ALOES
L’aloes du commerce est le suc épaissi de plusieurs variétés du genre Aloe (soccolrina, perfoliata , spicata). C’est un médicament fort estimé et souvent employé dans l’art de guérir.
Il renferme une matière azotée particulière qui se distingue principalement par ses réactions avec l’acide nitrique.
On prépare les bonnes sortes d’alo&s en desséchant au soleil Je sue qui s'écoule naturellement des feuilles dont on a coupé la pointe. L’extrait obtenu par l’Ebullition ou l'expression des feuilles est moins recherché.
L'aloës succotrin (du nom de l’île Socotorah) s'emploie de préférence aux autres variétés ; il se rencontre dans le commerce sous forme de grosses masses rouge brun, à cassure conchoïde, diaphanes et rouges en lames minces ; les faces de cassure sont brillantes. Ilse réduit aisément en une poudre jaune, couleur de safran, et possède l’odeur de la myrrhe. Sa saveur est franchement amère et très persistante. |
Il se dissout parfaitement dans l'alcool et dans l’eau bouillante: sa solution aqueuse, saturée à chaud, dépose par le refroidissement une matière brune et pulvérulente qui se redissout dans : l'eau bouillante et s’y dépose de nouveau sans altération.
Amer d'aloës.
L’extrait aqueux de l’aloès, fait à froid, renferme le principe actif de ce médicament; le résidu insoluble est assez amer, et présente les mêmes caractères que le dépôt produit dans les solutions chaudes. Ce dernier est résinoïde .et se dissout complétement dans l’eau bouillante.
Préparé à froid et à l’abri de l'air, l'extrait d’aloès est jaune ; au contact de l'air il brunit; il donne, par l’évaporation, une. masse brunètre et diaphane, fort amère, soluble en petite quantité dans léther, fort soluble dans l'eau et l'alcoo!. La solution
aqueuse est sans action sur les couleurs végétales ; l'acide sulfurique la précipite sous forme de résine.
BRACONNOT emploie l’oxide de plomb pour purifier dayantage la partie de l’aloès insoluble dans l'eau froide; il ajoute cet oxide à la solution de l’aloès succotrin préparée à froid et bouillante. iLe liquide filtré fournit, selon le même chimiste, le principe amer à l’état de pureté.
WinckLer sature l'extrait bouillant de l’aloès par du sulfate de soude et laisse refroidir ; puis il filtre pour séparer le dépôt et les cristaux, et évapore davantage, l’amer d’aloès se sépare alors à la surface du liquide sous la forme d’une résine. En dissolvant celle-ci dans l’alcool et évaporant à siccité, on obtient un extrait jaune-clair, dont la quantité s'élève à peu près à 34 pour cent de l'aloès employé.
Toutes les recherches faites jusqu’à présent sur ce corps sont fort incomplètes et demandent à être reprises. Le dépôt, considéré ordinairement comme de la résine, se dissout aisément dans les alcalis et même dans l’eau de chaux; ilparaît être le ré- . sultat de l’action de l’air sur la partie soluble dans l’eau froide ; la solution alcaline est précipitée par les acides.
Une solution aqueuse de l’aloès, préparée à froid, est précipitée en brun par l’acétate neutre de plomb; lorsque ce sel n’occasionne plus de précipité, l’acétate basique produit, dans le liquide filtré, un nouveau précipité jaune clair, de sorte que si l’on neutralise chaque fois par de l’ammoniaque l'acide mis en liberté, on peut entièrement faire disparaître l’'amertume de la dissolution. Les alcalis rendent plus foncée la teinte de la solution aqueuse, les persels de fer produisent le même effet.
L’aloès, soumis à la distillation sèche ou fondu avec de l'hydrate de potasse, donne .de l’ammoniaque en abondance.
Produits de décomposition de l’aloes par l'acide nitrique.
