VOGEL
Suivant Pklletier , la santaline renferme 75,03 carbone , 6,37 hydrogène et 18,6 oxigène.
Muge de /'orca/ieWe (acide anchusique de Pelletier). — On l'obtient en épuisant la racine d'orcanette [Anchusa linctoria L.) par de Téther, ou en la traitant par des carbonates alcalins, après l'avoir épuisée par de l'eau, et précipitant !a solution par un acide. Ma.sse rouge-brun , compacte et très fusible , sans saveur ni odeur ; se volatilise en partie par un échauffement ménagé en donnant des vapeurs violettes semblables à celle de l'iode, et d'une odeur piquante. Elle est insoluble dans l'eau, soluble dans les alcalis avec une couleur bleue et fort soluble dans l'alcool. On peut l'employer comme réactif pour les alcalis.
Les combinaisons alcalines, même la combinaison avec la magnésie, sont solubles dans l'alcool et l'éther ; les acides rétablissent la couleur rouge dans les combinaisons alcalines.
La solution alcoolique étendue d'eau prend à l'air une teinte
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bleue. Le protochlorure d'ctain y produit un précipité crimoisi, l'acétate de plomb en donne un bleu, le protosulfale de fer un TioJet.
Celte matière colorante se dissout également dans l'élher, les huiles grasses et les huiles essentielles.
Suivant Pelletier, elle renferme, en 100 parties, 71,178 carbone, 6,826 hydrogène et 21 ,996 oxigène.
(Voir, pour la matière colorante de Vaîkanna oriental, provenant du Zajrsonta inermis, Journal de pharm. août 1824, p. 405, et Magaz. f. pharm. t. 8, p. 180.)
Houge d'hypéricum.— Les fleurs ainsi que les fruits de VHypericum perforatum renferment une matière colorante rouge qu'on peut extraire par I'îiIcooI. C'est une substance rouge foncé, d'un éclat de résine, diaphane en couches minces, molle, gluante et très fusible; elle possède une odeur de camomille très forte, qui est due probablement à un mélange d'huile essentielle. Sa saveur est ùcre et quelque peu aromatique. Elle est insoluble dans l'eau et dans les acidrs étendus-, fort soluble dans l'alcool, l'éther et les essences-, insoluble dans les huiles grasses A la température ordinaire, soluble dans les huiles par réchauffement-, soluble avec une couleur verte dans les alcalis caustiques ; les solutions concentrées sont rouges par réflexion. Elle forme avec les alcalis terreux et les oxides des métaux pesants des précipités jaunes; elle se comporte donc à peu près comme un acide. Prise à la dose de 2 à 10 grains, elle excite la faim Buchner); cela me paraît néanmoins douteux.
Cette matière colorante se trouve dans YOleum Ilyperici des pharmaciens.
fiouge de carthame ou carlhamtne (acide carlhamique de Doebekeiner). — Pour l'extraire des fleurs de carthame {Carlhamus tinctorius), on les épuise avec de l'eau froide acidulée par du vinnigre, tant qu'elle se colore en jaune ("voir plus haut, jaune de car//<a/nf),- puis on les épuise avec du carbonate de soude dilué; après avoir placé dans la solution un écheveau de coton, on précipite par du jus de citron, on lave l'écheveau avec de l'eau fr(»ide, on redissout dans le carbonate de soude la matière colorante qui s'y est fixée, et on la précipite de nouveau par
A^IO TRAITfc
(lu jus lie citron. On obtient ainsi la carthaminc pure en décantant, filtrant et desséchant la masse précipitée.
Suivant 15i:u/klius, il est indispcnsahlt; de fixer le principe colorant sur une étolTe, et la solution alc.iline fournit une très belle cartliamine, si on la précipite par de l'acide citricpie pur.
C'est une matière pulvérulente ; vue en masse, elle est verte à la surface et d'un éclat métallique; en couches minces, elle est duii beau roui,'e pourpré; elle rou},'it le papier de tournesol humide. Elle est insoluble dans l'eau et les acides, fort soluble dans les alcalis ; elle donne avec ces derniers une solution incolore ou jaune qui cristallise en partie, suivantDoKBERKiNKU.Les acides l'en précipitent avec une couleur rose. La carthamine se comporte donc comme un acide.
