Sels de plomb
Le plomb ne forme qu'une série de sels, parmi lesquels ceux qui se dissolvent dans Teau sont incolores et d'une saveur sucrée, astringente. Leurs dissolutions sont précipitées en blanc par les sulfates et le cyanure ferroso-polassique, et en noir par le gaz sulfide hydrique et les sulfhydrates. Les sels de plomb sont en général très-sensibles à la réaction du gaz sulfide hydrique, ainsi que nous l'avons déjà dit dans le tome I, p. 809. L'étain et le zinc précipitent le plomb à l'état métallique de ses dissolutions.
A. Sels lialoïdes de plomb.
Chlorure plombique^ Pb €1. L'acide chlorhydrique bouillant dis- J sout le plomb d'une manière lente , et avec dégagement de gaz hydrogène. Du moment où la liqueur est saturée de chlorure plombique, la dissolution cesse. Le chlorure plombique dissous cristal-
CHtOBURE PLOMBIQÜE. 69
lise par le refroidissement. Après quoi Teau mère a de nouveau la propriété d attaquer le plomb à la température de rébuUition.Ce sel s'obtient aussi en versant de l'acide chlorhydrique sur de l'oxyde plombique; on le fait bouillir avec de Teau qui le dissout pour le déposer en cristaux par le refroidissement. On le prépare encore en versant une dissolution de sel marin dans la dissolution dun sel plombique ; il se dépose alors sous la forme d'une masse caséeuse, composée de cristaux microscopiques. -— liOrsqu'on dissout I partie de nitrate plombique dans 4 parties d'eau, et qu'on verse la solution dans un cylindre de verre , de manière que la colonne du liquide soit plus haute que large ; ensuite, lorsqu'on introduit sur le fond du verre un morceau suffisamment gros de sel ammoniac sublimé compacte, il commence, suivant B'àttger^ à se former des arborisations qui partent du sel ammoniac, de manière que le tout prend en peu de temps laspect d'un buisson blanc, et assez solide pour être retiré sans casser. Ces arborisations consistent en chlorure plombique qui , par la force capillaire, pompe la solution de sel ammoniac, entre les parties les plus déliées; Faction continue ainsi, à mesure que le sel ammoniac précipite le chlorure plombique, à peu près comme il arrive pour la formation de l'arbre de mars, au moyen du silicate ferreux (/^. t. III, p. 679). — Pendant le refroidissement de la dissolution aqueuse, le chlorure plombique cristallise en aiguilles déliées et aplaties , qui sont exemptes d'eau. D'après Bischofs il exige, à la température ordinaire, i35 parties d'eau pour se dissoudre; mais il est beaucoup plus soluble dans l'eau bouillante. L'acide chlorhydrique et plusieurs sels, principalement le chlorure calcique, diminuent sa solubilité dans l'eau , et opèrent un précipité dans sa dissolution concentrée. liest insoluble dans l'alcool; mais si celui-ci contient plus de 34 pour 100 d'eau, il s'y dissout d'autant plus abondamment que l'alcool est plus dilué. — Bien que l'acide chlorhydrique diminue considérablement la soluhilitédu chlorure plombique dans l'eau, ce dernier se dissout cependant en assez grande quantité dans l'acide chlorhydrique concentré, d'où il est en grande partie précipité par la dilution dans l'eau. Le plomb dissous dans l'acide chlorhydrique concentré ne peut pas, suivant Wackenroder ^ être précipité par le sulfide hydrique ; mais, quand on ajoute de l'eau à la liqueur saturée de sulfide hydrique , le sulfure plombique se précipite, et le sulfide hydrique se décompose. Le sulfure plombi-
^O CHLORUBE PLOHBIQÜE BIBASIQÜE.
que se dissout dans l'acide chlorhyrique concentré bouillant , STec dégagement de gaz sulfide hydrique. ^- Le chlorure plombique esttrès*fusibleet peut être sublimé à une température plus élevée. Après s*éure solidifié, il forme une masse incolore, translucide, alno^ phe et fendillée, à laquelle les anciens chimistes ont donné lenom deplomb corné* Son poids spécifique est 5,8. Quand on le chauffe k lair libre, il répand des fumées épaisses, se vaporise en partie et laisse un résidu jaune, qui contient de l'oxyde plombique. Le composé plombique est réduit par la calcination dans un courant de gas oxyde carbonique , et on obtient, d'après (raie/', del'acichloride carbonique gazeux, =Ch-C€1\
D'après Faraday , le chlorure plombique n'absorbe pas le gaz ammoniac. D'après H* Rose^ loo parties de chlorure plombique condensent, au contraire, 9,3 1 parties, ce qui correspondrait à 4Pb Gi + 3NH' , mais indiquerait une saturation incomplète par le gaz. Le chlorure plombique se réduit par là en poudre.
Le chlorure plombique se combine en plusieurs proportions aTeo l'oxyde plombique , d'où résultent des sels basiques dans lesquels l'oxyde plombique contient deux , trois et sept fois autant de plomb que le chlorure. Gomme , d'ailleurs, le chlorure et l'oxyde plombique sont l'un et l'autre fusibles, on peut, parla fusion, combiner le chlorure plombique en toutes proportions avec la base.
Chloruré monohasiquê^ Pb^l + Pb. Il se forme, suivant i^f^»des , en faisant digérer le chlorure plombique avec une solution concentrée d'acétate plombique; l'acide acétique, qui devient ainsi libre dans la liquetu*, empêche que le chlorure plombique n'absorbe une plus grande quantité de la base. Le même soiissel se produit lorsqu'on verse goutte à goutte une solution de chlorure sodique dans une solution d'acétate plombique neutre. Il reo* ferme, pour a atomes, i atome d'eau ^ de manière à être composé de a atomes de chlorure plombique et i atome d'hydrate plombique ordinaire, Pb* H = aPb €1 H- Pb»H. Il jaunit par l'expulsion de l'eau par la chaleur. Fondu , il est jaune foncé , mais il se solidifie, par le refroidissement, en une masse blanche presque cristalline.
Chlorure plombique bibasique , Pb €^1 + aPb. On trouve ce sel sous forme d'un minéral cristallisé , incolore, près de Mendipp dans le Sommersetshire en Angleterre. Il est très-fusible et se dissout facilement dans les acides«
SULFOOHLOBURE PLOMBIQUE. 7I
Chlorure plombiqut tribasique^ Pb€l + 3Pb. On l'obtient en diisolrant !• sel neutre dans Teau bouillante et le précipitant par ranioioniaque caustique. C'est une poudre blanche, insoluble^ qui se forme toujours quand on mêle des soussels plombiques avec des liquides contenant des chlorures métalliques. Il contient 7 pour cent ou 4 atomes d eau, qu'il abandonne à la chaleur rouge en pre* nant une couleur jaune pâle. Au rouge vif ^ il se fond en une masse jaune pâle.
Chlorure plombique surbasique y PbOl+^Pb. On l'obtietit en faisant fondre, a laide de la chaleur, uti mélange de dix partiei d'oxjde plombique pur et d'une de sel ammoniac pur. Le chlore se combine avec le plomb , le chlorure plombique avec l'oxyde | et l'hydrogène de l'ammoniaque décomposée réduit une portion de l'oxyde plombique à l'état de plomb, qui se dépose au fond. La masse fondue, étant refroidie lentement, forme des cristaux eu« biques. La masse solidifiée a une texture lamelleuse, cristalline, et quand on s'est servi d'oxyde plombique pur , elle présente une couleur jaune très-riche, qui est employée en peinture et connue dans le commerce sous le nom de Jaune de CaeseL Ce composé a été découvert par Turner , qui l'obtint en faisant digérer l'oxyde plombique avec la moitié de son poids de sel marin , réduit en bouillie avec de l'eau. Dans cette opération, l'oxyde plombique se gonfle en une poudre blanche , et une partie de la soude passe à l'état caustique. On décante la liqueur alcaline, qui contient en dissolution un peu de plomb; on lave le sel basique, on le sèche et on le fait fondre. Il perd, par la fusion , son eau combinée , et devient jaune. Selon Fauquelin , il suffit , pour obtenir ce composé , d'employer une partie de sel marin sur sept parties d'oxyde plombique* L'acide nitrique dissout la base en excès, et transformé le soussel en sel neutre. La potasse caustique le dissout sans résidu.
