MATIÈRES COLORANTES BLEUES
Les jfleurs, les feuilles et les fruits de plusieurs plantes contiennent un principe bleu particulier, que l'on extrait à peu près comme les matières colorantes dont on vient de parler.
On rencontre un tel principe bleu dans les fleurs ûckiolaodorata, Iris germatiica, yl<iuilegia tmlgaris , Malva sylveslris '^ dans les fruits de raccinium, Myrtillua, Sambucus nigra, Fitis vini/era, d:ms les feuilles de Jiraxsica oleracea^ rubra. dans l'épiderme de la racine de Jiaphanus sativus.
Les matières colorantes de ces végétaux sont fort solubles dans l'eau et l'alcool ; la lumière les altère promptement. Les acides les rouvrissent ; les alcalis les rendent d'abord vertes, puis jaunes. Elles peuvent donc très bien servir pour reconnaître ces derniers.
La couleur bleue du tournesol en drapeau ne se produit qu'au contact de l'air et de l'ammoniaque. On la prépare en imprégnant des chitTons du suc du Croton tinctorium, et les exposant, après les avoir sécliés, aux vapeurs d'un mélange de chaux et d'urine putréfiée. Elle rougit par les acides. Le tournesol en drapeau est employé pour teindre en bleu le papier à sucre.
Diverses autres plantes, telles que la mercuriale {Mercunalis annua), la mercuriale bisatmuelie {Mcrc. perennis), etc.. paraisseiit contenir une matière colorante semblable qui bleuit à l'air.
Le bleu violet des baies de nerprun {Rhamnus catharlicuf), lorsqu'elles sont trop mûres, se distingue des principes bleus dont on vient de parler, en ce qu'il verdit par les alcalis et par l'alun. Il se dislingue également par sa saveur amère et nauséabonde, ainsi que par sa propriété purgative. C'est avec le suc de ces baies que les pharmaciens préparent le sirop de nerprun; on s'en sert également pour fabriquer le vert de vessie. On obtient ce dernier produit, en évaporant à consistance de sirop le suc récemment exprimé et ajoulant pour chaque kilogramme de suc brut 12 décigrammes d'alun ou de pot^isse, puis on évapore doucement à siccitéi cette couleur s'emploie en peinture.
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MATIÈRES COLOUANTES VEKTK9.
Le principe colorant vert est le plus répandu dans le règne véfîclal. Toutes les feuilles et les jeunes tiges, ainsi que les fruits non mûrs des phanérogames, sont ordinairement vertes ; il n'y a que les parties des classes inférieures de l'échelle végétale , comme les algues, les lichens et les fucus , qui manquent de la couleur verte.
Le principe vert des plantes est ce qu'on appelle la chlorophylle. Il M été examiné par plusieurs chimistes qui toutefois ne s'accordent pas dans leurs lésultats, ce qui permet de supposer qu'ils ont opéré sur des mélanges. Les recherches les plus exactes sur ce corps ont été faites par Berzklius. Il l'avait extrait des feuilles du cormier (Sorbus ou Crataegus Aria\, en les épuisant encore fraîches, par de Téther. On chasse l'éther de l'extrait, puis on traite le résidu par Talcool anhydre : on évapore la solution alcoolique et l'on y verse de l'acide hydrochlorique; de cette manière, elle prend une belle couleur émeraude et laisse une substance insoluble et de couleur foncée. L'eau précipite la chlorophylle de la solution acide -, on la lave avec de l'eau bouillante qui en extrait une substance jaune. La chlorophylle ainsi préparée est peu soluble dans l'alcool et l'éther. On la dissout dans la potasse caustique qui laisse une petite quantité d'une matière noire, puis on la précipite avec de l'acide acétique. La masse desséchée est d'un vert foncé ; en poudre elle est d'un vert-pré. A 200" elle ne donne qu'une trace d'humidité sans se fondre.
La chlorophylle est complètement ir.'soluble dans l'eau; l'alcool est le meilleur solvant pour elle ; toutefois il ne la dissout qu'en petite quantité. Lorsqu'elle est humide, il la dissout bien; mais quand une fois elle a été desséchée, la dissolution ne se fait que lentement. L'éther se comporte avec elle comme l'alcool.
L'acide sulfuriquela dissout avec une couleur vert émeraude, et l'eau l'en précipite en grande partie, en même temps que le liquide prend une teinte d'aiguë marine. Il en est de même pour l'acide hydrochlorique \ en évaporant doucement, on peut chasser tout l'acide et obtenir de la chlorophylle non altérée.
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Le chlore l;i lilariclut promptemeril. l/acidtî nitrique lui communique une couleur lougc de feu, sans occasionner de dégagement de gaz; l'eau ne la précipite plus de la solution.
Les alcalis la dissolvent avec une couleur verte. Lorsqu'on évapore la dissolution, il s'en sépare une combinaison de chloropliille et de potasse qui se dissout aisément dans l'eau avec une belle couleur verte. L'eau de chaux et de baryte donnent avec la chlorophylle des précipités vert clair, d'où ^a^cool et l'éther n'extraient rien. La chlorophylle se combine également avec Toxide de plomb. La combinaison de ce principe avec la potasse est précipitée en vert par une solution d'alcool.
Les feuilles desséchées ont donné à Bekzelius une petite portion de chlorophylle modifiée, assez semblable du reste à la précédente; elle ne s'en distinguait que par sa couleur vertjaunàtre et en ce que l'eau ne précipitait pas sa dissolution hydrochlorique.
La substance insoluble que l'on obtient dans la préparation de la chlorophylle est une troisième modification de ce principe. Klle est moins soluble dans l'alcool et l'éther, et ne donne pas de suldimé rouge par la distillation sèche, comme les deux autres modiûcations.
La chlorophylle nest pas décolorée par l'hydrogène sulfuré. Lorsqu'on introduit du zinc dans sa solution hydrochlorique, elle jaunit ; à l'air elle reprend en partie sa couleur verte.
ESCLLINE.
Synonymes : polychrome, enallochrome.
Cette substance se rencontre, suivant les observations de plusieurs chimistes, dans beaucoup de plantes. Elle a été d'abord trouvée par Loeseke dans la décoction du bois néphritique {GuHandinaMorin(jaL.)¥Riscnyi\yy l'a observée dans Técorce du marronnier d'Inde et dans celle de l'aulne; Nolde l'a découverte dans le buisde quassia. Plus tard Remmler, Raab, Martils, Minor, Dahlstroem et Kvlkbrenner se sont occupés de l'examen de celte substance. C'est Tro.M3Isdorff qui l'a plus particulièrement étudiée.