Lorsqu'on traite à chaud l’aloes par de l'acide nitrique, il se forme une série de produits dont la composition dépend de la concentration de l'acide et de la durée de l’action. L’acide nitrique dilué donne de l’amer d’aloes artificiel, et ce corps se transforme, par l’action prolongée d’un acide plus fort, en acide chry-
sammique, et enfin en acide chrysolépique.Les recherches les plus remarquables faites à cet égard sont dues à BRACONNOT et à
SCHUNCK ; le premier chimiste a découvert l’amer d’aloes, les deux autres produits ont été obtenus par SCHUNCK. |
Amer daloes artificiel ou acide polychromatique. — On chauffe dans une cornue 1 partie d’aloes succotrin avec 8 parües d’acide nitrique de 1.95 densité ; la réaction est fort violente et accompagnée d'un dégagement de vapeurs nitreuses. On évapore à consistance de sirop la dissolution jaune foncé et on l’étend d’eau froide ; l’amer d’aloès se précipite alors à l’état impur. On le purifie par des lavages à l’eau, jusqu'à ce que le liquide qui, passe prenne une couleur pourpre. Les eaux de lavage retiennent beaucoup d'acide oxalique. Vor
Lorsqu'il a été bien lessivé, l’amer d’aloes artificiel se presente à l'état d’une poudre jaune ou brune, d’une saveur amère et fort astringente, et rougissant le tournesol. Il se dissout dans 800 à
850 parties d’eau, avec une couleur pourpre; il s’y dissout mieux
par l’ébullition. Les acides colorent sa solution en jaune.
Par la distillition sèche , il se décompose avec explosion et dégagement de lumière. TON |
I! se dissout à chaud dans les acides étendus et s’en sépare par le refroidissement ou lorsqu’on y ajoute de l’eau.
Sa solution aqueuse et bouillante communique à la soie une teinte pourpre foncé, tirant un peu sur le brun ; si l’étoffe a été d'abord mordancée avec des sels de cuivre, d’etain, ou avec de l'alun, on peut y fixer toutes les nuances de brun, de bleu, de violet, de vert et de jaune. Ces teintes résistent à l’eau de savon; toutefois la lumière les fait pälir à la longue. La laine se teint par ce corps en rouge noirâtre.
L'amer d’aloès artificiel se dissout aisément dans les liqueurs alcalines et aqueuses avec une couleur brun rouge. Lorsqu'on ajoute une solution de chlorure de barium à une solution alcaline et saturée de ce corps, il se produit un précipité rouge brun, et le
liquide surnageant conserve sa teinte rouge foncé. Le précipité
et le liquide renferment deux corps distincts, doués de propriétés acides, et qu'il faut considérer comme les principes essentiels de
Bo
l’amer d’aloes artificiel ; l’un a reçu de Scnunck le nom d'acide aloétique, et Vautre celui d'acide aloérétinique.
L’acide aloérétinique se trouve en combinaison avec la baryte, dans le précipité rouge brun, et peut en être extrait au moyen de l'acide nitrique. Ses combinaisons avec les oxides des métaux pesants sont,en grande partie, insolubles et de couleur brune ; celles .ayec la potasse et la soude ne cristallisent pas, mais dornent, à l’évaporation, des masses épaisses et gélatineuses, de la même couleur.
On obtient l’acide aloétique en ajoutant de l’acide vitrique au liquide séparé par le filtre du précipité barytique ; il se dépose alors à l’état d’une poudre jaune clair, non cristalline, et qui donne avec les bases des sels rouges, en grande partie solubles.
La solution saturée de cet acide dans la potasse donne par l’Eva-
poration et le refroidissement de petites. aiguilles brillantes, d’un
rouge de sang foncé ; par l’&vaporation spontanée, on les obtient - d’une assez belle dimension et d’une couleur de rübis,
La composition de ces deux acides n’a pas encore été déterminee.
Acide chrysammique. —G,, H, N, O,., H, ©. (ScHUNckK.) — Pour préparer cet acide, on délaie 1 partie d’aloès dans 8 parties d’acide nitrique de1,37 ‚et l’on chauffe la masse dans une grande
capsule en porcelaine jusqu’à ce que la première réaction soit passee; ensuite on verse le liquide dans une cornue et l'on en chasse par la distillation les ? de l’acide nitrique.On ajoute au résidu une nouvelle portion de 3 ou 4 parties d'acide nitrique, et l’on maintient le tout, pendant quelques jours, à une température voisine de l’ébullition , tant que l’on observe encore un dégagement de gaz.
Enfin, dès que la plus grande partie de l'acide nitrique s’est vola-
tilisée, on ajoute de l’eau au résidu tant qu'il se forme un préci-
pité. Le précipité est de l'acide chrysammique ; le liquide retient de l'acide chrysolépique et de l'acide oxalique.
L’acide chrysammique ainsi obtenu est impur ; il renferme de l’acide nitrique, de l'acide chryso'épique, et, si l'on n’a pas employé assez d’acide nitrique, un mélange d’acide aloétique et d'acide aloérétinique. On enlève par un lavage bien complet les trois premiers acides ; l'acide chrysammique reste alors à l’état
d'une poudre brillante, pailletée et d’un jaune vérdätre; lorsqu'il est souillé d’acide aloétique ou aloérétinique il ne présente ja mais cet aspect.
