‹ Traité de chimie organique (volume 3)Chapitre 58 sur 90 · CARMINE · texte numérisé non relu

CARMINE

Ce principe constitue la matière co'oranle de la coch"niIle {Coccus Cacti)\ \\ a été isolé pour la [iicmière fois, en lol8, par Pellktier et Caventou.

Pour l'obtenir, on fait digérer la cochenille en poudre avec de l'é h r, atiu d'en exlrai'e touie la m itière grasse ; () lis on épuise le résidu par de l'alcool boni 1 mf , et l'on évapore l'alcool d'abord dans une COI nue. rt à la tin à l'air libre. On t/"aie le rési lu à fivtid par de lalcool abolu ; il reste un (lé[>ôt brun qu'on >épare du litjuide ; on ajoute à celui-ci son volume d'éthep, de manière à [Méci|iiter la matière colorante; uae ^ubstance jaune particulière reste en dissolution.

La carminé forme des grains rouge-pourpre et cristallins ^ quelquefois aussi on l'obtient à l'état d'une masse sirupeuse d'un 1 (Mjgf écarlate. Elle est très soluble dans l'eau et l'alcool, insoluble d.tns l'éther.

Sa solution aqueuse est précipitée par les acides en jaune rougpàtre; les alcalis la colorent en violet s»ns la précipiter. Avec l'alumine el e donne une la pie d'un be.ui roii' [rirmin)

Klle se décompose par la chaleur en donnant des vapeurs ammoni.icales.

Suivant Pelletier, elle renferme 49,33 carbone, 6,60 li>drogène, 4o,45 oxigcne et 3,56 azote.

ô;îk tuahk

(Voir, pour diverses préparations du carmin , Magaz. f. Phnnn., tom»' NI, pi^o 12-, pour VénilfirofiènaU'. Wi/AO.Jrchiv. <i(S ylpothckcr-f-'crcins imnordl. VeulscliL, tome IV, cahier 3.)

ALOÈS. i<^

L'aloès du commerce est le suc épaissi de plusieurs variétés du i^onre Jloe (soccotrina, perfoliata , spicata). C'est un médicament fort estimé et souvent employé- dans l'art de guérir.

Il r<'rift!rnie une matière azotée particulière qui se distingue principalement par ses réactions avec l'acide nitrique.

On prépare les bonnes sortes d'aloès en desséchant au soleil le suc qui secoule naturellement des feuilles dont on a coupé la pointe. L'extrait obtenu par l'ébullition ou l'expression des feuilles est moins recherché.

L'aloès succotrin (du nom de l'île Socotorah) s'emploie de préférence aux autres variétés ; il se rencontre dans le commerce sous forme de grosses masses rouge brun, à cassure conehoïde, diaphanes et rouges en lames minces ; les faces de cassure sont brillantes. Il se réduit aisément en une poudre jaune, couleur de safran, et possède Todeur de la myrrhe. Sa saveur est franchement amère et très persistante.

Il se dissout parfaitement dans l'alcool et dans l'eau bouillante; sa solution aqueuse, saturée à chaud, dépose par le refroidissement une matière brune et pulvérulente qui se redissout dans l'eau bouillante et s'y dépose de nouveau sans altération.

Amer d'aloès.

L'extrait aqueux de l'aloès, fait à froid, renferme le principe actif de ce médicament^ le résidu insoluble est assez amer, et présente les mêmes caractères que le dépôt produit dans les solutions chaudes. Ce dernier est résinoïde et se dissout complètement dans l'eau bouillante.

Préparé à froid et à l'abri de l'air, l'extrait d'aloès est jaune; au contact de l'air il brunit; il donne, par l'évaporation, une masse brunâtre et diaphane, fort amère, soluble en petite quantité dans Télher, fort soluble dans l'eau et l'alcool. La solution

aqueuse est sans action sur les couleurs végétales^ l'acide sulfurique la précipite sous forme de résine.

Braconnot emploie l'oxide de plomb pour purifier davantage la partie de Taloès insoluble dans l'eau froide; il ajoute cet oxide à la solution de l'aloès succolrin préparée à froid et bouillante. ;Le liquide filtré fournit, selon le même chimiste, le principe amer à I état de pureté.

WiNCKLER sature l'extrait bouillant de l'aloès par du sulfate de soude et laisse refroidir ; puis il filtre pour séparer le dépôt et les cristaux, et évapore davantage ; l'amer d'aloès se sépare alors à la surface du liquide sous la forme d'une résine. En dissolvant celle-ci dans l'alcool et évaporant à siccité, on obtient un extrait jaune-clair, dont la quantité s'élève à peu près à 34 pour cent de laloès employé.

Toutes les recherches faites jusqu'à présent sur ce corps sont fort incomplètes et demandent à être reprises. Le dépôt, considéré ordinairement comme de la résine, se dissout aisément dans les alcalis et même dans l'eau de chaux; il parait être le résultat de l'action de l'air sur la partie soluble dans l'eau froide ; la solution alcaline est précipitée par les acides.

