PRINCIPES CONCRETS DE LA NATURE DES ESSENCES
Nous allons décrire ici, comme se rattachant directement aux huiles essentielles, plusieurs principes volatils, concrets et cristallisés (jui peuvent également s'extraire des plantes par la distillation avec de l'eau.
Hellénine.
On l'obtient en traitant la racine d'aunée {Inula Ilelenium) par de l'alcool bouillant; elle passe aussi à la distillation de la racine avec de l'eau, en petite quantité il est vrai, mais bien pure. Elle cristallise en prismes quadrilatères, incolores, d'une saveur et d'une odeur très faibles, plus légers que l'eau, et insolubles dans ce liquide. L'alcool et l'éther la dissolvent dément, l'eau la précipite de ses dissolutions. Elle se dissout également en toutes proportions dans les huiles essentielles et la créosote. Elle fond à 72^*, bout entre 275 et 280», et se volatilise avant cette température, en répandant une faible odeur aromatique et en s'altérant en partie. Lorsqu'on la fait fondre à une douce température, elle se prend, par le refroidissement, en une masse cristalline-, mais si on la maintient pendant quelque temps à une chaleur élevée, elle donne, en refroidissant, une masse de l'aspect de la colophane. Les alcalis aqueux la dissolvent et les acides l'en précipitent sans altération -, la potasse en fusion la charbonne. Elle se combine avec l'acide sulfurique concentré en donnant un acide particulier qui se décompose très vite. (Gerhardt.)
Suivant Dumas, l'hellénine renferme 76,9 carbone, 8,8 hydrogène, et 14,3 oxigène; il en déduit la formule d* Hia O9.
Gerhardt y a trouvé 77,32— 77,1)8 carbone, 8,45—8,02 hyilroi^èno, 14,12— 13, àO oxigènc; rioiiibres qu'il représente par ^.1 ^^io O.,. Cette formule s'accorde assez bien avec les produits de décomposition de l'hellénine.
r.a nifrohellcnine s'obtient en chauflarit l'hellénine avec de lucide nitrique de concentration moyenne jusqu'à ce que le produit se dissolve complètement dans l'ammoniaque. Ou verse alors la solution nitrique, goutte à goutte, dans de l'eau, de manière que la nitrohellénine se précipite à l'état de flocons jaunes. Ce |)roiluit se dissout aisément dans l'ammoniaque, et en est précipité par les acides à l'état d'une gelée rouge-, il n'est point volatil, est peu soluble dans l'eau, et se dissout aisément dans l'alcool et l'acide niti'ique. Un excès d'acide nitrique le transfoi'me en acide oxalique. La potasse en fusion le charbonne en dégageant de l'ammoniaque. Il renferme .56,69 carbone et 6,15 hydrogène ; l'azote n'en a pas été déterminé. Sa formule se représente probablement par C,^ H,„ O,^ -f- Az,^ O,.
Lorsqu'on fait passer du chlore sur de l'hellénine maintenue en fusion, et qu'on épuise le produit par de l'alcool bouillant, il s'y dépose, par le refroidissement , des flocons jaunes, renfermant 48,3 carbone , 5,6 hydrogène et 36,9 chlore , composition qui correspond à la formule C,j H,b C/^ O^ + Hi C/^; c'est du chlorhydrate de chlorhcUénine. Il constitue une poudre jaune, plus légère que l'eau, qui ne le dissout pas. Quand on le chauffe avec de la chaux caustique, il fournit de la naphtaline.
En distillant l'hellénine avec de l'acide phosphorique anhydre, on obtient un corps oléagineux que l'on purifie d'un mélange dhellénine au moyen de l'acide sulfurique fumant ; après l'avoir convenablement lavé, on le dessèche sur du chlorure de calcium. Cette huile, qui a reçu le nom d'hellénène, renferme 91,20 carbone et 8,8 1/2 hydrogène, composition qui peut s'exprimer par Ci H,c; c'est donc de l'hellénine qui a perdu les éléments de 2 atomes d'eau. Elle est incolore, plus légère que l'eau, d'une saveur acre et d'une odeur faible; elle bout vers 200". Elle n'est attaquée, à froid, ni par l'acide sulfurique fumant, ni par l'acide uilrique. .Geruaudt.)
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tsarine ou asaritc.
Pour l'obtenir, on distille la racine sèche du cabaret ou oreille d'Iiomme {^fsanwi luropueum) avec 8 parties d'eau, jus(iu'à ce que 3 parties aient passé. L'asarinc cristallise en partie l'ums le col de la cornue, en partie par le refroidissement du pioduil distillé. Rlle se prend en tables quadrilatères, transparentes rt nacrées, d'une odeur et d'une saveur camphrées, fond dans l'eau bouillante, et peut se pétrir eidre les doij,'ls comme de la cire. Sa densité, suivant Graeger, est de 0,95-, son point de fusion esl à 70"^ selon Bla>chet et Si-.ll, elle fond a 40" et se concrète à 27". Elle se volatilise sans résidu^ ses vapeurs excitent la toux.
Elle bout vers 280% mais le point d'ébullition s'élève peu à pe'.i à 300', oîi elle se décompose sans se sublimer. Elle esl peu soluble dans l'eau, à laquelle toutefois elle communique sa saveur. L'alcool la dissout aisément, et l'eau la précipite de sa dissolution.
D'après Hlanchet et Sell, elle renferme 69,42 carbone, 7,79 hydrogène et 22,79 oxigène, nombres qui correspondent à la formule C„ H,, O^.- Ces chimistes considèrent l'asarine comme l'hydrate d'une huile particulière qu'on peut extraire delà racine au moyen de l'alcool ; cette huile leur a donné pour composition 75,41 carbone, 9,7G hydrogène et 14,83 oxigène. Cepend int ces résultats ne permettent pas d'envisager l'asarine comme une combinaison de i atome de cette huile avec 1 atome d'eau, car les nombres calculés diffèrent trop de ceux fournis par l'expérience. "
Nicotianine.
Ce principe s'obtient quand on distille les feuilles de tabac avec peu d'eau. 1 livre de ces feuilles fournissent à peine 2 grains d'une substance sébacée, qui a l'odeur de la fumée de tabac, et dont la saveur est aiomatiipie et amère; cette substance se volatilise pnr la chaleui', ne se dissout pas dans l'eau, et se dissout facilement dans l'alcool et l'étlier. Elle est égale-
ment suluble dans la potasse ^ les acides étendus ne la dissolvent pas.
j^némonine.
Flic a ôtê découverte par Hlyek dans les feuilles d'^nemone pulsatilla, A. nemorosa GlJ. pratensis; Vauqueliis, Robert, ScHWARTz, LoEWiG et Weidmann, et, tout récemment, Feu- Li.NG l'ont examinée.
On se la procure en distillant les feuilles fraîches de ces plautes avec deux fois leur poids d'eau; lorsque la moitié de l'eau, ou un peu plus, a passé, l'anémonine s'y dépose à l'état cristallisé, au hout de quelques semaines. Elle est plus pesante que l'eau, f(»nd et se volatilise par réchauffement à l'air hbre, en répandant une odeur très forte qui irrite beaucoup les yeux ; toutefois, 0(1 ne peut pas la distiller sans altération. Elle possède uue saveur acre et brûlante, se dissout peu dans l'eau et fort bien dans réther.
Lorsqu'on la fait bouillir avec de l'acide nitrique, elle se décompose en déifageant des vapeurs nitreuses. Le chlore, le brome et l'iode n'y agissent pas d'une manière extraordinaire. L'acide sulfurique concentré la dissout à froid ; l'eau la précipite de sa solution; par réchauffement du mélange, il se développe de l'acide sulfureux. L'acide sulfurique étendu l'altère également par une ébullition prolongée: l'acide hydrochlorique concentré la transforme en acide anémonique. (Loewig.)
Suivant Loewig, l'anémonine renferme 55,70 carbone, 4,3 hydrogène et 40,0 oxigène, nombres qu'il interprète par C, H, O..
Fehling a observé que l'anémonine est très soluble dans l'alcool bouillant, peu soluble dans l'élher et dans l'eau, (^uand on la dissout dans l'alcool, elle laisse toujours un résidu blanc et pulvérulent, insoluble dans Téther, l'eau, les huiles grasses et les essences. Elle cristallise de sa solution alcoolique. Fehli\g a fait quatre analyses très concordantes sur des échantillons préparés à différentes époques : il y a trouvé, terme moyen. {j2,ii5 carbone, 4,37 hydrogène et 32,78 oxigène, nombres qui peuvent se représenter par Cs H* O». En faisant bouillii" de l'anémonine
avec de l'oxide de plomb et de l'eau, il a obtenu une combinaison cristalline, pour laquelle l'analyse a donné C,jH,a Ou, Vb O.
