at. d'oxi.qène
1 al. dacide tanniipie = 2675,GG — 100,00
Ce corps se trouve tout formé dans le bois, la racine, les feuilles cl i>arliculièrement dans lécorce de toutes les variétés de quercus cl de beaucoup d'autres plantes; dans les noix de galle, on le rencontre à l'état de grande pureté.
Pour le pré[)arer, voilà comment on s'y prend :
Dans un appareil de déplacement qu'on peut fermer et dont l'ouvcrtiire inférieure est bouchée avec un peu de coton, on introduit des noix de galle concassées, de manière à le remplir tout à fait. On verse sur la poudre de l'étlier a(iueux, de sorte que tout l'espace intérieur est occupé par le litjuide. On ferme hermétiquement Pouverture supérieure de l'appareil et on abandonne le tout à lui-môme pendant plusieurs heures. Au bout de ce temps , on laisse échapper l'air contenu dans la partie inférieure de l'appareil , ainsi que les vapeurs d'éther, en soulevant légèrement le bouchon, de sorte que le liquide peut s'écouler sans peine. Dans la carafe de l'appareil se trouvent alors deux liquides, dont l'un est pesant, sirupeux et jaunâtre, et qui n'est autre chose qu'une solution très concentrée d'acide tannique dans l'eau; la liqueur surnageante est colorée en vert et se compose d'une solution éthérée d'acide gallique et d'autres matières. On continue à verser de l'éther sur les noix de galle, tant qu'il s'écoule encore par l'orifice inférieur deux liquides distincts (Pelouze).
On peut remplacer l'appareil de déplacement par une grande pipette, dont la partie inférieure repose sur une carafe au moyen d'un bouchon de liège et dont l'ouverture supérieure se ferme également d'une manière semblable.
L'éther, qui doit servir à cette opération , doit être saturé préalablement par de l'eau, ce qu'on fait en agitant le mélange de ces deux liquides , ou, ce qui revient au même, on peut, avant de traiter les noix de galle par l'éther, exposer celles-ci pendant quelques instants à un courant de vapeurs d'eau. Si, au lieu de procéder ainsi, on se contente d'humecter les noix de galle avec de l'eau, on obtient un produit très coloré.
On sépare le liquide sirupeux de la solution éthérée qui surnage, et, après l'avoir lavé à plusieurs reprises avec de nouvelles quantités d'éther, on le dessèche au bain-marie. Ordidinairement on obtient alors une niasse jaune , boursouflée, très poreuse, qui retient avec opiniâtreté une petite quantité d'éther. On l'en purifie en la dissolvant dans l'eau et la faisant évaporer dans le vide sur de l'acide sulfurique ( Pelouze).
Le produit ainsi obtenu forme une masse incolore ou.Iégè-
rt'merit jaunMro, non cristalline , semblable 5 la {::omme dessécliée, >;ir)S odinir, inalti'raM»' à l'air sec et prenant peu à [»eii à l'air liuniide une teinte plus foncée. Dans l'eau, il se dissout facilement et en grande quantité-, la solution possède une saveur franchement astrinj;ente, sans amertume, rougit les couleurs végétales bleues et décompose les carbonates alcalins en produisant une vive efrervescenec. Beaucoup de sels à base dalcali, ainsi (]ue le chlorure de potassium et le chlorure de sodium, la coagulent.
L'acide tannique est soluble dans l'alcool aqueux, et, à l'état dans lequel on l'obtient parla dessiccation de la solution aqueuse, très peu soluble dans l'éther. Lorsqu'on épuise les noix de galle par de léther anhydre, la solution renferme une quantité abondante d'acide tannique, mélangé d'un peu d'acide gallique^ si on verse dans cette dissolution de l'eau, celle-ci s'empare de tout l'acide tannique, tandis que l'acide gallique reste dissous dans l'éther.
Par l'action de l'air, surtout <à une température élevée, la solution aqueuse de l'acide tannique se transforme en acide gallique et acide ellagique ; il y a, dans ce cas , absorption d'oxigène et séparation d'un volume d'acide carbonique égal au volume d'oxigène absorbé (Pelolze). Dans des vases fermés, cette solution se conserve parfaitement.