Une solution aqueuse de l'aloès , préparée à froid, est précipitée en brun par l'acélate neutre de plomb; lorsque ce sel n'occasionne plus de précipité, l'acétate basique produit, dans le liquide filtré, un nouveau précipité jaune clair, de sorte que si l'on neutralise chaque fois par de l'ammoniaque l'acide mis en liberté, on peut entièrement faire disparaître l'amertume de la dissolution. Les alcalis rendent plus foncée la teinte de la solution aqueuse, les persels de fer produisent le même effet.

L'aloès, soumis à la distillation sèche ou fondu avec de l'hydrate de potasse, donne de l'ammoniaque en abondance.

Produits de décomposition de Valoès par l'acide nitrique.

Lorsqu'on traite à chaud l'aloès par de l'acide nitrique, il se forme une série de produits dont la composition dépend de la concentration de l'acide et de la durée de l'action. L'aoide nitrique dilué donne de l'amer d'aloès artificiel, et ce corps se transforme, par l'action prolongée d'un acide plus fort, en acide chry-

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sammique, et erifi'i «Ml acide chn/$olèpique.Lef^TechCTche?> les pins irm.ii qij.ildes f;iit(S ù cet éi^nril sont dues à Hraconnot et à SciiiiNCK; le premier chimiste a découvert r.imer d'aloès, les deux .lutres |)ro(luits ont rlé obleriu-J p;ir Sein nck.

j4r)icr d'aloés arlificicl ou acide polycliromatiquc. — On clianfTe dnns une cornue I partie <1';iloès snccoirin a\ec 8 parties d'acide nilriqiie de i.-l't densité- la réaction est fort violente et accom[iagnéedun déj^a^çement de vapeurs nitreuses. On évapore à consistance de siro[) la d ssolution jaime foncé et on retend (l'eau froide; l'amer d'aloés se précipite alors à létat impur. On le purifie par des lavages à l'eau, jusqu'à ce que le liquide qui , passe prenne une couleur pourpre. Les eaux de lavage retiennent beaucoup d'acide oxalique.

Lorsqu'il a éié bien lessivé, l'amer d'aloés artificiel se présente à l'état d'une poudre jaune ou brune, d'une saveur amère et fort asiringente, et rougissant le tournesol. Il se dissout dans 800 à 850 parties d'eau, avec une couleur pourpre; il s'y dissout mieux par l'ébullition. Les acides colorent sa solution en jaune.

Par la distillation sèche , il se décompose avec explosion et dégagement de lumière.

Il se dissout à chaud dans les acides étendus et s'en sépare par le refroidissement ou lorsqu'on y ajoute de Teau.

Sa solution aqueuse et bouillante comm'unique à la soie une teinte pourpre foncé, tirant un peu sur le brun; si rét(ff.; a été d'abord mordancée avec des sels de cuivre, d'étain, ou avec de l'alun, on peut y fixer toutes les nuances de brun, de bleu, de violet, de vert et de jaune. Ces teintes résistent à l'eau de savon; toutefois la lumière les fait pâlir à la longue. La laine se teint par ce corps en rouge noirâtre.

L'amer d'aloés artificiel se dissout aisément dans les liqueurs alcalines et aqueuses avec une couleur brun rouije. Lorsqu'on ajoute une solution de chlorure debarium à une solution alcaline et saturée de ce corps, ilseproi'uil un précipité rouge btun, et le liqui<ie surnageant conserve >a leinle MMige toncé. Le pré'ipité et le liquide renferment deux corps distincts, doués de propriétés acides, et qu'il faut considérer comme les principes essentiels de

DF. rniMIF. ORGAMgrjF. 541

l'amer daloès artificiel ; l'un a reçu de Sciilîvck le nom d acide aloétique^ et lM!ifre Cflui iVncide aloéréliniquc.

L*aii.lr;il()(''ivljrii(|i]e se liouv»' ni (•«nii'iin.iivon 'iveo l.'ilniyle, dans le précipilé roui^»' l)niri, et [)» ut en ô re «xlrait .m moyen de l'acide nitrique. Ses conjbinai.soris avpc les oxides des métaux ï»e<aiit» sont, en jurande partie, insolubles et de couleur brune ; celles avec la potasse et la soude ne cri>tallisetit pis. mais donnent, à l'évaporation , des masses épaisses et gélatineuses, delà même couleur.

On obtient l'acide aioétique en ajoutant de l'acide r^itrique au liquide séparé par le filtre du précipité barytique-. il se dé()Ose alors à l'état d'une poudre jaune clair, non cristalline, et qui doime avec les bases des sels roiij^es, en jurande partie solubles. La solution saturée de cet aci le dans la potasse donne par lé^aporationetle refroidissement de petites aiguilles brillantes, d'un rouge de sang foncé ; par Févaporation S[)o:itanée,on les obtient d'une a<$ez belle dunension et d'une coult'ur de rubis.

La composition de ces deux acides n'a pas encore été déterminée.

