HOUR
Cette matière colorante est plus pesante que l’eau et nes’y dissout que fort peu. On peut également l'obtenir en Epuisant ie rocou par de la potasse caustique, qui donne une dissolution rouge foncé, et sursaturant celle-ci par un acide ; le principe celorant se dépose alors avec une couleur orangée.
L’acide sulfurique concentré la rend bleue, puis verte, et enfin violette; l’acide nitrique étendu ne l’altere pas à froid ; V’a- cide nitrique concentré, ajouté en petite quantité au principe jaune, lui communique une couleur verte, puis jaune, et donne ‚un produit qui détone aisément par l’echauffement.
Les huiles grasses et les huiles essentielles sont colorées parle rocou en jaune rougeàtre. | |
Suivant CHEVREUL, le rocou renferme deux principes colorants : l’un est jaune, soluble dans l’eau et l'alcool, peu soluble dans l’ether, et colore en-jaune les étoffes alunées ; l’autre est rouge, peu soluble dans l’eau, fort soluble au contraire avec une couleur orangée dans l’éther et l'alcool. |
Carotine. — On appelle ainsi la matière colorante des ca: rottes (Daucus Carota). Pour l’isoler, on épuise par de l’ether le: carottes desséchées, ou bien le coagulum qu’on obtient par l'échauffement du suc récemment exprimé; l’éther s’empare de la matière colorante et d’une huile grasse. Après avoir évaporéd dissolution, on traite le résidu par de ’ammoniaque caustique qu enlève presque toute la substance grasse. Puis on dissout de nouveau le résidu dans l’éther auquel on a mélangé un peu d’alcool. Par l’évaporation spontanée, la carotine se prend alorser petits cristaux, couleur de rubis, que l’on reconnaît à la loupt pour être des tables à quatre pans. On la met sur du papier j0seph et on enlève les dernières traces d'huile au moyen de l’ammoniaque. S
La carotine, ainsi purifiée, se conserve longtemps sans s’alté: rer, même à la lumière solaire. Elle n’a ni odeur ni saveur, n’a: git pas sur les couleurs végétales, n’est point volatile et ne se dissout pas dans l’eau. L’alcool anhydre la dissout en petite quan tité ; l'éther ne la dissout qwä la faveur d’un peu d’huile grasse Les huiles grasses la dissolvent aisément en se colorant d’un beat jaune ; cette teinte s’altere très vite par la lumière, ainsi que pa
le rancissement de l'huile, de sorte qu’on ne peut extraire la carotine que des carottes récemment desséchées. Ni l'acide acétique, ni les alcalis ne la dissolvent. (WACKENRODER. )
Plusieurs parties vegetales doivent leur couleur jaune à un principe résinoïde ; telles sont les fleurs du bouillon blanc, les narcisses, les fruits de l'églantier, l'écorce de la bourdaine, etc.
Rhabarbarine (jaune de rhubarbe, rhéine). — Les racines des diverses variétés de Rheum renferment une matière colorante jaune, ainsi que du tannin. On obtient ce principe colorant à l'état de pureté en épuisant les racines par de l'alcool , évaporant l'extrait à siccité, et traitant par l’eau tant que le mélange se trouble. On lave le résidu par l’eau froide, puis on le dissout dans l’eau bouillante, d’où la matière colorante se précipite par le refroidissement; ensuite on la dissout dans l'alcool absolu , et après avoir chassé l'alcool par la distillation, on épuise le résidu par de l’éther tant que ce liquide jaunit. On peut également traiter l'extrait alcoolique des racines par de l'acide sulfurique étendu, tant qu’il se forme un précipité foncé qui s’agglomère rapidement. Si l’on ajoute trop d’acide, le précipité devient jaune et pulvérulent, et renferme beaucoup de tannin. Enfin, un troisième procédé consiste à traiter d’abord par de l’ammoniaque l’extrait aqueux, aussi longtemps qu’ilse forme ur précipité rouge foncé, à délayer celui-ci dans peu d’eau et à y ajouter assez d'acide sulfurique pour faire disparaître la coloration rouge. Le produit obtenu d'une manière ou de l’autre est traité par l'alcool et l’éther comme celui qui a été précipité de la solution dans l’eau bouillante.
