‹ Traité de chimie organique (volume 3)Chapitre 70 sur 90 · II. iO · texte numérisé non relu

II. iO

ohli!it lin ri''<i(!u Iil.inc j.iiiii;Vri\ non ciisl.tllisîiblc, rôsinoldo, fort soliihli" dans U'S ni'ich'S , cl tlonn.nil avi'o l'ariil»' suiriniiiuc imh* in.iSM' l'ii partie f;omnuMise cl en partie i;icini(' et crislallitic. I.cs alcalis cl l'infusion de noix de i;a'ilc dcconipoM'iil ctll»': coniliinaison ; la sulistancc «pi'tllc icnrcinK^ s;i |)r«''scntc sons la foiine d'nne poudre gris-cLùr , inaltérable îi l'air, forl arncrc , d'un arrièrc-goiU mordicant , cl brnnissanl le papier de rlniharbc humide ; elle est assez soluble dans Tcau, plus soinblc datis ralcool; les solutions sont léi^èrcmenl alcalines et ont une saveur Acre et amère. J)'après A on Santen, la chiococcine n'est autre chose que de rémctine.

yioîinc. — D'après les observations de Bom,r..\Y, le Fiola odorata renferme un alcaloïde particulier qui se dislingue de l'émélineen ce qu'il colore en verl le tournesol rouj^e, est plus soluble qu'elle dans l'eau et moins soluble dans l'alcool. On traite par l'éther l'extrait alcoolique de la plante, on fait bouillir le résidu avec de l'acide sulfurique étendu, on précipite la solution par de l'oxide de plomb, et, après avoir séché le précipité, on l'épuise par de l'alcool qui, en s'évaporant, laisse la violine à l'état d'une poudre jaune-clair 5 cette substance est fort soluble dans l'alcool, insoluble dans l'éther et dans les huiles, acre, fusible, non volatile, d'une réaction alcaline, et formant avec les acides des sels mal déterminés. La solution sulfurique est précipitée par l'acide gallique. La violine agit comme vomitif.

Strychnine.

Formule : C,, H,c N4 O., *.

Cet alcaloïde fut découvert enl8l8 par Pelletier et Caven- Tou. Il se rencontre dans la fève de Saint-Ignace (de Slrychnos Ifjnatia ou S. amara) 5 dans la noix vomiqne de Strychnos nux

twnica), dans le bois de couIeuvre(5. co/M6rma), dans l'upas tieufé {S. tieute\ etc.

Le meilleur procédé pour obtenir la strychnine consiste ,

• Suivant mps analyses, la strychnine est composée de C^,. H,,« N^ 0,. Lliydrc-iilorale séché à lOu» renfcrnje 2 atomes d'eau qu'il perd à 150».

DE CHIMIE Onr.AMQUE. C27

d'après INIfrck , à faire bouillir l.i noiv vomiquc pour bien la ramollir, (hins une cliaudière fi'rnu'C, pendant 24 ou 3G heures, avec (le l'eau prise en quantité suflisante pour couvrir cette j^rairie et ;iij;uisée par 1/8 de son poids d'acide sulfnrique; après l'avoir écrasée ou moulue de manière à réduire le tout en bouillie, on l'exprime et on ajoute à l'extrait un excès de cliaux caustique; on décante le liquide foncé et on exprime de nouveau le précipité; l'ayant traité ensuite par une quantité sulTisante d'alcool deO.S.T, on chasse l'alcool par la distillation et on laisse refroidir le résidu ; puis on sépare le précipité qui s'est formé, on lave à froid avtc de l'alcool tant que ce liquide se colore, et enfin on le fait bouillir avec du charbon animal délayé dans l'alcool. La masse étant filtrée encore bouillante dépose par le refroidissement de la strychnine pure. Les eaux-mères en donnent encore davantage lorsqu'on les évapore, qu'on les reprend par de racide«acélique , et qu'on les précipite par de l'ammoniaque causti(iue après les avoir décolorées avec du charbon animal; on recueille le précipité au bout de quelques jours et on le fait bouillir avec de l'eau tant que ce liquide dépose de la brucine en se refroidissant. La partie insoluble constitue la strychnine que l'on peut obtenir cristallisée au moyen de l'alcool.

On procède de la même manière lorsqu'il s'agit d'extraire la strychnine de la fève Saint-Ignace ou de l'écorce de fausse angusluie.

La strychnine est renfermée dans ces plantes en combinaison avec un acide particulier , Vacide igasurique.

La strychnine cristallise par l'évaporation spontanée de sa solution dans l'alcool acjueux en octaèdres parfaitement blancs, brillants et réguliers ou en petits prismes quadrilatères terminés par des pyramides aplaties et à quatre pans. Elle est inaltérable à l'air, sans odeur, fort amère, et d'un arrière-goût désagréable , quelque peu métallique.

Elle est extrêmement vénéneuse, même en petite dose.

Elle n'est point fusible, non volatile et se décompose aisément par la chaleur. Lorsqu'elle est pure, l'acide nitrique la dissout avec une couleur jaune ou jaune-verdfttre qui n'est pas altérée par la solution d'étain ; mais lorsqu'elle renferme de la

&2S TRAITi:

hriiciiHN la soliilioii dans l'acide riili'i(iu(' est d'un l)('au roiij^t^ a;iiaraiiti'.

I /acido suirun<|ue concentré la colore d'abord en rouge brun , j)uis en violet.

