‹ Traité de chimie organique (volume 2)Chapitre 55 sur 80 · CH, 0;,+50+N D.==604.H5D;, N,+5H · texte numérisé non relu

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Variolarine. — Suivant ROBIQUET, le Yariolaria dealbata, traité directement par de l'alcool bouillant, donne une solution qui renferme de l’orcine toute formée : par le refroidissement, l'extrait dépose de fines aiguilles blanches, différant de l’orcine par leurs propriétés, et dont. on obtient une plus grande quantité par l’évaporation du liquide. Ce corps n’agit pas sur les couleurs végétales ; il se dissout dans les alcalis aqueux sans former de matière rouge au contact de l’air. Il se décompose sans fondre par la distillation sèche, et produit alors un sublimé blane et cristallin, en laissant beaucoup de charbon.

Lorsqu'on évapore à siccité l'extrait alcoolique du lichen et qu'on reprend le résidu par l’eau, celle-ci dissout l’orcine , eton obtient alors ce principe en évaporant la solution aqueuse à consistance de sirop. A l’aide du charbon, on décolore les cristaux qui s’y déposent. ;

L’extrait alcoolique du lichen, après avoir cédé à l’eau l’oreine qu'il renferme, laisse un résidu qui se dissout en grande partie dans l’éther avec une couleur verte. La solution éthérée donne, par l’évaporation, des aiguilles blanches baignées d’une eaumère colorée. Ces cristaux ont reçu de ROBIQUET le nom de variolarine. On les purifie par des lavages à l’alcool et à lé ther ; ils se dissolvent assez bien dans ces deux liquides, fondent à une douce chaleur, et se volatilisent à une température éleyée

Sans laisser de résidu et en donnant une huile incolore, d’une odeur forte et agréable, ainsi qu’une substance cristalline qui ne paraît être que de la variolarine non altérée.

Ces deux substances observées par ROBIQUET ont beaucoup de ressemblance avec les principes décrits par ScHUNGK ; cependant il nous manque encore à cet égard des données assez certaines pour établir leur identité d’une manière définitive.

Erythrine et pseudo-érythrine. — HEEREN nomme äfnsi deux principes qui, suivant lui, constituent en plus grande partie le Parmelia Roccella et le Lecanora tartarea et se transforment, au contact de l’air et de l’ammoniaque, en des matières colorantes rouges. Dans ces derniers temps, KANE a fait de ces deux substances l’objet d’un travail particulier, mais les recherches de ce chimiste sont loin, ce me semble, d’en éclaircir l’histoire. Voici du reste le résumé de ce travail.

Pour préparer l’Erythrine, HEEREN épuise les lichens par de Valcool chaud, non bouillant, mélange l'extrait avec deux fois son volume d'eau, fait bouillir, ajoute de la craie réduite en poudre fine jusqu’à ce que le précipité se rassemble en flocons, jette le mélange sur un filtre et laisse refroidir le liquide filtré. L’erythrine s’y dépose alors à l’état d’une poudre fine et brunà tre ; on la purifie en la dissolvant à chaud dans de l'alcool et decolorant par du charbon animal. |

‚Si l'on épuise les lichens par de l’alcool bouillant et qu’on traite l'extrait comme précédemment, on obtient, en place de l'érythrine, un dépôt coloré de pseudo-érythrine qui, dissoute dans l'alcool bouillant et traitée par le charbon animal, cristallise en larges feuillets ou en aiguilles incolores. L’érythrine au contraire ne se présente qu’à l'état d’une poudre ténue, rougeätre et à peine cristalline.

Kane donne à la pseudo-érythrine de HEEREN le nom d’erythrine, et à l'érythrine de ce chimiste celui d’erythriline. Après avoir traité le lichen par de l’alcool chaud, il a évaporé l'extrait à siccité et repris le résidu par l’eau bouillante. L’extrait aqueux lui a fourni, par le refroidissement, une masse de cristaux semblables à l'acide borique et identiques par leurs caracteres à la pseudo-érythrine de HEEREN. Il ne le considère pas

comme un produit de décomposition de l’Erythrine, mais ilregarde cette dernière comme un mélange de plusieurs principes définis.

Ce qui ajoute encore à la confusion de ce sujet, c’est l’observation de KANE d’après laquelle la solution aqueuse et bouillante du résidu de l’extrait alcoolique donne quelquefois des cristaux d’erythrine (de pseudo-Erythrine) en si grande quantité que le tout se prend en masse, tandis que d’autres fois on n’obtient que fort peu de cristaux, surtout lorsque l’Ebullition avec l’eau a été maintenue pendant quelque temps. Il s'opère évidemment, dans ce dernier cas, une réaction par l'effet de la température élevée; du reste, KANE a remarqué que les cristaux une fois formés et bouillis de nouveau avec de l’eau disparaissent en majeure partie, ce qui est bien la preuve d’une décomposition. Mais KANE n’a pas examiné en quoi elle consiste.