Suif ochlorure plombique ^ PbA-h3J^b. On Tobtient en faisant arriver une très-petite quantité de sulfide hydrique dans uiie solution étendue et acide de chlorure plombique , ou en faisant digé- 1^ un précipité récent et encore humide de sulfure plombique ftTeo une solution de chlorure plombique en excès. Le compoâé est jaune ou quelquefois rouge; la dernière couleur tient peut«* être à un degré de sulfuration plus élevé du plomb , produit par la décomposition du sulfide hydrique, au moyen de l'oxygène, dtns la liqueur. Il se colore donc très«facilement en tûuge ^
71 SOÜSSELS DOUBLES.
lorsque la liqueur où il se forme contient de Tacide nitrique ou un nitrate. Ce mode de combinaison fut d'abord découvert par Hünefeld. Pendant la précipitation de liquides à Taide d un faible courant de sulfide hjdrique, it arrive très-souvent, surtout lorsque ces liquides renferment du plomb et de Tacide chlorhydrique , que le composé en question se forme dès le commencement; mais celui-ci finit par se décomposer, lorsque la liqueur commence à se charger de sulfide hydrique, parce que le chlorure piombique se change en sulfure plombique. Il se décompose par Tébuliition dans Teau : le chlorure plombique s'y dissout, et il reste du sulfure plombique noir. L*acide chlorhydrique concentré le dissout avec dégagement de sulfide hydrique.
Soussels doubles Jormés par la combinaison du chlorure plombi" que açee d* autres chlorures. Becquerel a produit plusieurs sels de cette espèce par une action hydroélectrique faible , mais prolongée. Voici de quelle manière on fait ces expériences : après avoir courbé un tube en verre d'un demi-pouce de diamètre à la manière d'un siphon, on remplit la courbure avec de l'argile bien lavée et humide, pour intercepter toute communication entre les deux branches. Ensuite on verse dans l'une des branches une dissolution de nitrate plombique, et dans l'autre une dissolution concentrée de chlorure potassique , sodique , ammonique, barytique, strontique , calcique ou magnésique ; on prend une languette de cuivre recourbée de manière que ses deux extrémités puissent être introduites dans les branches respectives, le plus près possible de Targile, sans la toucher; on la fixe dans cette position, et on bouche les ouvertures pour empêcher l'évaporation. Peu à peu il se dépose de petits cristaux tétraédriques à l'extrémité de la languette qui plonge dans le chlorure du radical alcalisable; et au bout de huit mois environ , ces cristaux ont atteint une hauteur d'un à deux millimètres. Plus ils se forment lentement, plus leurs angles et leurs arêtes offrent de parties tronquées , comme si la force qui les produit n'avait pas assez d'énergie pour achever la cristallisation. Ces sels ont tous la même forme. Lorsqu'on les traite par 1 eau, celle-ci extrait le chlorure alcalin et laisse du chlorure plombique tribasique à l'état pulvérulent.
Bromure plombique^ PbBr. Il se dissout difficilement dans l'eau, et se précipite, quand on le prépare par double décomposition, sous forme d'une poudre blanche* cristalline. Exposé à l'action
8UR-10DURB PLOMBIQÜE. 78
de la chaleur,* il se fond en un liquide rouge, qui prend, en se solidifiant , une belle couleur jaune-citron. Son poids spécifique est = 6,63. Le bromure plombique se dissout, en petite quantité, dans Teau bouillante, où il cristallise, par le refroidissement, sous forme de petites aiguilles blanches.
Bromure monoplombique^ Pb Br + Pb. C'est une poudre blanche, insoluble dans Teau, qui s'obtient à peu près comme le souschlorure plombique. Il contient i atome d'eau et a atomes de sel. Chauffé, le sel perd son eau ; il devient rouge, et jaunit par le refroidissement.
Le bromure plombique n'absorbe pas de gaz ammoniac.
lodure plombiqucy Pbl. Il forme une poudre d'un beau jaune citron, qui est peu soluble dans l'eau. Sa dissolution est incolore. D'après Denot^ il exige 194 parties d'eau bouillante, et ia35 parties d'eau à la température ordinaire, pour se dissoudre. Par le refroidissement de la liqueur bouillante, il se sépare en écailles hexagones, éclatantes et d'un jaune d'or; après la dessiccation il conserve le mêm^ éclat et la même couleur. Il est soluble dans la potasse caustique.
Sur^iodure plombique^ Pbl + HI. On l'obtient, selon Las saigne^ en dissolvant de l'iodure plombique dans de l'acide iodhydrique étendu chaud : il cristallise, par le refroidissement, en aiguilles blanches, réunies en groupes concentriques. Par l'application de la chaleur, l'acide iodhydrique s'en va, pendant qu^il reste de l'iodure plombiqjue. A l'air, l'acide s'en dégage peu à peu par levaporation. L'eau en enlève l'acide et laisse de Fiodure plombique.
Sous-iodure plombique. D^/io^ n'a pas trouvé moins de trois combinaisons basiques d'iodure et d'oxyde plombiques. On obtient du Pb I + Pb en précipitant un mélange d'acétate et de sousacétate plombiques par Tiodure potassique, et en faisant bouillir le précipité avec de l'eau; celle-ci s'empare de l'iodure plombique neutre qui s'est produit en même temps, et laisse le sel basique. Le Pbl-jaPb se forme lorsqu'on précipite l'iodure potassique au moyen de l'acétate plombique ; enfin, on se procure lePbI-j-5Pb parla précipitation à l'aide de l'acétate plombique surbasique. Ces trois sels sont d'un jaune pâle, pulvérulents et insolubles dans Teau bouillante. Ils contiennent, pour chaque atome de sel, i atome d*eau qu'ils ne perdent pas au-dessous d'une température d'environ + aoo**. D'après Denoty il existerait aussi une combinaison bleue d'iode et de
74 lODURB GHI^R-ÀMMOiriCO-PLOMBIQUE.
plomb; mais cette combinaison n'a pas été examinée ultérieufement. Le moyen le plus sûr de le préparer consiste, d'après Jammes^ à Tarser une solution alcoolique d*iode sur de loxyde plombique, en même temps qu'on y ajoute quelques gouttes d acétate plombique; on fait ensuite digérer le mélange jusqu'à ce qu'il soit devenu bleu.
Lorsqu'on broie de Thydrate plombique avec le quart de son poids d'iode et un peu d'eau, il se produit, suivant Jammes^ un corps violet pâle ou rouge vineux faible, contenant de l'iode libre; on l'épuisé par de l'eau bouillante, jusqu'à ce que les vapeurs n'entraînent plus d'iode. 11 contient , selon le même chimiste, 83,8a pour cent d'oxyde plombique et i6,a3 pour cent d'iode« résultat qui se rapproche assez bien de 6 atomes d'oxyde plombique et i équivalent d'iode c=(PbI+aPb)+PbPb), ces^ à-dire d'une combinaison ou d'un mélange de i atome d'iodure bi plombique et de i atome de minium, cause de la couleur ronge qui disparaît à la chaleur rouge avec dégagement d'un peu d'oxygène; après quoi il reste Pbl+ 5Pb.
lodure plombique ammoniacal^ PM + NH*. On Tobtient en sa* turant , ce qui se fait très-lentement, par du gaz ammoniac, l'io*dure plombique très-divisé, ou, mieux encore, en laissant l'iodure plombique mélangé avec de l'ammoniaque caustique dans un flacon fermé. C'est une poudre blanche, qui perd son ammoniac i l'air, ainsi que par la chaleur, même dans le gaz ammoniac.
lodure plombico'potassique. On l'obtient, d'après Äott//ay jeune, dans deux proportions différentes. Lorsqu'on dissout deux atomes d'iodure plombique et i atome d'iodure potassique ensemble dans la même quantité d'eau bouillante, il se dépose, par le refroidissement, de grandes lamelles hexagonales, jaunes, brillantes, qui sont ==KI-h aPbl. Quand on dissout ce sel à chaud dans ude solution d'iodure potassique, il se dépose, par le refroidissement, des aiguilles blanches, d'un éclat soyeux, quelquefois jaunâtres, = aKI + Pbl. Ces sels s'obtiennent moins sûrement par voie de précipitation.
lodure chlor-ammonico'plombique y aPbI + 3NH*€l. On l'obtient, selon Foelckely en dissolvant un mélange d'iodure potassique et de sel ammoniac dans l'eau bouillante, et mêlant la solution avec l'acétate plombique, mais dont il ne faut pas employer un excès. Par le refroidissement, le sel double se dépose en petites aiguilles jaunes, d'un éclat soyeux. 11 se produit aussi , p»»
FLÜORURK ftILICO-FLOMBIQUX. 7$
]a (lüsolution d'iodure plonibique dans une solution bouillante de sel ammoniac. L'eau pure en enlève le sel ammoniac.