On prépare V acide ancmoniquc^ suivant Loi:wi(., en faisant bouillir rancmonine avec de Teau de barUe ^ on enlève l'excès de baryte par un courant d'acide carbonique, et l'on ajoute de l'acétate de plomb au liquide filtré. Il se précipite alors de i'anômonate de plomb à l'état de flocons jaunes qu'on décompose par l'hydroi^ène sulfuré. On évapore à siccité la dissolutiofi de l'acide anémonique; c'est une masse brune, diaphane, cassante, non cristalline, qui donne une poudre brun-jaune ; elle attire rapidement l'humidité de l'atmosphère, est fort peu soluble dans l'alcool, et insoluble dans l'éther. Sa saveur est très acide. Il rougit le tournesol vX décompose les carbonates. Il se décompose luimême par la distillation sèche. Ses sels ne ciisfallisent pas. LoKwiG représente cet acide par la formule C7 H„ Oj 4-a^.
Suivant Schwartz, l'acide anémonique se dépose dans l'eau distillée des feuilles d'anémone en même temps que l'aiiémoninei d'après lui, cet acide est à peine soluble dans l'eau, l'alcool et l'élher. Les alcalis le colorent en jaune et le décomposent en deux corps, dont l'un est soluble et l'autre insoluble dans la potasse. L'eau distillée récente contiendrait aussi, suivant lui, une huile acre, qui, par l'action de l'air, se transforme d'abord en anémonine, puis en acide anémonique.
Cantharidine.
Les cantharides {Lylta ruficollis) renferment un principe cristallisé qui a été découvert par Roeiquet. Pour l'isoler, on épuise les insectes avec de l'eau , on évapore l'extrait à siccité, et l'on traite le résidu par de l'alcool bouillant. On évapore de nouveau cette dissolution et on la traite par de l'éther ; par l'évaporation spontanée, celui-ci laisse déposer la cantharidine à l'état de lamelles micacées que l'on purifie, par des lavages à l'alcool , d'une certaine matière jaune.
Elle est insoluble dans l'eau; toutefois , lorsqu'elle est impure, elle s'y dissout. Elle est très soluble dans Talcool bouillant et cristallise par le refroidissement de la solution. L'éther et les huiles la dissolvent également avec facilité. L'acide acétique et Ta-
cide hydrochlorique ne la dissolvent pas. Elle fond par réchauffement et se volatilise sans se décomposer, à une température élevée. C'est à ce principe que les cantharides doivent l(!ur action vésicante.
Suivant Regnault, la cantharidine renferme 61 ,G8 charbon, G,04 hydrogène et 32,28 oxigène , nombres qu'il exprime par Cio H,i, O4.
PRINCIPES CONCRETS NON ANALYSÉS. ( CAMPHRES , STÉAROPTÎiNES.)
Principe de la vanille. — Ce sont des aiguilles ou des lamelles petites et flexibles qui fondent par la chaleur en donnant des vapeurs qui ne sont pas irritantes et n'excitent pas la toux. Elles ne se dissolvent pas dans l'eau ; l'alcool et l'éther les dissolvent aisément; les solutions sont neutres. ( Bley.)
Quassiine. — Suivant Bennersciieidt, le bois de Surinam ( Quassia amara) renferme une petite quantité de tables blanches qui ont l'odeur du bois, sont plus légères que l'eau, et s'y dissolvent un peu à chaud.
Tanguine. — On l'obtient, d'après Henry, en épuisant par l'éther les amandes du tanguin de Madagascar ( Tanghinia ty^adagascarienais). après les avoir préalablement exprimées pour en séparer l'huile grasse. La solution dépose p.vr l'évaporation spontanée des cristaux que l'on purifie en les dissolvant dans l'alcool. Ces cristaux sont transparents et se désagrègent à l'air; ils fondent en une masse résinoide sans se volatiliser, n'agissent pas sur le tournesol , et possèdent une saveur d'abord amère , puis fort brûlante comme celle de la pyrèthre. Ils sont insolubles dans l'eau , solubles dans l'alcool, et sont précipités de leur solution par l'eau. L'éther les dissout aisément. Les acides ne se combinent pas avec eux. 11 agit , même en petites doses, comme un poison très énergique.
Principes de Vécorce de massoy. — L'écorce de massoy renferme, suivant Bonastre, un principe concret , blanc, pulvérulent, rude au toucher, peu odorant, presque insipide, plus pesant que l'eau , et soluble dans l'alcool , l'éther et l'acide acé-
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ti(fno. II lui (lonno le nom de camphre Ao mnaaoy. L'acide nifriqiK" le colore en jnune. ï>a racine de massoy renferme en outre deux huiles , dont Tune est plus K-ç^cre que l'eau, incolore, très fluide, d'une saveur ;Vre et hrûlante, d'une odeur de sassafras; elle se dissout aisément dans lalcool , Téthcr et l'acide ac^^lique, et prend par l'acide nitrique une couleur rouge cerise. L'autrr huile est moins volatile et moins fluiile; son odeur est moins forte que celle de la précédente; sa saveur est très acre; <à — 10° elle s'épaissit. A froid, elle prend par l'acide nitrique une couleur écarlatc; par réchauffement du mélanj^e. il se produit de l'acide oxalique. Elle ne se combine avec les alcalis que d'une manière imparfaite.
Principe des oreiUes d'ours. — La racine fraîche des oreilles d'ours [Primula nuricufa) (\onnp. daprès Huf.neff.ld, des prismes allonfi^és et incolores dont l'odeur rappelle celle de la menthe poivrée. — La racine des primevères {Primula veris) renferme une substance semblable, que l'on peut obtenir en aiguilles blanches qui sentent à la fois le fenouil et l'ail. (Huenefeld.)
CAOUTCHOUC ou GOMME ÉLASTIQUE.
Le caoutchouc a été apporté en Europe au commencement du siècle dernier. C'est De la Condamine qui, en 1751, a publié sur ce corps la première note scientifique. Plus tard, beaucoup de chimistes s'en sont occupés, parmi lesquels on remarque Macquer , AcHARD , FouRCROY et d'autres ; plus récemment, I'araday et LuEDERSDORFF; dans ces derniers temps,
TrOMMSDORFF , GrEGORY, BOUCHARDAT et surtout HliMLY
ont eiaminé Ie3 produits de la distillation Sièche du caoutchouc.
On sait aujourd'hui qu'on peut extraire le caoutchouc du suc laiteux de beaucoup d'arbres , tels que Siphonia elastica Pers. {latrapha clastica L., Jlevca guiancnsis Auhl.y Siphonia cahur chu ^ich.), Tabernaemontana elastica Spr. ( Urceola elastica Roxb.), Lobelia caoutchouc Ifumb.
Le caoutchouc se rencontre ordinairement dans le commerce SQus la forme de fioles que l'on prépare en répandaint le suc
DE CHIMIE ORGANIQUE. 37Si
laiteux qui s'écoule des incisions fuites aux JU'bres, sur des moules en .'irf;ile non cuite, et par couches successives, jusqu'à ce que cet enduit ait l'épaisseur couvenable. On le dessèche alors >ur la flamme d'un feu libre, ce qui l'enfume et lui donne extérieurement une teinte noire -, en cassant ou en ramollissant le moule, on peut ensuite l'en retirer. Dans ces derniers temps, on 1 apporté en Europe le suc laiteux qui fournit le caoutchouc, enfermé dans des bouteilles eutièreraent remplies. Ce suc est jaunâtre , épais comme de la crème: il présente une odeur ai{^e- Ictte et légèrement putride par suite de Taltéralion de l'albumine végétale qui s'y trouve. Cette dernière se coagule par réchauffement et détermme Tagglutination du caoutchouc suspendu dms le suc à l'état d'émulsion.
Le caoutchouc forme à peu près les 32 centièmes du suc Faraday); il est accompagné de 2 centièmes d'albumine végétale, de 7 centièmes d'une matière brune , azotée , soluble dans l'eau et l'alcool, et de 3 centièmes d'une substance insoluble dans ces véhicules \ le reste est de l'eau.
A l'étiit pur, le caoutchouc est incolore et transparent,- les faces récemment coupées adhèrent très fort par la pression ; sa densité est de 0,925; il est parfaitement élastique. Il ne conduit pas lélectricilé; lorsqu'on l'étiré rapidement, il dégage de la chaleur et de l'électricité.
On n'est pas encore parvenu à faire reprendre son état d'émulsion au caoutchouc une fois séparé du suc.
Il ^e gonfle quand on le chauffe dans l'eau, et se ramollit considérablement satis s'y dissoudre. Il se comporte de la même manière avec l'alcool.
L'élher exempt d'alcool le dissout, et les parties fuligineuses restent alors à 1 état insoluble; après la vaporisation de l'éther, le caoult bouc reste, tout en a^ant conservé ses propriétés primitives, el donne, comme à l'étal récent, des faces de coupure qui a. lièrent très fortement. L'alcool précipite la solution éthérée.