Acide chi-yaammique. — C,, II, N, O,,,, H,, O. ^SciiUNCK.) — Pour préparer cet acide, on délaie 1 p.utie d'aloès dans 8 partiesd'acide nitrique del,37,et l'on chauffe la massedans une grande capsule en porcelaine jusqu'à ce que la première ré ictionsoit [»assée; ensuite on verse le liquide dans unecornue et Ion en chasse par la distillation les \ de l'acide nitrique.On ajoute au résidu une nouvelleportion de 3 ou A parties d'acide nitrique, et l'on maintient le tout, pendant quebpies jours, à une température voisine de l'ébullition , tant que Ion observe encore un dégagement de gaz. Enfin, dès que la plus grande partie de l'acide nitrique s'est volatilisée, on ajoute de l'eau au résidu tant qu'il se forme un précipité Le précipilé est de l'acide clirysammique; le liquide retient de l'acide chrysolépique et de l'acide oxalique.

L'acide clirysammiqiie ainsi obtenu est impur ; il renferme de l'acide nitriijue, de l'acide chryso'épique, et, si l'on n'a pas employé assez d'acide nitrique^un mélange d'acide aioétique et d'acide aioérétinique. On enlève par un lavage bien complet les trois premiers acides ; l'acide chrysammique reste alors à l'état

(l'une poudre brillante, pailletée et d'un jaune verdAtre ; lorsqu'il est souillé d'acide aloétique ou aioérélinique il ne présente jamais cet aspect.

Son sel de potasse, dissous à l'état de pureté dans l'eau bouillante et décomposé par l'acide nitrique, occasionne la formation d'un précipité jaune, qui, lavé et desséché, représente l'acide chrysammique pur.

(Je corps est jaune doré et se compose de petites paillettes brillantes, peu solubles dans l'eau froide et un peu plus solubles dans l'eau bouillante. Sa dissolution est d'un rouge pourpre et amère.

Il se dissout aisément dans l'alcool et l'éther, ainsi que dans l'acide nitrique bouillant et dans les autres acides minéraux. Il explosionne vivement par la distillation sèche, avec une tlamme claire et fuligineuse, et en répandant l'odeur des amandes amères , ainsi que des vapeurs nitreuses.

Quand on le chauffe dans le chlore gazeux, il développe de l'acide hydrochlorique.

Par la potasse fondante, il dégage de l'ammoniaque ; ce dégagement se manifeste aussi par l'ébullition de l'acide chrysammique avec une lessive de potasse concentrée.

L'acide chrysammique se dissout aisément dans l'acide nitrique fumant 5 à chaud, le mélange développe beaucoup de gaz. Lorsqu'il a été longtemps maintenu en ébullition, il s'y dépose, par le refroidissement, de petites écailles jaune doré qui donnent avec la potasse une combinaison insoluble dans l'eau froide et dans l'eau bouillante, et avec la soude une combinaison soluble et cristallisant en petites aiguilles vert doré.

Chauffé avec de l'acide sulfurique concentré, l'acide chrysammique s'y dissout avec une teinte brun foncé et sans dégagement d'acide sulfureux. Le mélange étendu d'eau et refroidi dépose de petites aiguilles noir grisâtre, douées de l'éclat du diamant, et qui se dissolvent dans l'eau avec une couleur brune. Leur dissolution, mélangée avec de l'acide nitrique, donne des feuillets jaunes, très brillants et différents de l'acide chrysammique.

Dans les combinaisons de l'acide chrysammique avec la potasse, la baryte et l'oxide plomb, l'équivalent d'eau d'hydratation

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de l'acide se trouve remplacé par 1 équivalent d'oxide métallique. Ces sels se distinguent par le peu de solubilité et font explosion par réchauffement. Les acides minéraux les décomposent et mettent l'acide chrysammique en liberté.

Pour obtenir le ehrysammate dépotasse, on fait bouillir avec 20 parties d'eau l'acide impur obtenu dans le traitement de laloès par Tacide nitrique ; on y ajoute une solution de carbonate de potasse, jusqu'à ce que le tout soit dirons ; on filtre et on laisse refroidir, de manière que le ehrysammate de potasse cristallise. On lave les cristaux grenus avec de l'eau, jusqu'à ce que les eaux de lavage aient une teinte rouge clair. Enfin on fait cristalliser une seconde fois le sel ainsi purifié de l'aloétate et de l'aloérétinate de potasse.

Une solution de ce sel, saturée et bouillante, le dépose, par le refroidissement, à l'état d'une poudre cristalline d'un beau cramoisi; lorsqu'on la refroidit doucement, le sel s'obtient en petits feuillets vert doré , semblables à la murexide. Il se dissout dans 12Ô0 parties d'eau froide; la solution est d'un rouge pourpre.

Le sel de soude et le sel de magnésie ressemblent au précédent par leurs propriétés.

Le ehrysammate de chaux et le ehrysammate de baryte sont d'un rouge foncé, grenus, cristallins et fort peu solubles.

Le sel à base de plomb est rouge brique, le sel d'argent est brun-foncé; l'un et l'autre sont insolubles.