Qu'on se rappelle maintenant que la lécanorine se décompose par l’ébullition en acide carbonique et en orcine : il est donc fort probable que l’érythrine subit une transformation analogue.

Nous allons décrire maintenant les méthodes employées par HEEREN et Kane pour l'extraction de ces principes. On verra qu’elles ne rendent pas compte de la forme sous laquelle les mas tières colorantes se trouvent dans les lichens.

Suivant HEEREN, On obtient l’érythrine le plus aisément, en épuisant les lichens par de l'ammoniaque liquide, précipitant la solution ammoniacale par du chlorure de calcium, séparant le dépôt, et précipitant de nouveau le liquide filtré par de l’acide hydrochlorique. Gelui-ei précipite l'érythrine; on la purifie comme nous l'avons déjà indiqué.

Kane dissout dans la potasse diluée l'extrait alcoolique traité par l’eau bouillante, et précipite le liquide filtré par de l'acide hydrochlorique ; ensuite il reprend le précipité, bien lavé, par de l’ammoniaque faible, mélange la dissolution avec du chlorure de calcium, filtre et précipite le liquide filtré par de l'acide hydrochlorique. Le nouveau précipité ainsi obtenu est l’érythriline de Kane; c’est une poudre jaune ou verdätre, peu soluble dans l’eau, fort soluble dans l'alcool, l’éther et les alcalis ; par une ébullition prolongée avec de l’eau, elle donne une solution

amère et brune (amer d’erythriline). Elle se décompose à une temperature supérieure à 100°. La dissolution ammoniacale de ce corps donne un précipité verdätre avec l’acétate de plomb. La pseudo-érythrine de HEEREN (l'érythrine de KANE) crisallise en feuillets blancs et brillants, fusibles à 120°. Elle est à peine soluble dans l’eau froide, fort soluble dans l’eau chaude ; sa solution aqueuse se colore à l’air. Chauffee dans une solution ‘aqueuse et saturée, elle fond en une huile qui, une fois refroidie, se divise en lamelles par l’attouchement. Elle se dissout dans 5 parties d’alcool de 60 centièmes, de même elle se dissout dans Péther et les liquides alcalins. Les solutions dans les alcalis bru- -nissent à l'air ; la solution ammoniacale acquiert peu à peu une teinte rouge de vin. La pseudo-érythrine se décompose par la distillation sèche; sa solution ammoniacale donne un précipité blanc avec les sels de plomb solubles. | . L'érythrine préparée d'après le procédé de HEEREN fond au dessus de 100°; à la température de l’ébullition, elle se dissout dans 2,29 parties d'alcool de 89 centièmes, et à froid, dans 22 1/2 parties. Par l’ébullition avec de lalcool elle se transforme en pseudo-érythrine. Elle se distingue des substances décrites par Kane par son insolubilité dans l’éther, ainsi que par sa solubilité dans l’eau bouillante (170 parties) ; elle se dissout dans les alcalis fixes et dans l’ammoniaque, et se dépose de cette dernière, par l’Evaporation, à l’état cristallin. Sous l'influence prolongée de lammoniaque, elle se convertit en une substance amère qui devient peu à peu rouge (amer d’erythrine). Cette matière colorante s'obtient, suivant HEEREN, lorsqu'on abandonne à l'air, dans un lieu chaud, une dissolution d’erythrine dans l’ammoniaue très faible ; le liquide jaunit déjà au bout de quelques minutes, et, après 24 heures, il est rouge comme du vin de Bourgo. gne. Si on l'évapore alors, jusqu'à ce qu’il commence à se troubler, et qu'on y ajoute ensuite du carbonate d’ammoniaque en poudre, il se produit un précipité châtain qui devient jaune par le frottement et acquiert un éclat métallique. D’autres sels, tels que le sel marin, le sel ammoniae, etc., produisent le même effet Que le carbonate d’ammoniaque. ( Cette matière brune n’est soluble ni dans l'eau ni dans l'ammo- 31"

niaque, ce qui prouve qu’elle ne se trouve pas comme telle dans la solution d’où elle a été précipitée ; elle se dissout aisément dans les alcalis fixes et caustiques avec une couleur pourpre. Dans l'alcool elle se dissout avec une teinte cramoisi foncé ; la solution, évaporée à siccité, donne un résidu d’où l’ammoniaque extrait une matière colorante violette, en laissant une autre substance jaune. La matière violette reste, après l'évaporation de lammoniaque, à l'état d'une poudre rouge, peu soluble dans l'eau, fort soluble dans les alcalis avec une belle couleur violette; cette même matière est insoluble dans l’éther. L’hydrogene sulfuré décolore sa solution ammoniacale ; par l’ébullition on en voit reparaître la couleur.