Le caoutchouc se gonfle dans le pétrole en prenant trente fois son volume; il se dissout, à chaud, en toutes proportions, dans 1 huile empyreumatique et rectifiée qu'on retire du goudron de
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bois ou (lu houille. Lorsqu'on veut rh.-issrr les dernières (r.iecs (lu solvant , il f;iuî (iesséohei- le e.ioulrhoue drins la vapeur d'eau.
11 se dissout également dans l'essence de térébenthine et dans qu«'Iques anties huiles essentielles; toutefois cfs solvants laissent, après révaporation , de petites quantités (1(; résine , d«; sorte que le caoutchouc reste alors lonf;temps visqueux et devient cassant par une dessiccation complète.
Suivant Lv>ip\dius, il se dissout complètement dans 20 parties de sulfure de carbone. Jl n*; s'altère iias à l'air; il n'est attaqué ni par le chlore, ni par l'acide hydrochlorique, ni par le î;az ammoniac, ni par l'acide sulfureux. Il n'y a que l'acide sulfurique concentré et l'acide nitrique qui agissent sur lui, lentement et en se décomposant eux-mêmes.
Chauffé à 120", le caoutchouc fond et reste onctueux après le refroidissement. Lorsqu'on Télalc ainsi en couches très minces, il se dessèche peu à peu ; toutefois la dessiccation n'est complète qu'au bout dun temps fort long.
Le caoutchouc pur, séparé de l'émulsion et privé des matières étrangères par des lavages, présente, suivant Faraday . la composition d'un hydrogène carboné ; l'analyse a donné 87,2 carbone et 12,8 hydrogène.
On fait un grand usage du caoutchouc pour effacer les traits de crayon, pour fabriquer des tuyaux élastiques, des souliers, et surfout des étofTes imperméables. Ces dernières, inventées par Macuntosh, se préparent en répandant sur l'un des côtés du tissu qu'on veut rendre imperméable une dissolution épaisse de caoutchouc dans un mélange d'huile de goudron et d'essence de térébenthine , au moyen d'un appareil qui ressemble beaucoup à celui dont se servent les pharmaciens pour préparer les emplâtres. On presse l'une contre l'autre deux étoffes ainsi enduites, et on les sèche dans des chambres chauffées par la vapeur d'eau.
On peut se procurer des ballons très minces en insufflant avec précaution de l'air dans des fioles de caoutchouc ramollies par l'éther.
Produits de la distillation sèche du caoutchouc. — Le caoutchouc blanc et trouble qui se trouve dans le commerce renferme 13,7 pour cent d'eau qu'il perd par la dessiccation sur Tacide sul-
furique, mais qu'il reprend peu à peu à Tnir, Lorsqu'on le soumet à la distillation, Talbumine végétale qu'il renferme se décompo»;c 1,1 première à niie fempér;«tiire où le caoutchouc fond sans s'altérer. La quantité de ces premiers f»rodiiits d»' décomposition est peu considérai le ; ils sotit composés d'acide carbonique, d'oxide de carbone, d'eau ammoniacale, et d'une liuilf fétide soluble dans l'étlicr; cette huile se combine avec les acides et en est séparée par les alcalis; l'air la décompose rapidement, ainsi que ses combinaisons avec les acides. On rencontre, en outre, dans le liquide distillé, un acide uni à l'ammoniaque, et qui, d'après Himly, ressemble beaucoup àlacide pyro-mucique.
Il faut augmenter la chaleur, ajTrèsque ces produits ont passé, pour faire bouillir le caoutchouc ; lorsque ce point est arrivé, on retire vivement la plus grande partie du feu ; on voit alors distiller une huile jaunrdre, puis une autre de couleur brune, et enfin, à une température très élevée, une huile noire, tandis qu'il reste du charbon dans la cornue.
En fractionnant les produits, on obtient des huiles dont le point d'ébullition varie, et qui ont toutes une composition semblable à celle de l'essence de térébenthine. L'huile la plus volatile bout déjà à 33", et possède une densité de 0,6.54 ; la moins volatile ne distille que vers 360'', et même à une température plus haute (Hîmly). Gregory a observé qu'en traitnnt l'huile bouillante à 36" par de Taciile sulfurique, le mélange noircit en dégageant de l'acide sulfureux, et l'eau en sépare alors une huile dont le point d'ébullilion est au dessus de 220".
Himly a obtenu par des fractionnements répétés une liuile qui distillait entre 140'' et 200" ; après l'avoir agitée avec 1 partie d'acide sulfurique et 8 parties d'eau, puis avec une lessive de potasse, il l'a soumise à la distillation, et de ce nouveau produit il n'a recueilli que la portion passant entre 166" et 170"; celleci a été saturée par du gaz hydrochlorique sec, dissoute dans l'alcool, reséparée par l'eau, desséchée sur le chlorure de calcium, et rectifiée, à plusieurs reprises, d"al)ord sur de la baryte, puis sur du potassium.
L'huile ainsi purdiée est la raoutchine de Himly; elle distille à 171°, a une densité de 0,842 à l'état liquide, et de 4,461 à
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l'étal (le vapeur. Elle ne se concrète pas encore à — 30'. Elle tache le p.ipicr; elle est pi'esquc insoluble dans l'eau ; elle peut loulrfois dissoudre une {grande quantité de ce liquide. I/alcool, rétlier, les huiles grasses et les essences se mêlent avec elle en toutes proportions; le potassium ne raltèro pas. L'eau oxigénéc la résinifie, les peroxides métalliques sont s;uis action sur elle. L'acide sulfiiriqne anhydre .se combine avec la caoutchine en développant du gaz sulfiueux et en donnant nn acide dont le se| de baryte est soluble.
Elle renferme 88,44 carbone et 1 l,oG hydrogène = C^ Hu.
Le chlore et le brume se combinent avec la caoutchine en dégageant des vapeurs d'acide Ii^ drochlorique ou hydrobrômique. La (•hloro-caoukhine est peu fluide à la température ordinaire; sa densité est de l,4i'î. Les carbonates alcalins ne la décomposent pas; par la distillation sèche, elle donne de l'acide hydrochlorique. Lorsqu'on la distille avec une base, on obtient une huile moins hydrogénée Elle renferme 70,07 carbone, 9,57 hydrogène, 20,36 chlore, c'est-à-dire : C,oH,„ C/g.
BoLCHARDAT a maintenu dans un mélange réfrigérant le dernier récipient où se condensaient les produits de la di.stillation du caoutchouc. De cette manière , il a obtenu un liquide bouillant déjà au dessous de 0% et identique avec le bicarbare d'hydrogène de Faraday. Ce liquide est mélangé avec une autre huile, le caoutchène, qui ne passe qu'entre + 10° et 18", et peut s'obtenir cristallisée par un grand froid. Les cristaux fondent à — lO", et distillent à -}- 14". Dans le premier récipient, lîou- CHARDAT a trouvé une huile peu volatile, bouillant à -\- 315°, et ne se concrétant point par le froid; il l'appelle hévéène. Elle est sûluble, en toutes proportions, dans l'aîcool et lether ; elle. al)sorbe le chlore, et acquiert alors la consistance de la cire. Elle s'épaissit avec les alcalis et absorbe de l'oxigène. Par l'ar cide sulfurique concentré, elle s'épaissit d'abord, puis sépare une huile qui a la plus grande ressemblance avec l'eupione.
L'hévéène renferme le carbone et l'hydrogène dans le même rapport que le gaz oléGant.
IIÉSINES.
Les résines se rencontrant particulièrement dans les plnutcs ; tantôt elles sY'coulent de réçorccdes arbres, en dissolution dans une huile essentiel!'^ ; elles constituent niors ce qu'du appelle des baumes et se dessèchent à l'airj tantôt elles occupent Tintérieur du tronc et de la souche. On trouve également des résines dans le règne minéral {résines fossiles), et il est probable que là elles doivent leur origine à des végétaux antédiluviens.
Il est prouvé par l'expérience que les résines se trouvent dans une certaine relation avec les huiles essentielles qui les tiennent en dissolution. Eu effet, toutes les résines renferment de l'oxigcue, et beaucoup d'essences se résinifient à l'air en absorbant ce même principe. Le fait est incontestable , mais ce serait aller trop loin que de vouloir en conclure que les résines sont de simples oxides de ces essences.