Le sel de deutoxide de cuivre est soluble dans l'eau bouillante et cristallisable ; le sel de zinc se comporte de même.

Tous ces sels , frottés avec un polissoir, prennent un éclat jaune et métallique.

y/cide chrysammique et ammoniaque. — L'acide chrysammique se dissout à chaud dans l'ammoniaque aqueuse avec une teinte pourpre foncé et dépose, par le refroidissement, de petites aiguilles vert foncé. Ces cristaux diffèrent chimiquement des autres chrysammates. Dissous dans l'eau bouill.inte, ils donnent avec les sels métalliques des précipités dont la composition et les caractères difTèrent entièrement de ceux des chrysammates correspondants. Lorsqu'on ajoute de l'acide nitrique à la solution chaude, elle devient d'un pourpre clair, sans déposer d'acide

.Mi TFAlTi:

ohrysammiqne ; ce n'est qu'en se refroidissant qu'elle dépose des Iain«'lle5 noires et à éclat dediamant, qui, bouillies avrcdeTacide nilntuie ou avec de la potasse, se Iran Moment de nouveau en acide ciirysaiiiniitjne, en perdant de l'aninioiiicique. Ce corps mérite d'être examiné davantaf,'e.

j4cide chryxolèpique. — On évapore à cristallisation Teau-mère acide et les eaux de lava:^e obtenues dans la préparation de l'acide chrysammique ; puis on lave les cristaux à l'eau froide pour en séparer l'acide oxalijue. Le résidu se compose d'acide rlirysolépique pur, crisia liséen éi^iilles ou en feuill Is lisses et jaunes; quelqut fois cependant il est méhingé avec de l'amer d'aloès artificiel qui est en poudre jaune et non cristalline. Dans ce dernier cas, il faut transformer le produit en sel de potasse et ajouter de l'acide nitrique à sa solution bouillante. L acide chrysoléplque cristallise alors par le refroidissement.

Les cristaux de l'acide chrysolé|»ique sont jaune doré et plus foncés que l'acide nitro-picrique avec lequel ils partagent beaucoup de propriétés.

L'acide chry>oIé(iiqi*e est peu soluble dans l'eau froide, assez soluble dans l'eau bouillante. Sa solution, faite à chaud, le dépose par le refroidissement sous forme de poudre jaune et privée d'éclat. En cristallisant dans l'acide nitrique, il n'en est pas altéré.

Chauffé dans un tube, cet acide fond, à l'état sec, en un liquide brun et épais qui devient cristallin par le refroidissement; par un échauffement prolonj^é il se volatilise en répandant des vapeurs qui irritent fortement la poitrine. Lorsqu'on le chauffe brusquement il se décompose avec une explosion violente en déposant du charbon.

Quand on le ch mffe dans le chlore gazeux, il ne donne pas de vapeurs hydrochloriques. Chauffé avec une lessive de potasse, il donne, vers la fin, de l'ammoniaque. L'acide sulfurique concentré le dissout sans l'altérer.

Suivant l'analyse de Schunck , l'acide chrysolépiqne a la même composition que l'acide nitro-picrique 5 sa formule se représente par C,, IL Ne O,,, IL O. Mais ses sels diffèrent des nitro -picrates particulièrement en ce que le sel de potasse est bien

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plus soliihie que le uilro-pierate à méiiiu i)use; ils dùionenL du resle i);ir I;i cli;ili'ui' avec la mCiiit; violence.

Le chriisolépalc de polai^se a la iiiùme composition ([ue le nilropicrate. Lorsqu'on neutralise par du carhonate de potasse les cristaux dacidechrjsolépicpie brut, puiiliés d'acide oxali(pie par les lavayeSjOu obtient d'abord une croûte cristalline de cbrysulépjite de potasse, et plus lard un mélange de ce sel et d'aloérélinate. Ce dernier s'y trouve à l'état de flocons légers qu'on peut aisément enlever avec de l'eau.

On obtient le clirysolépate de potasse, par plusieurs cristallisations, à l'état de longues aiguilles, brillantes et d'un jaune erapyreumatique; les cristaux présentent un rellet violet et métallique. Une solution concentrée et cliaude le dépose à l'état de paillettes.

Le sel de soude est plussoluble que le précédent-, il cristallise en aiguilks allongées et pointues-, les faces des cristaux sont striées et présentent un reflet vert et métallique.

Le sel ammoniacal cristallise en aiguilles brunes.

Le sel de baryte est très soluble et s'obtient alséaicnt en prismes raccourcis d'un jaune foncé.

Le sel d'argent est peu soluble, cristallisable, et s'obtient en aiguilles d'un rouge brun foncé et qui présentent un reflet irisé jaune et vert.

