie, ;= 87,53. Ces nombres dht été adoptés dans le« tables.

4. Soüß-e. Le poids atomique du soufré fut déterminé par ftidr en 1817. A cet etTet, je fis dissoudre un poids donné de pionib métallique dans de Tacide nitrique, additionné d'acide sulfurique; je calcinai le prpduit jusqu'à siccité dans un creuset de platine^ et je le chauffai au-dessus d*ntie simple lampe à alcool , jusqu ai ce que tout excès d'acide fût évaporé^ puis je pesai le sulfatd plombiqtie calciné. Son poids atontique fut déterminé d après celui du plomb, et, déduction faite de i atome de plomb et dé 4 atomes d*oxygène, il restait le poids atomique du soufre. TiJVais fait plusieurs expériences , parmi lesquelles je choisis celle qui , pouif 10 grammes de plomb, donna i4}644 ^^ sulfate plomt>iquè; de là le poids atomique dit souftvrr: âoi,r65. D*Mtrèé etpërieiK-es plus anciennes confirmaient ce résultat; aihsri, j'atâi^ trouvé que 100 parties d'argent se combinent avec 14,9 partie» de sodfre^ ce qui donne le poids atomique dû soufre =fî: âol, 10; et la coin-* paraison établie entre les quantités de chlorure argefitic^ue et d% sulfate barytique, résultant dun poids donné de etftOMfre barytique, donna aoi,38.

Depuis que c'était en quelque sotte dëvetlti une mode de ramener les poids atomiques des corps simples à des Atultiples, en nombres ronds, de t2,5, Erdmann et Marchand cherchèrent i montrer que le poids atomique du soufre esl = 2öo^. A cet effet, ils dtialysèrent le cinabre par la distillsrtiôn sèche avec de k pla<nurè de cuivre, et ils obtiiirent, dans quatre expériences , en èniN ployant 100 parties de sulfure mercurique, de 86,205 à 86,222 .parties de mercure ; de là le poids atomique du soufre (calculé d'après le poids atomique qu'ils' avaient trouvé pour le mercure )| au minimuiù= 199,85, et au maiximum= 200,i4* Us ont objecté contre ma méthode, indiquée ci-dessus, que le sulfate plombique, soumis à la chaleur rouge, perd de FacîJe sulfurique, et donne ainsi des résultats inexacts. Mais l'un n*est pas une conséquence de l'autre. Le sulfate plumbique supporte parfaitement la chaleut qui expulse lexcès d'acide sulfdrique, et ce n'est qua une forte chaleur rouge qu'il commeuce à se décomposer« Enfin f si ceitd

5aO DliTERM llTATIOir DES POIDS ATOMIQUES.

erreur ^tait commise, le poids atomique de soufre serait évalué, non pas trop haut, mais trop bas*

Getle incertitude, relativement à un nombre aussi important que celui du soufre, me détermina à soumettre mes anciennes expériences à une révision, en faisant usage d'une petite correc* tion qui a été depuis introduite dans le poids atomique du plomb. ( Voir le poids atomique du plomb.)

xo grammes de plomb nat donné, •nUateplonbiqiie,

Poids atomiqae d« sulfate ploaîbiqae.

Poids atomique da soufre.

i4«SU

aox,a35

La quatrième expérience, qui donne un nombre trop élevé, probablement parce que la calcination n'avait pas été assez longtemps continuée pour chasser Tacide sulfurique libre, ne doit pas être prise en considération. La moyenne des trois premières expériences est 200,8017.

Pour approcher, autant que possible, du nombre exact, je dé* composai (après que j'eus connaissance du résultat d'Erdmann et Marchand) le chlorure argentique anhydre par du gaz sulfide hydrique sec, à une température élevée, mais insuffisante pour fondre le chlorure argentique; lorsqu'à la fin il ne changeait plus de poids, il fut pesé. Le poids atomique du sulfure argentique fut calculé d*après celui du chlorure argentique, et le poids atomique du soufre fut obtenu en déduisant le poids atomique de l'argent de celui du sulfure argentique.

Chlorure argentique

employé y

en grammes.

Poids

du sulfure argentique

obtenu.

Poids atomique

du

sulfure argentique.

Poids atomique du soufre.

1 ia,9ȕ5

5,715 7,983a5 8,80075 iT,a4o5

1 550,760 i55o,388 z55o,3oo x55o,4io

aoi,io !ioo,7a8 200,640 aoo,75o

DKrERMIlTATION DES POIDS ATOMIQUES. 5a I

La moyenne des poids atomiques du soufre est 200,706, et la moyenne des deux séries d'expériences aoo, 7$^ ce qui s'accorde aussi arec le résultat de la dernière expérience de la seconde série. C'est ce nombre que j'ai inscrit dans les tables des poids atomiques.

