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ACIDE OLÉIQUE ET ACIDES CONGÉNÈRES

Acide oléique.

Symbole : Ol.

Cet acide constitue la partie essentielle des hutés grasses

nou Siccatives; il se rencontre en quantité moins comsidérable dans les suifs, les graisses solides, la bile humaine (Ei GMELIN) et le vieux fromage. Les huiles grasses qui se’ resinifient à l'air renferment, suivant PELOUZE et BOUDET, un atidé qui diffère de l'acide oleique par ses propriétés:

* L'huile grasse des amandes est très avantageuse pour là préparation de l'acide oléique.

"Voiei les détails de cette opération : on mélangé l'acide qu'on retire du Savon de l'huilé d’aiandés dveé ia ioitié de son poids d’oxide de plomb pulvérisé; après avoir fait digérer le tout au bain-marie pendant quelques heures, on y ajoute deux" fois son volutné Weiher, et on Päbahdoniie pen-

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dant 24 heures au repos. Il se produit ainsi du margarate | de plomb qui est insoluble, et un oléate acide à même base, | qui est soluble dans l’éther. On décompose ensuite la solution | éthérée par de l'acide hydrochlorique étendu qui met en liberté | l'acide oléique. Ce dernier vient se rendre, avec l’éther, à la sur- | face du mélange, à l’état d’une couche huileuse et limpide. On en | chasse l’éther par l’&vaporstion, et l’on saponifie l'acide oléique avec un alcali. On purifie le savon en le dissolvant dans l’eau et | en l'en séparant, à plusieurs reprises, au moyen de sel marin. Enfin, lorsqu'il est incolore, on le décompose par de l'acide tartrique ; on lave à l’eau bouillante l’acide oléique. ainsi mis en liberté, et on le dessèche en dernier lieu au bain-marie.

Le même procédé s'emploie lorsqu'il s’agit de préparer de l'acide oléique. pur au moyen du produit brut qui provient de la fabrication des bougies stéariques ; on peut également en faire usage pour purifier l’acide oléique qui reste en dissolution quand on fait cristalliser dans l'alcool l’acide brut obtenu par la saponification de l'huile d’olive ou de la graisse humaine.

L’acide oléique se présente sous la forme d’une huile incolore ou légèrement jaunâtre, rougissant fortement le tournesol, et possédant une saveur âcre. Il n’a qu’une très faible odeur ; il est plus léger que l’eau et se prend , à quelques degrés au-dessus de 0°, en une masse composée d’aiguilles.

Il est insoluble dans l’eau et se mêle, en toutes proportions, avec l'alcool de 0,822, avec l'acide stéarique et l'acide margarique, avec les huiles grasses et les huiles essentielles.

L’acide sulfurique colore l'acide oléique déjà à la température ordinaire ; cette coloration augmente par l’échauffement.

L’acide nitrique donne, avec l'acide oléique, de l'acide suberique, ainsi que plusieurs autres produits de décomposition, parmi lesquels toutefois on ne remarque pas l'acide oxalique.

Sous l’influence du protonitrate de mercure'ou de P’aeide hy-. ponitrique , l'acide oléique se transforme en acide élaïdique (Bouper). Voir plus bas cet acide. |

Oléates.

L’acide oléique décompose les carbonates alcalins et, en partie,

beaucoup d’autres sels, avec les bases desquels il forme des combinaisons insolubles. Les oléates sont d’une consistance molle; par Vaction de la chaleur, ils fondent difficilement en une huile liquide. Ils présentent l’aspeet du savon et se dissolvent mieux dans l’alcool que dans l’eau.

Oleate d’oxide d’ammonium.— 01,2 Ad H, ©. L’acide oléique, mis en contact avec l’ammoniaque aqueuse, produit une masse gélatineuse, soluble dans l’eau froide. (CHEVREUL.)

Oléate d'oxide d’éthyle. — O1, 2 AeO. Pour obtenir cet éther, on maintient pendant plusieurs heures, à une température voisine de l'ébullition, un mélange de 2 parties d’acide oléique, 1 partie d'acide sulfurique concentré et 4 parties d'alcool ; ensuite, on traite le résidu dans la cornue par de l’eau bouillante, et, pour enlever l’acide sulfurique libre, par une lessive de potasse diluée ; on sèche le produit en le laissant en digestion avee du chlorure de caleium. C’est un liquide ol&agineux, incolore et sans odeur ; sa densite est de 0,871 à 18°. Il bout à une température élevée et distilie sans altération. Les alcalis aqueux ne l’attaquent pas; une dissolution alcoolique de potasse le convertit, au contraire, rapidement en alcool et oléate de potasse. il

En contact avec du nitrate de protoxide de mercure, il se transforme en élaïdate d’oxide d’ethyle. (LAURENT. )

Oléate d'oxide de méthyle. — C'est un liquide qui présente les mêmes caractères que le corps précédent. Sa densité est de 0,879 à 18°. (LAURENT.)

Oléate d’oxide de glycéryle (ol&ine). — On n’en connaît pas la composition exacte.