Une solution concentrée et bouillante du sel de soude ou de potasse, mélangée avec de l'acétate de plomb, dépose des feuillets jaunes et très brillants, composés d'une combinaison de clirysolépate de plomb basique et d'acétate neutre de plomb : 2,C, JI4 N, 0,3 , 3 P6 O + C, lie 0„ Pb O. Bouillis avec de l'eau, ces cristaux perdent leur aspect cristallin et se transforment en une pou. Ire jaune qui se dissout de nouveau dans un excès d'une solution saturée d'acétate d^ plomb, en donnant les mêmes cristaux. Ceux-ci se dissolvent aisément dans l'acide acétique étendu; la solution, évaporée à consistance de sirop, dépose de petits feuillets brun foncé, d'un éclat métallique et qui sont probablement le clirysolépate de plomb neutre.

La formation de ces sels de plomb est caractéristique pour l'acide chiysoiéi'ique; le nilro-picrate de potasse donne avec

j4G TRAITH

r.ioélnlf (ic |»l()iiih uti [ri'cipilc jaune et piilvt'riilenl, à psinesoliihN' dans l'cin.

Dans le Irait emcnt de l'aloès pai l'acide lùlrique, il passe, à la distillalion, un corps volatil ayant l'odeur des amandes amères. BouTiN paraît l'avoir préparé; toutefois il n'en a pas décrit les propriétés, et Schunck, qui s'est occupé du même sujet, n'est point parvenu à l'obtenir.

ASPARAGINB.

l'orraule à l'état cristallisé: Ce N4 U^aOo + 'iaq. (J.-L., Marchand.)

Formule du corps séché à 120'' : Cs N^ H,o Oc.

Synonymes : asparamide, althéine, agédoïle.

L asparagine fut découverte en 1805 par Vauquelix et Ro- BiQUET. Plus tard ce dernier chimiste trouva dans le bois de réglisse une substance cristalllsable à laquelle Caventou a donné le nom d'agédo'ile, et C.vcon observa dans la racine de guimauve un principe cristallin qu'il prenait pour un alcali. Mais Henry et Plisson ont démontré par des expériences exactes que toutes ces substances sont identiques.

L'asparaglne se rencontre en effet dans les pousses des asperges, le bois de réglisse, la racine de guimauve, la grande consoude, les pommes de terre, et certainement encore dans d'autres plantes.!. Rossignoiv l'a récemment découverte dans le suc de betteraves.

Pour la préparer, on fait macérer de la racine de guimauve, coupée menue, avec un lait de chaux très clair^, à la température ordinaire, on passe le liquide au fillre, on précipite la chaux dissoute par du carbonate d'ammoniaque, et l'on évapore entin le liquide filtré au bain-marie jusqu'à consistance de sirop. Au bout de 3 ou 4 jours, il s'en sépare alors des cristaux d'asparagine, grenus comme du sable, que l'on purifie par le lavage et par de nouvelles cristallisations.

BouTRON et Pelouze se servent, au lieu d'eau de chaux, d'eau pure, et procèdent comme on vient de l'indiquer. ^ au-

DR CHIMIK ORGANIQUE. M7

QU.LiN et RoBiQUKT avaient prt'paré Trisparagine en Oii^anl l)iiiiillir le suc récent des asperges ; l'asparaijine s'y déposait par la concentration.

Ce pi iticip:" cristallise en prismes limpides, transparents, droits et à hase rhombe,ou raccourcis et à six pans ; sa densité est de 1,519 à 14' C. 11 est inodore, possède nne saveur fraîche et f.ide, léi^èrement nauséahonde 5 il est assez dur , très friable et craque sous la dent.

Les cristaux deviennent opaques par réchaufTement en cédant 11,91 pour cent d'eau.

L'asparaginc se dissout dans 58 parties d'eau de 13" C. ; elle est plus soluble dans l'eau bouillante. Elle se dissout également dans l'alcool aqueux, raais elle est insoluble dans l'ulcool absolu, Télher, les huiles grasses et les huiles essentielles.

Les acides, ainsi que les alcalis, la décomposent à chaud, non à froid, en ammoniaque et en acide asparlique. Elle éprouve la même transformation lorsqu'elle est exposée à une température élevée, avec de l'eau en vase clos. Enfin les liquides ferraenlescents la décomposent de la môme manière.

Sa solution ne précipite point les sels métalliques.

^Jcide asparlique ou asparaviique. — Il est bibasique ; l'acide anhydre contenu dans le sel d'argent se représente par C, jN, H,o 0« ; Tacide cristallisé a pour formule C, N.^ H,o Oc, 2 H; O.

Cet acide se produit par l'action des alcalis ou des acides énergiques sur l'asparagine. On le prépare en faisant bouillir ce principe avec une lessive de potasse, tant qu'il y a dégagement d'amminiaque. Il se produit ainsi de l'aspartate dépotasse, doùlon extrait l'acide aspartiqueen sursaturant par de l'acide hydrochlorique et évaporant à siccilé. On lave le résidu avec de l'eau froide, et l'îicide asuartique reste alors à l'état de pureté.

