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ACIDES DU BEURRE, DE LA GRAISSE DE BOUC ET DE LA GRAISSE DE DAUPHIN

Le beurre de vache et de chèvre renferme trois acides volatils qui diffèrent par leur composition et par les sels qu'ils forment. Ce sont les acides butyrique, capriqueet caproïque, découverts, tous les trois, par Chevreul. On les prépare à l'aide de leurs sels de baryte qu'on obtient t* njours ensemble, et dont on effectue la séparation de la manière suivante :

On saponitie le beurre par une lessive de potasse diluée, et, après avoir étendu d'eau bouillante le produit, on y ajoute un excès d'une solution d'acide tîjrtrique, de manière à en séparer les acides gras qui sont insolubles dans ce liquide. Les acides butyrique, caprique et caproïque demeurent en dissolution. On lave avec de l'eau chaude les acides gras insolubles : on réunit les eaux

de lavage avec la solutio:i lartrique, et l'on soumet le tout à la distillation. On fait durer celte opération tant que le produit qui passe, présente de l'odeur. De cette manière, on recuedle un liquide qui renferme les acides en ([uestion. Pour les en extraire, on sature par de l'hydrate de baryte et l'on évapore à cristallisation. On laisse refroidir de temps à autre la solution, et l'on sépare alors de l'eau-mère les cristaux qui se déposent.

Les cristaux qui se forment les premiers se composent de caprate de baryte ; ceux que l'on recueille en dernier, de butyrate. Une partie de butyrate exige, pour se dissoudre, 2 V* parties d'eau -, le caproate en demande 1 2 Va parties, et le caprate, 200 parties. Si donc on délaie un mélange de caproate et de butyrate de baryte dans 2 V* parties d'eau, à la température ordinaire, il ne s'y dissoudra qu'une trace de caproate, et l'on obtiendra ce dernier sel à l'état de pureté en continuant à le traiter ainsi par l'eau.

L'acide butyrique se dissout en toutes proportions dans l'eau ; l'acide caproïque et l'acide caprique au contraire, sont fort peu solubles dans ce liquide, et viennent surnager à l'état huileux, lorsqu'on décompose leurs sels par d'autres acides. Pour préparer l'acide butyrique, on n'a donc qu'à dissoudre le butyrate de baryte dans 6 parties d'eau, et à décomposer la solution par de l'acide sulfuriqiie dilué, en ayant soin qu'une petite portion de sel de baryte reste intacte; si, par mégarde, on a pris trop d'acide sulfurique, il faut alors le saturer par un léger excès de butyrate. Ou obtient par ce procédé une dissolution aqueuse d'acide butyrique, souillée d'un peu de baryte \ pour lavoir pure, on la soumet à une rectification. Il n'y a aucun inconvénient à employer dans cette préparation un butyrate contenant des traces de caprate ou de caproate ^ car l'acide caprique et l'acide caproïque sont, l'un et l'autre, moins volatils que l'acide butyrique, de sorte qu'ils restent dans la cornue en combinaison avec la baryte.

En saturant la solution rectifiée par du chlorure de calcium, on

en sépare l'acide butyrique sous la forme d'une couche huileuse.

Lorsqu'il s'agit de préparer, à l'état de pureté, du caproate de

baryte à l'aide d'un sel qui contient de l'acide butyrique, on ne

décompose qu'une partie du sel par de l'acide sulfurique, et l'on

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soumet le mélange à la distillation. Le résidu renferme alors du c.npro.ite pur.

Voici comment on opère pour se procurer l'acide caprique et racidccaprolquc. On place leurs sels, à l'état sec, dans une éprouvette assez haute, et on y verse un p(!u plus de la moitié de leur f)oids d'acide sulfurique étendu (parties égales d'eau et d'acide). Le vase étant abandonné dans un endroit tempéré, les acides en question se séparent bientôt, sous forme liuileuse, à la surface du uiélange. On les décante, «-t l'on ajoute à la liijueur aqueuse de nouvelles portions d'acide sulfurique, tant qu'il s'en sépare des gouttelettes oléagineuses. Le produit est privé de l'eau adhérente à l'aide du chlorure de calcium.

jécide butyrique.

Formulede l'acide supposé anhydre: Cg H,, Oî(?; (Chevreul).

