‹ Traité de chimie organique (volume 2)Chapitre 45 sur 80 · PRODUITS :DE LA ;DISTILLATION SÈCHE DES RESINES · texte numérisé non relu

PRODUITS :DE LA ;DISTILLATION SÈCHE DES RESINES

Toutes les-résines se décomposent plus ou moins lorsqu’on.les expose àune température élevée; elles fournissent en général des hydrogenes carbonés gazeux, des produits liquides composés “également d'hydrogène et de .carbone, ainsi ‘qu’un résidu de “harbon. La formation de pareils produits n’a-rien qui doive mousétonner pourdes corps où l’oxigène est en si petite proportion, par rapport aux autres-éléments.

On a:peu examiné les produits de la distillation des résines ; tout ce que nous en savons se. rapporte à la décomposition de la “colophane, qui a formé l’objet des travaux de FRÉMY, de PEL- ‚LETIER «et: de WALTER.

Nous avons déjà fait observer plus haut (page 386) que l'acide pinique donne, par la distillation sèche, de l'acide colopholique.

Lorsqu'on distille, suivant FREMY, la colophane à la température oü selle:entre en ébullition, il passe de l’eau, un peu d’es- +sence -de’térébenthine, ainsi qu'une huile peu fluide et jaune, ‘sans «odeur :nisaveur, et que la rectification rend:incolore. Elle “bout à 250°, ne se dissout pas dans l’eau, se dissout peu dans l’alcool et aisément dans l’éther. La potasse ne l'attaque pas; Wacide nitrique l’oxide, et l’oxide de ;plomb la réduit. FREMY ui a donné le nom de, résinéine; sa composition, d’après ce chimiste, est-égale à Co H,O.

D'après PELLETIER et WALTER, la colopliane exposée äla chaleur rouge dans des appareils à gaz donne, outre des hydrogènes carbonés gazeux, plusieurs produits fort hydrogénés.

Lorsqu'on distille la résine de pin, comme cela se pratique | dans les usines à gaz, il se produit, en même temps que des corps | gazeux, une huile brune dont la quantité s'élève à 30 pour cent environ de la résine employée; cette huile se rencontre dans le commerce sous le nom de brai sec. On la distille dans un grand alambic et lon fractionne les nouveaux produits. La première portion qui passe entre 130 et 160° est la vive essence des fabricants; à 280°, il en distille une autre qui a reçu le nom d'huile fixe en raison de sa faible volatilité; en même temps que ces produits passent, il se sublime toujours de la naphtaline. Pendant la distillation de l'huile fixe, la température s'élève à 350°; à la fin on recueille un corps noir, brunätre, et qui porte le nom de matiere grasse. L’alambic retient un résidu de charbon.

La vive essence que l’on tire des fabriques est d’un rouge de succin , d’une odeur très forte, et réagit acide. En la distillant dans un bain d’huile, on peut la décomposer en quatre substances, savoir : en deux huiles volatiles differant par leur point d’ebullition, en naphtaline, et en une petite quantité d’une matière colorante qui reste à l'état de goudron.

Rétinaphte.— En traitant à plusieurs reprises (15 ou 20 fois) la partie la plus volatile de la vive essence par de l'acide sulfurique et par une lessive de pétasse, PELLETIER et WALTER en ont extrait un liquide très léger qui n’était pas altéré par trois rectifications sur le potassium; ils l’appellent réfinaphte. Il est parfaitement limpide, d’une odeur agréable qui rappelle celle de quel= ques labiées, et d’une saveur un peu âcre ; il réfracte fortement la lumière, bout d’une manière constante à 108°, et ne se solidifie pas encore à —20° C. Trois analyses ont donné pour formule: C; H, (91,7 carbone et 9,0 hydrogène); la densité de sa vapeur a été trouvée égale à 3,23 (d’après le calcul 3,226), nombre qui correspond à 4 volumes pour la formule C,, H,.-

Le chlore sec ou humide donne, en agissant sur le rétinaphte bouillant une huile très dense , brun .jaunâtre , d’une saveur fort äcre et d’une odeur de raifort très prononcée; sa vapeur

excitele larmoiement. Ce produit a beaucoup d’analogie avec le

chlorure de benzoile; il a le même aspect, la même densité et presque la même odeur. Mais le chloro-rétinaphte ne donne pas avec l’eau de l'acide benzoique et de l’acide hydrochlorique, car il ne renferme pas d’oxigene. Sa composition est probablementC,, H,, C2,. Il donne avec la potasse du chlorure de potassium et une huile brune qui présente une odeur particulière.

Le brôme donne avec le rétinaphte un produit analogue. L’acide nitrique produit avec le rétinaphte du: deutoxide d’azote, de l'acide prussique, ainsi qu’une matière blanche et grenue qui reste dans la cornue.

Retinylène. — La vive essence fournit une seconde huile qui est moins volatile que le rétinaphte. C’est d’elle que PELLETIER et WALTER ont extrait un nouvel hydrogène carboné qu’ils appellent retinylene.

Pour l'avoir à l’état de puret£,il faut le distiller plusieurs fois,en mettant toujours de côté les portions les plus volatiles qui pourraient renfermer du rétinaphte. On les traite à quelques reprises par de l'acide sulfurique concentré et de la potasse caustique, et après chaque traitement on les distille avec de l'acide sulfurique. Cette dernière opération, qui aboutit à éloigner la naphtaline, ne doit cependant pas être répétée trop souvent, car l’acide attaque le rétinylène lui-même. Enfin on rectifie le produit, comme précédemment, sur du potassium qu’il ne faut toutefois pas prendre en trop forte dose, car il pourrait aussi altérer le rétinylène.