Il se présente sous la forme de feuillets tendres, blancs,micacés el d'un éclat nacré; il est inodore et d'une saveur légèrement aigrelette; il se dissout dans 128 parlies d'eau de 15°, et mieux dnns l'eau bouillante. Il est insoluble dans l'alcoo! absolu et peu sohible dans i'alcool aqueux. /

Lorsqu'on le maintient en ébullition avec de l'iicide hydrochlo; iqiie conconlré, ou qu'on le chauflc avec de la potassf' tiès

.">1S TRAITK DK THIMIP. OKCAMQLK.

foitf, il se décomposa en ;iiumoni;uiii(> cl t,n un nouvel acide, fort soluhle dans Teaii, et qui n'a pas encore été examiné.

CliautT»' à 120" l'acide asi)arti(intMie perd ricti de son [)oids.

(ici acide Ï.0 loi me de telle soile que 1 cquivalcnl d anunotiiaque se sépare des éléments de l'asparasine cristallisée.

C„ N4 H,, O, - i\, ll«= (:„ N, Il ,. o„.

L'acide aspartique renlernie 2 atomes d'eau i:i,43 pour cent) qui se trouvent remjjlacés dans les aspartates, en totalité ou en partie, par des oxides mélalliques. Les aspartates étudiés jusqu'à présent soni, en plus i^rande partie, solubies dans l'eau.

Le ;.el d'argent conslitiK; une poudre bianelie et cristalline, ayant pour formule C„ \, H,„ 0^+2 Ag O.

ALCAL()lJ)liS.

GENERALITES.

Sous le nom û'alcaloides ou A'' alcalis organiques, on comprend, dans le sens strict du mot, une classe de composés azotés qui se oombinent, à la manière des bases métalliques, avec les acides, et donnent avec eux di'S sels. Ce s composés se distinijuent essentiellement des bases non azotées.telles que Toxide d'éthyle et l'oxidcdc méthyle, en ce que les acides renfermés dans leurs combinaisons salines peuvent ôir»; déplacés par double déconifiosition. Les sels des alcalis orijaniques ressemblent donc entièrement, sous ce rapport , aux sels ammoniacaux.

La plupart des alcalis or£;aniques se rencontrent tnnt formés dans les sucs et les organes des plantes: ils portent alors le nom à'alcalis végétaux. Beaucoup d'entre eux, en dissolution aqueuse ou alcoolique, ramènent au\)leu la teinture de tournesol rouge et brutiissent !e papier de curciima.

Le premier alcali naturel fut découvert en 1804pcrSERTUER- KER. Les procédés d'extraction des alcalis organiques dépendent en général de rét.st qu'ils affectent à l'état isolé, ainsi que de leurs cariiclères cbimique?. Les alcalis insolubles dans l'eau s'obtiennent en épuisant les parties végétales qui les renferment par un acide étendu pouvant former avec eux un sel soiuble. Dans les préparations faites sur >ine petite écbelle, on fait bouillir h plusieurs reprises les parties végétales avec de l'eau aiguisée par de lacide hydrochlorique ou sulfurique, jusqu'à ce qu'on ne découvre plus d'alcali dans les extraits. Lorsqu'on opère en grand, on fait ordinairement usage de la méthode de déplacement qui consiste à renfermer les parties végétales réduites en poudre gros-

or)0 THAITK

sièiv', dans dts vases plus ou moins élo\és, puis à les lessiver d'îtl.'oni avec des acius miiu r;iux dilués, et (iiudcmi ni avec de r< ;iu pure, juscju'à disparition de toute rrarliou acide; on em ploie les derniî'res lessives pour l'extraction de nouvelle matière, de sorte ([ue les extraits deviennent toujours assez coneentrés. F.nsnite, après avoir réduit uavanlajïe les extraits, on les sursature léi^èremcnt par un alcali soluble, soit par de l'ajnmoniaque ou de riiydralc de cliaux, soit ijar du carbonate de soude. L'alcali orj:;!iiiqne se préscnt(î .'d' rs oniinaitcmcnt à l'état coloré et impur. On I«; puriliepar des crislallisaiionsdans l'alcool, ou bien en le combinant de nouveau avec un acide qui forme avec lui un sel soluble, et l'on fait cristalliser ce dernier dans l'eau, après l'avoir traité par du charbon anira; 1 exempt de chaux-, rtifin on précipite de nouveau par un alcali minéral le sel ainsi purifié.

Certains alcalis ori^aniques sont solubles dans l'eau, volatils, et peuvent être distillés : tels sont la conine, la nicotine, et d'autres encore-, on obtient ces alcalis en épuisant à chaud la p;irtie végétale par un acide dilué, évaporant l'extrait à consistance de sirop, mélanî^eant avec une lessive concentrée de potasse et soumettant à la distillation. Il passe alors un liquide qui rcnfcinio l'alcali organique, ainsi qu'une grande quantité d'ammoniaque -, on le sature par (Je l'acide oxalique ou sulfurique étendu, on évapore à siccité et Ton fait digérer le résidai à froid avec de l'alcool ; l'oxalate ni le sulfate d'ammoniaque ne s'y dissolvent, tandis que l'alcool se charge de l'alcali organique uni à l'acide sulfurique ou oxalique. On chasse ensuite l'alcool par l'évaporalion, et apiès avoir introduit le résidu dans un vase muni d'un bouchon, on y ajoute la moitié de son volume d'une lessive concentrée de potasse, puis un volume d'éiher égal au sien ; enfin, |)ar l'agitation, on mélange le tout intimement. La potasse déplace l'alcali organique et celui-ci se dissout dans l'éther ; il se produit deux couches dont la supérieure est une dissolution de l'alcali, élhérée et légèrement ammoniacale. Cette couche , distillée dans une cornue, se dépouille d'abord de l'éther ainsi que de l'ammoniaque, de manière que la cornue retient enfin Tolcaiiseul qu'on distille à son tour au bain-marie.