Il forme la partie essentielle des huiles grasses et de la plupart des graisses solides qui se rencontrent dans la nature.

Les huiles grasses sont des mélanges de stéarate ou de margarate d’oxide de glycéryle et d’ol&ate de glycéryle; lorsqu'on les

soumet à l’action d’un grand froid, les deux premières combinai-

“sons se déposent à l’état solide; si l’on exprime ceux-ci, l’oléate d'oxide de glycéryle s’en sépare à l’état liquide, cependant jamais pur.

Pour l’extraire des graisses solides ou des suifs, on traite ceux- -ci par de Palcool bouillant ; par le refroidissement, celui-ci aban-

donne la plus grande partie des parties eristallisables, en retenant | en dissolution l’oléate d’oxide de glycéryle. Si Pon en éloigne alors l’aleool, en distillan! le liquide. et qu’on maintienne le résidu en ébullition après y avoir ajouté de l’eau, celle-ci sem. père d’une certaine matière colorante, en laissant l'oléate d'oxide de glycéryle. Lorsque ce dernier ne dépose plus dematiere solide par le refroidissement, on peut le considérer comme pur. |

D'après KERWYK, on obtient l’oléate d’oxide de glycéryle dans un état de parfaite pureté, en mélangeant 2 parties d'huile d'olive pure avec 1 partie d’une lessive de soude de concentration moyenne, faisant. bouillir ce liquide pendant 24 heures et l’sgitant de temps à autre. Pour séparer le savon ainsi produit d'avec l'huile non saponifiée, on chauffe le tout avec de l’alcogl aqueux ; le savon s’y dissout alors, tandis que l’oléine vient à surnager. Après ayoir décanté cette dernière, on la traite.de rechef par de l’alcooi, et on la laisse enfin en digestion avec des fragments de chlorure de calcium. if

Suivant PELOUZE et BOUDET, la partie liquide (Vol&ine) des graisses et des suifs se compose de deux matières.distinctes.. La partie liquide des corps gras non siccatifs et rancissants diffère de la partie liquide des huiles siecatives par sa solubilit& et particulièrement par la transformation qu’elle éprouve sous linflueuce de Facide hyponitrique. En effet, l’oléine des huiles rancissantes prend, sous l'influence de cet agent, une consistance solide et se convertit eu élaïdine et acide élaidique, tandis que l’oléine des huiles siccatives n’eprouve, dans les mêmes circ@nstances, aucune altération sensible.

Comme on n’a pas encore réussi jusqu’à présent à. préparer.de l'oléine parfaitement pure, les propriétés que.les divers auteurs lui ont attribuées sont loin de s’accorder. Elle est incolore, saus Odeur ni saveur; sa densité est de 0,90 à 0,92; elle se solidifie par l'action d'uu grand froid, et d’autant plus facilement qu’elle contient plus de stéarine ou de margarine.

Les alcalis et d’autres oxides métalliques Ja transforment. en oléate et. en. bydrate d’oxide de glycéryle (glycérine). Les: peroxides la transforment en oléate et en produits de décompo-

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sition de, l’oxide de glycéryle, savoir en acide formique et acide carbonique.

Le nitrate de protoxide de mercure et l'acide hyponitrique la transforment en élaïdate d’oxide de glycéryle.

D'après LAURENT, l'acide nitrique concentré la décompose en acide subérique et en plusieurs autres produits (Voir : Action de l'acide nitrique sur l'acide oléique).

L’acide sulfurique concentré la décompose en noircissant ; il se forme alors du sulfate d’oxide de glycéryle, et de l'acide oléique est mis en liberté. Ne

L’acide hydrochlorique concentré ne Falière pas sensiblement.

Soumise à distillation sèche, elle donne de l'acide oléique, et les produits de décomposition de l'acide oléique et de l'oxide de glycéryle.

Sous l'influence de l'air, l’oléine absorbe de l’oxigene en s’epaississant et en dégageant de l'acide carbonique. ji

Elle se mêle en toutes proportions avec l’éther, les huiles grasses et les huiles essentieiles. Lorsqu'on agite un mélange de parties égales d'alcool et d’éther avec de l’oléine, celle-ci s'empare de l’éther, en séparant la presque totalité de l'alcool.

Elle dissout l'acide benzoïque et la plupart des acides organiques sublimables.

Oléate etstéarate d’oxide de glycéryle. — Cette combinaison ‚double a été découverte par PELoUZE et BOUDET dans la partie solide du beurre de cacao ; elle est blanche, assez dure et entre en fusion A. 39°. Les alcalis la décomposent en hydrate d'o xide de giycéryle et en stéarate et oléate à base d’alcali.