Son sel de potasse, dissous à l’état de pureté dans l’eau bouillante et décomposé par l'acide nitrique, occasionne la formation d’un précipité jaune, qui, lavé et desséché, représente l'acide chrysammique pur.
Ce corps est jaune doré et se compose de petites paillettes brillantes, peu solubles dans l’eau froide et un peu plus solubles dans l’eau bouillante. Sa dissolution est d’un rouge pourpré et amèré.
Il se dissout aisément dans l'alcool et l'éther, ainsi que dans l'acide nitrique bouillant et dans les autres acides minéraux. Il explosionne vivement par la distillation sèche, âvec. une flimme claire et fuligineuse, et en répandant l'odeur des amandes amères, ainsi que des vapeurs nitreuses.
Quand on le chauffe dans le chlore gazeux, il développe de l’acide hydrochiorique. À
Par la potasse fondante, il dégage de l’ammoniaque ; ce dégagement se manifeste aussi par l’ébullition de l'acide chrysammique avec une lessive de potasse concentrée.
L’aeide chrysammique se dissout aisément dans l'acide nitrique fumant ; à chaud, le mélange développe beaucoup de gaz. Lorsqu'il a été longtemps maintenu en ébullition, il s’y dépose, par le refroidissement, de petites écailles jaune doré qui donnent avec la potasse une combinaison insoluble dans l'eau froide et dans l'eau bouillante, et avec la soude une combinaison soluble et cristallisant en petites aiguilles vert doré.
Chauffé avec de l'acide sulfurique concentré, l'acide chrysammique s’y dissout avec une teinte brun foncé et sans dégagement d'acide sulfureux. Le mélange étendu d’eau et refroidi dépose de petites aiguilles noir grisätre, douées de l'éclat du diamant, et qui se dissolvent dans l’eau avec une couleur brune. Leur dissolution, mélangée avec de l'acide nitrique, donne des feuilleis jaunes, très brillants et différents de l’acide chrysammique.
Dans les combinaisons de l'acide chrysammique avec la po-
tasse, la baryte et Poxide plomb, l'équivalent d’eau d'hydratation
de l'acide se trouve remplacé par 1 équivalent d’oxide métallique.
Ces sels se distinguent par le peu de solubilité et font explosion par l'échauffement. Les acides minéraux les décomposent et mettent l’acide chrysammique en liberté.
Pour obtenir le chrysammate de potasse, où fait bouillir avec
20 parties d’eau l’acide impur obtenu dans le traitement de Valoes par l'acide nitrique ; on y ajoute une solution de carbonate de potasse, jusqu’à ce que le tout soit dissous ; on filtre et on laisse refroidir, de manière que le chrysammate de potasse -cristallise. On lave les cristaux grenus avec de l’eau, jusqu’à ce que les eaux de lavage aient une teinte rouge clair. Enfin on fait cristalliser une seconde fois le sel ainsi purifié de l’aloétate et de l’aloérétinate de potasse.
Une solution de ce sel, saturée et bouillante, le dépose, par le refroidissement, à l’état d’une poudre cristalline d’un beau cramoisi; lorsqu'on la refroidit doucement, le sel s’obtient en petits feuillets vert doré , semblables à la murexide. Il se dissout dans 1250 parties d’eau froide ; la solution est d’un rouge pourpre.
Le sel de soude et le sel de magnésie ressemblent au précédent par leurs propriétés.
Le chrysammate de chaux et le chrysammate de baryte sont d’un rouge foncé, grenus, cristallins et fort peu solubles.
Le sel à base de plomb est rouge brique, le sel d’argent est brun-foncé ; l’un et l’autre sont insolubles.
Le sel de deutoxide de cuivre est soluble dans l’éau bouillante et cristallisable ; le sel de zinc se comporte de même.
- Tous ces sels, frottés avec un polissoir, prennent un éclat jaune et métallique.