F.lle teint en très beau rose les étoffes de soie; cette couleur blanchit promptement à la lumière solaire. Elle est peu soluble dans l'alcool, et moins soluble encore dans l'éther.
On emploie la carthamine pour les teintures en rose; on s'en sert également dans la peinture et dans la préparation du rouge de toilette {rouge végétal).
Chica. — C'est ainsi qu'on appelle le tourteau couleur de cinabre que l'on prépare dans l'Amérique méridionale avec les feuilles du 'Bignonia Chica Humb. On l'emploie dans la teinture des tissus. Les Indiens s'en servent pour teindre la peau. {Magaz. f. Pharni., 1. 11, p. 49.)
Rouge de garance. — La matière colorante de la garance (Rubia tinclorum) a été l'objet de plusieurs recherches de la part des chimistes; cette racine renferme plusieurs principes qu'il est fort diflicile d'isoler, de sorte que la plupart des notions que nous avons à cet égard ne se rapportent qu'à des mélanges.
KUHLMANK, ROBIQUET et COLIN, GAULTIER DE ClAUBRY
et Persoz, et, en dernier lieu, Runge se sont occupés de la garance.
La meilleure garance se cultive dans l'Asie Mineure; on l'y appelle lizariou. alizari; cependant on la rencontre assez fréquemment aussi dans le midi de l'Europe. On dépouille la racine des petites fibrilles, et on enlève l'épiderme ainsi que la partie médullaire ; la racine réduite en poudre est ensuite livrée au commerce.
Lagarnncefratcliocstjnunc; elle acquiert, par la conservation, une couleur rouge qui brunit avec làge^ la racine vieille ne renfeiiue plus (le principe rouge.
RuNcr. aextniit de la garance cinq matières colorantes, dont trois ronges insolubles dans l'eau, une jaune soluble dans ce liquide, et enfin une brune insoluble. Il distingue les trois principes rouges par les noms de principe pourpre (krapp-purpur), principe rou^e ^krapp-rolh, el principe orange krapp-orange). Voici comment il les prépare :
a) Principe pourpre. — On lessive la racine dans l'eau froide, puis on répuise avec une dissolution d'alun concentrée et bouillante. Par le refroidissement de la solution filtrée à chaud, il >'en sépare une substance brun-rouge que i'ou sépare du liqui .'e rouge surnageant. On ajoute à celui-ci de l'acide sulfurique. Au bout de quelques jours, on trouve complètement déposé dans le mélange un précipité rouge, qui, pour 5 kilogr. de racines, ne s'élève qu'à lo grammes environ. On le lave avec de l'eau, puis, après en avoir extrait l'alumine au moyen de l'acide hydrochlorique, on le dissout dans l'alcool, d'oîi il se dépose à l'état d'une poudre cristalline, rouge-orange. Ce principe se volatilise en partie sans se décomposer et sans que la partie sublimée ait aucune apparence cristalline. Il est peu soluble dans l'eau froide, et s'y dissout mieux à chaud. Sa dissolution jalcoolique est troublée par l'eau. Les acides étendus le dissolvent à chaud avec une couleur jaune \ il s'en sépare, par le refroidissement, à l'état de flocons orangés. Les alcalis le dissolvent avec une couleur rouge écarlate. Il a une si grande affinité pour la chaux, qu'il se combine entièrement avec elle, lorsqu'on fait bouillir sa solution avec de la craie.
b, Principe rouge.— 1\ constitue la portion essentielle de la masse qui se dépose par le refroidissement de la décoction alunée. On la dépouille du principe pourpre en Tépuisant à chaud par de l'acide hydrochlorique, dissolvant dans l'alcool, précipitant cette solution par une solution concentrée d'alun tant que celle-ci présente encore une teinte rouge, et faisant cristalliser dans l'éther. On l'obtient ainsi sous la forme d'une poudre jaune-brunàtre et cristalline. Il fond par la chaleur en un liquide
^2-2 TRAITK
o.anj;é et se sublime eu aiguilles brillantes de môme couleur, en liiissam du clKiibori; cependant ces cristaux se volatilisent ensuite sans se d('c()ni[K)st'r. Il est soluhle dans l'eau bouillante et s'en précipite par le refroidissement à l'état floconneux. L'alcool et l'étlier le dissolvent avec une couleur jaune-rouj^e. Les acides le jaunissent. L'ammoniaque le dissout avec une couleur pourpre, la potasse et l'eau de chaux avec une couleur pensée. Le principe rouge constitue en majeure partie ce qu'ori appelle le rouge d'Andrinople.
