‹ Traité de chimie organique (volume 2)Chapitre 44 sur 80 · VERNIS · texte numérisé non relu

VERNIS

Les vernis servent à couvrir d’un enduit mince et imperméable les objets de bois ou de métal que l’on veut préserver de l’action de l'air et de l'humidité, et à rendre en même temps leur surface lisse et brillante.

On prépare les vernis avec les huiles Siccatives ou avec les résines ; nous avons déjà parlé plus haut de la propriété que possedent les huiles siccatives de se résinifier à l’air, lorsqu'elles se trouvent en couches minces, et de produire ainsi des enduits élastiques et imperméables à l’eau.

Nous n'avons plus qu'à dire quelques mots sur les vernis de résine. Ce sont des dissolutions de résine qui, appliquées en couches minces sur les corps, s’y dessechent par suite de la vaporisation ou de la solidification du solvant, et y laissent ainsi un résidu résineux. .

On distingue les vernis à l'esprit, les vernis à l'essence et les vernis gras, suivant les solvants avec lesquels on les prépare. Ainsi on les fait avec l’alcool, avec l'essence de térébenthine ou avec des huiles grasses siccatives, telles que l'huile de lin, d’ceillet ou de noix. |

Pour les vernis à l'esprit, on prend de l'alcool très fort, de 92 p. c. au moins. On facilite la dissolution de la résine en y mélant du verre en poudre. Les vernis à l'esprit sont les plus brillants, mais aussi les plus cassants; on en peut diminuer la rigidité par une addition de térébenthine. Les résines qu’on emploie ordinairement pour ces vernis sont : le mastie, la sandaraque, la laque en écailles, l’élémi et le copal. Les menuisiers emploient ordinairement une dissolution alcoolique de laque en écailles qu'ils frottent sur les boiseries avec un chiffon imbibé d'huile.

Les mêmes résines, dissoutes dans l’essence de térébenthine, donnent des vernis plus souples, car l'essence elle-même se dessèche en une résine molle. |

Le copal et le sucein, tels qu'on les trouve dans le commerce, nese dissolvent pas dans l’essence de térébenthine ni dans l'huile de lin; pour pouvoir les employer à la fabrication des vernis, on

lesfait.fondreà grand feu dans un vase assez.haut d'argile ou de fonte, puis, quand la, masse est bien liquide, on y ajoute du vernis d’huile delinpr&alablement chauffé (60 gr.environ pour 500 gr. derésine) et-enfin, dès que le tout se trouve bien intimement mélangé, .on y verse, par petites portions, autant d'essence de térébenthine chaude qu’on a pris de résine. Les vernis ainsi pré- ‚par6s sont fort solides et font bon usage ; toutefois ils ne sont pas ‚incolores comme les vernis à l’esprit.

Quelquefois on donne aux vernis des teintes particulières : on “emploie, à cet effet,.le curcuma, la gomme-gutte, le rocou, le ‚sang-dragon, la-cochenille, le bois de sandal, l’oxide de cuivre, ‚le cinabre, lindigo, le.bleu de Prusse, le jaune de chrôme, etc.

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