Acide chrysammique et ammoniaque. — L’acide chrysammique se dissout à chaud dans lammoniaque aqueuse avec une teinte pourpre foncé et dépose, par le refroidissement, de petites aiguilles vert foncé. Ces cristaux different chimiquement des autres chrysammates. Dissous daus l’eau bouillante, ils donnent avec les sels métailiques des précipités dont la composition et les caractères diffèrent entièrement de ceux des chrysammates correspondants. Lorsqu'on ajoute de l'acide nitrique à la solution chaude, elle devient d’un pourpre clair, sans déposer d'acide
544 TRAIÎTÉ chrysammique ; ce n’est qu’en se refroidissant qu'elle dépose des lamelles noires et à éclat de diamant, qui, bouillies avec del’acide nitrique ou avec de la potasse, se transforment de nouveau en acide chrysammique, en perdant de l’ammoniaque. Ce corps mé- | rite d’être examiné daväntage. | Acide chrysolépique. — On évapore à cristallisation l'eau- -mère acide et les eaux de lavage obtenues dans la préparation de Facide chrysammique ; puis on lave les cristaux à l'eau froide pour en séparer l'acide oxalique. Le résidu se compose d'acide chrysolépique pur, eristallis€ en écailles ou en feuillets lisses et jaunes ; quelquefois cependant il est mélangé avec de l’amer d’aloes artificiel qui est en poudre jaune et non cristalline. Dansce dernier cas, il faut transformer le produit en sel de potasse et ajouter de l'acide nitrique à sa solution bouillante. L’acide ehr solépique cristallise alors par le refroidissement.
Les cristaux de l'acide chrysolépique sont jaune doré et plus foncés que Pacide nitro-picrique avec lequel ils Par (ani beaucoup de propriétés.
L’acide chrysolépique est peu soluble dans l’eau froide, assez soluble dans l’eau bouillante. Sa solution, faite à chaud, le dépose par le refroidissement sous forme de poudre jaune et privée d'éclat. En cristallisant dans l'acide nitrique, il n’en est pas altéré. | Chauffé dans un tube, cet acide fond, à l’état sec, en un li= quide brun et épais qui devient cristallin par le refroidissement ; par un échauffement prolongé il se volatilise en répandant des vapeurs qui irritent fortement la poitrine. Lorsqu'on le chauffe brusquement ikse décompose avec une explosion violente en déposant du charbon. | :
Quand on le chauffe dans le chlore gazeux, il ne donne pas de vapeurs hydrochloriques. Chauffé avec une lessive de potasse, il donne, vers la fin, de l'ammoniaque. L’acide sulfurique concentré le dissout sans l’altérer. |
Suivant l'analyse de Scuunck , l'acide chrysolépique a la même composition que l'acide nitro-pierique ; sa formule se représente par C,, H N; O,., H, O. Mais ses sels different des nitro-picrates particulièrement en ce que le sel de potasse est bien
plus soluble que le nitro-picrate à même base; ils détonent du reste par la chaleur avec la même violence.
Le chrysolepate de potasse a la même composition que le nitropicrate. Lorsqu’on neutralise par du carbonate de potasse les cristaux d'acide chrysolépique brut, purifiés d'acide oxalique par les lavages, on obtient d’abord une croûte cristalline de chrysolépate de potasse, et plus tard un mélange de ce sel et d’atoérétipate. Ce dernier s’y trouve à l’état de flocons légers qu’on Ben aisément enlever avec de l’eau.
On obtient le chrysolépate de potasse, par plusieurs eristalli :“sations, à l’état de longues aiguilles, brillantes et d’un jaune em- = pyreumatique; les cristaux présentent un reflet violet et métallique. Une solution concentrée et chaude le dépose à l’état de paillettes.
… Le sel de soude est plus soluble que le précédent ; il eristallise en aiguilles allongées et pointues; les faces des cristaux sont striées et présentent un reflet vert et métallique.
Le sel ammoniacal cristallise en aiguilles brunes.
Le sel de baryte est très soluble et s’obtient aisément en pris- . |. mes raccourcis d’un jaune foncé.
Le sel d'argent est peu soluble, cristallisable, et s’obtient en aiguilles d’un rouge brun foncé et qui présentent un reflet irisé jaune et vert.
Une solution concentrée et Hovitlantd du sel de soude ou de potasse, mélangée avec de l’acétate de plomb, dépose des feuillets jaunes et très brillants, composés d’une combinaison de chrysolépate de plomb basique et d’acétate neutre de plomb : 2(C,, H, N. O;:), 3 Pb O + C, H, O,, Pb O. Bouillis avec de l’eau, ces cristaux perdent leur aspect cristallin et se transforment en une poudre jaune qui se dissout de nouveau dans un excès d’une sonlution saturée d’acétate de plomb, en donnant les mêmes cristaux. Ceux-ci se dissolvent aisément dans l'acide acétique étendu;
la solution, évaporée à consistance de sirop, dépose de petits feuillets brun foncé, d’un éclat métallique et qui sont probablement le chrysolépate de plomb neutre.
La formation de ces sels de plomb est caractéristique pour l'acide chrysolépique; le nitro-pierate de potasse donne avec
Il, 3.
l'acétate de plomb un précipité jaune et pulvérulent, à peineso- Juble dans l’eau.