Fluorures plombiques. i* Fluorure neutre^ PbF. Il est très-peu soluble, et ne se dissout pas même dans de Teau contenant de Ta« dde fluorhydrique. Il forme une poudre blanche, non cristalline, qu'on obtient à l'état de pureté en précipitant l'acétate plom* bique par l'acide fluorhydrique ou en décomposant le carbonate plonibique par le même acide. Il se dissout dans les acides nitri* que et chlorhydrique, qui le décomposent quand on évapore la dissolution.
a^ Fluorure basique. On l'obtient en traitant le sel neutre par l'ammoniaque caustique^ ou en faisant fondre un fluorure avec de l'oxyde plombique. Il est beaucoup plus soluble que le sel neutre^ et a une saveur astringente. Exposée à l'air, la dissolution attire de 1 acide carbonique et dépose du carbonate plombique^ mêlé, ou peut-être combiné avec du fluorure plombique.
Chloroßuorure plombique ^ PbF + Pb€l. Ce sel double prend naissance quand on précipite une dissolution de chlorure plom* bique par du fluorure sodique^ ou qu'on mêle de Tacétate plombique avec une dissolution mixte de deux parties de fluorure sodique et de trois parties de sel marin. Le sel double est légèrement soluble dans l'eau; de là vient qu'en le lavant pendant longtemps, sa quantité diminue peu à peu ; mais dans ce cas le rapport entre ses deux parties constituantes ne change pas , comme il arrive au sel bary tique correspondant. 11 est soluble dans l'acide nitrique, et fond à une température élevée.
Fluorure borico-plombique, PbP + BF'. On obtient ce sel en ajoutant du carbonate plombique à de l'acide hydrofluoborique, jusqu'à ce qu'on voie paraître un précipité. La dissolution , évaporée jusqu'à consistance sirupeuse, dépose de longs cristaux prismatiques. Par l'évaporation spontanée, le sel cristallise avec une extrême le^teur en prismes ou en tables quadrilatères, qui ressemblent au sel barytique. Les cristaux ont une saveur douce, avec un arrière-goût acidulé et astringent. L'eau et l'alcool font subir à ce sel une décomposition partielle ; il se forme une dissolution acide, et il reste une poudre blanche.
Fluorure silicico-plombique ^ 3PbF-H aSiF\ Ce sel est très-soluble et se dessèche en une masse gommeuse qui se redissout corn*
^6 CYANURE ZINCOSO*PLOMBIQÜE.
plëtement; il a une saveur sucrée, comme les sels plombiques en général.
Fluorure titanico-plombique. Il se dissout facilement dans Teau, et se dépose, pendant levaporation , en petits cristaux incolores, qui ont une saveur acidulé, avec un arrière*goùt doux et astringent, et se dissolvent dans Teau sans résidu.
Cyanure plombique ^ Pb€y. 11 se précipite sous forme d'une poudre insoluble. Soumis à la distillation, il se décompose, donne du gaz hydrogène, et laisse du carbure de plomb , qui est pyrophorique quand il n*a pas été calciné trop fortement. Le cyanure plombique ne paraît pas former des cyanures doubles , comme le cyanure de fer; il se comporte, au contraire, comme les cyanures des métaux plus électropositifs, et se combine comme le cyanure potassique, avec les cyanures.de fer, de nickel, de cobalt, ^d*or, etc.
Cyanure ferroso^plombique^ aPbGy + FeGy. Il est d'un blanc jaunâtre, pulvérulent, insoluble dansTeau et exempt d'eau. Après la combustion , il laisse une combinaison très-fusible , qui réagit fortement à la manière des alcalis, et qui est formée d'un atome d'oxyde ferfique et de 2 atomes d'oxyde plombique. Le cyanure ferroso-plombique ne donne point de sel triple avec le cyanure ferroso-potassique, lors même qu'on emploie un excès de ce dernier sel pour opérer la précipitation. Mais si ce sel contient du cyanure ferroso-magnésique , celui-ci reste en combinaison avec le sel plombique précipité.
Cyanure ferricQ-plombique , 3Pb Gj -h Fe Cy.* Sel légèrement soluble dans l'eau et cristallisable , dont j'ai déjà fait mention à propos des combinaisons du cyanure ferrique.
Cyanure niccoloso -plombique j PbGy -|-Ni Gy. Il se dépose lentement sous la forme d'une poudre jaune el cristalline, lorsqu'on mêle la dissolution d'un sel plombique avec le cyanure niccolicopotassique, et qu'on laisse reposer le mélange.
Cyanure zincoso-plombique^ Pb€y-|-aZn €y. On le prépare, d'après Rammelsbergj en précipitant une solution d'acétate plombique par une solution de cyanure zinco-potassique. C'est un précipité blanc, qui se décompose par le lavage. Suivant Samselius^ ce précipité ne renferme pas de cyanure plombique, mais ce serait une combinaison de cyanure zincique avec l'oxyde plombique,=Zn€y -hPb ; ce dernier serait enlevé par l'acide acétique, en laissant le
BORONITRURE PLOMBIQUE. 77
cyanure zincique. Mais on ne comprend pas ce que serait devenu le cyanogène correspondant.
Mellanure plomb/que j PbC^N". On lobtient en précipitant une solution de nitrate plombique par une solution de mellanure potassique. Il se produit, suivant Gmelin, un précipité blanc , contenant 5 atomes d'eau. De 5 atomes, 3 atomes ou 11,226 s'en ▼ont à + 100^; le quatrième atome ou 1 4)968 se perd dans un bain de chlorure calcique ; mais le cinquième atome y reste avec opiniâtreté.
Bhodanure (suMocj^^nuTe) plombique j PbC'N*S'. Quand on mêle une dissolution d'acétate plombique avec une dissolution de rho* danure potassique, il ne se forme point immédiatement de précipité; après un certain laps de temps, on voit paraître dans la liqueur une foule de cristaux jaunes et brillants, dont le volume va en augmentant. Si les solutions sont étendues et mêlées à chaud, il se forme, parmi ces cristaux, quelques autres plus grands^ qui se font remarquer par un éclat extraordinaire et leur pouvoir réfringent. Ils sont à peine solubles dans Teau froide, perdent leur éclat par un lavage prolongé, et se décomposent quand on les traite par Teau bouillante, qui devient acide et laisse une poudre jaune tout à fait insoluble. Le rhodanure plombique ne contient point deau de oistallisation. Par l'application de la chaleur, il se dégage du soufre, du gaz nitrogène et du sulfide carbonique; il reste du sulfure plombique d'un éclat métallique. — On obtient un souS'-
rhodanure plombique y PbC*N*S* + Pb, sous forme d'un précipité blanc, caséeux, en traitant le sous-acétate plombique ou l'acétate neutre mêlé d'ammoniaque par le rhodanure potassique. — Ces données sont de Liebig, Autrefois on croyait, à ton , que le rhodanure plombique est soluble dans l'eau, et même déliquescent.
Boronitrure plombique (plomb éthogéné). On l'obtient, suivant Balmain , en faisant fondre , à la chaleur blanche , du cyanure plombique avec de l'acide borique anhydre dans un creuset couvert. Le composé est une poudre blanche qu'on lave avec de l'eau aiguisée d'acide chlorhydrique ; puis on le dessèche. Il partage les propriétés générales des autres boronitrures. (Comparer la note pag. X06 du tome III.)