Nous avons dit, dans le chapitre des huiler essentielles, que l'essence de térébenthiiie et la plupart des autres essences occasionnent une espèce d'explosion, lorqu'on les met en contact avec de l'iode. Ce phénomène est dû à l'action exercée par l'iode sur l'hydrogène des essences , avec lequel il produit de l'acide hydi iodique ; l'hydrogène, ainsi enlevé , est en même temps remplacé par une autre portion d'iode. Or, l'acide hydriodique ne retient Ihydrogène qu'avec peu d'énergie, car il se décompose déjà à l'air; mais comme l'iode s'empare d'une certaine quantité de l'hydrogène renfermé dans les çsseuces pour s'y substituer , il faut nécessairement que cet by^ogçuesoit retenu dans les essences avec bien moins de force encore que dans l'acide hydriodique ^ et si l'action de loxigène de l'air est analogue à celle de l'iode , ce dont on ne >aurait douter, il est clair qu'en se résinifiant les huiles essentielles perdent une certaine quantité d'hydrogène, qui est remplacée par de I ovigèae. L'hydrpgène ainsi enlevé aux esse^icçs fortnp ^9 l'eau, qui se s^-
pare ou demeure en combinaison nvrr lo nouveau produit oxigéné.
D'après cola, les résines formées par Taction de l'air sur les essences doivent toujours renfermer moins d'hydroi;ènc que celles-ci, c'est-à-dire que la composition de ces résines doit pouvoir s'exprimer par celle de l'essence , plus de l'oxigène et moins de l'hydroi^ène.
Ce fait se trouve appuyé, on ne peut plus nettement, parles analyses faites sur les résines par Blanchet et Sell, Tromms- DORFF et H. Rose. Les voici :
Colophane. Acide sylvique. Acide piniquc. Résine de copahu.
(ni..\srnF,TctSFLL.)(J.-I- Tr.OMM><t)fmrF. (11. Hosk.) (II.HostJ
Carbone SO.Oi— 79,27 — 79,74— 79,66 — 79,27 — 79,26 Hydrogène 10,01 — 10,1 5— 9,82— 9,82 — 10,36 — 10,15 Oxigcne 9,95—10,58 — 10,44—10,52 — 10,37 — 10,59
Rn ajoutant à la formule de l'essence de térébenthine (Cïo H.J 2 atomes d'oxigène, et à celle de l'essence de copahu (C,.. H,c) 1 atome de cet élément, on aurait, pour leurs résines, en admettant qu elles se forment par une absorption d'oxigène pure et simple :
En centièmes.
10 atomes de carbone 79,28
16 — d'hydrogène 10.34
1 — d'oxigène 10,37
Mais il est facile de voir que les résines renferment toutes moins d'hydrogène qu'il n'en correspond à une pareille absorption : comme on sait , du reste, que dans les déterminations de l'hydrogène l'expérience en donne toujours un peu plus que la matière ne renferme réellement, on est naturellement conduit à admettre que les résines ne sont pas de simples oxides des essences qui leur ont donné naissance. L'oxigène qu'elles renferment a pris la place d'une certaine quantité d'hydrogène.
La véritable formule de la colophane serait , d'après cela , C,o H,,0, ou, pour le poids atomique déterminé par H. Rose, C,„ FI,.,; O,. Mais l'analyse convient plutôt à la formule C,,, Hoo O,; suivant celle-ci, 2 atomes d'essence de térébenthine, 2 C4,, II., =:C,„ Hc, auraient perdu 4 atomes d'hydroi;ène qui se trouveraient remplacés par 2 atomes d'oxigène , <le manière à former C,„ II, „ O,^ ce produit se serait ensuite emnaré encore de 2 atonifs d'oxigène pour donner naissance à l'acide pinique et à l'acide sylvique, absolument comme cela s'observe dans la transformation de l'aldéhyde en acide acétique. Si l'on applique ces données à la constitution de l'essence de térébenthine, on est amené à conclure que l'hydrogène de ce corps s'y trouve sous deux formes différentes : une partie de cet hydrogène peut être remplacée par de l'oxigène , le reste ne peut pas s'o^ider lians les circonstances ordinaires. La formule Cjo H50 + H,, exprimerait cette différence dans les fonctions de l'hydrogène.
Cette formule rendrait également compte, jusqu'à un certain point, de la [iropriété que possède l'essence de térébenthine de se combiner avec les hydracides ; en effet, elle représente l'essence de térébenthine comme l'hydrure d'un radical comj>osé, capable de s'unir aux hydrures des radicaux simples.
Quant aux cristaux que Wiggeks est parvenu à produire à volonté dans l'essence de térébenthine, et dont on ignore encore s'ils sont identiques avec le corps analysé par Blan- CHET et Sell, ou avec celui qui a été examiné par Dumas et Peligot, il est clair qu'ils se forment par l'action de i'oxi^'ène de lair ou de l'acide nitrique sur l'essence. Mais, d un autre côté, ou ne peut douter qu'ils ne soient l'hydrate d'un nouvel oxide produit par la substitution de l'oxigène à l'hydrogène, et non pas l'hydrate de l'essence même.
Si l'essence de térébenthine pouvait réellement se combiner avec l'eau, on conçoit qu'elle devrait former un hydrate, au moment où, à l'état naissant, elle rencontre ce principe, par exemple dans la décomposition de l'hydrochlorate d'essence de térébenthine par la chaux; car, dans ce cas, l'acide hydrocidorique, eu s'emparant de la chaux, produit du chlorure de calcium et de
l'eau. Mais il n'en est rien, bien que toutes les conditions favorables se trouvent réunies.
On Toitque ces corps réclament des recherches sérieuses.
Les résines se rencontrent donc, comme nous l'avons déjà dit, à Télat de mélange avec des huiles essentielles ; on les extrait des baumes naturels eu chauffant ceux-ci avec de l'eau, tant qu'il s'e»! développe de l'essence, La térél)entliine, ainsi débarrassée (le riiuile volatile et fondue, fournit la résine qui est connue sous le nom de colophane.
On peut distinguer les résines en résines dures et mines molles. Les résines dures sont compactes, cassantes, incolores à l'état pur, ordinairement colorées eu brun ou en jaune pai- des matières étrangères ; elles sont, pour la plupart, plus pesantes que l'eau, ne conduisent pas l'électricité, mais s'électrisent par le frottement, en devenant électro-négatives.
A l'état de pureté, elles sont sans odeur; toutefois, beaucoup d'entre elles émettent de l'odeur, surtout par réchauffement; cette odeur provient aloi-s d'une huile essentielle.
Les résines insolubles dans l'eau n'ont pas de saveur ; celles qui s'y dissolvent en petite quantité sont amères et acres-, beaucoup de résines forment avec l'eau des hydrates; elles attirent alors l'humidité de l'atmosphère, se ramollissent et deviennent visqueuses.
L'eau chaude produit sur elles le même effet ; quelquefois même elle les fluidifie complètement.
Les résines ne sont pas volatiles, elles s'enflamment aisément à une température élevée, et brûlent avec une flamme très fuligineuse. Elles donnent, par la distillation sèche, des liquides volatils et des gaz inflammables, en laissant pour résidu un charbon poreux. L'acide nitrique les transforme en acide oxalique et en plusieurs autres produits qui n'ont pas encore été examinés.
Les résines naturelles sont ordinairement des mélanges de plusieurs résines différentes.
On considère généralement comme caractère distinctif des résines la propriété qu'elles possèdent de se dissoudre dans l'alcool ; mais cette solubilité présente de fort grandes variations. Ainsi beaucoup de résines se dissolvent aisément dans l'alcool
Dlî CHIMIE ORGANIQUE. '\S2
déjà à la température ordinaire, d'autres seulement par l'ébullition, d'autres enfin, comme le copal, ne s'y dissolvent que fort peu à chaud et à froid.
Plusieurs résines peuvent s'obtenir cristallisées dans leur solution alcoolique, sous forme régulière. L'eau trouble les solutions et en précipite les résines.
Beaucoup de résines sont solubles dans l'éther, d autres n'en sorjl pas altîujuées. Les iiuilcs grasses et les huiles essentielles dissolvent les résines en grande partie ; il en est de même du sulfure de carbone.
La manière dont les résines se comportent avec les alcalis permet d'établir entre elles une certaine distinction. Ainsi il y en a qui, en solution alcooli<(tie, rouj^issent les couleurs végétales -, ce sont en effet des acides plus ou moins énergiques, capables de neutraliser les bases. D'autres sont sans action sur les couleurs végétales et ne se combinent pas avec les oxides métalliques ; la résine élémi a[)partient à cette dernière classe.
Les résines qui [lossèdent des caractères acides bien tranchés décomposent, à l'ébullition, les carbonates alcalins, et se dissolvent aisément dans les lessives alcdines ; leur solution alcoolique n'est point précipitée par l'ammoniaque, et le précipité que l'eau occasionne est entièrement soluble dans cet alcali. La solution alcoolicjue des résinas non acides ou indifférentes est précipitée par l'ammoniaque sous la forme d'un magma blanc.
