C, II,„]N, S, + N, H
Ils sont solubles d.insIVau, l'alcool et l'éther, inodores, amers, fusibles à 70', et se concrètent par. le refroidissement en une masse cristalline. Leur solution est neutre.
La potasse en dissolution ne les attaque que fort lentement en produisant du sulfure de potassium, du sulfocyanure de potassium et de Tammoniaque. Les acides étendus n'y exercent aucune action.
Le perchlorure de mercure occasionne dans leur solution un précipité blanc, le perchlorure de platine un précipité jaune (WiLL et Varrentrapp); le nitrate d'argent y produit un précipité blanc (Aschoff) qui renferme suivant Loewig 1 atome (le la combinaison ammoniacale uni à l atome de nitrate d'arijent.
Lorsqu'on essaie d'enlever à ces cristaux leur ammoniaque au moyen de l'acide nitrique, on obtient les produits de décomposition de l'acide nitrique et de l'essence de moutarde.
Lorsqu'on broie cette combinaison ammoniacale avec 5 parties de bioxide de mercure, le mélange s'échauffe, et il se produit du sulfure de mercure, ainsi qu'une ^substance non cristalline qui se dessèche en une masse visqueuse, et se dissout dans l'eau, l'alcool et l'éther. Cette substance a une très forte réaction alcaline, ne dégage pas d'ammoniaque au contact des alcalis, décompose à chaud les sels ammoniacaux, et sature les acides. (Blssy et Robiqlet.)
Suivant Simon, on obtient la môme substance avec l'oxide de plomb récemment précipité. Mais ce produit, dit-il, renferme deux matières particulières dont l'une seulement possède des propriétés alcalines; l'autre est solide et insoluble dans l'éther. Voyez aussi, au chapitre des alcalis organiques, les paragraphes concernant les alcaloïdes qui dérivent de l'essence de moutarde. "^
.Vj/ro-syric— -La moutarde noire et la moutarde blanche renferment un priuciiie analogue à rémulsiue tome 1, page 276), et
auquel Plssy a donné le nom de myrosyne. On l'obtient en t!pui.«;iiil 1.1 moutarde blanclie avec de Tenu froide, et évaporant le liquide filtré jusqu'à consistance de sirop, à une température qui ne doit pas dépasser 40". On la traite ensuite par de l'alcool qui précipite la myrosyne. Après avoir dissous le précipité dans l'eau, on évapore à siccilé à une douce cli;deur.
Ce principe ressemble beaucojip à l'émulsine par ses propriétés physiques; il donne avec l'eau une solution mucilagineuse et transparente qui se coagule par la chaleur seule déjà à GO", et plus facilement encore par l'alcool et les acides. On n'est pas encore parvenu à le dépouiller entièrement d'albumine.
On ne peut pas extraire ce principe de la moutarde noire, car cette graine renferme en même temps de l'acide myroniqiie qui, sous l'influence de l'eau, convertit la myrosyne en huile essentielle. Il est du reste facile de constater l'identité de la myrosyne contenue dans la moutarde blanche et dans la moutarde noire ; on n'a qu'à rendre inetTicace la myrosyne de la moutarde noire en la coagulant à laide de la chaleur ou de l'alcool, de manière qu'en la délayant dans l'eau on n'obtienne plus d'huile essentielle. Si alors on la mélange avec de la myrosyne extraite de la moutarde blanche, la production de l'huile essentielle a lieu comme dans les conditions ordinaires, et sans que la quantité en soit moindre.
Ni l'émulsine des amandes amères, ni la levure de bière ne donnent de l huile essentielle avec l'acide myronique; d'un autre coté, l'amygdaline ne donne pas non plus d'essence d'amandes amères lorsqu'on la met en contact avec cette myrosyne ou avec la levure de bière.