Oléate de potasse. — a) Sel acide : Ol, K O0, H, O (CHE- LwrEuL). En ébauffant 400 parties d’eau, contenant 9,21 parties die potasse, avec 103,5 parties d'acide oléique, on obtient une masse gélatineuse qui ne;se dissout pas dans 1,000 parties d’eau. On en sépare l’eau par filtration, ce qui du reste ne s'exécute

que difficilement. L’eléate acide de potasse ‚est insoluble dans … l'eau et se.dissout. aisément dans l'alcool, à chaud et à à froid.

b) Sel neutre : 01,2 K O (CHEVREUL). — Lorsqu'on chauffe «parties.égales d'acide oléique et d’hydrate de potasse avec 5 parfies, d’eau, il s'en sépare une masse yisqueuse, qui se solidifie de

plus en plus. Pour la purifier, onla dissout dans l’alcool de 0,821, et après avoir enlevé le carbonate de potasse, on évapore à siccité. A Pétat sec, ce sel est blanc, sans odeur, friable et d’une saveur alcaline et amère.

Si, pour le préparer, on emploie une quantité double d'acide oléique, on obtient, après avoir chauffé le mélange, une gelée transparente et visqueuse, qui se sépare parfaitement, lorsqu'on la chauffe de nouveau avec une lessive concentrée de potasse caustique. Dissoute dans l'alcool bouillant et évaporée à l'air, cette gelée reste alors en conservant sa transparence,

On peut se procurer de l’ol&ate de potasse, pour en extraire

l'acide oléique, en dissolvant dans l’eau bouillante les huiles grasses ou les suifs sapoxifiés par la potasse, et étendant ces solutions de beaucoup d’eau. Il s'en sépare alors du stéarate et du margarate acide de potasse; en neutralisant ensuite les solutions par un acide étendu et y ajoutant encore de l’eau, on obtient une nouvelle portion de ces sels. On répète ce traitement tant que les solutions se troublent ; il n’y reste enfin que de l’oléate de potasse, qui, décomposé par un excès d’acide, fournit de l’acide oléique, souillé d’un peu d’acide stéarique et d'acide margarique.

Mis en contact avec 2 parties d’eau. l’oléate neutre de potasse produit une gelée transparente ; ii se dissout parfaitement dans 4 parties d’eau, en donnant un sirop visqueux. Un plus grand excès d’eau le décompose en potasse et oléate acide.

Dans une atmosphère saturée d'humidité, l’oléate neutre de potasse tombe en déliquescence. |

Il se dissout dans un poids égal d’alcool de 0,821 à 50°; par le refroidissement la solution se trouble. Le précipité se redissout par l'addition d’une même quantité d'alcool, et cette dissolution n'est plus troublée, lors même qu’elle est refroidie jusqu’à 13°; mais à 10° tout l’oléate de potasse se précipite.

Il est insoluble dans une dissolution de chlorure de tot et dans celle de potasse; sa solution aqueuse est mor par ces liquides.

Tous les acides, même l'acide carbonique, décomposent Poleate de potasse neutre, en séparant de l’acide oléique ou de l’oléaté de

CRT.

potasse acide. Les sels de baryte, de chaux et de strontiane occasionnent dans sa solution un précipité d’oléate de baryte de chaux ou de strontiane. Les autres sels métalliques se comportent de la même manière.

Oléate de soude. — Öl, 2 Na O(CHEVREUL). Pour le préparer, on emploie 3 parties d'acide oléique, 2 parties de soude caustique et 15 parties d'eau, en opérant comme nous l’avons indiqué pour le sel de potassse.

L'oléate de soude est solide, sans couleur ni odeur, et d’une saveur alcaline et amère. La solution alcoolique, évaporée à l'air, l’abandonne sous la forme d'une masse demi transparente et fria-

“ble. A l’état sec, il absorbe l'humidité de Pair, sans se liquéfier ; il se dissout. dans 10 parties d’eau à 32° et dans 10 parties d’alcool de 0,821. A froid, l'alcool en dissout 4,84 parties. Il est peu soluble dans l’éther.

Il présente du reste toutes les réactions de l’oléate de potasse.

Les oléates à base de baryte, de strontiane, de chaux, de mangnésie, d’oxide de chröme, de zinc, de fer, de nickel, de cuivre, * sont insolubles dans l’eau , très solubles dans l’alcoo! et fondent

par l'échauffement.

Oléate de plomb.— 01,2 Pb O (CHEVREUL). Pour le préparer, on dissout du savon d'huile d'olives dans l’eau bouillante et on le précipite par de l’acétate neutre de plomb. Le précipité se compose d’un mélange de margarate et d’ol&ate de plomb. Après l’avoir bien lavé, on le dessèche et on le traite à froid par de l’éther qui dissout l’oléate sans attaquer le margarate de plomb. Ensuite on évapore la solution éthérée et on lave le résidu avec de l'eau.

L'oléate neutre de plomb se présente sous la forme d’une masse

"grise, demi transparente, qui se ramollit par la chaleur de la main et entre en fusion entre 60 et 650. Il se dissout aisément dans l'alcool, l'essence de térébenthine et le pétrole ; de même, il est

soluble dans l’éther, mieux à chaud qu’à froid.

Outre ce sel, il existe encore deux autres combinaisons d'acide oléique et d’oxide de plomb : l’une est acide et l'autre basique.

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