Formule de l'hydrate : C» H,, O-, H.^ O (Chevreul).

Chevreul a trouvé dans cet acide, par l'analyse, 62,82 carbone, 7,01 hydrogène et 30,17 oxigène.

C'est un liquide huileux et limpide, d'une odeur acide de beurre rance et d'une saveur mordicante et éthérée. Porté sur la langue, il y produit une tache blanche. Sa densité est de 0,9765 à 25° -, il ne se solidilie pas à — 9°. 11 se vaporise aisément à l'air libre ; les taches qu'il fait sur le papier ne sont point persistantes. Il bout au-dessus de 100°. Lorsqu'on le conserve à l'air, il en absorbe l'oxigène et se résinifie en partie. Il est inflammable et brûle avec une flamme fuligineuse. Il se mêle, en toutes proportions avec l'acide sulfurique et l'acide nitrique concentrés, avec l'eau, l'alcool, l'éther, les huiles volatiles et les huiles grasses. '

Les acides minéraux énergiques le séparent en partie de sa dissolution aqueuse.

Distillé avec de l'acide sulfurique étendu, il éprouve de sa part une décomposition partielle.

Butyrates. — Tous les butyrates présentent à un faible degré, l'odeur de l'acide butyrique.

Les sels de potasse, de soude et d'ammoniaque sont fort solubles dans l'eau et cristallisent difficilement.

On obtient Vélher butyrique, suivant Simon, en distillant un

mélange d'ncide butyrique, d'alcool et d'une petite quantité d'acide sulfiiriqiie. Le produit est incolore, huileux, d'une odeur élhérée et pénétrante, rappelant celle du vieux fromage. On l'emploie souvent pour communiquer le goût du rhum aux cauxde-vie de blé ou de pommes de terre *.

Le butyrate de baryte forme des prismes allongés, aplatis, flexibles, diaphanes, de l'éclat de la cire. Il ne s'altère pas dans le vide, et possède une saveur alcaline qui rappelle celle du beurre frais. Il se dissout dans 2,76 parties d'eau à 10*'. Lorsqu'on le projette sur l'eau, il présente, avant de s'y dissoudre, le même mouvement giratoire que le camphre. Sa solution a une réaction légèrement alcaline ; Tacide carbonique de l'atmosphère la décompose en partie. Il perd de l'acide butyrique quand on le fait bouillir avec de l'alcool ; il se décompose par la distillation sèche en donnant un liquide jaune, d'une odeur pénétrante, et en laissant peu de charbon. Le sel sec renferme 49,375 de baryte (Chevreul).

Le butyrate de chaux cristallise en aiguilles fines, solubles dans 5,69 parties d'eau. Il est bien moins soluble dans l'eau chaude ; une solution saturée à froid se coagule par Tébullition. En dissolvant ensemble dans l'eau 2 parties de butyrate de chaux et 3 parties de butyrate de baryte, on obtient, par l'évaporation spontanée, des cristaux octaédriques qui renferment les deux bases des sels employés, ce qui porterait à croire que l'acide butyrique est un acide bibasique. Avec l'oxide de plomb, l'acide butyrique donne un sol neutre fort soluble , ainsi qu'un sel basique peu soluble et contenant 3 atomes d'oxide.

La solution aqueuse du butyrate de cuivre se décompose par l'ébullition, en donnant un précipité bleu qui brunit peu à peu.

Quant au butyrate d'oxide de glycéryle, voyez plus bas : Corps gras neutres, beurre.

Butyrone. — D'après Loewig [Chemie der organischen Ferhindungen. T. 1, 115), la formule de lacide butyrique, contenu dans le sel de baryte sec, serait égale à C7 H, a Oj. Par la distillation ce

• Dn échantillon de cet l'ther, que M. Simo:» m'avait adressé, a donné à raoalyse 67 pour cent de carbone; le calcul en exige 63, G.

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dernier donnerait la butyrone C„ H,» O (Rrauss). Ces formules demandent à être confirmées.

Jcide caproïquc.