La rhabarbarine cristallise de sa solution dans l'alcool ou dans l’éther à l’état grenu, et avec une couleur orangée ; à l'é-
‚tat sec elle est inodore, mais lorsqu’elle est humide elle sent la rhubarbe. Elle est peu soluble dans l’eau froide ; elle s’y dissout mieux à chaud et se dépose par le refroidissement sous la forme d’une masse extractive. L'alcool la dissout aussi très mal à froid; il en faut 350 parties pour la dissoudre. Ses solutions sont d'une amertume désagréable et ont une légère réaction acide.
Le perchlorure de fer colore en brun la dissolution alcooli-
410 TRAITÉ | que; l’acétate de plomb lui communique la couleur dé la rouille: au bout de quelque temps il se produit dans le mélange un precipité rouge clair: a ER La rhabarbarine se dissout dans les alcalis avec une couleur violette. L’alun décolore cette dissolution d’une manière coms plete, en donnant un précipité rouge, fort beau, et parfaitement insoluble dans Peau. 4 Elle fond à une douce chaleur, et se sublime en grande partie sans s’altérer. (GEIGER.) RAT | di.
Durk est d’avis que la rhabarbarine est un produit ältere, et: qu'ellenese trouve passouscetteforme dansla thubärbe, H proposé done d’épuiser celle-ci par une dissolution ammoniacale, de fairé digérer l'extrait avec du carbonate de baryte jusqu’à ce que lo deur ammoniacale ait entièrement disparu, et que les sels de fér n'en soient plus précipités en vert. Puis il jette sur ün Gltre 4 dissolution barytique, la précipite par de l’acide hydrofluosilici= que, évapore le tout à siccité, verse dessus une dissolution d’ammoniaque dans l'alcool, filtre, précipite par de l’acétate de plomb basique, et décompose le précipité par de l'hydrogène sulfuré. Par l’&vaporation on obtient alors une masse hygroscoz pique, jaune rougeätre, et entremélée de cristaux, et c’est cette masse que DULK considère comme lé principe colorant pur. I lui donne le nom de rhéine. Les analysés que BRANDES a faites de cettesubstanee, ainsi que de la combinaisor barytique, ne pré: sentent pas des résultats concordants, et tout le travail demandé par conséquent à être repris. | “Rumicine. — Ge principe a été découvert par GRIGER dansla racine de Rumex patientia ; on l'extrait par le même procédé que la rhabarbarine. It possède: presque toutes les propriétés de cette dérnière, et il serait possible qu’elle fût identique avec elle. L.#8 2. 44 Rhaponticine (jaune de rhubarbe). = HorwemANw 4 trouvé cette matière colorante dans la racine de Zhetmi rhaponticum. Pour lobtenir on mélange Pextrait: de cette racine avec de l’eau tant qu'il se forme un précipité jaune; après lavoir lavé à Petu froide et à Palcool, on le dissout dans Paleool bowillant ; la rhäponticine eristallise alors par l’évaporätiont spontanée. C’ést une
poudre cristalline, jaune et brillante, sans saveur ni odeur ; elle est peu soluble dans l'eau et dans l'alcool froid, elle se dissout avec facilité dans l'alcool bouillant, l’éther et les alcalis. Le proto: niträte de mercure, le chlorure de platine et le chlürure d’or précipitent sa solution alcoolique. On prétend qu’elle renferme de l'azote.