78 SUIifATB PLOMBIQUE.
B. Oxysels de plomb.
• • •• Sulfate plomiiquej PbS. On ie rencontre à 1 etat criitallis^ dans
le règne minéral. Pour Tobtenir il suffit de verser de l'acide snU furique ou un sulfate dans la dissolution d'un sel plombique. C'est une poudre blanche, pesante, insoluble dans Teau. Cependant son insolubilité n'est pas complète, et les sels plorobiqnes, même mis en excès, ne précipitent jamais tout Tacide .sult'urique con* tenu dans une liqueur. Ce sel ne contient point d eau combinée. Il supporte sans altération la chaleur rouge. Le charbon le réduit à Tétat de sulfure. Suivant Berthier^ 100 parties de sulfate plombique, mêlé et fondu avec 68 parties de plomb métallique et o,3 parties de poudre de charbon , donnent de Toxyde plombique. 100 parties de ce sel, calciné avec 6 parties de charbon, donnent, d'après le même chimiste, 63 parties de plomb métallique. Avec une plus grande quantité de charbon, on obtient un mélange de plomb et de sulfure plombique, et avec une plus grande quantité encore de ce combustible, on n'obtient que du sulfure plombique. Suivant Affwêdson^ le sulfate plombique, calciné dans du gaz hy* drogène, donne de l'eau, du gaz acide sulfureux, et à la fin du gaz sulfide hydrique, en laissant un méhinge de plomb avec le sulfure plombique. L'acide sulfurique agit si peu comme dissol> vaut sur le plomb, qu'on peut faire bouillir le plomb avec cet acide concentré sans l'attaquer sensiblement; bien plus, il enlèfe à l'acide nitrique , en grande partie, son pouvoir dissolvant, lorsqu'on fait digérer le plomb métallique dans un mélange des deux acides un peu concentrés. Le sulfate plombique est insoluble dans un liquide contenant de l'acide sulfurique libre. U se dissout en quantité notable dans l'acide sulfurique concentré , et l'eau 1 en précipite de nouveau. L'acide sulfurique dit anglais, quia été cKMicenti^ dans des chaudières de plomb, renferme donc toujours de l'oxyde plombique en dissolution : aussi se troi&ble*fe-il par l'addition de l'eau : il se précipite du sul&te plombique. Il se dissout en assez grande quantité dans l'acide ohlorhydrique concentré, surtout à l'aide de la chaleur. La liqueur dépose, en se refroidissant, des cristaux de chlorure plombique. Il n'est dissous qu'en petite quantité par l'acide nitrique. D'après les essais de Bischofs I partie de sulfate plombique se dissout à la température
SULFATE AMMOIflACàL AVEC SULFATS PLOMBIQUE. 79
de + la** dans 17a parties d'acide nitrique d un poids spécifique deiy i44» dans gßg parties d'une dissolution de nitrate auimonique d un poids spécifique de i^ap, et dans 47 parties d*une dissolution d acétate ammonique d'un poids spécifique de i,o36. Cette faculté dissohante de lacétate ammonique peut devenir utile dans l'analyse, lorsqu'il s'agit de séparer le sulfate plombique d'autres corps précipités. WoehUr a remarqué que le tartrate ammonique dissout le sulfate plombique en assez grande quantité. Une dissolution très-concentrée se prend , au bout de quelque temps , en une épaisse gelée. Le sulfate plombique est décomposé^ à laide de l'ébuUition , par les sels alcalins dont les acides forment avec l'oxyde plombique des sels peu solubles : l'acide sulfurique s'unit à la base alcaline ; tel est le cas du carbonate^ de Toxalate et du Chromate potassique ; mais il est difficile et rare d'arriver à une décomposition complète. D'après les expériences de Berthier^ 2 parties de sulfate plombique et i partie de sulfate sodique se fondent, par l'action de la chaleur, en un liquide transparent, qui est opaque et non cristallin, après le refroidissement.
Sulfate plombo ' ammonique ^ NH*S + PbS. Ce sel, découvert par Woehler^ s'obtient le mieux en précipitant une solution médiocrement concentrée d'acétate plombique par l'acide sulfurique, et ajoutant plus d'acide qu'il n'en faut pour cela ; on neutralise aussitôt la liqueur par l'ammoniaque, et on la porte presque jusqu'à 1 ebutlition : le précipité se dissout ainsi. S'il reste quelque chose de non dissous, c'est qu'il n* j a pas assez de sulfate ammonique. Par le refroidissement, le sel double se dépose en petits cristaux translucides et brillants. S'il ne se dépose pas d'abord de cristaux y on pourra en obtenir en chauffant de nouveau la liqueur et ajoutant une plus grande quantité d'acide sulfurique , jusqua ce que le précipité commence à se manifester. Le sel double cristallise ensuite par le refroidissement. L'eau en retire 39,4 pour cent de sulfate ammonique et laisse 60,6 pour cent de
sulfate plombique^
Sëlfate ammomiacal apee sulfate plombique y 3NH^S-f-3PbS. C'est, suivant /ac^ié6/a</i, un sel double qu'on obtient en precij»*
tant une solution d'acétate plombique par une solution de suU
Hite anunoniacal, 3NH^S^ + S. C'est un précipité blanc qui ne t'alièra pas à l'air, et qui n'est pas décomposé par l'eau. Par la déeompositian de ce sel dans l'eau au moyen du sulfide hydrique,
So HTPOSULFITE PLOMBIQÜE.
il se produit du sulfure plombique et une liqueur acide qui, saturée par l'eau de baryte, donne le sel barytique cristallin, mentionné tome III, page 342; il suit de là que le sulfate ammoniacal n'a pas été, par ce traitement, converti en sel ammonique.
Sulfite plombique^ Pb S. Il est insoluble. Quand on le chauffe jusqu'au rouge, il se transforme en un mélange de sulfate plombique et de sulfure de plomb. L'acide nitrique concentré le convertit en sulfate plombique. L'acide chlorhydrique et l'acide sulfurique en dégagent de l'acide sulfureux.
Dithionate (hyposulfate)/7/omiiyMe, i^ Sel neutre^ PbS. Le meilleur moyen de l'obtenir est, d'après Heeren y de dissoudre du carbonate plombique dans l'acide diihionique. Pendant l'évaporation spontanée, le sel se dépose en grands cristaux qui sont inaltérables à Tair, se dissolvent facilement dans l'eau et contiennent i6,38 pour cent ou 4 atomes d'eau de cristallisation.
2° Soussel. Quand on mêle une dissolution du sel neutre avec une quantité d'ammoniaque insuffisante pour précipiter tout le plomb, on obtient un précipité qui est composé de petits cristaux confus, capillaires, et consiste, suivant Heeren^ en hyposulfaie bi-
plombique, Pb*S^. Lorsqu'on verse de l'ammoniaque sur ce précipité , il se transforme en une poudre fine , qui est un soussel différent du précédent. Ces deux sels sont solubles dans l'eau, mais le premier lest plus que le second; ils réagissent à la manière des alcalis, attirent l'acide carbonique de l'air, et contiennent de l'eau de cristallisation.
Dithionitê (hyposulfite) plombique^ PbÄ. On l'obtient, d'après Herschelf en versant goutte à goutte une dissolution d'un sel plombique dans une dissolution de dithionitê potassique. Le précipité se redissout d'abord, mais finit par devenir permanent. Le sel sec se présente sous la forme d'une poudre iarineuse, blanche, qui exige 3a66 parties d'eau pour se dissoudre. Chaufféjusqueprèsde+^oo^) il reste intact dans le vase distillatoire; et à une température plus élevée il devient gris ; chauffé à l'air, il brûle comme de l'amadou, même après avoir été retiré du feu. Soumis à la distillation sèche, il donne du gaz acide sulfureux, et se transforme en un mélange de sulfure de plomb avec une petite quantité de sulfate plombique. Le dithionitê plombique est soluble dans les dissolutions de dithionites; c'est pourquoi ceux-ci dissolvent plusieurs sels
DITHIOWITB PLOMBO-SODIQUE. 8l
plomb! qu es insolubles, poiirformer, avec eux, du dithionite plom- ' bique, pendant que l'acide du sel insoluble s'unit à l'alcali. La liqueur renferme alors du dithionite double à ba^e d'alcali et d'oxyde plombique; mais cette combinaison est si faible quelle est déjà décomposée par l'eau pure : il reste du dithionite plom-
bique non dissous.