Cet acide se présente sous la forme d'un liquide huileux et limpide, d'une odeur de sueur et d'une saveur mordicante, avec un arrière-goût douceûtre de pommes. Il produit une t;iche blanche sur la langue. Sa densité est de 0,922 à 26"; il ne se solidilie i)as à — 9°, se vaporise à l'air libre et bout au-dessus de 100". 11 se décompose par la distillation, et se dissout dans 96 parties d'eau à 7°.

On peut le mélanger avec l'alcool, l'étlicr et les huiles ; il se dissout également, en moindre quantité toutefois, dans l'acide sulfurique et l'acide nitrique concentrés. Il est inflammable et brûle avec une flamme fuligineuse.

Chevreul a trouvé, par l'analyse de l'acide contenu dans le sel de plomb, 68,33 carbone, 9,00 hydrogène et 22,67 oxigène, nombres qui correspondent à la formule C,2 H,o Or,. L'hydrate renferme 1 atome d'eau.

Caproates. — Ils possèdent l'odeur de l'acide et se décomposent par la distillation sèche en laissant du charbon. Les sels à base de potasse, de soude, d'ammoniaque, de strontiane et de baryte sont solubles dans l'eau.

Le caproate de baryte cristallise en feuillets hexagones, doués d'un éclat nacré à l'état humide. A l'air, ces cristaux perdent de l'eau en devenant opaques et talqueux. La chaleur les fait fondre et les charbonne. 100 parties d'eau à lO^ô dissolvent 8,02 parties de caproate de baryte.

^cidc caprique.

Formule de l'acide contenu dans le sel de plomb : Ca Hja O3 (Chevreul).

Les propriétés de cet acide à IS* ressemblent à celles de l'acide caproïque. Sa densité, à la même température, est de 0,9103. Lorsqu'on l'agite à 11°, 5, il se prend en une masse d'aiguilles fines qui se conservent encore à 16°55 et redeviennent entièrement liquides à 18°.

Il a la môme odeur que l'acide caproïque, toutefois il sent aussi

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le bouc. Il se dissout dans G parties d'eau à 20*». Dans l'alcool il est soluble en toutes proportions.

100 p.irties d'acide caprique combiné avec l'oxide de plomb, donnent 74 carbone 9,75 hydrogène et 16,25 oxigène (Chevreul).

Le caprate de baryte cristallise d'une solution saturée à froid, en cristaux arrondis de la grosseur des graines de chenevis. Dans une solution saturée à chaud, il se dépose en paillettes légères, de l'éclat de la graisse. Ces cristaux ne ternissent point dans le vide ; ils sentent légèrement l'acide caprique ; leur saveur est alcaline et amère, comme celle de cet acide. Ils se dissolvent dans 200 parties d'eau à 20^ La solution présente une réaction alcaline et se trouble à l'air par la formation de carbonate de baryte. Cette même solution se décompose dans les vases clos, en déposant également du carbonate de baryte; le résidu liquide a tout à fait l'odeur du fromage de Roquefort. Le sel sec renferme 36,08 de baryte (Chevreul).

En désignant la composition de l'acide caprique par C,2 H,, Oa ou par Ca4 Hjc O^, on remarque qu'il présente un certain rapport avec l'acide caproique. Si l'on metC.a H,e = R, on a pour l'acide caprique R-f-Oj, et pour l'acide caproïque R -{-O^. De même on peut très bien exprimer les nombres obtenus par l'analyse de l'acide caproïque par la formule C,8 ttis O4. Alors en mettant Ci, H88= R,on aurait pour l'acide caproique R4- O4, et pour l'acide caprique R + Os- Dans tous les cas il y a une relation intime entre ces deux acides qui se rencontrent toujours ensemble.

Acide hircique.

Cet acide a été découvert par Chevreul dans la graisse de bouc-, on n'en connaît pas la composition.

Pour l'obtenir, on procède comme dans la préparation des acides du beurre. On sature par de la baryte le [)roduit aqueux de la distillation du liquide acide que l'on a séparé du savon de la graisse de bouc. Après avoir évjiporé la dissolution, on décompose le sel sec par de l'acide sulfunque étendu. L'acide hircique vient alors surnager sous forme huileuse.

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Cet acide est encore liquide à 0- ; il est plus léger que Peau, possède uru! odeur acide de bouc, se dissout peu dans Teau et forme des sels solubles avec la baryte et la potasse.

j4cide phocénique.