^cide myronique.—l[ se rencontre, suivant BussY, en combinaison avec la potasse dans la graine de moutarde noire. On l'en extrait en décomposant le myronate de potasse par de l'acide tartrique, ou bien le myronate de baryte par de l'acide sulfurique.
L'acide myronique est incolore et d'une saveur amère^ il réagit sensiblement acide, et s'obtient à l'état d'une masse sirupeuse, non cristalline. Il n'est pas volatil, se dissout dans l'eau et l'alcool, et est peu soluble dans l'éther. Sa dissolution se dé-
compose par une ébullition prolongée en dégageant de l'hydrogène sulfuré.
L'acide nitrique le dissout ^ lorsqu'on chaufle le mélange, il exliale des vapeurs rouges, et l'on y découvre alors de l'acide sulfujique.
Ce nouvel acide renferme du carbone, de l'hydrogène, de l'azote, du soufre et de l'oxigène. Bussy n'en a pas encore publié l'analyse.
Il forme avec la potasse, la soude, l'ammoniaque, la baryte, la chaux, le plomb et l'oxide d'argent des sels soiubies dans l'eau, inodores, amers, et dont les solutions donnent, au contact de la myrosyne, de l'huile essentielle de moutarde noire.
Myronate de potasse. — Pour extraire ce sel de la graine de moutarde, ou la pulvérise, et, après l'avoir bien séchée, on la soumet ù la presse afin d'éloigner l'huile grasse; puis on l'épuisé par l'alcool de Sd", on l'exprime de nouveau et on la traite par l'eau. La dissolution aqueuse ayant été évaporée, on la traite par l'alcool qui sépare les substances mucilagineuses. Le liquide filtré donne par l'évaporation des cristaux de myronate de potasse que l'on obtient purs par des lavages à l'alcool.
Ils sont inaltérables à l'air, soiubies dans l'eau, insolubles dans I alcool absolu; leur saveur est amère et fraîche; ils ne perdent pas d'eau à 100'; à une température plus élevée, ils se décomposent en laissant du sulfate de potasse. Leur solution n'est point précipitée par les sels métalliques ; l'acide tartrique et le perclilorure de platine y décèlent la présence de la potasse.
Sinapisine. — En épuisant la moutarde noire par de l'alcool absolu , évaporant la solution , et traitant le résidu par de l'éther, Simon a obtenu un principe indifi*érent, la sinapisine , qui se comporte à peu près comme les corps gras cristallins non saponifiables. Si 1 on traite le résidu de la graine par une dissolution de carbonate de soude, et qu'on distille le mélange après l'avoir sursaturé par de l'acide sulfurique , il se condense avec les vapeurs aqueuses un acide qui ressemble à l'acide acétique ou à l'acide formique. Cet acide particulier forme des sels très soiubies et qui cristallisent dinicilement. Le sel de plomb se dissout déjà dans 4 ou 5 parties ueau.
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Lorsqu'on traite la moutarde blanche par de l'eau , après en avoir séparé l'huile grasse par la presse , il ne se produit pas dlmileessi'iiiit'llc, bien (|ue la graisse renferme de la mjrosyne; mais on obtient une substance acre particulière. On peut également empêcher la formation de l'essence , en épuisant d'abord la grjiine par de l'alcool ou en la soumettant à l'action de la chaleur.
Le traitement préalable de la graine par l'éther est sans aucune influence.
Suivant IIknky et Garot , on obtiendrait, par le procédé employé par Ijussy pour Textiaction du myronatc de potasse, la même substance avec la moutarde blanche et la mout;irde noire {Sulfo-sinapinCy sinapine de Berzélius). Mais il est clair que ces chimistes ont négligé la potasse qui forme une partie essentielle du principe de la moutarde noire. Du reste, il ne serait guère possible que le principe de la moutarde blanche fût identique à celui de la moutarde noire ; car, puisque les deux graines renferment , d'après BussY, de la myrosyne, il faudrait nécessairement qu'en conlenant aussi du myronate de potasse elles donnassent toutes deux de l'huile essentielle.