c] Principe orange— On lave convenablement la garance avec de l'eau, on la met en digestion dans de l'eau tiède, puis on passe le liquide à travers de la mousseline. Au bout de (juelqucs heures, le principe se dépose en cristaux miroitants que Ton dissout dans l'alcool bouillant qui les dépose par le refroidissement. On les lave ensuite avec de l'alcool froid, jusqu'à ce qu'une portion, prise pour essai, se dissolve dans l'acide sulfurique avec imc couleur jaune franc. Le principe orange est une poudre jaune qui fond en un liquide brun et produit des vapeurs jaunes qui se condensent en une masse brun-jaune. L'eau bouillante ne le dissout que fort peu; il en est de même pour l'alcool, à froid ^ l'alcool bouillafit et l'éther le dissolvent mieux. L'ammoniaque le dissout avec une couleur brun-rouge, la potasse avec une couleur rose.
Ces trois matières colorantes donnent, ensemble ou séparément, les diverses nuances que l'on peut produire sur les tissus teints à la garance. La matière colorante rouge ()téparée par Persoz et Gaultier de Claubry est un mélange de ces trois principes. Vatizarine deRoBiQUET se compose particulièrement du principe rouge de Runge; toutefois elle renferme également une ceitaine quantité des deux autres, car ils sont tous les trois sublimables. Ces matières colorantes sont très solubles dans l'albumine, elles y restent unies quand on la coagule par réchauffement. La solution de chlorure de calcium précipite l'albumine colorée; si l'on ajoute à la dissolution du phosphate d'ammoniaque, puis du chlorure de calcium, on voit se précipiter toute la matière colorante en combinaison avec du phosphate de chaux et peu d'albumine.
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I/urine dissout aisément la matière colotante de la garance. Le lait se colore par elle en jaune et dépose du caséum coloré eu rose.
C'est à la grande solubilité i\e^ principes colorants de la garance dans les liqueurs nlbumineuses, et surtout à leur extrême afiiiiité pour le phospfiate de chaux, qu'il faut attribuer ce fait que les os des animaux longtemps nourris de garance se colorent peu à peu en rouge. Lorsque l'animal change de régime, cette coloration disparaît graduellement.
Le principe jauni' ou œanthine de Runge s'obtient en épuisant la racine par de l'eau froide, précipitant la dissolution par de l'eau de chaux, et traitant le précipité par de l'acide acétique qui dissout la xanthine et l'acétate de chaux. On évapore à siccité et l'on épuise le résidu par de l'alcool. On précipite ensuite la solution alcoolique par de l'acétate de plomb qui donne un précipité rouge écarlate que l'on décompose par l'hydrogène sulfuré. De cette manière, on obtient une belle solution jaune de xanthine.
Le principe brun est une substance insoluble dans l'eau et l'alcool; on l'extrait de la garance au moyen d'un alcali. L'extrait est précipité par les acides. Cette substance ne convient pas à la teinture. (Runge.)
Nous avons déjà fait remarquer que la garance fraîche n'est pas rouge, mais qu'elle est jaune, et que le principe rouge ne se développe que dans certaines circonstances, par une espèce de fermentation, ou plutôt par une combustion, une oxidation, car l'accès de l'air a une influence marquée sur sa production. L'acte chimique qui s'accomplit alors n'e.st pas encore bien déterminé-, cepen iant il est assez probable que toutes les matières colorantes de In garance, tant les rouges que les jaunes, ne sont quf des modifications d'un seul et même principe. Du moins, ce qui parle en favenr de ce fait, c'est que toutes les matières colorantes de la garance, quelqu'ait été leur mode d'extraction, donnent par un échaufîement modéré, à l'état sec, des aiguilles allongées jaunes on d'un rouge-jaunâtre que l'on peut fixer sur les étoffes avec toutes les nuances du rouge, et ces teintures résistent aussi bien à la lumière que celles qui se font directement avec la garance.