Dithionite plombico-potassique ^ PbS+aKÄ. On l'obtient en agitant le dithionite plombique avec une solution médiocrement concentrée de dithionite potassique ; on chauffe en même temps doucement, mais non pas à la température de l'ébuUition, autrement il se formerait du sulfure plombique. On l'obtient encore en versant goutte à goutte de l'acétate plombique dans le dithionite potassique, jusqu'à ce que le précipité ne se redissoive plus. Si la liqueur est chaude, elle se prend, par le refroidissement, en une masse d'aiguilles fines d'un éclat soyeux, tellement serrées, que le tout ne présente pas d'aspect cristallin. Le dithionite plombopotassique contient deux atomes ou 4989 pour cent d'eau. En le redissolvant dans l'eau, on obtient un résidu insoluble de dithionite plombique sous forme d'aiguilles. Il se dissout sans décomposition dans une solution de dithionite potassique. Quand on verse dans la liqueur quelques gouttes d'acide sulfurique, il ne se précipite qu'au bout de quelque temps du sulfate plombique; car c est une propriété de tous les dithionites de n'être pas immédiatement précipités par les acides puissants; et dans le cas où cette précipitation a lieu , il se développe de l'acide dithioneux qui se décompose en un précipité de soufre et en acide sulfureux libre. Soumis à la distillation sèche, le sel se décompose , avec dégagement de soufre et d'acide sulfureux, en un mélange de sulfate potassique, de sulfure de potassium, de sulfure et de sulfate plombiques; l'eau enlevé les premiers, tandis qu'une partie de sulfate plombique se change, par le sulfure potassique, en sulfure plombique.
Dithionite plomticO'Sodique^VhS^ + aNaS. Le meilleur moyen de l'obtenir consiste à verser goutte à goutte une solution d'acétate plombique dans une solution concentrée de sel sodique , jusqu'à ce que le précipité cesse de se redissoudre. On filtre la liqueur et on la mêle avec de l'alcool qui précipite le sel double à l'état pulvérulent ; on le lave à lalcool et on le dessèche ; il est anhydre. Mais, dans cette opération , il est indispensable de con- IV. 6
8l NITRATE PLOMBIQÜE.
vertîr tout le dithionite soilique en sel double, avant radditîon de ralcool; car celui-ci précipiterait l'excès de sel sodique en même temps que le sel double. Il n'est guère altéré par l'eau, mais il se dissout dans le dithionite ainsi que dans l'acétate sodiques. Si on le laisse quelque temps dans la liqueur où il s'est déposé, il commence à former de petits cristaux.
Dithionite plombico-ammoniquejfhé^ 2NH*S. On l'obtient à peu près comme les sels précédents. Par l'évaporation spontanée (pen- . dant laquelle il se produit facilement un peu de sulfure plombique), il cristallise en prismes rhomboédriques , dont les angles sont tellement obtus, qu'ils s'élargissent en facettes et forment de grandes tables rectangulaires. Le sel renferme 3 atomes ou 6,03 pour cent d'eau de cristallisation. Il se dissout complètement dans l'eau; mais, au bout de quelques instants, une partie du sel plombique se dépose en paillettes cristallines.
Dithionite plombico-bary tique. On l'obtient en précipitant une solution de dithionite barytico-potassique par de l'acétate plombique. C'est une poudre lourde, insoluble.
Dithionite plombicO'Strontique. On le prépare en dissolvant le sel plombique dans une solution de sel stron tique; mais on ne peut pas l'obtenir cristallisé , et l'alcool le précipite sous forme d'un sirop épais.
Dithionite plombicO'calcique, On l'obtient directement par le mélange du dithionite plombique et du dithionite calcique. Quand on traite la liqueur par l'alcool, il se précipite en grains cristallins, qui renferment 4 atomes ou io,3i pour cent d'eau de cristallisation. L'eau le décompose partiellement.
Nitrates plombiques, a. Sel neutre yVh'^. On prépare ce sel en dissolvant le plomb dans l'acide nitrique, et évaporant la dissolution jusqu'au point de cristallisation. Il cristallise en octaèdres réguliers, qui sont tantôt transparents, tantôt blancs et opaques. Use dissout dans sept parties et demie d'eau froide, et dans une quantité d'eau bouillante bien moindre. Il est moins soluble dans de Teau aiguisée d'acide nitrique; on peut donc, en ajoutant de l'acide nitrique à une solution aqueuse saturée, précipiter une bonne partie du sel. Il est insoluble dans l'acide nitrique concentré, ainii que dans l'alcool. Ses cristaux décrépitent au feu. Il fond par la chaleur, et se décompose en gaz oxygène et en gaz acide nitreux; il reste à la fin de l'oxyde jaune.
JVITRATE SEXPLOMBIQtK. 83
i. Nitrate monoplombiqiie ^ Pb" 'N=(Pb N + Pb) (i). Ce sel se produit lorsqu on précipite incomplètement par lammoniaque caustique une dissolution de nitrate plombique. C'est une poudre blanche, très-peu soluble dans Veau, et ayant une saveur purement astringente. On peut obtenir le même sel en faisant bouillir une dissolution étendue de sel neutre avec de l'oxyde plombique en poudre fine. Pendant l'évaporation , il cristallise en écailles fines. Ce soussel est peu soluble dans l'eau froide^ mais se dissout mieux dans Teau bouillante. La dissolution, lentement évaporée, donne de petits grains cristallins et opaques, qui décrépitent avec une force extraordinaire quand on les chauffe. Ils ne contiennent point d'eau combinée.
Nitrate btplombique, Pb*N=(PbN + 2Pb). On l'obtient en précipitant le nitrate plombique par l'ammoniaque en très-léger excès , ou en versant du nitrate plombique dans la liqueur, pour enlever l'excès d'ammoniaque, de manière qu'après une courte digestion la liqueur ne répande plus d'edeur d'ammoniaque, mais produise encore des fumées par l'approche d'une tige de verre trempée dans de l'acide chlorhydrique. C'est une poudre blanche, qui se dissout en petite quantité dans l'eau pure, mais est précipitée de la dissolution par des sels qui n'altèrent pas sa composition. Chauffé, il abandonne 3 | pour cent de son poids d'eau et devient jaune, mais reprend sa couleur blanche en se refroidissant; à une légère chaleur rouge, il donne 83 pour cent d'oxyde plombique, qui est d*un jaune citron et pulvérulent. Ainsi loxyde plombique contient dans ce sel deux fois autant d'oxygène que l'eau, c'està-dire que deux atomes de sel sont combinés avec 3 atomes d'eau.
Nitrate pentaplomhique ^ Pb*N = (PbN+ 5Pb). Il se forme quand on fait digérer le nitrate plombique avec un excè^ d'ammoniaque caustique. Dans ce sel l'acide sature six fois autant de base que dans le sel neutre ; quelque grand que soit l'excès d'ammoniaque, la décomposition ne s'étend pas plus loin, et le sel se maintient à ce point de saturation. Il se présente sous forme d'une poudre d'un blanc de neige, presque insoluble, qui fait naître sur la langue un sentiment d'astringence. Soumis à la distilla-
(i) Voyez la note de la page 6.
84 NITRITE PLÔM1)IQU£.
tioD, il donne d* abord i,85 pour cent d'eau, devient jaune, et conserve cette couleur après le refroidissement; chauffé jusqu'au rouge j il laisse 90,8 pour cent d'oxyde plonibique d'une belle couleur jaune-citron. Dans ce sel, l'oxygène de l'eau est le quart de celui de la base, c'est-à-dire qu'ici a atomes de sel sont également combinés avec 3 atomes d'eau.