Le chlore la décompose en produisant une teinte brune et un dépôt de couleur également brune.
il Une solution d'acide tannique, de concentration moyenne, donne, avec les acides sulfurique, chlorhydrique, phospliorique, arsénique et borique, un précipité blanc, épais, qui est très soluble dans l'eau pure et dans l'alcool. Ce précipité n'est autre chose qu'une combinaison d'acide tannique avec ces différents acides, combinaison dont la composition est du reste inconnue (Berzélius).
Lorsqu'on précipite une solution chaude d'acide tannique par l'acide sulfurique, le dépôt s'agglomère en formant une masse résinoïde ; à la température ordinaire ce composé ne se dissout pas dans l'acide sulfurique étendu, mais il s'y dissout facilement à la température de l'ébullitiou. La solution prend alors
une teinte foncée, et, après l'avoir fait bouillir pendant quelques minutes, on n'y retrouve plus d'acide lai)ni<iue, mais, après le refroidissement, on obtient une jurande quantité de cristaux d'acide gallique. La môme transformation a lieu lorsqu'on chaufl'e l'acide tanniquc avec un excès d'alcalis caustiques.
Les acides acétique, oxalique, citrique, tartrique , malique , succinique et lactique ne précipitent pas la solution aqueuse de l'acide tannique.
L'acide tannique se combine à la peau animale, en formant un composé non putrescible, insoluble dans l'eau, connu sous le nom de cuir. Lorsqu'on introduit dans sa solution aqueuse un morceau de peau, celui-ci s'empare de tout l'acide, de sorte que Gnalement on n'en retrouve plus de trace dans le liquide (Pe- LOuzE, Davy}. L'augmentation de poids de la peau desséchée peut servir à déterminer d'une manière approximative la quantité d'acide tannique renfermée dans une dissolution.
L'acide tannique précipite complètement la dissolution de la gélatine animale, en flocons épais, qui se dissolvent dans le liquide surnageant, à la température de l'ébuUition. Par un excès d'acide tannique, ce précipité s'agglutine par la chaleur et forme enfin une masse visqueuse et élastique.
L'acide tannique précipite les solutions de fécule, de glaïadine, dalbumine animale et de gluten ; de même il se combine avec la fibrine animale. Sa solution aqueuse est décomposée à chaud par le peroxide de manganèse et celui de plomb, sans qu'il se forme de l'acide gallique.
Par l'action de la chaleur, il se décompose en acide métagallique et acide pyrogallique.
Tannâtes.
Les sels solubles que l'acide tannique forme avec les bases , ont la propriété caractéristique de précipiter les sels oxigcnés et les sels haloïdes de peroxide de fer avec une couleur noir bleu foncé ; mélangés à l'état neutre avec une solution de gélatine animale, ils n'y occasionnent aucun trouble, mais lorsqu'on ajoute au mélange un acide étendu, il s'y forme à l'instant même un précipité épais et gélalineux.
14 TKAlTft
Le (annote d'nriâe â'Hhylr n'n pas encore ^'t<^ obtenu.
Tnnnatc» à base (Valcalo'idc. — Les solutions de l;i plus grande p.irlic dt's bases oi};;uii(Hi('s doiitictil avec l'acide tariiiiiiuc et les tannâtes solubles des piécipitcs blancs, peu solubles dans l'eau et trC's solubles dans l'acide ncéti(|ue.
Tannoie de potaffr. — Une solution aqueuse d'acide tannique, pas trop étendue, donne, quand on la sature par de l'bydrate de potasse ou du carbonate de potasse, un prcci[)ilc très épais, qin', à l'air, se dessèche en une poudre grise non crislalline. Le précipité est très soluble dans un excès de {)otasse ; lorsqu'on le chauffe dans le liquide, l'acide tannique se convertit en acide j^allique et une autre substance, qui colore le liquide en brun foncé. La solution de tannate de potasse, préparée à froid, al)sorbe, lorsque l'alcali est en excès, l'oxigène de l'air avec beaucoup d'avidité en se colorant en brun.
Tannate d'ammoniaque. — L'ammoniaque se comporte avec l'acide tannique à peu près comme la potasse.
Tannate de mude. — C'est un sel très soluble.
Les tannâtes de baryte, de stronliane, de chaux et de magnésie sont très peu solubles.
Tannate de protoxide de fer. — Les sels de protoxide de fer, mélangés avec.une solution d'acide tannique, n'éprouvent aucune altération -, lorsqu'on abandonne le mélange au contact de l'air, il prend, au bout de quelques heures, une coloration noir bleu très foncé.