La solution alcoolique des résines acides, mélangée avec de l'ammoniaque, préciiùte à l'état cristallin les sels d'argent ; le précipité se dissout dans un excès d'ammoniaque -, les résines non acides ne produisent pas de précipité dans ces circonstances.
Les combinaisons des résines acides avec les alcalis portent le nom de résinâtes ou desaions de résine; elles se distinguent particulièrement des savons formés par les acides gras, en ce que le sel marin ne les sépare pas de leur solution aqueuse, et qu'elle*; ne donnent pas d'émulsion quand on les concentre. Du reste, leurs solutions moussent comme l'eau ilc. savon.
Les savons de résine sont souvent insolubles dans une lessive concentrée de potasse ^ tel est, par exemple, le savon de colo-
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phaiic ; d'autres lois ils y sotil solublcs, tel est, par exemple, le savon de j;aiac.
Térébenthine. —Les diverses variéU'îs de Pinus {P. sylvcstriSy Pinasler.yJbies, picea, maritima) exsudent une résine jaunAtre qui durcit à Tair. Celle résine a reçu plusieurs noms, suivant son état de pureté ou suivant la préparation qu'on lui fait subir pour l'employer à divers usaj^es ; elle renferme toujours une quantité considérable dliuile essentielle.
Le barras ou galipoi est la térébenthine brute , telle qu'elle s'écoule dc5 arbres. Cette résine donne, par la distillation, l'huile essentielle de térébenthine et la colophane {brai xec, arcanson; qui reste comme résidu. La résine jaune ou poix résine se compose d'environ 3 parties de colophane et de 1 partie de galipot. La poix de Bourgogne ou poix jaune est du galii)Ot purifié par la fusion et la tiltration à travers un lit de paille ^ les parties qui restent sur le filtré constituent la poix noire. Enfin, dans le commerce, on applique les noms de goudron, de brai gras, de poix grasse, de poix bâtarde à des mélanges de térébenthine et de matières charbonneuses obtenues par la distillation des bois résineux.
La colophane est donc de la térébenthine dépouillée de l'huile essentielle^ elle ne constitue pas un principe unique, mais elle forme un mélange de plusieurs résines.
L'acide sylvique ou rcsine-béta (Beuzélius) est un de ces principes ; c est la résine cristallisable de la colophane (H- Rose;. Elle renferme, suivant ïromsisdouff, Co Hso O,^ ^ d'après ii. Rosi:, C^o Hn, O^.
Ce principe a été découveit par LInveudorben ; il se trouve dans la colophane, accompagné d'acide pinique.
Pour le préparer, on délaie de la colophane bien pulvérisée dans l'alcool de GO centièmes; la liqueur trouble dépose , au bout de (juelque temps, Tacide sylvique impur à l'état de flocons jaunes, que l'on sépare du liquide surnageant et qu'on lave à î)Iusieurs reprises avec de l'alcool de même force. Puis on les dissout à chaud dans de i alcool de 80 centièmes, et l'on ajoute à la solution bouillante assez d'eau poui- précipiter une partie de la résine. (Tkommsdorff). Celle-ci se dépose alors à l'état de gouttes
brunes, tandis que la solution surnageante s'éclaircit -, on décante pendant que la masse est encore chaude , et alors les gouttes résineuses cristallisent par le refroidissement. On sépare les cristaux des eaux-mères , et après les avoir dissous de nouveau dans l'alcool, on précipite leur solution par de l'eau et on laisse cristalliser une seconde fois. Il faut répéter cette opération encore une ou deux fois pour les obtenir entièrement incolores.
Suivant Trommsdorff, l'acide sylvique cristallise par le refroidissement d'une solution moyennement concentrée et bouillante sous fornit' de grosses tables rhorabes réunies par faisceaux, et ordinairement si minces que l'on n'en peut apercevoir les faces latérales^ ces cristaux sont, suivant Uinverdorben, des prismes quadrilatères , à base rhombe et terminés par un sommet de i faces. Ils fondent à 152«; toutefois ils neseliquétient complètement qu'à une température plus élevée. Une fois séchés à 100% ils ne perdent plus de leur poids par la fusion. lisse dissolvent ai.-ément dans l'alcool anhydre et dans l'élher; la solution rougit le tournesol ; ils se dissolvent également dans les huiles grasses, les essences et les huiles empyreumatiques. La distillation sèche les décompose.
L'acide sylvique se combine avec les bases et forme avec elles des sels solubles dans l'éther et l'alcool anhydre. Le sylvate de magné>ie se dissout dans l'alcool ; cette réaction permet de le di^linguer du piuate à même base,
L' acide pinique o\i résine-alpha (Berzélius) constitue la partie non crislallisable de la colophane. Il a été découvert par UiNVERDORBEN; sa compositiou a été examinée par Bla.iNchi:t et Sell, J. L. et H. Rose. Sa formule se représente par
C40 Heo O, (J. L.)
On épuise la colophane pulvérisée par de l'alcool de 7-2 centièmes qui dissout l'acide pinique et lai>se l'acide sylvique. On précipite la solution par de l'acétate de cuivre , et , après avoir décomposé le nouveau sel de cuivre par de l'aci'le hydrochlorique, on fait bouillir, à plusieurs reprises, l'acide pinique dans l'eau.
Les propriétés de l'acide pinique et de ses sels ressemblent à celles de l'acide sylvique et des sylvat. s ; toutefois les sels du
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premier acide sont moins solubles dans l'alcool que ces derniers; le piiiate de magnésie surtout y est tout à fait insoluble.
Lorsqu'on soumet l'acide pinique à la distillation sèche, jusqu'à ce que le tiers ait passé, on recueille dans le récipient de l'acide colopholiquc ou, comme l'appelle lip.R/KLius, la résinegamma de la colophane. Cet acide se distinfjue de l'acide pinique pur sa couleur brune, sa plus grande aflinité pour les bases salitiables el son peu de solubilité dans l'alcool de C7 centièmes ; ses sels ressemblent aux pinates.
La colophane renferme des quantités variables de ce dernier acide , suivant la température oii elle a été refondue.
Laurent a trouvé dans la térébenthine du Pinus maritimus*^ provenant des environs de lîordeaux, un acide nouveau, isomère des précédents et auquel il donne le nom iVacide pimarique; la résine d'oii il l'a extrait se compose presque exclusivement de cristaux grenus que l'on en retire à l'aide d'un mélange bouillant de 5 parties d'alcool et de 1 partie d'éther^ on les fait recristalliser dans l'alcool bouillant. L'acide pimarique cristallise alors en prismes à 4 ou à 6 pans, et très petits^ par la fusion il se transforme en une modification isomère , et devient alors fort soluble dans l'alcool. Il présente du reste les mêmes propriétés et. la même composition que les acides dont on vient de parler.
En distillant de l'acide pimarique dans le vide^, on obtient Vacide pyromarique, qui se distingue de l'acide pimarique par sa grande solubilité dans l'alcool, par la forme de ses cristaux qui constituent des tablettes à 3 pans , et enfin par le sel de plomb qui cristallise en prismes quadrilatères. Sa composition est la même que celle de l'acide pimarique.
Les cristaux de cet acide ternissent à la longue et se transforment en acide pimarique amorphe qui ne cristallise plus dans l'alcool sans s'altérer.
Lorsqu'on mélange avec précaution l'acide pimarique avec de l'acide sulfurique , et qu'on y ajoute de l'eau après ^4 heures, on trouve que l'acide pimarique a perdu sa propriété de cristalliser dans l'alcool ; suivant Laurent , il aurait pris alors à peu près 1 atome d'eau , pour se transformer en acide pimarique hydraté.
L'acide piraarique traité pendant quelque temps avec un excès d'acide nitrique perd 4 équivalents d'hydrogène, et prend en place 1 équivalent d'azote et 6 équivalents d'oxigène, pour se convertir en acide azomariquc.
Soumis à la distillation, sous la pression ordinaire, l'acide pimarique se décompose, en donnant un nouveau corps indifférent, \a pimarone , qui, suivant Laurent , renferme 1 atome deau de moins que l'acide pimarique et s'altère à l'air de manière à pouvoir se combiner de nouveau avec les bases salifiables.
Il faut ranimer ici encore deux corps que FrExMY a obtenus en distillant les résines avec de la chaux, savoir la résinéone Ct^HA^O et la résinoneC,„}iisO.(Jnnal. de chim. etde phijs., t. LIX, p. 5.)
Lorsqu'on fait fondre la colophane dans un vase en fonte et qu'on y ajoute une forte lessive de potasse , peu à peu et par petites portions , il s'effectue une combinaison très vive en même temps que des vapeurs d'eau se développent; on obtient ainsi un produit dur, cassant, et boursoufïlé qui, si la dose de potasse a été convenible, se dissout sans résidu dans l'eau et l'huile de lin. La solution aqueuse est amère et ne présente aucune réaction alcaline. Elle s'emploie^ à la place de la gélatine, pour l'encollage des papiers, et entre quelquefois dans la composition de l'encre d'imprimerie , qu'elle empêche de couler -, une encre ainsi préparée avec le savon de colophane s'enlève facilement des caractères au moyen d'une lessive faible.