Luteoline (jaune de gaude). — Toutes les parties de la gaude (Reseda Luteola L.) renferment un principe colorant qui communique à l’extrait aqueux de cette plante une couleur jaune, qui est verdâtre par l'emploi de beaucoup d’eau. Les acides font pàlir là couleur: tes alcalis, ainsi que certailis sals neutres, la rendent plus foncéé. La décoction donne de beaux précipités jaunes avec l’alun, le protöchlörure d’étain et l’acétate de plomb; avec le protösulfate de fer elle produit un précipité gris noirätre, et avee le sulfäte de cuivre un autre de couleur brun verdätre.
La lutéoline, que CHEVREUL a lé premier isoléé, peut être sublimee et s’obtenir ainsi en aiguilles: Elle se dissout dans Peau avec une couleur jaune pâle, elle se dissout avec la même teinte dans Palcoo!l et dans l’éther. Elle se combine avec les acides et avec les basés. La combinaison qu’elle forme avec la potasse est d’un jaune doré, verdit peu à peu à l'air, et devient enfin d’un beau rouge, Ä
Cette partie colorante de la gaude est d’un emploi assez fréquent en teinture.
Quercitrin (jaune du quercitron, acide quercitrique). — Ce principe colorant a été extrait par CHEVREUL de l’&eorce du Quercus nigra L. (Quercus tinctoria Mich.); BOLLEY, qui l'a examiné, le représente par la formule C;, H,, O, + ag.
On Fobtient en épuisänt l'écorce pulvérisée par de l’alcool de 0,84 et dans un appareil dé déplacement, précipitant le tannin par de la gélatine ou par un peu de chaux, et évaporant lé liquide filtré. On le purifie en le dissolvanit à plusieurs reprises dans l'alcool, ajoutant de l’eau et évaporant la dissolution.
C’est une poudre cristalline, d’un jaune de chrôraé ou de soufré, sans odeur, légèrement amère, soluble dähs 400 parties d’eau bouillänté, et dans 4 ou 5 parties d'alcool absolu. Elle ne s’altère pas à l’air ; sa solution prend peu à peu une teinte rouge brun.
ra een NET ur B- en Fe de. RE EEE IE BE RE
re UN
Le quercitrin donne par la distillation sèche un sublimé jaune qui se concrète par le refroidissement ; en même temps il laisse un résidu de charbon ; quand on le chauffe avec un mélange d’acide sulfurique et de peroxide de manganèse, il fournit de l’acide formique. Sa dissolution réagit acide et neutralise parfaitement l’eau de baryte ; elle s’altere par l’évaporation.
Le sel de plomb qu’on obtient en précipitant la dissolution alcoolique du quereitrin par une dissolution également alcoolique d’acétate de plomb , présente la composition C4 H,. O, + Pb O. (BozLEY.)
Morin (principe du bois jaune). — Le bois du Zrousonettia ou Morus tinctoria, connu sous le nom de bois jaune, renferme une matière colorante qui a été extraite par CHEVREUL à l’état de pu-. reté. On Pobtient en épuisant le bois par l’eau, évaporant l’extrait jusqu’à ce qu’il dépose des cristaux par le refroidissement, dissolvant ces cristaux dans l'éther et évaporant de nouveau.
Ce principe forme des aiguilles jaunes, raccourcies et groupées ensemble ; il est amer, et rétablit la couleur jaune du curcuma bruni par l’eau de chaux ; il est peu soluble dans l’eau, mème à l’Ebullition ; la dissolution concentrée dépose par le refroidissement des flocons cristallins ; il est plus soluble dans l’alcool, et mieux encore dans l’éther ; ces dissolutions le déposent par l’évaporation à l’état cristallin.
Lorsqu’on le chauffe en vases clos, il fond et donne à la distillation un liquide jaune qui se prend par le refroidissement en aiguilles jaunes ou rougeätres , qui colorent en vert le sulfate de fer ; il passe en même temps de l’eau, de l’huile empyreumatique et du gaz, et il ne reste que peu de charbon.