Dans le traitement de l’aloès par l’acide nilrique, il passe, à la distillation, un corps volatil ayant l'odeur des amandes amères. BouTin paraît l'avoir préparé; toutefois il n’en a pas décrit les propriétés, et SCHUNCK, qui s’est occupé du même sujet, n ‚est point parvenu à l’obtenir.
ASPARAGINE,
Formule à l’état cristallisé : C; N, His Oe + 249. (J.-L, Mar- CHAND.)
Formule du corps séché à 120°: GC, N, H..O.-
Synonymes : asparamide, altheine, agédoïle.
L’asparagine fut découverte en 1805 par VAUQUELIN et Ro- BIQUET. Plus tard ce dernier chimiste trouva dans le bois de réglisse une substance cristallisable à laquelle CAVENTOU a donné le nom d’agedoile, et Bacon observa dans la racine de guimauve un principe cristallin qu'il prenait pour un alcali. Mais Henry et PLisson ont démontré par des expériences exactes que toutes ces substances sont identiques.
L’asparagine se rencontre en effet dans les pousses des asperges, le bois de réglisse, la racine de guimauve, la grande consoude, les pommes de terre, et certainement encore dans d’autres plantes. J. RossiGNox l'a récemment découverte dans le suc de betteraves.
Pour la préparer, on fait macérer de la racine de guimauve, coupée menue, avec un lait de chaux très clair, à la température ordinaire, on passe le liquide au filtre, on précipite la chaux dissoute par du carbonate d’ammoniaque, et l’on évapore enfin le liquide filtré au bain-marie jusqu’à consistance de sirop. Au bout de 3 ou 4 jours, il s’en sépare alors des cristaux d’asparagine, grenus comme du sable, que l'on purifie par le lavage ei par de nou oilés cristallisations.
Boutron et PELOUZE se servent, au lieu d’eau de chaux. d’eau pure, et procèdent comme on vient de l'indiquer. \AU-
à DE CHIMIE ORGANIQUE. 547 QUELIN et ROBIQUET avaient préparé l’asparagine en faisant bouillir le suc récent des asperges ; l’asparagine s’y déposait par la concentration.
Ce principe cristallise en prismes limpides, transparents, droits
“et à base rhombe, ou raccourcis et à six pans; sa densité est de 1,519 à 14°C. Il est inodore, possède une saveur fraiche et fade,
. légèrement nauséabonde; il est assez dur, très friable et craque sous la dent.
Les cristaux deviennent opaques par l’échauffement en cédant 11,91 pour cent d’eau.
L’asparagine se dissout dans 58 parties d’eau de 13°C. ; elle est plus soluble dans l’eau bouillante. Elle se dissout également dans l’alcoo! aqueux, mais elle est insoluble dans l’alcool absolu, l’ether, les huiles grasses et les huiles essentielles.
Les acides, ainsi que les alcalis, la décomposent à chaud, non à froid, en ammoniaque et en acide aspartique. Elle éprouve la même transformation lorsqu'elle est exposée à une température élevée, avec de l’eau en vase clos. Enfin les liquides fermentescents la decomposent de la même manière.
Sa solution ne précipite point les sels métalliques.
Acide aspartique ou asparamique. — Il est bibasique ; l'acide anhydre contenu dans le sel d'argent se représente par C, N, H,, O,; l'acide cristallisé a pour formule C, N, H,4 O4, 2H: O.
Cet acide se produit par l’action des alcalis ou des acides énergiques sur l’asparagine. On le prépare en faisant bouillir ce principe avec une lessive de potasse, tant qu’il y a dégagement d’ammoniaque. Il se produit ainsi de l’aspartate de potasse, d'où l’on extrait l'acide aspartique en sursaturant par de l’acide hydrochlorique et évaporant à siccité. On lave le résidu avec de l’eau froide, et l'acide aspartique reste alors à l'état de pureté.
. Il se présente sous la forme de feuillets tendres, blancs,micacés et, d’un éclat nacré; il est inodore et d’une saveur légèrement aigrelette ; il se dissout dans 128 parties d’eau de 15°, et mieux - dans l’eau bouillante. Il est insoluble dans l’alcoo! absolu et peu soluble dans Palcool aqueux.
Lorsqu'on le maintient en ébullition avec de l'acide hydro-
chlorique concentré, ou qu'on le chauffe avec de la potasse très | 35°
forte, il se décompose en ammoniaque et en un nouvel acide, fort soluble dans l’eau, et qui n’a pas encore été examiné. Chauffé a 120° l'acide aspartique ne perd rien de son poids.
Cet acide se forme de: telle sorte que 1 équivalent d’ammoniaque se sépare des éléments de l’asparagine cristallisee.