Synonyme : acide delphinique.

Formule de l'acide contenu dans le sel de plomb : C,,. Hm Os (Chf.vrf.i l).

Formule de l'hydrate : C.o Hm O, + H, O.

Cet acitle a été découvert par Giievreul dans Thuile de marsouin et dans les baies de l'iburnum Opulus.

Pour le préparer, on décompose l'huile de marsouin par un excès d'acide tartrique, et l'on soumet à la distillation le liquide aqueux ainsi obtenu, après en avoir séparé les acides gras insolubles. On transforme le produit en phocénate de baryte, en le saturant par de l'eau de baryte, et on décompose à son tour le nouveau sel par de l'acide phosphorique ou suifurique étendu. Ensuite on rectifie au bain -marie l'acide phocénique mis en liberté ^ au moyen du chlorure de calcium fondu on le purifie d'eau d'une manière complète.

L'acide phocénique est incolore, fluide; son odeur est très forte et a de l'analogie avec celle de l'acide acétique et du beurre rance ; sa saveur est à la fois mordicante et éthérée. Porté sur la langue, ilyproduitunetacheblanche. Une se solidifie pas à —9". Sa densité est de 0,932 à 28° ; son point d'ébullition est au-dessus de 100».

L'acide phocénique brûle comme une huile volatile. Au contact de l'air, il s'altère à la longue ; le même effet se produit lorsqu'on le conserve dans des flacons mal bouchés.

Il se dissout dans 18 parties d'eau à 30°; l'acide phosphorique concentré et le chlorure de calcium le séparent de sa dissolution.

La solution aqueuse d'acide phocénique se décompose à l'air et ac'iuiert alors l'odeur du cuir apprêté avec l'huile de poisson.

L'acide phocénique se dissout à froid dans l'acide suifurique concentré; il est moins soluble dans l'acide nitrique fort. Ces deux acides paraissent le dissoudre sans altération .

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Phocénates. — Au contact de l'air, le fer mélallique se dissout dans r.'icide phocéniquc avec une couleur brune.

Le sel de baryte se présente en cristaux réf,'uliers qui ont souvent un pouce de lonj^ 5 ils sont incolores, transparents, friables, cra(jutnt sous la dent et possèdent l'éclat de la |j;raisse. Leur odeur est faible et rappelle celle de l'îicide pliocénique; leur saveur est à la fois douceûtre, alcaline et mordicanle comme celle de cet acide.

Le pliocénate de baryte se dissout dnns son poids d'eau à 20" ; il est plus soluble dans l'eau bouillante. Dans le vide, sur l'acide sulfurique, il cède 2,41 pour cent d'eau et perd en même temps sa transparence; il renferme alors A\ \)0\\v cent de baryte. Par la distillation sèche, il donne un liipnde jaune, volatil, d'une odeur forte, et qui ne se dissout pas dans la potasse ^ en même temps il noircit ; à la fin de l'opération, on obtient du gaz carbonique et un carbure d'hydrogène.

Les phocénates à base de potasse, de soude, de strontiane, de chaux et de plomb pré.senterit une composition analogue à celle du sel de baryte. Le sel de soude est déliquescent.

L'acide pliocénique forme également avec le plomb un sel basique à 3 atomes d'oxide.

L'an;ilyse du sel de plomb neutre a donné à Ciievrell, pour l'acide anhydre, la composition suivante : (35 carbone, 8,2j hydrogène et 26,75 oxigèae.

ACIDES DES GRAINES DE CÉVADII.LE ET DE IMGiNCJN Dl.NDE.

Acide cévadique.

Ce coips a été découvert par Pelletier et CaveiNTOU.

La graine de cévadille {Fcratrum Sabadilla\ traitée à chaud par de l'éther, lui cède une huile grasse qui reste après la vaporisation de ce liquide.

Lorsqu'on saponifie celte huile avec de la potasse eau-tique, qu'on décompose le savon par de l'acide tartrique et qudi) soumet à la distillation le liquide at|ueux, après en avoir éloigné les acides gras insolubles, il se rend daus le récipient une solutiou

aqueuse d'acide cévadique, qui, saturée par l'eau de baryte et éTaporcf' à siocité, laisse un résidu d(^ cévadale de baryte.

