‹ Traité de chimie minerale, végétale et animaleChapitre 9 sur 107 · CARBONATE ET HYDRATE PLOMBIQUES · texte numérisé non relu

CARBONATE ET HYDRATE PLOMBIQUES

térét à prévenir la concurrence. Une condition essentielle pour se procurer un produit d un blanc pur, est d'employer, pour le lavage et le broyage, de Teau exempte de matières organiques, car autrement le blanc de plomb prendrait une teinte jaune, quon reconnaît très-facilement, en le comparant avec un échantillon non encore lavé. A défaut d*eau naturelle pure , il vaut mieux se servir d'eau distillée.

Relativement à la composition du blanc de plomb , on a été longtemps d*opinion que c'était du carbonate plonibique neutre. Cependant on savait, par expérience, que le blanc de plomb, obtenu par la précipitation des sels plombiques au moyen d'un carbonate alcalin , ne couvre qu'imparfaitement la surface qu'on enduit avec le vernis; mais on attribue ce défaut à un certain degré de transparence du produit ainsi préparé. Quelques chimistes avaient constaté, par l'analyse, que le blanc de plomb du commerce ne donne pas , à la calcination , autant d'acide carbonique que le carbonate plombique obtenu par voie de précipitation : ce dernier ne contient que i6,4S pour cent d'acide carbonique, tandis que le premier en donne rarement i4 pour cent. Mais on attribua celte différence à des substances étrangères qui seraient contenues dans le produit de frabrication. Du blanc de plomb, extraordinairement beau, fabriqué, en Hollande, par Stratingh^ et dont la préparation était tenue secrète, engagea Mulder à en faire l'analyse et à le comparer avec d'autres espèces qu'on rencontre dans le commerce. Mulder constata ainsi que le blanc de plomb est une combinaison de carbonate plombique avec l'hydrate plombique, et que l'eau y entre comme un élément essentiel. Le blanc de plomb de Stratingh , à part quelque mélange accidentel d'une faible trace d'acétate plombique, fut trouvé compose • •• • •

de 3Pb G + Pb H, ce qui fait, en centièmes, 85,607 parties d'oxyde

plombique, 12,667 parties d'acide carbonique, et 1,726 parties

d'eau , tandis que le blanc de plomb ordinaire fut trouvé com- • •• • .

posé de aPbC+PbH, ou en centièmes, 86,38 parties d'oxyde plombique, ii,3i parties d'acide carbonique, et 2,3i parties d'eau. Quelques espèces de blanc de plomb étaient des mélanges des deux sortes indiquées, et elles renfermaient surtout une plus grande quantité de la première. Les analyses de Mulder furent ensuite , avec les mêmes résultats , répétées par Hochstetler, L un des avantages du blanc de plomb de Stratingh consiste en ce qu***

CHLORUBB ET CARBONATE PLOMBTQUES. gS

ne jaunit pas quand on s'en sert en peinture, ce qui arrive généralement pour les espèces communes; c'est ce qui se voit surtout quand une partie de la couche a resté exposée à l'air et à la lu* mière, pendant qu'une autre partie y était soustraite; par exemple, lorsque des tables sont suspendues à un mur enduit de blanc de plomb: en otant les tables, on trouve la place jaune. Les tableaux aociens sont souvent si noirs qu'on en distingue à peine la peinture. La cause la plus probable de cette coloration noire est, sans contredit, due à la formation de sulfure de plomb par des quantités d'ailleurs imperceptibles de sulfide hydrique exhalé par l'homme et les animaux. Thenard a montré que ce noir peut être en grande partie enlevé , en recouvrant les tableaux d'une faible solution aqueuse de suroxyde hydrique : le sulfure plombique se change ainsi, à la surface, en sulfate plombique (i).

Le blanc de plomb qu'on rencontre dans le commerce est souvent mêlé de matières qui s'y trouvent accidentellement, telles que lacétate plombique , des traces de chlorure calcique , le sulfate plombique, le sulfure plombique et des paillettes de plomb métallique. Mais plus souvent encore il se trouve sophistiqué, quelquefois pour plus de la moitié de son poids, de spath pesant, en poudre, ou sulfate bary tique naturel. Le blanc de Krems est mêlé d'une petite quantité d'indigo, pour lui enlever toute teinte jaune.

Carbonate plombo-sodique ^ NaC + 4PbG. On l'obtient sous forme d'un précipité blanc, en versant goutte à goutte du nitrate plombique dans une solution de carbonate sodique. Le précipité est bouilli avec l'eau-mère et lavé. 11 a été découvert et analysé par L. Sçanberg.

Sulfate et carbonate plombiques. Ces deux sels se combinent en plusieurs proportions , et forment ainsi des sels doubles , qu'on rencontre à l'état cristallisé dans le règne minéral.

Chlorure et carbonate plombiques ^ Pb€l + PbC. On obtient ce

(i) L'inoonvéoidnl de voir lei peintures de blanc de plomb noireir avec le temps pwaîl élre irrémédiable. C'est pourquoi ou a essayé d'employer, au lieu de blanc de plomb, le carbonate zincique, qui semble atteindre le même but, et plus lard on a proposé d*y substituer Tanlimoniate antimonique pour peindre les murs et les meubles. Ce dernier produit peut être obteuu à peu de frais et parfaitement blanc eu faisant griller le sulfure d'antimoine naturel daus un courant d'air et de vapeurs d'eau cbai'gées d'acide chlorbydrique : il se forme du cblorure ferrique, qui se volatilise» et le résidu Wanc qui reste n'est pas aussi cber (fue le blanc de plomb.

Page 1