‹ Traité de chimie organique (volume 2)Chapitre 42 sur 80 · CAOUTCHOUC OU GOMME ÉLASTIQUE · texte numérisé non relu

CAOUTCHOUC OU GOMME ÉLASTIQUE

„ee caoutchouc a été apporté en Europe au ‚Spmmensemeni

sur ce corps la première note scientifique. Pils tard, AE de chimistes s’en sont occupés, parmi. lesquels on remarqué MACQUER , ACHARD, FOURCROY et d’autres; plus récems ment, FARADAY et LUEDERSDORFF; dans ces der niers temps; TROMMSDORFF, GREGORY , BOUCHARDAT et surtout Hınıy

ont examiné les, produits hi la distillation sèche du, caoutchouc. /

On sait aujourd’hui qu’on peut extraire le caoutchouc du suc laiteux de beaucoup d'arbres, tels que Siphonia elastica. Pers, (Jatropha elastica L., Hevea guianensis Aubl., Siphonia cahuchu Rich.), Doberan ann elashica Spr. (Urceola CAtre Roæb. .), Lobelia caoulchouc Humb.

Le caoutchouc se rencontre ordinairement dans | le ‘commerce sous la forme de fioles que l'on, prépare en répandant le Ei

DE CHIMIE ORGANIQUE. | 375 laiteux qui s'écoule des incisions faites aux arbres, sur des moules en argile non cuite, et par couches successives, jusqu'à ce que cet enduit ait l'épaisseur convenable. On le dessèche alors sur la flamme d’un feu libre, ce qui l’enfume et lui donne extérieurement une teinte noire; en cassant où en ramollissant le moule , on peut ensuite l'en retirer. Dans ces derniers temps, on a apporté en Europe le suc laiteux qui fournit le caoutchouc, enfermé dans des bouteilles entièrement remplies. Ce suc est jaunätre , épais comme de la crème ; il présente une odeur aigrelette et légèrement putride par suite de l’altération de l’albumine . végétale qui s’y trouve. Cette dernière se coagule par l’&chauffement et détermine l’agglutination du caoutchouc suspendu dans le suc à l’état d’émulsion.

Le caoutchouc forme à: peu près les 32 centiemes du suc (FARADAY ); il est accompagné de 2 centièmes d’albumine veg&tale, de 7 centièmes d’une matière brune, azotée , soluble dans l’eau et l'alcool, et de 3 centiemes d’une substance insoluble dans ces véhicules ; le reste est de l’eau.

A l'état pur, le caoutchouc est incolore et transparent ; les faces récemment coupées adhèrent très fort par la pression ; sa densité est de 0,995 ; il est parfaitement élastique. Il ne conduit pas l'électricité; lorsqu'on l’étire rapidement, il dégage de la chaleur et de l’électricité.

On n’est pas encore parvenu à faire reprendre son état d'émulsion au caoutchouc une fois séparé du suc.

Il se gonfle quand on le chauffe dans l’eau, et se ramollit con- Sidérablement sans s’y dissoudre. Il se comporte de la même manière avec l’alcool.

L’ether exempt d'alcool le dissout, et les parties fuligineuses restent alors à l’état insoluble; après la vaporisation de l’ether, le caoutchouc reste, tout, en ayant conservé ses propriétés primilives, et domme, comme à l’état récent, des faces de coupure qui adhèrent très, fortement. L’alcool précipite la solution éthérée.

Le caoutchouc se gonfle dans le pétrole en prenant trente fois son volume; il se dissout, à chaud , en toutes proportions, dans l'huile empyreumatique ë A rectifiée qu ‘on retire du goudron de

bois ou de houille. Lorsqu'on veut chasser les dernières traces du solvant , il faut dessécher le caoutchouc dans la vapeur d’eau.

Il se dissout également dans l’essence de térébenthine et dans quelques autres huiles essentielles ; toutefois ces solvants laissent, après l’évaporation, de petites quantités de résine , de sorte que le caoutchouc reste alors longtemps visqueux et devient cassant par une dessiccation complète.

Suivant LAMPADIUS, il se dissout complétement dans 20 parties de sulfure de carbone. Il ne s’altère pas à l'air; il n’est attaqué ni par le chlore, ni par l’acide hydrochlorique, ni par le gaz ammoniac , ni par l’acide sulfureux. Il n’y a que l'acide sulfurique concentré et l’acide nitrique qui agissent sur lui, lentement et en se décomposant eux-mêmes.

Chauffé à 120°, le caoutchouc fond et reste onctueux après le refroidissement. Lorsqu'on l’étale ainsi en couches très minces, il se dessèche peu à peu ; toutefois la dessiccation n’est complète qu’au bout d’un temps fort long.