On peut par le même procédé obtenir directement les alcalis

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solubles dans l'eau et dans l'étlier ; on rvaporc leur cxlrait acide et l'on fnit digéror le liquide concentré avec une IcsMve de potasse et avec de l'étlier-, il se produit une dissolution de l'alcali dans réther,dissolution qui laisse l'alcali après l'évaporation de ce dernier.

(^)uajit aux propriétés basiques des alcalis, il parait que c'est en plus grande partie à leur azote qu'il faut les attribuer. Du moins, tous renferment cet élément ; la plupart d'entre eux contiennent, outre l'azote, du carbone, de l'hydrogène et de l'oxii;ène-, plusieurs sont exempts d'oxigène. L'oxigène n'influe pas sur leur capacité de saturation, et tandis que celle-ci, pour lesoxides métalliques, est en raison directe de l'oxigène qu'ils renferment, cet élément, lorsqu'il est renfermé en plus gi ande proportion dans un alcali organique, n'augmente pas pour cela la proportion d'acide nécessaire à sa saturation; on peut même dire que les alcalis exempts d'oxigène exigent, à poids égaux, moins d'acide pour former des sels neutres que les alcalis oxigénés, et ceux-ci demandent d'autant moins d'acide qu'ils renferment plus d'oxigène.

La plupart des alcaloïdes examinés jusqu'à présent renferment dans 1 atome (c'est-à-dire dans la quantité qui est nécessaire pour saturer un équivalent d'un acide quelconque) 1 équivalent d'azote; d'autres en renferment deux et môme davantage.

Les alcaloïdes privés de leur eau de cristallisation s'unissent directement aux hydracides anhydres, sans rien perdre de leurs éléments.

Ils se comportent avec les oxacides comme l'ammoniaque; car, comme elle, ils ne se combinent qu'avec les hydrates de ces acides, et l'on ne peut pas en éliminer l'eau d'hydratation sans décomposer leurs sels. D'un autre côté, leurs hyt!roch!orates se combinent aussi, comme l'hydrochlorate d'ammoniaque, avec les bichlonires de platine et de mercure, pour former des sels doubles; toutefois ces hydrochlorates retiennent quelquefoi.s de l'eau de cristallisation, ce qui ne se présente pas pour l'hydroclilorate d'ammoniaque.

Les sels d'aconitine, d'atropine, de brucine, de quinine, de cinchonine, de codéine, de conine, de delphine, d'émétine, d«^

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morpliice, dr dît •(>tiiie . i\e. strychnine et de véralriiic sont lirri'ipitr-; vu l)Iniic par riiifii«ion de noix df' gnll«> ; rc j)r(Vipi(ô constifiie un (ann:ite qui absorbe Toxigènc de l'air el setiansforme en un j;alla(e soluble.

Sous l'influence de l'eau, le chlore fait éprouver une allérafion pnrticulière nu\ alcninïiles et à leurs sels -, il produit de Tocide hydrochlorique qui se combine avec ralcaloide libre en un sel soluble que Taclion prolongée du chlore modifie encore davantage. Tne dissolution de brncine, mise en contact av(!c du chlore gazeux, se colore en jaune, et cette teinte passe peu à peu par tontes les nuances du rouge, et redevient jaune à la fin. J.e chlore gazeux détermine dans les sels de strychnine la formation d'un précipité blanc qui augmente tant qu'il y a encore de l'alcali en dissolution; lorsque la strychnine est mélangée de brurine, le précipité est jaune ou rougeàtre : il renferme, dans tous les cas, du chlore et de l'azote. Comme ce précipité se produit même dans des liquides qui ne contiennent que 1/600 de strychnine, on peut employer le chlore comme réactif pour découvrir la strychnine. Fuss avait prétendu récemment que la brucine n'était qu'une combinaison de .strychnine avec une résine, mais la réaction de la strychine avec le chlore est tout à fait contraire à cette opinion.

Les sels de quinine et de cinchonine sont colorés par le chlore en jaune d'abord, puis en rose et en violet; il se précipite un corps rouge et résinoïde qui durcit à l'air en brunissant, el peut alors se pulvériser.

Dans les mêmes circonstances, les sels de morphine deviennent orangés, puis d'un rouge de sang, et enfin jaune.«, en précipitant une matière de même couleur. La narcotine prend une couleur de chair qui rougit peu à peu, et vers la fin de la réaction il se [)récipite un corps brun qni devient gris par les lavages. Pelletier.