Ali IHAITK
lU)i;ioi 1 T.) lIoiUQUET et Colin, qui, lesprcmiers, ont observé ce produit cristallisé , lui ont donné le nom (Valizarine ; voici rotnniciit ils presciiven! de le prép.iier.
On fait niaeérer de la garance [)ulvériséc pendant dix minutes dans :) ou i parties d'eau froide, on exprime la masse et on la passe à travers un linge; elle devient bieiilôl gélatineuse, on la laisse égoutler sur du papier Joseph, puis (pjand elle est à peu près sèche, on la traite pai' de l'alcool absolu et bouillant jusqu'à ce que le liquide ne se colore plus. On réduit la dissolution alcoolique jusqu'au quart, on ajoute, au résidu un peu d'acide sulfurique, puis do l'eau, et il s'en séi»are alors des flocons jaunes qu'on lave avec de l'eau, pour les chauffer ensuite, après la dessiccation, dans un appareil sublimatoire. L'alizarine se volatilise ainsi.
Zennek fait macérer de la poudre de garance dans de l'eau froide, mélange le résidu, débarrassé des parties solubles, avec de l'eau et de la levure, puis^, après que ce mélange a fermenté, il l'exprime, traite le résidu par de l'alcool , évapore lextrait au quart, ajoute au résidu de l'acide sulfurique étendu, et sublime à une douce chaleur les flocons brun-rouge qui se déposent alors. Un autre piocédé. proposé par lui, consiste à épuiser par de l'éther la poudre de garance directement, ou bien après l'avoir préalablement traitée par de l'eau froide et de l'acide sulfurique étendu, puis à chasser l'éther de l'extrait et à sublimer le résidu. (Poggendorffs Annal t. XIII, p. 375.)
L'alizarine ainsi obtenue forme des aiguilles jaune-rouge, très brillantes, transparentes et souvent de plusieurs lignes de long ; elle est sans saveur ni odeur (d'après Zenivek, elle a une saveur aigrelette et amère;, et peut se sublimer; elle est peu soluble dans l'eau froide, plus soluble dans l'eau bouillante; la solution est de couleur rose : suivant Robiquet et Colin, elle se dissout aisément dans l'alcool et l'éther; d'après Zennek , au contraire, elle s'y dissout mal; la solution alcoolique est rose, celle dans l'éther jaune doré ; les solutions réagissent acide, suivant Zennek. Elle se dissout également dans les alcalis avec une teinte violacée ou bleue ; ces solutions rougissent quand on les étend d'eau ; elles sont précipitées par les acides, l'acide
sulfureux y produit un piécipilé couleur de rouille; les précipités se dissolvent dans un excès d'ammoniaque avec une couleur rouge foncé. Un mélanine d'alun et de potasse précipite dans la soliition aqueuse une laque lose.
Suivant Koechlln l'alizarine de Robiquet et Colin est une résine colorée p.ir un principe rouge et qui donne par la sublimation, à l'étal depiireté, des aiguilles d'un blanc jauiiAlre qui nese colorent pas par les alcalis, etc. [Magaz.Pharm., f. t. XXI, p. 51.) L'assertion de Koechlin est en contradiction avec les expériences postérieures de Zennek [Pogg. JnnaUn, t. XIII, p. 37r)j, ainsi qu'avec celles deL. Gmelin Ilandbuch der Chemtc,3''édit., t. II, p. 660).
Roriquet et CoLLN ont observé que si l'on humecte de la garance en poudre avec de l'acide sulfurique concentré, de manière à former une bouillie épaisse, et que l'on abandonne le tout à lui-même, les parties ligneuses et d'autres parties solubles dans l'eau, notamment la matière colorante jaune, se détruisent et se chiii'bonnent tandis que la matière colorante rouge n'éprouve aucune altération. En lavant alors le tout avec de l'eau, on peut en extraire le principe rouge mélangé avec le charbon mis à nu par l'acide sulfurique, et même, ainsi que raffîrment ces chimistes, on parvient, par cette méthode, à extraire plus de matière colorante, qui autrement s'attache avec opiniâtreté à la matière ligneuse et n'en peut être séparée.