Essences sulfurées autres que l'essence de moutarde.
Essence de raifort. — L'essence de raifort ( Cochlearia armoracea) est jaune pâle, plus pesante que l'eau , et peu soluble dans ce liquide , tout en lui comnmniquant sa saveur mordicante et acre , et son odeur pénétrante. Cette solution ne réagit pas sur le papier tournesol; les sels de plomb et d'argent en sont précipités à l'état de sulfures. L'essence de raifort est très soluble dans l'alcool.
A la longue, elle se transforme entièrement en aiguilles douées d'un éclat argenté, et qui ont la même odeur et la même saveur que l'huile essentielle. Ces cristaux sont fusibles , se volatilisent sans résidu et sont peu fort solubles dans l'alcool.
C'est à cette essence que le raifort doit son action vésicante.
Essence de cochlearia. — Les feuilles de cochlearia ( Cochlearia officinalis ) donnent une essence qui ressemble beaucoup à la précédente, môme par l'odeur; elle est plus pesante que l'eau,
très soluble dans Tesprit de vin , et distille avec les vapeurs alcooliques.
h'ssence d'ail. — L'ail Alliuin sativum) donne une huile t'sscnlicl!*' qiKiiui on le distille avec de l'eau. Cette essence est très volatile et passe déji^ au commencement de la distillation. Klle «'st plus p(;sante que l'eau , très soluble dans Talcool, d'une odeur pénétrante et d'une saveur forte comme celle des essences précédentes. A[)pliquée sur la peau, elle l'attaque en causant des douleurs assez fortes. File colore, dil-on, en noir l'hydrate de protoxide de Fer récemment précipité; ell<î ne produit pas le même efTet sur l'oxide de bismuth ni sur l'oxide de plomb.
Les oignons ( yillium Cepa) fournissent une huile essentielle analogue à celle d'ail.
Â'ssenced'assa fœtida. — On l'extrait d'une espèce de gommerésine qui s'écoule du Fcrula Assa fœtida. Elle est limpide, plus légère quel'eau , d'une odeur repoussante, et d'une saveur d'ubord suave puis acre. Elle se dissout aisément dans l'alcool et renferme du soufre comme les essences dont on vient de parler. L'acide nitrique la tranforme à chaud en acide oxalique, acide sulfurique et une substance amère particulière. En la broyant avec do^oacide de mercure, on obtient du sulfure de mercure. CliaufFt^vec du potassium, elle donne du sulfure de potassium en déposant du charbon.
Essence de Lepidium latifolium. — En distillant les feuilles fiaîches de la pl;inte avec de l'eau , on obtient, d'après Steldel, une huile plus pesante que l'eau , ainsi qu'une eau laiteuse, acre et d'une odeur très forte qui se perd peu à peu à l'air. Le charbon et le chlore lui enlèvent également cette odeur. Cette eau [iiécipite peu à peu les sels d'argent en noir et noircit à la longue l'argent métallique.
Essence de houblon. — Les fleurs femelles du houblon (IIumulus lupulus ) donnent par la distillation une huile essentielle p.irliculière. Suivant Payen et CHEV.vf.LiER, elle est fluide, fort volatde, peu colorée, d'une odeur de houblon étourdissante, et d'une saveur très acre. C'est particulièrement le lupulin qui fournit l'huile essentielle ^ on a aiD."5i nommé les petites glandes
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jaunes dont sont cliarg6cs les fleurs et l;i base des bractées du houblon.
La densité de cette essence est de 0,010. Elle est assez soluble dans l'eau et noircit l'arf^ent nié(alli(iue.
Les cônes du houblon en fournissent environ 2/10 pour cent.
Il faut probablement aussi ranger parmi les huiles essentielles sulfurées celle qu'on extrait du poivre d'eau {Polyyonum Jlydropipcr) et de l'Arum maculatum.