L’acide nitrique bouillant le transforme en acide oxalique ; l’acide sulfurique concentré le dissout avec une couleur orangeverdätre. |
Sa solution aqueuse rougit à l'air ; l'acide nitrique lui communique également une teinte rougeätre en la troublant; l’acide sulfurique concentré et les alcalis augmentent l'intensité de la couleur jaune sans occasionner de trouble. Une dissolution d’alun la colore en jaune-verdâtre, le sulfate de fer la précipite en vert.
On rétire quelquefois du bois jaune, outre le morin que nous venons de décrire, des cristaux plus clairs, le morin blanc, qui diffère quelque peu du précédent par ses propriétés, notamment par sa réaction avec le sulfate de fer; qu'il ne colore pas en vert, mais en rouge grenat.
Jaune de fustet. — Le fustet est le bois du Rhus Cotinus, L. ; ilrenferme un principe jaune, probablement cristallisable. On Fobtient ordinairement à l’état d’un vernis orangé, tirant sur le vert, et doué d’une saveur astringente; il est très soluble dans l'eau. L’acide sulfurique concentré le dissout avec une couleur orangée, un peu brunâtre. Sa dissolution aqueuse prend par la potasse caustique une belle couleur pourpre qui devient peu à peu rouge-jaunätre ; l’eau de baryte et l’ammoniaque se comportent à peu près de même ; l’alun et le protochlorure d’étain avivent la couleur jaune de la solution aqueuse ; l’acétate de plomb et l’acétate de cuivre y précipitent des flocons rouges: les sels de protoxide de fer la colorent en vert d’olive et occasionnent en même temps un précipité brun.
La solution de ce principe jaune communique à la laine alunée une belle couleur orange , tirant légèrement sur le vert.
Jaune de carthame. — On le prépare en épuisant le carthame (Carthamus tinctorius) avec de l’eau. En faisant digérer l'extrait avec de l'alcool, évaporant la dissolution, traitant de nouveau par l’éther et l'alcool, on obtient la matière colorante plus pure. C'est une masse d’un jaune-brunätre foncé, molle, d’une saveur à la fois mordicante, salée et amère, et très soluble dans l’eau ; toutefois, lorsqu'elle a été bien purifiée, elle ne se dissout qu’en partie dans ce liquide. La solution réagit légèrement acide ; la portion insoluble dans l'eau est visqueuse et se dissout assez bien dans l’alcool et l’éther ; cette dissolution ne réagit pas acide. L'eau trouble cette dernière, en précipitant des flocons jaune
“clair. Les acides décolorent un peu la solution aqueuse, les alca- … lis la rendent rougeätre et plus foncée; le perchlorure de fer lui communique également une teinte plus foncée; il n’agit pas de la même manière sur la dissolution alcoolique. Le protochlorure d'étain et l'acétate de plomb précipitent en jaune la solution
4i4 TRAITE
aqueuse; le sulfate de cuivre y occasionne un pee vert d'olive. QE:
La matière colorante et comme on vient de le dire n’est pas pure; elle renferme encore des parties grasses et d’autres substances. On ne la connaît pas à l’état de parfaitepurete. M
Jaune de datisca. — Les feuilles et les jeunes tiges du Datisca cannabina renferment un principe jaune particulier. C’est une masse jaune-brunätre et transparente, d’une saveur amère, très soluble dans l’eau; la solution jaune devient plus pâle par l'effét des acides; les alcalis a rendent plus foncée ; Palun avive la couleur jaune; l’acétate de plomb ne précipite pas la solution ; les sels mercuriels y occasionnent un précipité. L'alcool dissout fort peu le principe jaune. Ce corps communique une teinte jaune fort durable aux laines alunées.
Plusieurs plantes renferment des principes jaunes analogues : telles sont les feuilles de Narcissus pseudo-narcissus, Genista #inctoria, Serratula tinctoria, Betula alba, les noix de galles, etc.