RoBiQLET rapporte, à l'appui de la préexistence de l'alizarine dans la garance, que lorsqu'on répand sur une feuille de papier, maintenue sur une plaque chaude, de la garance charbonnée par l'acide sulfurique et réduite en poudre fine, sur une épaisseur de 2 ou de .5 lignes, et que l'on continue à chauffer, on voit surgir du sein de la poudre, et sans que le papier noircisse, des aiguilles soyeuses dalizarine, ayant une belle couleur rouge. Les cristaux ainsi préparés sont ordinairement souillés d'une matière grasse qui empêche qu'ils ne se dissolvent dans l'eau et dans les mordants, par exemple, dans une solution d'alun. On obvie à cet inconvénient en les humectant préalablement avec de l'alcool.
Il paraît, d'après cela, que l'aUzarine esti» la matière colorante
roiii^c i\e la garance ce que lindijîo sublimé est à Tindifio ordinaire, c'est-à dire (ju'il ify a pas de diflértiicc entre les deuxproduits.
DoEHEHKiNKK a fait celle observation que la }j;ararice ordinaire, délayée dan> l'eau chaude, entre en fermentation , sans que par là le principe rouge s'altère.
Sous le nom de laque de garance, on désigne une combinaison de la matière colorante de la garance avec l'alumine, combinaison qui est fort recherchée dans la peinture en raison de la beauté et de la solidité de sa couleur. On obtient une très belle laque, suivant Robiqukt et Colin, en faisant macérera parties de garance dans 8 parties d'eau, pendant 10 minutes, exprimant fortement et répétant deux fois la même opération; puis on chauffe le résidu au bain-marie avec une solution de 1 partie d'alun dans 12 parties d'eau, pendant 2 à 3 heures, et l'on dé compose le liquide filtré par du carbonate de soude pur qu'on ajoute par petites portions. Le précipité qui se forme le premier est le plus beau ; après l'avoir lavé, on le dessèche.
On peut encore se procurer une fort belle laque, en lavant la garance avec de l'eau tant qu'elle se colore en jaune, épuisant ensuite à chaud par une dissolution d'alun et précipitant l'extrait par une dissolution de borax.
flouge du bois de campêche ou hématine (hématoxyline . — Ce principe rouge a été découvert par Chevreul dans le bois de campêche Hœmatoxylon campechianum.) On évapore à siccité l'extrait aqueux du bois de campêchC;, on épuise le résidu avec de l'alcool bouillant de 0,84, on ajoute un peu d'eau à l'extrait filtré, puis on évapore de nouveau. L'hématine cristallise alors et peut être purifiée par des lavages à l'alcool froid.
Elle cristallise en écailles brillantes, d'un rouge jaunâtre (suivant Tesche.macher, en prismes rectangulaires dont les arêtes latérales sont tronquées, et qui sont terminées par un sommet trièdre). Elle a une saveur acre et amère et ne s'altère pas à l'air.
A l'état pur^ elle est peu soluble dans l'eau ; toutefois^, il suffit d'une très petite quantité pour colorer l'eau en rouge; la solution aqueuse cristallise fort mal par l'évaporation. Elle est
plus soluble dans l'eau, lorsqu'elle est accompai^née d'une certaine ni.itière brune. Elle se iii>><tut assez l)i<'ti dans l'alcool et dans l'élher. La solution aqueuse devient plus claire par l'addition d'un peu d'acide sulfiirique, nitrique ou liNdroclilorlque. La solution rouge mêlée avec de l'acidesulfurique ou liydroclilorique perd sa couleur au contact du zinc métallique ; elle reprend sa couleur rouge après l'éloigni-ment du zinr. Kuhlmann a observé dans la li(|ueur décolorée la formation de cristaux blancs. Plusieurs acides avivent la couleur de l'hématine. Les alcalis la colorent d'abord en pourpre, puis en violet -, les alcalis terreux la précipitent en bleu ; l'alun la préci[)ite et la colore en ▼iolet. Beaucoup de sels métalliques, tels que le proto- chlorure d'étain, l'acétate de plomb, etc., forment avec elle des précipités bleus-, la gélatine animale la précipite en flocons rouges.