Ce sel, distillé avec de l'acide plios[)horlque sirupeux, donne un sublimé d'acide cévadique, sous forme d'ai^Hilles blanches, nacrées et fusibles à 20". ('es cristaux possèdent l'odeur de l'acide butyrique, et se dissolvent dans l'eau, l'étlier et l'alcool. On n'en connaît pas la composition.

j4cide vératrique.

Formule de l'acide contenu dans le sel d'argent : C,b H.b O, (Schroetter).

Formule de l'hydrate séché à 100° : C,a H,e O7 + Hj O.

Cet acide a été découvert par Merck.

On se le procure en épuisant la graine de cévadille par l'alcool et l'acide sulfurique et en précipitant l'extrait alcoolique par de l'hydrate de chaux. Il se dépose ainsi, entre autres produits, de la vératrine; l'acide reste dissous en combinaison avec la chaux. On filtre le liquide, et après en avoir chassé l'alcool par la distillation et concentré le résidu aqueux par réchauffement, on y ajoute un léger excès d'acide hydrochlorique ou sulfurique. L'acide vératrique cristallise alors par le refroidissement du mélange. On l'obtient pur en le lavant à l'eau froide, dissolvant dans l'alcool, traitant par du charbon animal exempt de chaux, et faisant cristalliser de nouveau.

L'acide vératrique constitue des prismes tétragones, raccourcis, déliés, transparents, incolores et doués d'une saveur légèrement acide. Il est peu soluble dans l'eau froide ; il y est plus soluble à chaud. Il se dissout aisément dans l'alcool chaud et cristallise par le refroidissement de la solution. Il est insoluble dans l'éther.

L'aoide nitrique fumant et l'acide sulfurique concentré n'exercent asjcune action destructive sur l'acide vératrique ; un mélange (le ces deux acides minéraux colore les cristaux en jaune.

Les cristaux d'acide vératrique perdent de l'eau à 100° et devimnent alors d'un blanc mat. Ils fondent à une température élevée en un liquide incolore et se subliment sans résidu, Vératrates. — L'acide vératrique donne, avec les alcalis , des

combinaisons cristallisables, fort solubles dans l'eau et l'alcool. Leur dissolution précipite les sels d'argent et de plomb; les précipités sont solubles dans l'alcool (Merck).

Le vératrate d'argent constitue un précipité blanc, légèrement soluble dans l'eau.

On obtient Vêther vératrique en saturant par du gaz liydroclilorique une solution moyennement concentrée d'acide vératrique dans l'alcool fort, chauffant le mélange pour en chasser l'excès de gaz et d'éthcr hydrochlorique, et ajoutant de re:iu au résidu. L'étber vératrique se sépare alors à l'état d'une huile épaisse qui se concrète peu à peu en une masse cristalline. On le purifie par des lavages au carbonate de soude et à Teau et par la dessiccation dans le vide sur Tacide sulfurique. A l'état pur, il a pour composition C.a H, s O,, Ae O (Will). U forme une masse ciistalline, rayonnée, très friable, presque sans odeur, et d'une saveur légèrement amère et aromatique. Il est presque in>olubIe dans l'eau ; l'alcool le dissout aisément. Il fond à 42° C. ; sa densité est de 1,141. La chaleur le volatilise en le décomposant en partie. Il brûle avec une flamme jaune et lumineuse. Quainl on le chauffe avec de la potasse caustique, il donne des vapeurs d'alcool. L'ammoniaque ne l'altère point.

Acide crotonique.'.

Ce corps, qui porte aussi le nom d'acide jatrophique, a été découvert par Pelletier et Ca.ve>tou.

L'huile grasse de la graine de pignon d'Inde {Croton Tiglium) donne, par le même traitement que l'huile de cévadille, un acide solide, fort volatil, ([ui possède une odeur nauséabonde, très forte, irritant vivement le nez et les yeux.

Cet acide rougit le tournesol-, sa saveur est acre. Pris intérieurement, il cause des inflammations et agit comme poison.

L'huile de la graine du pignon d'Inde renferme de l'acide crotonique à l'état libre.

D'après Blchner et Von Yalta, on peut, pour extraire cet acide, saponifier tout simplement' avec de la potasse la graine pilée, décomposer le savon par de racfde sulfurique en léger

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excès, t't soumettre le produit à la distillation. On obtient ainsi (le l'acide crotonique aqueux.