Graine d'Avignon. — Cette graine est le fruit vert du Rhamaus cathartica, Rhamnus infectoria, etc. ; elle renferme-une matiere colorante jaune qui possède une saveur amère et nauséa- DORE Ce pbinpipe est soluble dans l’eau ; les you le pins chlorure d'été et l'acétate de at le prééblent A en jaune. Le perchlorure defer lui communique une teinte plus foncée sans le précipiter. D'après CHEVREUL, cette matière colorante se volatilise par la chaleur, lorsqu'elle est pure, sans se décomposer. Ons’en sert dansıla fabrication du stil de grain.
Jaune de safran (polychroïte). — Textrait aqueux du safran (Crocus sativus) cède à l'alcool une matière colorantejaune. C'est une masse d’un jaune-rougeâtre foncé, très soluble dans l’eauret
l'alcool, presque insoluble dans l’éther et dansiles huiles, d'une ‘légère:odeur de miel:et d’une odeur safranée: et amere. La’solution aqueuse, répandue sur une plaque de verre, colore l'acide sulfurique d’abord en bleu foncé, puis en brun; l'acide nitrique lui donne d'abord une teinte verte qui s’altère peu à peu.
Suivant HENRY, cette substance renferme encore de l’huileët de l’acide. Lorsqu'on l’en a purifiée au moyen de l’öther ou des
DE CHIMIE ORGANIQUE. 415 alcalis;elleest rougeécarlateen masse, sans odeur, peu amère, très peu soluble-dans l’eau avec une teinte jaune, fort soluble dans l’al-
„eool avecrune couleur jaune-rougeätre, soluble dans l’ether, les huilesigrasses et les huiles essentielles. Les alcalis la dissolvent aiément:; les acides précipitent la solution. Du reste, elle se comportecomme il a déjà été dit; Ja lumière Paltöre promptement.
Jauneidu Lichen parietinus.—On le prépare, suivant ScHRA- DER, en épuisant la plante avec de l'alcool bouillant ; il eristallise 1alorsipar lerrefroidissement.de la solution:en lamelles allongées et
‘brillantes que l’on peut pétrir.entre les doigts. Ces cristaux fon- ‚dent -aisement par da chaleur et se figent en une masse qui se pulmérise fort mal. - | |
mil est insoluble dans l’eau, soluble dans l'alcool, Pöther et la
‚potasse. D'après «HERBERGER, on peut le sublimer en partie.
L’acide sulfurique concentré le dissout avec une couleur eramoisie, qui devient bientôt d’un rouge de sang. La solution alcaline rest aussi cramoisie au commencement, mais elle finit par devenir miolétte; les ‘acides en séparent la matière colorante à l’état de ‘flocons jaunes. Le protoxide d’&tain et l’oxide de plomb forment avec’elle des précipités blancs. | » »Eorsqu’on maintient la matière colorante jaune en ébullition avec de l’eau, elle s’y dissout en partie; la portion dissoute se précipite par le refroidissement à l’état rouge et cristallin; elle westrinsoluble dans l’eau froide, très soluble dans l'alcool, l'éther, dés huilesıgrasses: et:lesihuiles essentielles. L’aeide sulfarique, les alealis eaustiques etrles alcalis carbonatés la dissolvent avec une scouleur rouge;-leprotoxide d’étain et l’oxide de plomb donnent savec.elle des combinaisons rougeâtres. | » „Le ‚lichen renferme)8 {-pour.cent de‘matiöre colorante don ; de principe rouge. | maSpiréine. —C'est le principe jaune des fleurs de reine des prés (Spirea ulmaria); on peut l'en extraire au moyen de l’éther. “On: lerprécipite-de la solution éthérée avec de l’eau, on le dissout en suite dans l'alcool, qui sépare, par le refroidissement, de la matière grasse. Par l’évaporation du liquide, on obtient enfin la »piréine. Pour l'avoir parfaitement pure, il faut la dissoudre à plusieurs reprises dans l'alcool.