Lorsqu'on fait bouillir l’&rythrine avec une solution de carbonate d’ammoniaque, elle se transforme rapidement dans la matiere brune et amère dont nous venons de parler; celle-ci s’obtient, par l’&vaporation, à l’état d’une masse brune, non cristalline, fort soluble dans l’eau et l'alcool. Sa couleur brune est accidentelle, car elle ne: se présente pas lorsque l’amer d’érythrine a été préparé à l’abri complet de Pair. |

L’amer d’erythrine ne renferme pas d’ammoniaque, et se transforme également au contact de l’air et de Pammoniaque en une matière colorante rouge.

La pseudo-érythrine de HEEREN se distingue, d'après ce chimiste, de l’érythrine, en ce qu’elle ne donne pas comme celleci de l’amer d’erythrine; la pseudo-érythrine se transformerait donc en matière colorante rouge sans donner lieu à cette combinaison intermédiaire.

Contrairement aux observations de HEEREN, KANE prétend que la pseudo-érythrine, ou, comme il tanpelies l’erythrine, se transforme directement en amer d’érythrine (amarythrine), lorsque sa solution aqueuse et chaude se trouve abandonnée à l'air; le produit présente, d’après lui, une saveur à la fois sucrée et amère.

Suivant HEEREN, l’amer d’erythrine se formerait sans le contact de l'air; suivant KANE, au contraire, ilrésulterait d’une absorption d’oxigene. |

Selon KAne, l’amer d’érythrine, abandonné à l'air en solution

aqueuse, devient peu à peu cristallin ; il se produit ainsi un corps nouveau, la télérythrine.

Voici la composition des matières examinées par le chimiste

anglais :

Pseudo-érythrine de HEEREN, d'après l'a- Erythrine nalyse de J. L. de KANE. Erythriline. Telerythrine.

Carbone 60,810 — 61,19 — 61,16 — 67,83 — 67,06 — 44,19 — 45,35 Hydrogène 6,334 — 6,20 — 6,31 — 8,13 — 8,31 — 2,78 — 3,67 Oxigène 32,856 — 32,61 — 32,53 — 24,04 — 24,57 — 51,43 — 50,98

KANE interprète ces nombres par les formules suivantes :

Erythrilne Ce Hs O, Erythrine GC, H. © Amarythrine Ce H;, Ou Sei à sel de plomb).

Telerythrine C> Hs, Ov

Le traitement de l’extrait alcoolique ou ammoniacal des lichens par une solution de chlorure de calcium, d’après le procédé de HEEREN, a pour but d’en séparer une matière qui ressemble à un acide gras, et à laquelle ce chimiste a donné le nom d’acide roccellique. (Voir plus haut, p. 161.)

Alpha-orcéine et béta-orcéine. — L'orseille d'Angleterre renferme, suivant KANE, deux matières colorantes, auxquelles il donne le nom d’alpha-orceine et de beta-orceine. La béta-orcéine renferme C,, Ho N, O,; cette composition n’est done pas la même que celle que Dumas assigne à l’orcéine ; l’alpha-orcéine contient C,, Ho N, O,; ainsi ces deux matières ne differeraient entre elles que par la proportion d’oxigène. La béta-orcéine se épare de sa solution aqueuse ou alcaline, à la manière des avons, lorsqu'on y ajoute du sel marin ou un autre sel.

Enfin KANE parle encore d’une troisième matière colorante, acide érythroléique, qui est huileuse, semi-fluide, rouge, insouble dans l’eau, fort soluble dans les liquides alcalins. La formule C,, His O, s’accorde le mieux avec son analyse. Toutefois, comme la composition des principes incolores renfermés dans es lichens n’est pas encore très bien établie, cette expression ne peut pas être définitivement arrêtée,

Lorsqu’on dissout l’alpha-orcéine dans ’ammoniaque et qu’on place dans la solution, mise à l’abri de l'air, une lame de zinc métallique, elle se décolore complétement; en employant un excès d’ammoniaque, on obtient ainsi un précipité blanc, qui, exposé à l'air, devient violet et enfin pourpre. Ce précipité, Séché dans le vide, a pour composition C,, Ho No O4 +3 Zn O Æ 4 aq. (KANE) ; la combinaison correspondante de la béta-orcéine renferme C;, H,, N. O, +3 Zn O + 4 ag.

La béta-orcéine est décomposée par le chlore ; la nouvelle combinaison renferme du chlore à la place d’une bare quantité d'hydrogène. -

Kane n’a trouvé d’oreine dans aucun des lichens examinés par lui.

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