Le caoutchouc pur, séparé de l’&mulsion et privé des matières étrangères par des lavages, présente, suivant FARADAY , la composition d’un hydrogène carbone; l'analyse a donné 87,2 carbone et 12,8 hydrogène. |

On fait un grand usage du caoutchouc pour effacer les traits de crayon, pour fabriquer des tuyaux élastiques, des souliers, et surtout des étoffes imperméables. Ces dernières, inventées par MACINTOSH, se préparent en répandant sur l’un des côtés du tissu qu’on veut rendre imperméable une dissolution épaisse de caoutchouc. dans un mélange d'huile de goudron et d’essence de térébenthine , au moyen d’un appareil qui ressemble beaucoup à celui dont se servent les pharmaciens pour préparer les emplàtres. On presse l’une contre l’autre deux étoffes ainsi enduites, et on les sèche dans des chambres chauffées par la vapeur d’eau:

On peut se procurer des ballons très minces en insufflant avec précaution de l'air dans des fioles de caoutchouc ramollies par l’ether. N

Produits de la distillation sèche du caoutchouc. — Le caoutchouc blanc et trouble qui setrouve dans le commerce renferme 13,7 pour cent d’eau qu'il perd par la dessiccation sur l'acide sul:

furique, mais qu’il reprend peu à peu à l'air. Lorsqu'on le soumet à la distillation, l’albumine végétale qu’il renferme se décompose la première à une température où le caoutchouc fond sans s’alterer. La quantité de ces premiers produits de décomposition est peu considérable ; ils sont composés d’acide carbonique, d’oxide de carbone, d’eau ammoniacale, et d’une huile fétide soluble dans l’éther ; cette huile se combine avec les acides et en est séparée par les alcalis; l’air la décompose rapidement, ainsi que ses combinaisons avec les acides. On rencontre, en outre, dans le liquide distillé, un acide uni à l’ammoniaque, et qui, d’après HımLy, ressemble beaucoup à l'acide pyro-mucique.

Il faut augmenter la chaleur, après que ces produits ont passé, pour faire bouillir le caoutchouc; lorsque ce point est arrivé, on retire vivement la plus grande partie du feu; on voit alors distiller une huile jaunätre, puis une autre de couleur brune, et enfin, à une température très élevée, une huile noire, tandis qu’il reste du charbon dans la cornue.

En fractionnant les produits, on obtient des huiles dont le point d’Ebullition varie, et qui ont toutes une composition semblable à celle de l'essence de térébenthine. L’huile la plus volatile bout déjà à 33°, et possède une densité de 0,654; la moins volatile ne distille que vers 360°, et même à une température plus haute (HrmLy). GREGORY a observé qu’en traitant l'huile bouillante à 36° par de l'acide sulfurique, le mélange noireit en dégageant de l'acide sulfureux, et l’eau en sépare alors une huile dont le point d’ébullition est au dessus de 220°.

Himzy a obtenu par des fractionnements répétés une huile qui distillait entre 140° et 200°; après l'avoir agitée avec 1 partie d’acide sulfurique et 8 parties d’eau, puis avec une lessive de potasse, il l’a soumise à la distillation, et de ce nouveau produit il n’a recueilli que la portion passant entre 166° et 170°; cellecia été saturée par du gaz hydrochlorique sec, dissoute dans l'alcool, reséparée par l’eau, desséchée sur le chlorure de calcium, et rectifiée, à plusieurs reprises, d'abord sur de la baryte, puis sur du potassium.

L'huile ainsi purifiée est la caoutchine de Hımıy; elle distille à 171°, a une densité de 0,842 à l’état liquide, et de 4,461 à

l'état de vapeur. Elle ne se concrète pas encore à — 3%. Elle tache le papier; elle est presque insoluble dans l’eau ; elle peut toutefois dissoudre une grande quantité de ce liquide. L'alcool, l’ether, les huiles grasses et les essences se mêlent avec elle en toutes proportions; le potassium ne l’altère pas. L'eau oxigénée la résinifie, les peroxides métalliques sont sans action sur elle. L’acide sulfurique anhydre se combine avec la caoutchine en développant du gaz sulfureux et en donnant un acide dont le sel de baryte est soluble.

Elle renferme 88,44 carbone et 11,56 hydrogène = C, H,.

Le chlore et le brôme se combinent avec la caoutchine en dégageant des vapeurs d'acide hydrochlorique ou hydrobrômique. La chloro-caoutchine est peu fluide à la température ordinaire; sa densité est de 1,443. Les carbonates alcalins ne la decomposent pas; par la distillation sèche, elle donne de l'acide hydrochlorique. Lorsqu'on la distille avec une base, on obtient une huile moins hydrogénée. Elle renferme 70,07 carbone, 9,57 hydrogene, 20,36 chlore, c’est-à-dire : C,, H,, Cl.

BOUCHARDAT a maintenu dans un mélange réfrigérant le dernier récipient où se condensaient les produits de la distillations du caoutchouc. De cette manière, il a obtenu un liquide. bouillant déjà au dessous de 0°, et idenligne avec le bicarbure d'hydrogène de FArAnay. Ce liquide est mélangé avec une autre huile, le caouichene, qui ne passe qu’entre + 10° et 18°, et peut s’obtenir cristallisée par un grand froid. Les cristaux fondent à — 10°, et distillent à + 14°. Dans le premier récipient, Bou CHARDAT à trouvé une huile peu volatile, bouillant à + 315, et ne:se concrétant point par le froid; il Croce hévéène. Elle est soluble, en toutes proportions, dans l'alcool et l'éther : ellé absorbe le chlore, et acquiert alors la consistance de la cire. Elle s’Epaissit avec les alcalis et absorbe de l’oxigene. Par l'acide sulfurique concentré, elle s ’épaissit d’abord, puis sépare une. huile qui a la plus grande ressemblance avec l’eupione.

L’heveene renferme le carbone et l'hydrogène dans le même rapport que le gaz oichant.

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