Le rétinylène, à l’état de pureté, est parfaitement limpide, inaltérable à la lumière, moins mobile que le rétinaphte, d’une densité de 0,87 ; il bout à 150° et distille sans résidu. Son odeur est différente de celle du rétinaphte, sa saveur est plus âcre et quelque peu amère, sa composition est égale à C, H,, ; la densité de sa vapeur a été trouvée égale à 4,244; d’après la formule C,, H... qui correspond à 4 volumes, on obtient 4,247.

Leretinylene, comme le rétinaphte, dissout le soufre et l’iode ;

les produits qu’il donne sous l'influence du chlore et de l’acide nitrique n’ont pas été examinés.

Suivant GERHARDT et CAHOURS, le rétinylène se dissout dans l'acide sulfurique fumant, en donnant un acide du genredes acides

viniques ; la dissolution est rouge et se décolore par Veawsan! que P’huile s’en sépare. En saturant par du carbonate debaryte! “on obtient un selblane soluble dans l’eau, peu soluble dansléther “etquiapour composition C,, H,,'S; O,, Ba O: Il est à ‚que avec le sulfo-cuménate de baryte. |

Reötinole. — L'huile fie, c'est-à-dire la. partie cdi “A passe à 2800, est vert brunâtre, blanc sur les"bords, Öpalin@ei «souvent trouble. Quand on l'a filtrée à travers du plâtre, exposé “au ‘soleil et: traitée par une lessive de potasse, elleiest’ässez pur pour pouvoir servir dans la peinture des ‚bätiments. Gependan'

elle renferme encore, en cet état, de l’acide acétique"ét une ma- „tiere bitumineuse sur laquelle nous reviendrons-tout à l'heure, er parlant de la’'matiere grasse. Complétement purifiée par des'trai. stements semblables aux précédents, elle donne’ un BE car boné qui a reçu le nom de rétinole. ng |

Le point d’ébullition du rétinole pur est à 238°; comme on ne parvient à le distiller qu’à feu nu, il s’en décompose toujours'une ‘petite portion en deux parties, dont l’une est plus volatile'et l'autre plus fixe que le rétinole ; on peut done déjà considéter comme du retinole le liquide qui bout entre 236 et 240°.

Il est limpide, doux au toucher, sans odeur ni saveur ; il nese

colore pas à la lumière; sa densité est de 0,9. Il renferme CH, ou plutôt, en prenant pour base la densité de sa ia qui est "7,11 (d’après le calcul 7,29), C,, Hz, = # volumes.” Le rétinôle produit sur le papier une tache grasse qui disparatt ‘au bout de quelque temps ; le-potassium n’en est pas altéré ; lorsque le rétinole est mélangé de rétinylène, le potassium y noireit. Il absorbe plusieurs gaz, et nôtamment l'acide sulfureux. Ä

Lorsqu’on le träite par du chlore, à la temperature de l'ébulli tion, il se colore*en brun jaunâtre; après le refroidissement," OI obtient une masse transparente et épaisse, Tue légère odeur de rose.

“L’acide nitrique, en agissant sur lui à chaud, ne donne ni acide “prussique, ni matière cristalline, mais il produit un liquide huileux très coloré.

Le rétinole se combine avec les corps gras et les huiles, ‚de même il dissout plusieurs résines.

Retisterene. — Le dernier produit de la distillation des résines, | € 'est-à-dire | la matiere grasse, a reçu de PELLETIER et WALTER ' lé nomde metanaphtaline, et de Dumas celui de rétistérène. On le purifie de la manière suivante : on fait bouillir légèrement la matière grasse pour en chasser les hydrogenes carbonés lıquides, puis on la distille à un feu vif; elle donne ainsi une substance d’un blanc orangé et de l’aspect de * cire. Après l'avoir distillé plusieurs fois, On exprime ce produit entre du papier joseph, on le dissout dans de l'alcool fort, et on traité tes cristaux par de l’acide sul furique, à des reprises différentes. La matière est pure lorsque l'acide sulfurique n’en est plus coloré.

Le rétistérène est blanc, cristallii, sans saveur, et d’une légère odeur de cire ; il fond à 67° et bout à 325%, Il est entièrement insoluble dans Pen peu soluble dans l'alcool à froid, très soluble à

chaud et surtout dans P’aleool absolu: il cristallise de sa solution en lamelles. L’éther le dissout,encore mieux ; là naphte, l'essence

de ter&benthine et les hydrogèrles carbonés dont on vient de parlersont ses meilleurs solvants. Il se distingue très bien d’autres produits émpyreumatiques par son point de fusion, son point d’ebullition et sasolubilité dans l'alcool, l’&ther et les huiles. La paraffine fond à 43, la A à 7% et LARArACURS (la para naphtaline) à 180%.

"L'analyse a donné pour le karte la même composition

que pour la naphtaline, savoir : 93,7: carbone et 6,9 — 6,5 hydrogène. |

Le retisterene né se combine pas avec les alcalis: l'acide sulfurique concentré n’y agit pas à froid, mais à chaud il le-charz

bonne. Le chlore le décompose, déjà à froid, en dégageant de l'acide hydrochlorique et en donnant un produit verdätre et’r&sinoide qui n’a pas été examine. L’acide nitrique le transforme en une matière jaune d’ocre, résineuse et uon volatile; Pan

thracene est converti dans les mêmes eirconstänces enun produit sublimable.

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