Crolonalea. — Les crotonates sont sans odeur. Le sel de baryte ciistallise en lamelles nacrées, fort solubles dans Teau et l'alcool.

Le crotonate de potasse cristallise en prismes rhomboïdaux , inaltérables à Pair; il est peu solubledans l'alcool.

Le ncl de tuagnéair est peu soluble dans l'eau, et présente un aspect j;renu et cristallin.

Les crotonates alcalins précipitent les solutions de plomb, de cuivre et d'arj^ent.

ACIDES DÉRIvés DU CAMPHRE.

Acide camphorique.

Formule de l'acide anhydre : C,o Hn O,. Symbole ca (Ma.- LAGUTi, Laurent, Walter).

Formule de l'hydrate : C,o H^ O5 + Ha O. Symbole : Ca, aq.

Cet acide a été découvert par Kosegarten. Il se produit par l'action de l'acide nitrique sur le camphre. Malaguti et Laurent ont, les premiers, examiné l'acide anhydre.

Pour obtenir l'acide camphorique, on chauffe du camphre, placé dans une cornue, avec dix fois son poids d'acide nitrique concentré. Le camphre fond en une huile jaune foncé, qui disparaît bientôt si l'on continue à chauffer et qu'on ait soin d'ajouter de temps à autre de nouvelles portions d'acide. On obtient ainsi, dans le résidu, de l'acide camphorique qui cristallise par le refroidissement, lorsque le mélange a été suffisamment évaporé ; on chauffe le produit avec de l'eau bouillante, et on y ajoute du carbonate de potasse jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'effervescence.

Par ce traitement, on voit, la plupart du temps, se séparer une certaine quantité de camphre non oxidé. On concentre alors le liquide en l'évaporant et on y ajoute un excès d'acide nitrique ; l'acide camphorique se dépose alors, à l'état cristallisé, par le refroidissement du mélange. On lave les cristaux avec de l'eau et on les purifie par de nouvelles cristallisations.

L'hydrate d'acide camphorique cristallise dans l'eau en pail-

lettes ou en petites aiguilles incolores et transparentes. Sa saveur est acide (rabord, puis développe de l'amertume; il est très peu soluble dansTeau froide; à chaud il s'y dissout mieux. II est fort soluble dans Talcool et l'étlier, ainsi que dans les huiles grasses et les huiles volatiles.

Il fond à 70° C, sans perdre de son poids-, par la distillation sèche, il se décompose en eau et en une matière cristalline qui possède la composition de l'acide camphorùjuc anhydre ^ en même temps, il laisse un léger résidu de charbon.

L'hydrate d'acide campborique se dissout sans altération dans l'acide sulfurique et l'acide nitrique concentré.

Camphorales.

Les camphorates solubles dans l'eau donnent, à l'état de concentration, par l'addition des acides, un précipité blanc et cristallin d'acide camphorique hydraté.

Le camphorate de potasse et celui de soude sont fort solubles, et cristallisent difficilement.

Les camphorates à base de baryte, de strontiane, de magnésie et de protoxide de manganèse sont fort solubles et cristallisables.

La plupart des solutions métalliques donnent , avec les camphorates alcalins, des précipités fort peu solubles.

Camphorate d'ammoniaque. — Ca, Ad H., O (Malagiti). On obtient ce sel en chauffant doucement de l'hydrate d'acide camphorique dans le gaz ammoniac; il est très soluble d;iris l'eau, sans saveur ni odeur, sa solution aqueuse réagit légèrement acide.

Lorsqu'on sature une solution bouillante d'acide camphorique par du bicarbonate d'ammoniaque, et qu'on évapore doucement le liquide, il se dépose des prismes très blancs, petits, fort solubles dans l'eau froide, et doués d'une réaction et d'une saveur acides. Ces cristaux ont la composition suivante :

Ils perdent les 9 atomes d'eau de cristallisation = 19 centièmes, quand on les chauffe à 100°, dans un courant d'air sec (Mala-

GUTl).

l.'ÎS TRAITÉ

Camphoratc acide d'oride d'èthyle (acide camphovîhîqiié).

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