Tannate de peroxide de fer. — Les solutions des sels oxigénés ou haloïdes de fer au maximum colorent l'acide tannique en noir ; le précipité qui se forme quand on ajoute du sulfate de peroxide de fer à une solution d'acide tannique, renferme, pour 1 équivalent de peroxide de fer, 3 atomes d'acide tannique hydraté = Q/, 3 «g. (Pelouze). Les tannâtes neutres, à base d'alcali, occasionnent, dans les sels de peroxide de fer, un précipité noir, pulvérulent.
Tannate de plomb. — L'acétate de plomb est précipité par l'acide tannique en flocons blancs, épais ; lorsqu'on fait bouillir pendant quelque temps le précipité dans le liquide, contenant un excès d'acétate de plomb, on obtient une poudre jaune, grenue,
qui, pour 1 atome d'acide lannique anhydre, contient 3 atomes d'oxide (le plomb, remplaçant exactement les 3 équivalents d'eau d'hydrate de l'acide. Le précipité qui se forme, lorsqu'on ajoute à froid de l'acide tannique à une dissolution d'acétate de plomb, renferme, d'après Berzelius, 34,21 pour cent d'oxide de plomb.
Tannate d'antimoine : 3 Ql, Sh» Oj.— On obtient ce composé en précipitant une solution d'émctique par de l'acide tannique. Le précipité est blanc, et le liquide restant renferme de l'acide tannique dans une combinaison particulière avec du tartrate acide de potasse.
La manière dont l'acide tannique se comporte avec les bases mérite d'être soumise à un examen plus approfondi.
Produits de décomposition de l'acide tannique.
Nous avons déjà dit précéilemment que la solution aqueuse de Tacidi^ tannique est précipitée par l'acide sulfurique étendu, et qu'en dissolvant ce précipité dans l'acide sulfurique étendu et bouillant, on ne trouve plus d'acide tannique dans le liquide.
I.a dissolution concentrée donne, après le refroidissement, une quantité abondante d'acide gallique, coloré en brun. Il ne se forme par cette métamorphose aucun produit gazeux et volatil ; outre la matière colorante, on n'a pu remarquer aucune autre combinaison accompagnant l'acide galiique.
L'identité des produits de la distillation sèche de l'acide tannique et de l'acide gallique, jointe à quelques observations de RoBiQUET sur ces substances, a conduit quelques chimistes à admettre dans l'acide tannique la préexistence de l'acide gallique. RoDiQL'ET a observé en effet qu'un extrait aqueux de noix de galle, étendu d'eau et abandonné à lui-même pendant quelques mois, dépose une quantité abondante d'acide gallique cristallisé. Comme l'extrait récemment prépat é ne renferme que très peu d'acide gallique et qu'd perd peu à peu la propriété de précipiter la gélatine animale, il ne peut y avoir de doute que dans ce cas aussi, lacide gallique soit un produit de la décomposition de l'acide tannique. Du reste , dans les circonstances actuelles , il serait
diflTicilr, sinon impossible, de se prononcer sur h conslidition du corps qui, ;ivcc r;jci(le gjdliquc, formerait l'acide tannique.
D'après les observations de Braconnot, la poudre de noix de fi^alle, humectée d'eau, peut entrer eu fermeiilation vineuse, en donnant de l'alcool 1 1 de l'acide carbonique • la formation de ces produits suppose la présence du sucre, corps que l'on n'a pas encore trouve dans la noix de Italie. 3 atomes d'acide tannique renferment les éléments de G atomes d'acide s^Ilique et de 1 atome de sucre de raisin.
Les observations de C'.nEvnEUL et de Pelletier' sont très intéressantes. Ce dernier a trouvé qu'un mélanine d'acide j;all;que et de gomme précipite la solution de gélatine, propriété qui manque à chacun de ces corps pris isolément.
Dans la transformation de l'acide tannique en acide ^galiique, par l'action de Toxigène sur une solution aqueuse du premier acide, il se dégage, suivant les recherches de Pelouze, 1 volume d'acide carbonique égal au volume d'oxigcne absorbé. 1 atome d'acide, en absorbant 8 atomes d'oxigène, peut en cfTct former 4 atomes d'acide carbonique, 2 atomes d'acide gallique et 2 atomes d'eau :
r H ni i ^ ''^' ^^'^^ gallique = C, H.^ O,o ^"' ""^ ^^V = U at. acide carbon. = C, O,
^"1 32 at. d'eau = H^ O,