Nitrite plombique. On en connaît au moins trois degrés de saturation, dans lesquels les quantités de base sont, entre elles, comme les nombres i, a et 4« Quand on fait bouillir une dissolution de 100 parties de nitrate plombique avec 78 parties de plomb en feuilles minces , le plomb est dissous , et il se dégage une petite quantité de gaz oxyde nitrique. La dissolution du métal étant achevée, on a une liqueur jaune qui donne , en se refroidissant, des paillettes cristallines, brillantes, d'un jaune d'or, qui sont du nitrite monoplombique ^ combiné avec du nitrate monoplombique^
Pb'N + Pb"N+4ö. Ce sel réagit à la manière des alcalis, et se dissout difficilement dans leau froide ; la dissolution est trouble quand l'eau contient de l'air ou de l'acide carbonique. Les acides concentrés en dégagent de l'acide nitreux sous forme d'une vapeur épaisse d'un rouge foncé. A une température élevée, il se décompose , sans entrer en fusion , et donne de l'acide nitreux , soit en vapeurs, soit à l'état liquide, c'est-à-dire aqueux. Ce sel a été découvert par Proust y qui attribue sa formation à la réduction de l'oxyde plombique à un moindre degré d'oxydation. En dissolvant 100 parties de ce sel dans de Teau à +76^, et mêlant la dissolution avec 35 parties d'acide sulfurique concentré, préalablement étendu de 4 parties d'eau, la moitié de l'oxyde plombique est saturée par l'acide, et l'on obtient une dissolution
jaune foncée de nitrite plombique neutre combiné avec le nitrate^ • ••• . »••
PbN-h PbN. On peut aussi préparer ce sel en délayant le soussel, à rétat de poudre fine, dans de l'eau tiède, et faisant passer un courant de gaz acide carbonique à travers le mélange, jusqu'à ce que la base excédante soit saturée par l'acide carbonique. La dissolution jaune ainsi obtenue est évaporée dans le vide, au-dessus d'un vase contenant de l'acide sulfurique; le sel se dépose alors en cristaux d'un jaune foncé, dont la forme a beaucoup d'analogie avec celle du nitrate plombique. Ils contiennent 5 | pour cent ou 2 atomes d'eau. Ce sel est plus soluble que le nitrate; en
NITRITE TRIPLOMBIQUE. 85
évaporant la dissolution à l'air libre, Tacide absorbe de Toxygène, et il se forme du nitrate plombique. Lorsqu'on chauffe la dissolution au-dessus de +80^, elle donne, comme tous les nitrites y du gaz oxyde nitrique, et on obtient du sous-nitrate plombique. Chauffé dans une cornue, le sel sec se fond en un liquide brun, opaque, entre en ébullition et se décompose, mais se maindent longtemps à Tétat liquide ; il reste à la fin de loxyde plombique aggloméré. On n'a pas examiné le sel qu*on obtient en triturant le nitrate argen tique avec le chlorure plombique.
Nitrite triplombique ^ Pb*N. On l'obtient en dissolvant une partie de nitrate plombique dans 5o parties d'eau, et faisant bouillir la dissolution dans i | partie de plomb en feuilles minces, dans un ballon à long col, tant qu'il se dissout du plomb. Pendant le refroidissement de la liqueur, le sel cristallise en petites paillettes d'un rouge brique qui se réunissent souvent en groupes de forme demi-globulaire. Quand la dissolution est trop concentrée, le sel ne reste pas dissous , mais se dépose sur le plomb pendant qu'on fait bouillir la liqueur; dans ce cas, sa couleur est plus pâle, quoique sa composition soit la même. Il se dissout trèsdifficilement dans l'eau froide, réagit fortement à la manière des alcalis, et ne s'altère pas à l'air. A une température élevée, il abandonne, d'abord 1,88 pour cent ou i atome d'eau, puis son acide, et laisse à la fin de l'oxyde plombique, qui a conservé la forme du sel soumis à la calcination.
En réduisant i atome de ce sel en poudre fine, et le décomposant par 3 atomes d'acide sulfurique étendu d'eau, on obtient une solution jaune de nitrite plombique, exempte de nitrate. On n'a pas encore examiné quel sel on obtient par l'évaporatîon de la solution. En faisant digérer.cette solution avec le sel tribasique ajouté en proportions différentes , on obtient des soussels, qui n'ont pas été étudiés. On obtient de même, par la précipitation du sel neutre au moyen de l'ammoniaque (en suivant le procédé indiqué a l'article Nitrate plombigue)y des soussels hydratés à différents degrés de saturation, qui sont probablement analogues à ceux que donne le nitrate.
Relativement à l'analyse des composés qui renferment en même temps de l'acide nitreux et de l'acide nitrique, Péligot a trouvé un moyen de dosage facile de l'acide nitreux. Ce moyen consiste à dissoudre le sel dans l'acide nitrique étendu, exempt d'acide
86 KITRITE TRIPLOMBTQUE,
nitreux, et à y ajouter une quantité déterminée de suroxyde plombique pur, Pb. Celui-ci est dissous par Vacide nitreux en formant du nitrate plombique, tandis qu'il n'est pas attaqué par lacide nitrique libre. On lave ensuite le suroxyde plombique resté non dissous, on le dessèche et on le pèse; on a ainsi la quantité de ^ celui qui a été dissous^ et dont 2 atomes correspondent à 1 équivalent d*acide nitreux.
Avant de quitter les nitrites de plomb, je vais dire quelques mots sur le procédé qu'on emploie pour les préparer, et qui est beaucoup plus compliqué qu'on ne le pense au premier abord. J'ai dit que, pendant la préparation de ces sels, il se dégageait une petite quantité de gaz oxyde nitrique ; la formation de ce dernier ne peut provenir de l'action du plomb sur l'acide du nitrate, puisque cet acide doit être réduit à Tétat d'acide nitreux. En effet, elle dépend d'une autre cause, savoir, de la décomposition du nitrite qui s'est formé, et qui est transformé, par l'ébuUition, en nitrate, avec dégagement de gaz oxyde nitrique, ainsi que je l'ai dit en exposant les propriétés générales des nitrates , tome III , page 44> L'action du plomb sur ces sels commence à s'exercer entre + 5o° et 55^; mais en tenant la dissolution du nitrate dan( laquelle on a introduit le plomb , à une température de + 69^ à 78^, le plomb se dissout plus promptement, et la liqueur devient jaune, sans qu'il se dégage un gaz; le dégagement de gaz oxyde nitrique ne commence que quand la liqueur est arrivée à une température de +80'' et plus. Ladecomposition du nitrate plombique présente trois périodes. Dans la première, il se forme d'abord du sousnitrate plombique et du nitrite neutre, et l'action reste la même jusqu'à ce que le sel se soit combiné avec une quantité de plomb double de celle qu'il contenait; la liqueur dépose, pendant le refroidissement, un mélange de sousnitrate et de*sousnitrite plombiques. La seconde période dure jusqu'à ce que la liqueur ait dissous une fois et un quart autant de plomb qu'elle en contenait, c'est-àdire 78 pour cent du poids du sel; à cette époque tout le sousnitrate plombique est converti en soussel triplombique. En laissant refroidir la liqueur, elle dépose un mélange de ce sel avec le premier sousnitrite dans une proportion telle, qu'un tiers de l'acide nitrique se trouve à l'état non décomposé dans le sousnitrate, tandis que deux tiers, transformés en acide nitreux, entrent dans la décomposition du sousnitrite. Dans la dernière période, le ni-
SURPHOSPHATE PLOMBIQUE. 87
trite commence à devenir surbasique, d'abord par la décomposition du nitrate, puis parla décomposition dune certaine quantité de l'acide nitreux du premier sousnitrite, d*où résulte, vers la fin de Topération, un dégagement de gaz oxyde nitrique, par suite de Toxydation du plomb. Quand la totalité de l'acide nitreux est convertie en sel surbasique, 100 parties de nitrate plombique ont dissous 187 I de plomb, ou a fois ^ autant que le nitrate en contenait auparavant. II est cependant difficile de dissoudre cette quantité entière; on arrive facilement au point où i3o parties se trouvent dissoutes , mais il faut faire bouillir la liqueur pendant longtemps pour dissoudre i35 parties, et il reste constamment dans la dissolution une petite portion non décomposée du premier sel basique, tant parce que la dernière portion se trouve étendue que
parce que le liquide est alors saturé du sel surbasique déjà formé.
• • • • Phosphate plombique. a. Sel neutre^ Pb"P. Il forme une poudre
blancbe, insoluble dans leau. Il se dissout dans Tacide nitrique , dans la potasse et dans la soude caustiques. A une température élevée, il entre en fusion et cristallise pendant le refroidissement. Un grain de ce cel, fondu au chalumeau^ produit, au moment de la solidification^ des cristaux dont les facettes sont ordinairement grandes et bien marquées; à Tinstant où le globule] se fige, il redevient incandescent. Il est alors converti en ^phosphate plombique. Il est très-difficile de décomposer ce sel par le charbon en poudre, même à laide d'une haute température; on obtient du phosphore, et il reste du plomb. Le phosphate plombique forme facilement un sel double avec le nitrate ; il ne faut donc pas précipiter le phosphate plombique d^une dissolution de nitrate, mais employer, pour cette opération, le chlorure plombique, ou verser le nitrate plombique dans la dissolution du phosphate.