Une solution de sulfate de qin'nine saturée de chlore prend, par un excès d'ammoniaque, une couleur vert-pré, et il s'y forme une poudre grenue, exempte de chlore, dit- on, et de même couleur.

Le liquide restant brunit à l'air, et donne, par l'évapora-

lion, un résidu soluble dans l'alcool avec une couleur roiJi,'e. J!i! vM)r.s et Lkbkr.

Lorsqu'on dissout dans l'alcool bouillant 2 parties de slryciinine et 1 pour cent d'iode, il s'y forme, par le refroidissement, *\e^ paillettes cristallines semblables à l'or musif, et l'eau -mère Iburnit des cristaux d'Iiydriodate de strychnine. L ine dissolution de bruciiie dans lalcool donne, avec la teinture d'iode, un précipité orangé, qui devient brun et résinoïde par l'emploi d'un excès d'iode. L;\ quinine et la cinchonine traitées de la mémo manière fournissent des liquides bruns et limpides qui déposent par l'évaporation, d'abord des paillettes couleur de safran d'une combinaison iodurée, puis de Thydriodate.

Les [irécipités dont on vient de parler renferment tous de l'iode; lorsqu'on les chaufl'e avec un acide, ils se décomposent en dégageant cet élément, l'acide retient afors en dissolution lalcali in;il!éré. Au contact de la soude ou de la potasse, ils donnent de l'iodure de sodium ou de potassium: avec le nitrate d'argent, ils produisent de l'iodure d'argent jaune ainsi que du nitrate à base d'alcaloïde. On ne sait ce que devient, dans ces réactions, l'oxigène de la potasse ou de l'oxide d'argent, les métaux de ces oxides se transformant en iodures -, on ignore aussi si ces combinaisons, signalées par PELiT.TrER, sont ou non identiques à CiMtains rompo>és décrits par Bouchardat comme des combinai'=ons d'iode et d'hydriodate. Ces composés s'obtiennent en précipitant un sel d'alcaloïde par une dissolution d'iodure de potasr-ium saturée d'iode. On voit alors se produire des précipités colorés, insolubles dans l'enn, solubles en partie dans l'alcool et susceptibles de cristalliser -, ces précipités se décolorent au contact du zinc et du fer, et produisent alors des combinaisons doubles d'iodure de fer ou de zinc et d'hydriodate à base d'alcaloïde. Suivant Bouchardat, les alcalis minéraux décomposeraient ces coml)inainaisons en iodiire de potassium et en alcaloïde, dont une partie se sépare sans altération, tandis quune autre retient l'oxigène de la potasse transformée en iodure ; l'alcaloïde ainsi oxigéné dans cette réaction serait une base nouvelle et salifiable. Les réactions précédentes expliquent la propriété que possède

r.icide indique de produire, dans les liydriodates des aloaloïlej^, di's pri'cipilt's colorrs par do riodtMlcvciiu libre.

La morphine dilTère des autres bases par sa réaction avec l'iode; cet élément la transforme on bydriodale, cii méioe temps qu'il sépare un corps brun ne renfermant phis de morphine.

Quant à l'action destructive des acides sur les alcaloïdes, on sait seulement que la brucine et ses sels se colorent par l'acide iiilrique, et que la morj)liine se colore par ce même acide et par lacide iodique. La brucine prend par l'acide nitrique une teinte rouf^e de sani;; ; cette réaction permet de découvrir dans la strychnine impure la présence de la brucine : la morphine se colore par lui en rose. Une ébullilion prolonj^ée avec l'acide nitrique détruit ces alcaloïdes, le résidu est ordinairement coloré et ne renferme pas d'ammoniaque.

JNos connaissances sur Taction des alcalis minéraux sont encore fort bornées. Plusieurs alcaloïdes organiques s'y dissolvent; ainsi la quinine se dissout à chaud dans l'ammoniaque, la morphine se disFOut dans les alcalis caustiques et flxes ; tous dégagent de l'ammoniaque lorsqu'on les fait fondre avec de Ihydrate de potasse. Gerhardt a observé tout récemment que la quinine portée en ébullition avec une lessive de potasse, assez concentrée pour se concréter par le refroidissement, développe des vapeurs acres et irritantes, que l'on peut condenser et qui fournissent ainsi une huile jaunâtre présentant tous les caractères d'un alcali bien déîerminé. La potasse en fusion donne le même produit avec lacinchonine. Ce nouveau corps, auquel Gerhardt donne le nom de quinoléine, forme des sels cristallisables avec les acides. Il ne se dégage pas d'ammoniaque dans cette réaction. La strychnine s'attaque moins bien que la quiiiineetse transforme d'abord en un acide particulier.

Enfin, pour ce qui est de l'action des sels sur les alcalis organiques, on a observé que la morphine et ses sels prennent, au contact du perchlorure d'or et du perchioi-ure de fer, une coloration bleu foncé qui disparaît aisément.

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APEK'L" DE LA COMPOSIIION DES ALCALIS ORGAMQUtS.

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