Bouge de Fernamhouc ou brésiline. — On l'extrait du bois de 'Brésil (Cœfalpinia crista,hrasiliensis, etc.). AVéVdi pur, ce principe forme une masse compacte, d'un jaune-rou£;e foncé, très soIut)le dans l'eau et l'alcool. La solution aqueuse est d'un jaune rougeûtre, rougit davantage à l'air, pâlit par l'addition d'un peu d'acide sulfurique, hydrochlorique ou nitrique, et rougit par un excès d'acide en déposant des flocons. L'hydrogène sulfuré et l'acide sulfureux la décolorent ; les acides énergiques rétablissent la couleur rouge de la solution. Les alcalis la colorent en violet, réaction qui permet de les découvrir avec une pareille dissolution. Les acides phosphorique, sulfurique, hydrochlorique, nitrique, citrique, etc. , colorent le papier de Fernambouc d'abord en rouge, puis en jaune, ou même tout de suite en jaune; l'acide sulfureux le blanchit.
La brésiline pure cristallise, suivant Chrvreul, en petites aiguilles orangées, qui, à ce qu'il paraît, .se volatilisent en partie par la chdeur, en partie se décomposent et donnent un liquide ammoniacal et acide. L'acide nitrique la transforme en partie en acide nitro-picrique.
Elle est soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther. La .<;olutiou aqueuse qui est jaune rouge change de couleur, comme il a déjà été dit \ l'hydrogène sulfuré la décolore, les alcalis la colorent eu violet; les sels de plomb et d'étain agissent d'une manière sem-
428 TRAITK
l)l;il)l(\ en donnant des précipites colorés. L'alun donne avec elle une lujiic rouge.
Houijc des feuilles ni rnitomne, cnithrophijUc. — Les leuilles de beaucoup d'ai'bres et d'aphiistes r()ii;^'is.sciit en automne; la matière colorante qu'elles renferment alor> est la même que celle qu'on rencontre dans les fruits de ces plantes. On extrait le principe colorant au moyen de l'alcool, et l'on évapore de manière à sé[)arer la résine et la matière grasse, qu'on enlève au moyen du (iKre. Le liquide clair se mêle avec Tenu sans se trou- Mer. L'acétale de plomb y produit un préci()ité couleur vertpré. On ajoute de l'acétate de plomb tant que le précipité prend une teinte brune grisâtre; il se compose alors en plus grande partie d'une combinaison des acides contenus dans les feuilles avec Toxide de plomb. On jette le mélange sur un filtre; ie préci[)ité qu'un sel de plomb occasionne alors dans le liquide filtré est d'un beau vert-pré et conserve cette couleur. On le décompose par l'bydrogène sulfuré et Ton évapore le liquide dans le vide. La matière colorante est d'un brun rouge, peu soluble dans l'eau, fort soluble dans les liquides alcalins. Les combinaisons alcalines sont vertes et s'oxident à l'air; le précipité vert formé par l'oxide de plomb ne se comporte pas ainsi.
La matière colorante qu'on extrait des baies rouges présente à peu près les mêmes caractères. (Berzélius.)
Rouge des fleurs. • — La matière colorante des roses, des coquelicots, des cactus, des giroflées et de beaucoup d'autres fleurs s'extrait aisément au moyen de l'alcool; lorsque les fleurs renferment des matières grasses, résinoides ou cireuses, on fait bien de les épuiser préalablement par de l'étber. On obtient ainsi une masse rouge foncé ou une poudre d'un rouge vif, fort soluble dans l'eau et dans l'alcool, aqueux et insoluble dans l'éther et les huiles. Les acides éclaircisscnt ordinairement la couleur des solutions, les alcalis les font tourner en bleu, un excès d'alcali en vert et même en jaune. L'acétate de plomb basique les précipite en vert ou en jaune; l'acétate neutre se comporte à peu près de même quelquefois il donne un précipité bleu ou violet. La lumière blanchit plus ou moins rapidement le principe rouge des fleurs, le chlore agit de même.