5. Phosphore. Le moyen employé à déterminer le poids atomique de ce corps consistait à trouver la quantité d'or que donne, par voie de réduction , un poids connu de phosphore dans une solution de chlorure aurique en faible excès , puis à trouver de même la quantité d'argent que donne le phosphore dans une solution de sulfate argenûque en excès. Dans les deux cas, le métal précipité était bouilli dans l'excès de la dissolution saline. Le sulfate argentique non dissous était enlevé par lammoniaque caustique. Comme i équivalent de phosphore se combine avec 5 équivalents d'oxygène, il est clair que 1 équivalent de phosphore réduit 1 1 équivalents d'or et 5 atomes d'argent. Voici les résultats des expériences :

Poids du phosphore.

Poids du métal rédalt.

Équiralent do phosphore.

Gramm.

Gramm.

8,714 or.

13,98 argent.

En raison de l'incertitude du poids atomique de l'or, on préféra les résultats obtenus avec l'argent à ceux obtenus avec l'or, et on en tira l'équivalent du phosphore = 392,041, et son poids atomique = 196,0 a.

6. Chlore, Dans mes premières expériences pour déterminer le poids atomique du chlore, je rencontrai d'abord la difficulté d'avoir un terme de comparaison avec le poids atomique de l'oxygène, car on ne connaissait pas de composé de chlore avec l'oxygène qui y îtil applicable. Je ne pouvais pas non plus me servir, pour cela, de la composition du chlorure argentique, puisque le poids atomique de l'argent n'était pas connu. Je partis alors des données suivantes : Le chlorate potassique se compose de i atome de potassium, de 21 atomes de chlore et de 6 atomes d'oxygène; les deux derniers corps s'en vont par la calcination, en laissant i atonie de chlorure potassique, dont on peut ainsi calculer le poids atomique.

S^a intTEitRmATioir dbs poids atomiqcù;

Eh précipitant le chlorure potassique par le nitrate «rgentique, et déterminant exactement les quantités de chlorure potassique et de chlorure argentiqiie, on a le poids atomique du chlorure argentique. En cherchant ensuite à savoir combien on obtient de chlorure argen tique avec un poids donné d*argent, on trouve tout à la fois les poids atomiques du chlore, de Targent et du potassium. Mais cette méthode est défectueuse, parce que tout y dépend de l'exactitude avec laquelle on détermine Foxygène du chlorate potassique. Je ne m*arréterai pas longtemps à mes expériences, qui (bien qu à l'époque où elles étaient faites elles fassent d*une exactitude iiréprochable) sont dépassées par celles de Marignae. Voici quels en étaient, en somme, les résultats : ioo parties de chlorate potassique donnèrent 39,i5 parties d*oxygène; lOo parties de chlorure potassique donnèrent ig3,4 parties de chlorure aigentique, et loo parties d'argent donnèrent i3i,75 parties de chlorure argentique. De là, on tira le poids atomique du chlorure potassique =g32,567; celui du chlorure argentîque=: i794j37i ; Téquivalenl du chlore = 44^,654; le poids atomique de rargent=: 1 35 1,607^ et celui du potassium = 489,916. Ces nombres formaient la base de nos déterminations.

Depuis que Dumas avait ressuscité Tidée que tous les poids atotniques sont des multiples de ia,5, on essaya, de différents côtés, de mettre aussi le poids atomique du chlore en accord avec elle« Martgnac^ dans les essais qu'il avait le premier eiitrepriâ ^ûf un autre plan, crut avoir trouvé Téquivalent du chlore =: ia,5 X 36 = éi^o^. Mais ce nombre fut contesté par Laurent^ qui démontra, par des expériences, qu il ne pouvait pas être si élevé, et qu'il ne devait pas beaucoup s'écarter de celui qui avait été jusqu'alors admis. Gomme Marignac lui-même ne paraissait pas bien convaincu de l'exactitude de ce résultat, il résolut de répéter ses recherches d après la méthode que j'avais suivie. Dans ces expériences, qu'il exécuta de la même manière que moi, il trouva le poids atomique du chlorure potassique = 93a, 1 365, celui du chlorure argentique = 1792,828, celui de Tarrgent i35o,63, celui du potassium = 489,954, et l'équivalent du chlore = 442,198, résultats qui s'éloignent peu des nombres que j'avais trouvés. Pelouse ayant rappelé qu'on pourrait contrôler ces nombres en pesant des atomes égaux de chlorure potassique et dargent, eu dissolvant l'aident par l'aciile nitrique et précipitant la UifiMiir par k chlo-