Il existe un ^phosphate plombique qu'on prépare par voie humide, en versant goutte à goutte une solution de ^phosphate sodique dans la solution d'un sel plombique. Par son aspect et ses réactions , il ressemble parfaitement au phosphate commun, mais il trahit la nature de son acide, lorsqu'on le fait bouillir avec une solution de ^phosphate sodique : on obtient par là une solution de ^phosphate sodique, pendant que le précipité se convertit
eu 'phosphate plombique.
h. Surphosphate plombique, Pb»"P* = 2PbP + Pb. On l'obtient
88 PHOSPHITE PLOMBIQUE.
en Tersant une dissolution bouillante de chlorure plombique daus une dissolution de biphosphate sodique. Le précipité est blanc, pulvérulent et indécomposable par le lavage à Teau bouillante.
Phosphate sousplomiique , Pb^P. On l'obtient en faisant digérer avec de Tammoniaque le sel neutre encore humide, ou bien en versant de Tacétate plombique dans un phosphate neutre; Ô3^ns ce dernier cas, de lacide acétique est mis en liberté. Quand on chauffe ce sel au chalumeau sur du charbon, l'excès de base qu'il contient est réduit, et le phosphaté neutre se fond en une perle.
Chlorure plombique avec du sousphosphate plombique^ Pb€l +
3Pb^P. Cette combinaison forme les minéraux connus sous le nom de mine de plomb "verte et brune. Ces minéraux sont cristallisés en prismes hexagonaux, tantôt verts, tantôt bruns, rarement incolores ; assez souvent Tacide phosphorique y est remplacé par Tacide arsénique. On les a longtemps regardés comme une combinaison neutre de Tacide avec Toxyde plombique. ff^oehler en
fit le premier connaître la véritable composition.
Nitrate et phosphate plombiques , PbN + Pb*P. Ces deux sels forment, en se combinant, un sel double que Ton obtient en dissolvant le phosphate plombique dans lacide nitrique , et faisant évaporer la liqueur jusqu'au point de cristallisation. L'eau décompose ce sel; elle dissout le nitrate et laisse le phosphate.
Phosphite plombique^ Pb'P. On l'obtient en dissolvant dans l'eau le chloride phosphoreux, neutralisant la liqueur par l'ammoniaque , et la versant dans une dissolution bouillante de chlorure plombique. Le précipité volumineux qui se forme consiste en un sel double de chlorure et de phosphite plbmbiqu es; mais le chlorure se dissout dans l'eau bouillante, et en lavant le précipité jusqu'à ce qu'une petite portion du résidu , dissoute dans l'acide nitrique, ne soit plus précipitée par le nitrate argentique, le phosphite reste pur et blanc. Pour éviter un long lavage, Âo^^ prépare ce sel en précipitant le phosphite alcalin par l'acétate plombique. Il contient i atome ou 3,ia pour cent d'eau. Soumis à la distillation, il donne du gaz phosphure hydrique, et laisse un mélange de phosphates plombique et sousplombique. L'acide nitrique le dissout à froid, sans que l'acide phosphoreux soit transformé en acide phosphorique. L'ammoniaque dissout une parrie
CHLORATE PLOMBIQUE. 89
de l'acide phosphoreux y et laisse un soussel dans lequel Tacide parait être combiné avec trois fois autant de base que dans le sel
neutre.
Chlorure plombique avec phosphite plombique , Pb €I+Pb*P. Sa préparation et sa décomposition par l'eau bouillante Tiennent d*étre indiquées.
Hypophosphite plombique ^VhV , 11 cristallise en prismes rectangulaires ou légèrement rhomboédriques, souTcnt réunis en larges lames, et contenant 2 atomes ou io,65 pour cent d'eau. Ce sel s'obtient en saturant l'acide par le carbonate ou l'oxyde plombique; mais , dans ce dernier cas , il dissout une petite quantité d'oxyde plombique, de manière que la liqueur présente une réaction alcaline, qu'on corrige par l'addition d'un peu d'acide libre. Le sel cristallisé se dissout lentement dans l'eau, et il est insoluble dans l'alcool. On peut le précipiter complètement en paillettes nacrées , en versant de l'alcool dans sa dissolution aqueuse. Si la solution contient de l'oxyde plombique libre , ou qu'on la mêle avec du sous-acétate plombique, elle absorbe facilement l'oxygène de l'air^ et il se dépose peu à peu du phosphite plombique en grains sablonneux. A l'aide de la chaleur, l'acide hypophosphoreux réduit l'oxyde plombique. La solution, longtemps abandonnée à elle-même, à la température ordinaire de l'air, laisse dégager du gaz hydrogène, en même temps qu'il se sépare du phosphite plombique. L'ammoniaque décompose ce sel de telle manière qu'il reste de l'hydrate plombique en non-solution, et qu'une partie du sel se dissout pour former avec l'alcali un sel double,
d'où l'ammoniaque se dégage par l'évaporation, en déposant de Vhjr-
pophosphite pentaplombique j PbP-4-5Pb.
Perchlorate plombique y Vh G\. Cristallise en aiguilles prismatiques, donne une saveur douce, mais très-astringente, s'humecte à
Tair, et se dissout dans un poids d*eau égal au sien.
• • . • Chlorate plombique ^ Pb€l. On l'obtient en dissolvant l'oxyde
plombique dans l'acide chlorique. Il cristallise, suivant ff^aechter^
en prismes rhomboédriques , tronqués au sommet , et renferme
I atome ou 4)59 pour cent d'eau. Il est très-soluble dans l'eau
aussi bien que dans l'alcool, et ne perd son eau de cristallisation
qu'à + iSo". AH-aSo**, il est tout à coup décomposé avec effer-
vescence en 2Pb€I-t-Pb, en même temps qu'il noircit. Par la cal-
go GARBOlïlTE PLOMBIQUE.
cination de ce résidu , il se dégage du gaz oxygène | et il reste aPbCl + Pb.
Chlorite plombîque y Pb4l. On lobtient, d'après Mitlon^ en mêlant une solution de chlorite barytique ou strontique avec une solution de nitrate plombique neutre ; il se précipite sous forme de belles lamelles ou de paillettes jaunes de soufre, qu'on recueille sur un filtre et qu'on lave. Il ne faut pas employer pour cela le nitrate plombique en excès, car autrement le précipité se dissoudrait. On se procure aussi le sel en question, lorsqu'on traite de l'oxyde plombique en poudre fine avec de l'acide chloreux en excès. A -4- 126% il se décompose avec une sorte d'explosion. Les acides le décomposent difficilement; lacide sulfurique, étendu de son poids d'eau, en dégage, entre + 4<>° et -h 5o°, de l'acide chloreux, qui s'en va à l'état de gaz, et qu'on obtient pur en le recueillant dans l'eau et le condensant par un mélange réfrigérant Le Sulfide hydrique le noircit d'abord ; puis il se convertit bientôt en sulfate plombique, reconnaissable à sa couleur blanche. Le gaz chlore qu'on fait arriver dans un mélange d'oxyde plombique et d'eau, forme, ainsi que nous l'avons déjà dit, du chlorure et au suroxyde brun plombiques.
Hypochlorite plombique y Pb€l. On le prépare en neutralisant le souschlorite calcique par l'acide nitrique , et mêlant la liqueur avec du nitrate plombique : il se précipite du chlorure plombique, et riiypochlorite reste en dissolution. 11 détruit les couleurs végétales; sa saveur est sucrée, comme celle des autres sels plombiques. Mais ce sel commence bientôt à se décomposer : l'oxyde plombique se précipite à l'état de suroxyde, tandis que l'acide hypochloreux est réduit à l'état de chlore , qui devient libre.
Bromate plombique ^ Pb&r. Il cristallise en petits prismes bnllants , isomorphes avec le bromate strontique , contenant i atome ou 3,76 pour cent d'eau de cristallisation. Il exige, pour se dissoudre, 7 5 parties d'eau,*'à une température moyenne. A + 180", il commence à se dégager du gaz brome et du gaz oxygène. A une chaleur plus forte, il se décompose tout à coup avec explosion, de sorie que des parcelles de sel sont projetées.
lodate plombique y Pbl. Il se précipite sous forme d'une poudre blanche , soluble dans un excès d'acide.