La colophane est d'un grand emploi dans l'éclairage au gaz , car elle donue par la distillation sèche une grande quantité de gaz éclairant. Nous parlerons plus bas de quelques produits liquides qui se forment également dans ces circonstances.
Bésine de copahu. —Form\i\e : C^o H^ O^ (H. Rose). — Cette résine se rencontre dans le baume de copahu à l'état de mélange avec une huile essentielle. Suivant Schweitzer, on peut l'obtenir à l'état cristallin en dissolvant le baume dans l'ammoniaque caustique, doù elle se dépose alors par l'évaporation spontanée. On la purifie par des lavages à léther et par la cristallisation dans l'alcool.
Elle cristallise en prismes très distincts ,G. Rose), incolores et transparents, qui se ternissent à l'air en se ramollissant. Ces
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cristaux se dissolvent dans l'alcool, l'étlier, les huiles grasses et les essences ; ils se combinent avec les bases en donnant des conibinaisons salines.
Sa composition est la même que celle de la colophane et du camphre des laminées (H. Rose.
Fi:hlii\g a examiné un dépôt cristallin, formé dans un échantillon de baume de copahu de bonne qualité. 11 a trouvé pour la composition de ce dépôt 72,345 de carbone, 9,022 d'hydrogène et 18,633 d'oxigène , ce qui correspond à la formule C40 Huo Oo- Dans le sel de plomb cette résine possédait la composition C^o Hjo Oo. — La résine traitée par l'acide nitrique a donné naissance à deux produits : l'un soluble dans Teau et ne contenant pas d'azote, l'autre insoluble et azoté.
Le baume de copahu s'extrait par incision du Copaifera officinalis, arbre qui croît particulièrement dans les Indes occidentales. 11 est huileux, amer, et possède une odeur caractéristique, due à la présence d'une huile essentielle. A Tair, il perd son odeur et se durcit. Il forme avec la magnésie une masse dure.
On falsifie quelquefois le baume de copahu avec des huiles grasses ^ celte fraude se reconnaît facilement si on le fait bouillir pendant quelque temps avec de l'eau, le baume reste alors mou ; lorsqu'il n'est pas falsifié , il prend la consistance de la colophane.
liésine élémi. — L'alcool sépare, à froid, deux principes de la résine élémi du commerce. Celui qui ne s'y dissout pas à froid est blanc et peut s'obtenir cristallisé d'une solution bouillante. La solution alcoolique n'agit pas sur les couleurs végétales ; l'ammoniaque la transforme en gelée , les sels d'argent et ceux de plomb ne la précipitent pas. Suivant H. Rose , les deux principes résineux se composent de Cso Hj2 O2.
Bétuline. — Ce corps a été trouvé par Lowitz dans l'écorce de bouleau. On l'obtient suivant Hess, en épuisant l'écorce par l'eau, desséchant et traitant par de l'alcool. La bétuline cristallise alors dans ce liquide à l'état de mamelons. Elle est incolore , fusible à 200 ', et possède l'odeur du bouleau^ elle peut être suljlimée dans un courant d'air, et ne se combine pas avec les acides. Sa composition s'exprime par C20 Hj^ O4.
Résine animé. — Elle découle de yilijmcnnea Courharil, arbre qui croît ;njx Antilles. A Téfat pur, elle forme des morcenux jaune pAle A cassure viti eu«e et d'une odeur ne^réable ; elle se ramollit déjà dans la bouche. L'alcool en sépare à froid, comme de la résine élémi, deux résines qui se dissolvent toutes deux dans l'alcool bouillant en lui communiquant une réaction acide.
Euphorbe. — On l'extrait du Gummi Kuphorhium de la même manière que l,-i résine élémi , dont elle partage , du reste, les propriétés et la composition, avec la différence toutefois que sa solution alcoolique n'est point coagulée par l'ammoniaque. ( H. Rose.
Benjoin. — Cette résine est le suc durci du Styrax Bemoin, arbre qui croît à Sumatra. Elle renferme de l'acide benzoïque, une huile essentielle et trois principes résineux que l'on sépare de la manière suivante. On maintient le benjoin en ébullition avec du carbonate de soude, la résine-gamma s'y dissout alors, tandis que les résines alpha et bêla n'en sont pas attaquées; le résidu traité par l'éther lui cède la résine-alpha. On obtient à l'état de pureté la résine-gamma en précipitant par un acide la solution alcaline et lavant le dépôt produit. Ces trois principes présentent la plupart des propriétés des résines ordinaires. Van DER Vliet , qui les a étudiés, leur assigne la composition suivante :
Résine-alpha Cjo Hg^ Ou
Résine-béta C^o H44 O»
Résine-gamma Cjo H^o O»
Ces formules font voir que la résine-béta et la résine- gamma renferment ensemble les éléments de la résine-alpha, ou bien, ce qui revient au même, que la résine-béta peut être représentée par la résine-alpha, moins les éléments de la résine-gamma. Vax DER Vliet s'est assuré par des expériences, qu'en prolongant Tébullition du benjoin avec le carbonate de potasse, toute la résinealpha disparaît; il ne s'y dissout alors que delà résine-gamma, tandis que la résine-béta reste à l'état insoluble.
La composition de ces résines a été déterminée par l'analyse de leurs sels de plomb.
ncsiites du houm<> de la Mecque, du baume du Pérou, du baume de Tolu (t du Sh/raT. — Ces quatre baumes se composent en plus grande partie d'une huile essentielle et d'une résine; les deux derniers renfVrinenl en outre de l'acide cinnamiqne et de l'acide benzoïque. Les résines qu'elles contiennent sont peu étudiées.
Fremy avait déjà constaté dans l'essence du baume de Tolu la présence de l'acide cinnamique. Devii.le a trouvé plus tard que l'essence contient en outre de l'acide benzoïque, de la cinnaméine et un carbure d'hydrogène, composé d'après la formule C^^ H-,,, et bouillant à 170" C.
La composition de la résine du baume de Tolu correspond , d'après Dk ville , à la formule C,» H20 O^. On l'obtient à l'état de pureté en dissolvant le baume dans une lessive de potasse très diluée et précipitant la solution par un courant d'acide carbonique. La résine bien lavée fond à 102-103" ; à l'état de poudre, elle f)ossède une couleur rougeâtre et attire l'humidité de l'air.
La constitution chimique de cette résine est remarquable en ce qu'elle représente les éléments de l'élher benzoïque, plus 1 atome d'oxigène.
En soumettant le baume de Tolu à la distillation sèche, on obtient de l'eau, de Toxide de carbone et un résidu de charbon ; mais outre cela, deux liquides huileux, dont l'un est identique avec Véther benzoïque ; l'autre est un carbure d'hydrogène désigné par Deville sous le nom de henzoène.
Le benzoène, C,, H.e, est isomère avec le rétinaphie, obtenu par Pelletier et Walter, dans la distillation de l'huile du gaz de l'éclairage par les résines ; mais il en diffère par ses propriétés chimiques.
Le benzoène, mêlé avec de l'acide sulfurique fumant, s'échauffe et se solidifie en donnant une masse cristalline, qui, à l'état de pureté, représente Vacide sulfobenzoénique, Cm Hm So O,; -j- 3 aq.
En traitant le benzoène par de l'acide nitrique concentré, on obtient deux combinaisons azotées, dont l'une, le nitrobenzoène^ est liquide, et l'autre, le binitro-benzoène, Cu H, 4 N^ O4, sofide, cristallisable, fusible à 71° , et se volatilisant à une température plus ^élevée.
DE CHIMIE ORGAMQUE. 391
En traitant le benzoène par du chlore sec, on obtient, suivant la durée de la réaction, des liquides ou des corps cristallisables, dans lesquels plusieurs équivalents d'hy<lio}^ètie sont rempLicés [tar du chlore.
La s/»/rarmc s'extrait du styrax liquide, suivant Roxvstre, prtr la distillation avec une lessive de potasse. D'après SiMOiv, on l'obtient en ^Tande quantité en distillant le liaume .-ivec une dissolution de carbonate de soude-, l'huile essentielle, le niyrol, passe alors avec les vapeurs aqueuses. La cornue retient du cinnamate de potasse en dissolution dans le liquide, ainsi qu'une quantité considérable de résine. On purifie celle-ci en la lavant avec de l'eau, dissolvant dans 18 à 20 parties d'alcool bouillant et distillant les 2 3 du liquide après l'avoir filtré. La styracine se précipite, par le refroidissement du résidu , à l'état d une poudre cristalline qu'on lave à froid avec de l'alcool pour enlever la résine qui y adhère; puis on la dissout dans léther, qui laisse une petite quantité d'une combinaison de styracine et de soude, on chasse l'éther par réchauffement au bain-marie, et l'on dissout de nouveau la styracine dans l'alcool.