r\\te pomisique, et que, d*ils ëtaîent parfÂietnent etdcts, Il ne resterait pas de trace de chlore ni d'argent danâ Itf dissolution, Ma^ rtgnae établit ee contrôle, et il trouva que ces nombres n'étaient pas encore parfiiitement exacts. C'est ce qui lé détermina à entreprendre une nouvelle série d'expériences^ en employant la méthode de Gof^'LussaCy le dosage de l'argent par ht vole humide : la précipitation, en dernier lieu^ se fait par une dissolution étendue d'une quantité et d'un volume connus, en ayant soin de saisir le moment précis où il ne faut plus rien ajouter; on parvient ainsi, par 1« mèeuré du volume, à déterminer des quantités ft petites qu elles île sont pas sensibles à là balance. Par l'application de cette méthode^ Marignac obtint un degré de précision que personne avant lui n'avait encore atteint. Les tables qm suivent en rertferment les résultats spéciaux.

Résultats des expériences portant su^ la cotnposition du cbieirate potasrique :

Poids, en grammes, aa colora te

PuiwS w0 roxy^^vBV

OAjfgèUS

Poids «.tomiaue du

poUatkiu« employé.

dégagé.

en centièmes.

chlorwe poUTMiqne.

k^fi^o

a4,9aa

La moyenne de ces expériences est pour l'oxygène, en centièmes, en 39,161, qui est le résuhat immédiat des deux dernières expériences, et donne le poids atomiqne du chlorure potassique = 9Ïa,i365. Le poids atomique le plus bas est 93i,8a4, et le plus étevé g3a,385. C'est entre ces dent que doit se trouver le nombre nbsoiumefit exact. II est probable que la moyenne en appreiche autant que possible. Les expériences pour y arriver seraient irèsfsrcilfs, s'il ne fallait pas employer les plus grandes précautions pour etUpêcher, pendant la décomj^osition du sel, le gaz oxygène d'erftraîner, sotis forme d*une pous9fère très-fine, iine partie du set nàn décomposé; il fallait donkï trotiver le moyew de le retenir de manière à le décomposer k \u chsfleur rougf , et c'est à quoi Ma>-

5a4 uÈmxtHÉLTîov des poids atomiques/

rignac est arrive par une disposition convenable de Tappareil.

Peloujê^ qui s'était également occupé de la composition du chlorate potassique, trouva, dans une de ses expériences, la moyenne de lUarîgnac; dans les autres, il trouva un nombre un peu moins fort. Dans mes expériences, je voulais obvier à Tinconvenient signalé, en chauffant le sel dans le gaz hydrogène ; mais je trouvai que celui-ci n*y agissait qu'au-dessus de la température à laquelle a lieu le dégagement de Toxygène. Je faisais donc passer le gaz oxygène à travers un diaphragme de papier à filtre; mais comme le sel non décomposé, qui restait dans le papier, retenait son oxygène, je ne parvenais, dans mes expériences, à évaluer l'oxygène qu'à 39,1 5»

On détermina ensuite combien il faut de chlorure potassique pour précipiter un poids donné d'argent, dissous dans l'acide nitrique; dans ce cas, le poids du chlorure potassique est à celui de l'argent comme le poids atomique du premier est à celui du second.

Poids, en grammet, du chlorure poUssiqne.

Poids de l'ergent

Poids atomiqae de l'argent.

3,a6!i6 i5,oot i5,oa8 i5,x3x i5,ai6 i7,35o

ai,7t5

»1,909 aayo3a

a5,xaa

1349,057«« i349,69ia3

Cinq de ces expériences s'accordent jusqu'à la première décimale. La deuxième en diffère de o,3, et montre qu'il s'y est glissé une erreur d'observation qu'on pouvait éviter dans les cinq autres expériences; elle ne doit donc en rien altérer le résultat obtenu, qui donne en moyenne, pour le poids atomique de l'argent, le nombre 1 349,66^58.

Après cela, le poids atomique de l'argent était déterminé en précipitant un poids donné de chlorure potassique par du nitrate argentique, et évaluant le poids du chlorure argentique obtenu d'après le poids du chlorure potassique; d'où il était facile de calculer le poids atomique du chlorure argentique.

D^EAMIITATIOV OBS K>II>8 ATOMIQÜKS.

Cblonire potassiqne employé.

Chlorare argentique obtenu.

Poids atomicpie du cblomre argentiqae.

i4,4«7 i5,oa8

a7»749 a8,9xo

a9,xoa

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