Carbonate plombiq^j PbC. On le rencontre dans la nature sous
CARBONÂ.TE ET HYDRATE PLOMBIQUES. 91
forme de cristaux blancs et transparents^ qui ont reçu le nom de plomb carbonate. Son poids spécifique est 6,465. On le prépare artificiellement, en précipitant le^itrate plombique par le sesquicarbonate ammonique, ou en introduisant le gaz acide carbonique dans une solution de sous-acétate plombique jusqu'à saturation complète. La potasse ou la soude , employée comme précipitant , ne donne pas de produit entièrement pur, parce qu'il se précipite en même temps un peu de carbonate alcalin ^ qu'on ne peut pas complètement enlever par le lavage. C'est une poudre blanche , fine , qui ne renferme pas d'eau chimiquement combinée , ne se dissout pas dans l'eau, et très-peu dans l'eau saturée de gaz acide carbonique. Par une douce calcination , il perd son acide carbonique et se change ainsi en oxyde plombique. Il n'est pas décomposé par l'ammoniaque caustique, mais il se dissout dans la potasse et la soude caustique. Après l'évaporation de la solution jusqu'à siccité, il reste une masse brune qui, après avoir enlevé l'alcali par Veau, laisse l'oxyde plombique en écailles rouges cinabre. Cette observation fut d'abord faite par Klaproth; elle resta ensuite inaperçue jusqu'à ce que Calvert la rappela de nouveau (tome II, p. 58 1 ). Lorsqu'on fait bouillir du nitrate calcique avec du carbonate plombique, il se dissout de l'oxyde plombique, tandis que le carbonate calcique reste.
Carbonate plombique avec de Vhydrate plombique. Le plomb métallique pur, qu'on laisse dans de l'çau distillée, exempte d'air et d'acide carbonique, s'oxyde et absorbe peu à peu de l'acide carbonique, ainsi qu'on l'a déjà dit tome II, p. $77; il se forme à la surface du métal des végétations d'un sel écailleux. Suivant les analyses concordantes de de Bonsdorff et S York , ce sel est = PbC + PbH, Il n'a pas la propriété de rester adhérent, quand on s'en sert comme couleur blanche dans la peinture.
D'autres combinaisons de i atome d'oxyde hydraté avec a et 3 atomes de carbonate plombique sont préparées en grand , et se rencontrent dans le commerce sous le nom de hlanc de plomb. Voici quelle est la manière d'opérer : on verse du vinaigre dans un pot de terre ; à deux pouces au-dessus du vinaigre on place sur un support en bois des lames de plomb roulées sur ellesmêmes, et ayant 6 pieds de longueur, 6 pouces de largeur et environ -j^ de pouce d'épaisseur ; le plomb est roulé de telle manière que les tours du rouleau sont distants d'un quart de pouce envi-
9^ CARBONATE ET UTDRA.TE PLOMBIQUES.
ron les uns des autres. On place le pot dans un lit de paille hachée et humectée d'urine, ou dans une couche de tan, et on le couvre d'une feuille de plomb. La couche dont on entoure les pots, et qui doit être jusqu'à un certain degré imbibée d'humidité, commence à éprouver une fermentation : il se développe de la chaleur et du gaz acide carbonique, tous deux indispensables à la formation du blanc de plomb. Au bout d^environ quatre semaines , la surface du plomb est couverte d'une croûte de blanc de plomb , qui se détache en partie quand on déroule le plomb , et que l'on enlève totalement à l'aide d'une brosse métallique. Le résidu de plomb métallique est soumis à la même opération, et Ton continue de cette manière jusqu'à ce que le tout soit converti en carbonate. Le blanc de plomb ainsi obtenu est moulu et soumis à la lévigation. Pour avoir une couleur pure , il est urgent d'employer des lames de plomb qui soient assez minces pour être corrodées dans toute leur épaisseur , sans quoi la couleur est salie par du métal non attaqué , qui se mêle sous forme d'une croûte grise à la couche intérieure de blanc de plomb. On sait par expérience que quand la température ne s élève pas à + 35°, le blanc de plomb est toujours mêlé avec du plomb métallique grisâtre, et qu'il devient jaunâtre quand la température excède 4- 5o". Le plomb s'oxyde, aux dépens de l'air, plus rapidement dans les vapeurs d'acide acétique, et l'oxyde ainsi produit absorbe l'acide de manière à former un soussel qui est décomposé par le gaz acide carbonique développé parla couche environnante, pendant qu'il se forme sans cesse une nouvelle quantité de soussel qui , à son tour, est décomposé par l'acide carbonique (i). La méthode qui vient d'être décrite est généralement
(x) Un nommé Forssgren prit, en i8x4, en Suède, un brevet pour la fabrication du blanc de plomb. Cette fabrication consistait à introduire des lames de plomb minces dans des vases hermétiquement fermés et soudés au verre, et à les tenir suspendues audessus de capsules de verre contenant du viuaigre. Ces vases étaient rangés dans des casiers les uns à côté des autres , et exposés, dans une chambre chauffée de +40° à -{-45®. J*ai vu cette fabrique, et j*ai examiné le blanc de plomb qu*on 7 prépare : il est beau et d'excellente qualité. Les lames de plomb sont entièrement converties eu blanc de plomb. Comme l'air, dans ces vases, ne sufQsait pas à l'oxydation du plomb, et qu'on D*y faisait pas arriver d'acide carbonique de l'extérieur , il paraîtrait que les éléments de Tacide acétique ont eux-mêmes contribué à la production du blanc de plomb. Le fabricant mourut un an après avoir pris son brevet, et les héritiers n'ont {Ms continué la fabrication, qui avait d'abord été tenue secrète. Quoi qu'il en soit, les expériences récentes de Pelouze et de Hoclutetler semblent démontrer que Tacide acétique n'est pas décomposé pendant la formation du blanc de plomb.
CARBONATE ET HYDRATE PLOMBIQUES. oS
employé^ en Hollande; c'est ponr cette raison qu'on a donné le nom de blanc de plomb de Hollande au produit ainsi obtenu. Il n^est jamais parfaitement blanc, parce que la putréfaction de la paille ou du tan mouillés avec de l'urine, à laquelle on doit l'élévation de température , est accompagnée de la formation d'une petite quantité de gaz sulfide bydrique , dont Iç soufre s'unit au plomb. Très-souvent on mêle le blanc de plomb, avec de la craie, ou avec du sulfate barytique réduit en poudre fine. En Angleterre on prépare du blanc de. plomb beaucoup plus blanc, à l'aide d'un procédé tenu secret, et qui probablement ne diffère du précédent que par la manière de chauffer; le plomb qu'on emploie est coulé en forme de grille. En France on fabrique du blanc de plomb, en faisant arriver un courant de gaz acide carbonique dans du sousacétate plombique dissous dans l'eau. L'acide carbonique est fourni par un feu de charbon. Pendant l'opération, le sousacétate se Recompose en grande partie ; il se précipite du carbonate plombique, et il reste dans la dissolution de l'acide acétique combiné avec très-peu d'oxyde plombique. On lave le carbonate plombique, on le moud pour le rendre plus cohérent, et on le sèche dans des vases d'argile poreux, à une température peu à peu croissante. Il est d'un blanc de neige : si on le moud trop longtemps, il devient quelquefois plus dur et plus difficile à réduire en poudre fine que le blanc de plomb de Hollande. L'acétate acide de plomb qui reste est macéré avec de l'oxyde plombique (litharge), et le soussel ainsi obtenu est décomposé de nouveau par l'acide carbonique. C'est Thenard qui a proposé cette méthode, et Board qui le premier la exécutée en grand. Cette méthode a cependant été abandonnée pour une autre , qui est moins coûteuse , mais se fonde sur un principe analogue. On mêle de l'oxyde plombique en poudre, avec une quantité de vinaigre distillé suffisante pour former une pâte peu épaisse; on l'introduit au fond d'une cuve large et munie d'un couvercle bien adapté, et on y fait passer un courant d'air ayant traversé des charbons incandescents et chargé d acide carbonique. Par un mécanisme approprié, la masse se trouve constamment agitée, et, dans peu de jours, totalement convertie en blanc de plomb. Le liquide restant, qu'on laisse égoutter, renferme, outre l'acétate plombique, des acétates cuivrique et ferrique. D'autres méthodes de préparation sont tenues secrètes , parce qu'elles donnent un produit d'un blanc plus pur, et qu'on a in-