Elle se pretid alors, par l'évaporation spontanée, en beaux cristaux blancs et piliformes, solubles, à la température ordinaire, dans 3 parties d'alcool bouillant, dans 22 parties d'alcool froid, et dans 3 parties d'éther. Rlle est insoluble dans l'eau, fond à ôQ", et n'a(;it pas sur les couleurs végétales.
Lorsqu'on dissout la styracine dans 6 à 8 parties d'alcool, la dissolution devient très opaline par le refroidissement; mais le liquide s'éclaircit par l'addition d'un peu d'acide cinnamique, acétique ou sulfurique concentré, ce qui paraît indiquer que la styracine peut s'unir aux acides sans les neutraliser entièrement.
L;i styracine est composée de C,^ Hj» O,. Lorsqu'on la distille avec de l'acide nitrique, elle donne de l'hydrure de benzoïle et de l'acide hydro-cyanique, ainsi qu'un résidu renfermant de l'acide benzoïque , de l'acide nitro-picrique et une matière résineuse, comme cela s'observe dans la décomposition de l'acide cinnamique par l'acide nitrique. Elle fournit également de l'hydrure de benzoïle par la distillation avec un mélange de chromate de potasse et d acide sulfurique.
302 TRAITK
r.ir la distillation avec de la chaux, elle fournit un produit qui a la ni(îme composilion que le benzol et le cinnamène de (>hriiAKDT et Cahoi Hs, sans en partaj^er les propriétés (liimiqucs.
F.n distillant la styracine avec une lessive concentrée de potasse caustique, on oj)tient une iinile fteu volatile, [ilns pesante que l'eau, bouillant à •2-20", soluble dans 30 pailies d'eau bouillante et dans 90 à 100 parties d'eau froide. C'est la slyraçone de Simon. Il reste dans la cornue de la résine et de l'acide ciniiamique en combinaison avec l'alcali. Le procédé le plus avantageux pour préparer ce produit consiste à distiller avec une lessive de potasse fort concentrée la masse résineuse qui reste après la distillation du styrax liquide avec de l'eau. Il passe alors une eau très laiteuse-, la styraçone vient surnager, lorsqu'on la sature par du sel marin. Pour l'obtenir pure, on la rectifie après l'avoir séchée par du chlorure de calcium. (Simon.)
Jiésine de gaïac. — Elle découle spontanément du Guajacum officinale et G. sanctum ; on l'en extrait aussi en distillant le bois qui la renferme ; enfin on peut également l'obtenir en traitant par de l'alcool le bois de gaïac râpé ou moulu.
La résine qui découle naturellement des arbres est d'un brun jaunâtre, -tirant sur le vert , diaphane et friable. Elle donne une pouiire qui verdit à l'air. G lie qui s'extrait par la chaleur ou par liutermède de l'alcool est d'un brun foncé, et presque opaque. Elle est cassante, se réduit facilement en poudre; sa saveur ne se manifeste pas immédiatement, mais peu à peu elle provoque une sensation d'âcreté.
Elle fond aisément par la chaleur, en répandant une odeur qui n'est pas désagréable.
Elle bleuit au contact de l'air, ainsi que de certaines substances organiques, telles que le mucilage de gomme arabique, les racines fraîches de guimauve, le raifort, la chicorée, les pommes de terre , les oignons et beaucoup d'autres matières végétales-, à l'état récent, ces matières colorent en bleu la teinture de gaïac. L'acide hyponitrique et l'éther nitreux la colorent également en beau bleu , d'une manière passagère. La teinture de gaïac mélangée avec de l'acide hydrocyanique
colore également en bleu les sels de cuivre; mais cette teinture (lispaniU bientôt.
La réïiiie de {;i\\ac se compose, suivant UNVERDonnr.N, de deux principes dont l'un est fort soluble dans l'ainmoniaque aqueuse, et qui précipite la solution alcoolique de Tacétate de cuivre; l'autre forme avec Tammoniaque une combinaison {goudronneuse qui ne se dissout que dans 6000 parties d'ean, et qui ne précipite pas l'acétate de cuivre. La première résine se comporte également avec les bases comme un acide et donne avec elles des produits salins.
Le percblorure de fer colore également en bleu la teinture de gaïac ; la teinte disparaît tant par une désoxidation que par une oxidation.
D'après Thierry, il existe dans la résine de gaïac un acide particulier, semblable à l'acide benzoïque ou cinnamique, mais plus soluble dans l'eau. Il l'a obtenu par la sublimation, en chauffant directement cette résine ou en la traitant par l'alcool, saturant l'acide gaiacique impur ainsi obtenu par de la baryte, et décomposant le sel de baryte par l'acide sulfurique.
Pelletier a trouvé pour la composition de la résine de gaïac pure 71,00 de carbone, 7,03 d'hydrogène et 21,97 d'oxigène.
Le savon de gaïac ( le résinate à base d'alcali ) donne avec la dissolution d'or un précipité qui se dissout dins une lessive de potasse avec une couleur pourpre. Il produit des combinaisons semblables avec l'oxide de cuivre et l'oxide d'argent. Par la distillation sèche, il fournit deux huiles qu'on peut obtenir incolores en les rectiGant sur de la potasse et sur de l'acide sulfurique. L'une d elles , la plus volatile , est plus légère que l'eau \ l'autre est plus pesante que ce liquide.
Suivant Bichner, la résine de gaïac est sans saveur à l'état de pureté; mais telle qu elle se rencontre dans la nature, elle renferme un principe acre auquel elle doit probablement sa vertu médicament! use.
D'après Trommsdokff, lécorcede gaïac renferme une résine particulière brun foncé, inodore, sans saveur immédiate, mais d'un arrière-goût brûlant ; cette résine ne bleuit pas au conctact
394 TRAiTi:
de r.nir ni des corps que nous nvons mentionnés plus haut. Le bois de gjiïac au contraire contient la résine qui l)leuit. liC principe Acre fia ga)acine) se rencontre, selon ce savant, en plus forte proportion dans Técorce que dans le bois.
On recoruiaîl la fnlsifieatiori de la résine piac par la colophane, en mélanp;eant !a teinture avec de l'eau et ajotitant une lessive de potasse caustique au liquide laiteux, de naanière à Téclaircir; si le liquide reste chiir par l'addition d'un excès de potasse, la résine est exempte de colophane; si elle a été mélan£;ée avec cette dernière, il se produit au contraire un résinate insoluble.
(SCHAUB etlîlICIIOLZ.)
Le savon de paï.ic est fort soluble dans l'eau et l'alcool. Mi'sine laque.— Cette résine exsude, sous la forme d'un liquide laiteux, de plusieurs variétés de Ficws {leWes que ZizyphinfJujuha), à la suite dune piqûre qu'y fait un insecte nommé Coccus La ce a.
On rencontre dans le commerce trois espèces de laques : la laque en bâtons, la laque en grains et la laque plate ou en écailles. Cette dernière est la plus pure. Toutes les trois renferment , outre 70 à 90 centièmes de résine, une matière colorante rouge, de la cire et du mucilage.
Pour obtenir la résine à l'état de pureté, on épuise la laque par de l'alcool ; la solution alcoolique la laisse déposer sous forme d'une masse dure, cassante et de couleur brune ; c'est un mélange de plusieurs principes résineux et d(mt la composition n'est pas connue.
Elle se dissout dans les alcalis aqueux.
On emploie souvent comme vernis un mélange de laque, de térébenthine et de mastic dissous dans l'alcool.
Unverdorben a trouvé dans la laque plusieurs substances, savoir : une résine soluble dans l'alcool et l'éther, une autre soluble dans l'alcool et insoluble dans l'éther, une troisième peu soluble dans l'alcool froid, une quatrième cristallisable, et enfin une résine insoluble dans l'huile de pétrole, soluble dans l'alcool et l'éther, ainsi que des acides gras, de la cire, une matière colorante et une matière extractive.
Résine dammara. — C'est sous ce nom qu'on trouve dans le commerce une résine blanchâtre qui vient des Indes orientales.
Elle est sans saveur ni odeur, entièrement solubledans les huiles grasses et les huiles volatiles, et donne un bon vernis.
Elle paraît renfermer deux principes particuliers qui n'ont pas encore été examinés.
Mastic. — Cette résine s'extrait par incision du Pistacia tenliacus, arbre quÀ croît d.ins les îles de l'Archipel. Elle est en larmes ou en grains jannâtres et transparents qui émettent, par réchauffement, une 0(leur aromatique. Elle renferme égîdement deux résines que l'on peut séparer par l'alcool, et que l'on n'a pas encore étudiées. La résine soluWe dans l'alcool a reçu le nom de ma f Heine.