"OR Fe
LA
C'est une poudre jaune et cristalline, insoluble dans l’eau, fort soluble dans l’&ther et l’alcool. Les solutions concentrées sont vert foncé ; à l’état étendu, elles sont jaunes et rougissent légèrement le tournesol. Les alcalis caustiques la dissolvent avec une couleur jaune ; elle expulse l'acide carbonique lorsqu’on la chauffe avec une Solution de carbonate de potasse ; les acides l’en précipitent sans altération. Les solutions alcalines brunissent à Foi et se décomposent.
L’eau de baryte , le sulfate d’alumine et l’émétique précipiteit en jaune la solution alcoolique de la spiréine, l’acétate de plomb y produit un précipité cramoisi qui noireit par la dessiccation. Les sels de protoxide de fer la précipitent en. vert foncé , ceux de peroxide en noir ; les sels de zinc mélangés d’un peu d’ammomoniaque. La Rs ride avec l’oxide de cuivre est ds vert-pré.
Le nitrate d'argent ne précipite la solution alcoolique que par une addition d’ammoniaque, qui ne dissout pas le précipité noir ainsi produit. Le protonitrate de mercure donne un précipité brun-jaunätre qui devient bientôt brun foncé. Le sublimé corrosif, le chlorure d’or et le chlorure de platine ne précipitent pas la solution.
LoEwIiG et WEIDMANN ont trouvé dans la spir&ine 59, 4 carbone, 5,14 hydrogène et 34,92; ils caleulent de ces nombres la formule GC; H,4 O, qui «exige une quantité de carbone bien moindre que celle qui a été trouvée par l'expérience. La combinaison plombique obtenue en précipitant la dissolution alcoolique de la spiréine par une dissolution également alcoolique d’acétate de plomb aurait, suivant eux, la composition C,, H,, O,+ Pb O. | |
La spiréine se décornpose à une température élevée. L’acide nitrique concentré la dissout à chaud avec une couleur rouge, et ne l’altere que par une ébullition prolongée, sans former toutefois de l'acide oxalique.
Distillée avec un mélange d’acide sulfurique et de protoxide de manganèse ou de bichromate de potasse, elle fourpit de l'acide formique et de l’acide carbonique,
L’acide sulfurique la dissout sans altération, et l’eau la précipite intacte de cette dissolution. L’acide hydrochlorique est sans action sur elle. Le bröme la décompose en dégageant de l'acide hydrobromique, et en produisant une masse rouge particulière, composée de plusieurs combinaisons. (LOEWIG et WEIDMANN.)
Chelidoxanthine. — Principe jaune et amer contenu dans la racine, les feuilles et les fleurs du Chelidonium majus. Il forme des aiguilles confuses ; le plus souvent, on l’obtient à l’état d’une masse jaune, friable, peu soluble dans l’eau froide, assez soluble dans l’eau bouillante; il est insoluble dans l’éther et se dissout assez bien dans l'alcool aqueux. Les solutions sont d’un jaune intense, possèdent une saveur extrêmement amère et ne sont altérées ni par les acides ni par les alcalis. La dissolution aqueuse est précipitée par l’infusion de noix de galles. (PROBST, voir Ann. der Pharm. t. XXIX, p. 198.)
Xanthophylle ou jaune des feuilles. — On l'extrait des feuilles jaunes qui tombent en automne , en les épuisant avec l’alcool et évaporant la solution jusqu’au huitième. Le résidu dépose alors une substance grasse dont on obtient encore davantage en éloignant complétement l'alcool. C’est là le principe jaune mêlé d’une huile grasse et d’une graisse solide qu’on peut enlever en partie en les saponifiant et en traitant par l’éther à froid ; toutefois, on ne parvient pas à l’en dépouiller d’une manière complète. Le principe jaune des feuilles dérive probablement de la chlorophylle (principe vert). Cependant, on n’a pas encore réussi à reconvertir cette dernière en xanthophylle.