Sang-dragon. — On l'extrait particulièrement du Dracena Draco , ainsi que des fruits du Calamus Rotang. Il est brun en masse, d'un rouge vermillon en poudre, sans saveur ni odeur, se dissout aisément dans falcool et l'éther, et ne possède pas de propriétés acides; il s'em[)loie dans la fabrication des vernis rouges.
Melandri a donné le nom de dracenine à la partie insoluble dans l'acide sulfurique.
Sandaraque. — C'est une résine odorante fournie par le Juniperus communis de la zone torride. Elle se comporte comme les autresrésines acides. Suivant UNVERDORBEN,elle se compose de trois prlnci|)es résineux. On l'emploie en médecine et dans la préparation des vernis ; on s'en sert aussi pour empêcher le papier de boire.
Tacamahaca. — Cette résine est odorante comme la sandaraque; elle partage les propriétés ordinaires des matières résineuses, et se dissout dans l'alcool, l'éther et les alcalis.
Ladanum. — C'est une résine brune, molle et odorante que l'on tire du Ciftus creticus, arbre qui croît dans les îles de l'Archipel. Elle se trouve dans le commerce sous forme de galettes contournées en spirales.
Péaine de pa$fo. — Les Indiens se servent de cette résine pour rendre le bois imperméable à l'eau. Sa composition s'exprime, suivant BoussiNGAULT, par C, Hg O; elle a donc quelque rapport avec celle de l'élémi et de la résine de copahu.
Résine de la, cera de pointa. — Elle a été extraite par Boussi>'-
r.AiLTdela cera do palma, au moyen (!o Talcool. Celui-ci dissout la résine à froid sans attaquer la matière cireuse. La dissolution alcoolique donne, par l'évaporalion, une résine jaiuifttre qui fond à 100", se dissout mieux dans l'alcool bouillant (|ue dans l'alcool froid , et est aussi soluble dans l'clher et les huiles essentielles.
Jiésine de jalap. — On l'extrait de la racine du Convninilus (fpomaea) Jolappn. C'est une résine comp.icle, très fia};ile et friable, d'une couleur jaune grisâtre, terne, presque sans odeur, d'une saveur d'abord presque nulle, puis fort îlcre. Elle se compose de deux principes résineux qui difl'èrent par leur solubilité dans rétlier. L'acide nitrique la dissout également à froid sans dégagement de gaz.
Elle s'emploie comme purgatif. Plusieurs racines, telles que le liseron . Convolvulus arvcnsis et Sepium), la soldanelle C. soldanella\ le turbilh(C. turpethum) et le méchoacan {C. mechoacana), donnent des résines qui ressemblent beaucoup à celle de jalap.
Résine de castoréum. — Elle est brun foncé, dure, amère et ficre ; peu soluble dans l'eau, fort soluble dans l'alcool, insoluble dans l'éther absolu, et soluble en petite quantité dans léther alcoolique.
Résine copal. — Jusqu'à présent on croyait que celte résine provenait du Rhus copallinum , mais il paraît , d'après les renseignements plus récents de Von Martius et de Hayne, qu'elle s'extrait de plusieurs variétés d'Hymenea, de Trachytohium et de Fonapa ; il est possible toutefois qu'elle soit une résine fossile analogue au succin, avec lequel elle a d'ailleurs beaucoup d'analogie. Peut-être n'est-ce qu'un produit altéré par l'effet de l'air et de l'eau, provenant des mêmes arbres que la résine animé et la résine dammara.
Le copal est jaunâtre, transparent, dur et sonore, et se rencontre, dans le commerce, à l'état de masses irrégulières et arrondies d'une densité de 1,045-1,139. Il est sans saveur ni odeur, fusible sans décomposition, et ne fournit pas d'acide succinique par la distillation sèche. Il se dissout à chaud dans la potasse aqueuse et se divise alors en deux résines dont l'une y
reste dissoute à froid, tandis que l'autre se prend en gelée. Il est peu soluble dans l'alcool .ibsolu ; on peut augmenter sa solubilité dans ce liquide, en l'abandonnant, à l'état de poudre, pendant plusieurs mois, dans un lieu aéré. L'addition du camphre favorise également sa dissolution. Suivant Berzélius, on peut humecter la poudre de copal avec de l'ammoniaque dans un vase clos, de sorte qu'elle se gonfle peu à peu en une masse gélatitieuse^ l'alcool la dissout à chaud, et donne un vernis qui devient blanc et opaque par la dessiccation.
Celte résine se gonfle beaucoup dans l'élher et finit par s'y dissoudre complètement. La masse gélatineuse se dissout également dans l'alcool bouillant.
L'essence de romarin dissout aussi le copal en assez grande quantité; l'essence de térébentine en dissout moins.
Pour préparer le vernis de copal, on chauffe doucement dans un ballon de verre mince les morceaux de résine, de manière à les faire fondie sans qu'ils brunissent ; puis on y ajoute, par petites portions, de l'essence de térébenthine, préalablement portée à une chaleur modérée ; si l'on observe bien toutes ces conditions, le copal se dissout bien et donne un vernis incolore.
Le copal renferme, suivant Ui\ verdorben, cinq principes résineux, ainsi qu'une trace d'huile essentielle.
Béxines de ta tourbe. — IMl'lder a extrait des tourbes de Hollande plusieurs résines particulières dont il a déterminé la composition. Les tourbes de Frise contenaient les résines suivantes :
Résine-alpha C30 Heo O,
Résine- béta C7» Hm O9
Résine-gamma C,o4 Higs O9
Résine-delta C,,! H^^ Ou
Les espèces légères de certaines localités renfermaient :
Résine-alpha C,^ H^o O^
Résilie-gamma Coo H,cb 0«
Un grand nombre de plantes renferment des matières résineuses dont les caractères chimiques sont loin d'être connus.
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VEHNIS.
Les vernis servent à couvrir d'un enduit mince et imperméable les objets de bois ou de métal (jue l'on veut préserver de l'action de Tair et de Tliumidité, et à rendre en môme temps leur surface lisse et brillante.
On prépare les vernis avec les liuiles siccatives ou avec les résines; nous avons déjà parlé plus haut de la propriété que possèdent les huiles siccatives de se résinifier à l'air, lorsqu'elles se trouvent en couches mmces, et de produire ainsi des enduits élastiques et imperméables à l'eau.
JNous n'avons plus qu'à dire quelques mots sur les vernis de résine. Ce sont des dissolutions de résine qui, appliquées en couches minces sur les corps, s'y dessèchent par suite de la vaporisation ou de la solidification du solvant, et y laissent ainsi un résidu résineux.
On distingue les vernis à l'esprit, les ver-nis à Vessence et les vernis gras, suivant les solvants avec lesquels on les prépare. Ainsi on les fait avec l'alcool, avec l'essence de térébenthine ou avec des huiles grasses siccatives, telles que l'huile de lin, d'oeillet ou de noix.
Pour les vernis à l'esprit, on prend de l'alcool très fort, de 92 p. c. au moins. On facilite la dissolution de la résine en y mêlant du verre en poudre. Les vernis à l'esprit sont les plus brillants, mais aussi les plus cassants; on en peut diminuer la rigidité par une addition de térébenthine. Les résines qu'on emploie ordinairement pour ces vernis sont : le mastic, la sandaraque, la laque en écailles, l'élémi et le copal. Les menuisiers emploient ordinairement une dissolution alcoolique de laque en écailles qu'ils frottent sur les boiseries avec un chiffon imbibé d'huile.
Les mômes résines, dissoutes dans l'essence de térébenthine^ donnent des vernis plus souples, car l'essence elle-même se dessèche en une résine moile.
Le copal et le succin, tels qu'on les trouve dans le commerce, ne se dissolvent pas dans l'essence de térébenthine ni dans l'huile de lin \ pour pouvoir les employer à la fabrication des vernis, on
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les fait fondre à grand feu dans un vase assez haut d'argile ou de fonte, puis, quand la masse est bien liquide, on y ajoute du vernis d'huile de lin préalablement chaude (GO gr. environ pour 500 gr. de résine), et enfin, dès que le tout se trouve bien intimement mélangé, on y verse, par petites portions, autant d'essence de térébenthine chaude qu'on a pris de résuie. Les vernis ainsi préparés sont fort solides et font bon usage ^ toutefois ils ne sont pas incolores comme les vernis ;^ l'esprit.
Quelquefois on donne aux vernis des teintes particulières : on emploie, à cet effet, le curcuma, la gomme-gutte, le rocou, le sang-dragon, la cochenille, le bois de sandal, Toxide de cuivre, le cinabre, 1 indigo, le bleu de Prusse, le jaune de chrome, etc.