Klle exige puursasolution7000partiesd'eaufroidecl2r)00 parlies d'eau bouillante; les solutions môme fort étendues sont d'une amertume très grande. Les sels d'argent les colorent, sous l'inlluence de la lumière, en rouge brunâtre ^ le perclilorure d'or les colore en bleu-clair, la solution violette de l'acide m;uigani([uc leur communique une tt^inte verte, l'infusion de noix de [jallc les trouble en blanc. (Duixos. )

La stijchnine ne se dissout pas aisément dans l'alcool, elle s'y dissout d'autant mieux que l'alcool est plus hydraté; l'alcool absolu l'attaque à peine. L'alcool de 0,870 dissout , suivant. Du- FLOS, 5 pour cent de strychnine, et celui de 0,1)34, d'après Merck, ^t^ à la température ordinaire. Elle est insoluble dans l'éther , ainsi que dans les alcalis caustiques.

Sels de strychnine. — La strychnine neutralise complètement les acides et forme avec eux des sels en majeure partie cristallisables, fort amers, extrêmement vénéneux et très solubles dans l'eau-, ils peuvent s'obtenir directement; quelques uns d'entre eux se volatilisent à une douce chaleur (Ferrari). Le chlore aqueux trouble fortement les sels de strychnine ; le chlorate de potasse et l'iodure de potassium y occasionnent des précipités blancs; les solutions d'or et de platine, des précipités jaunes; ils sont également précipités par la teinture de noix de galle. Les alcalis caustiques les décomposent et en précipitent la strychnine à l'état d'une poudre blanche.

Hydrochlorate de strychnine. — S r + C/g Ha- — Il cristallise en aiguilles réunies en mamelons et qui deviennent opaques à l'air. 11 est plus soluble dans l'eau que le sulfate de strychnine. Lorsqu'on le chauffe jusqu'à décomposition de l'ulcaloïde, il dégage de l'acide hydrochlorique.

Ln courant de chlore étant dirigé dans une eau contenant de la strychnine en suspension, celle-ci se dissout, probablement par suite de la formation de chlorate et d'hydrochlorate de strychnine ; la masse brunit par lévaporation. Le perchlorure et le cyanure de

m* Ti'ure, ainsi que le (k'utonilrate tic ce môtal , précipitent le sel à rélal (le flocons blancs, cristallins si la liqueur est étendue ( W i.NKLKK . Le perchloruie de plaline en précipite une combinaison double jaune qui renferme 17, S2 pour cent de pl.ilinc.

Ihjdriodate de strychnine. — Petits feuillets blancs ou aiguilles brillants ; il est tellement insoluble dans l'eau froide, que l'iodure de potassium le précipite de la solution d'autres sels de strychnine. L'iodure de strychnine mentionné plus haut renferme, suivant Regn.vult, 1 atome de strychnine pour 3 atomes d'iode.

Uijdrocyanate de strychnine. — S'obtient en dissolvant la strychnine dans l'acide hydrocyanique, et cristallise par l'évaporation ; sa solution précipite les sels de fer en bleu.

Sulfhydrocyanate de strychnine. — On l'obtient en mélangeant la solution aqueuse d'un sel de strychnine avec une solution de sulfocyanure de potassium. Le mélange se trouble alors , et par l'agitation le sel en question se dépose sous forme de petites étoiles cristallines et blanches. La solution étant portée à 70% le sel se dissout et cristallise par le refroidissement à l'état d'aiguilles soyeuses. Le peu de solubilité de ce sel permet de découvrir ainsi ^ dans un liquide ; Artus a proposé l'emploi de cette réaction, dans les cas de médecine légale, pour la recherche de petites quantités de strychnine.

Lorsqu'on fait passer de l'hydrogène sulfuré dans de l'eau tenant do la strychnine en suspension, celle-ci se dissout; mais riiydrogcne sulfuré se dégage par l'évaporation du mélange, et alors Talcaloïde se dépose à l'état cristallin. Les alcalis minéraux le précipitent aussi de la solution.

Sulfate de strychnine neutre. — Sr, S Oj, 8 aq. — Il cristalliseen petits prismes rectangulaires ou en cubes incolores, transparents, d'un éclat vitreux et qui deviennent opaques à l'air. Ce sel séché à l'air, renferme 8 atomes d'eau, dont 7 atomes = 13,7 pour cent sont expulsés à une température élevée; il fond à une douce chaleur dans son eau de cristallisation et .se solidifie après la vaporisation de celle-ci. Il se volatilise en partie par une plus forte chaleur; une température fort élevée le décompose. Avec un excès d'acide sulfurique la strychnine forme un sef

(> '.0 TKAITE

nridc qui ciivtallisc cn aiguilles , et présente une saveur à la fois amèrc et aiijre. On le purilie par des Iavai;cs à féllKM*.

Lorsqu'on fait î)Ouillir du sulfate do cuivre av«'C la strychnine, cilU'-ci précipite une [)artie de Toxide de cuivre, et le liquide miré donne alors par révaporation un sel double cristallisé en longues aiguilles vertes.

Mtratc de slrychiinc neutre. — ÎSr, IN'ï 0„ , aq. — On l'obtient cn saturant l'acide nitrique clcndu par de la strychnine ^ il se prend par l'évaporation du liquide en aiguilles nacrées, groupées en faisceaux. Dans Peau, il est plus solnbie à chaud qu'à froid ; il n'est que fort {)cu soluble dans l'alcool, et ne se dissout pas dans l'élher. Quand on le chauffe à l'état sec un peu au dessus de 100" i! jaunit, se boursoufle, et fait explosion sans lancer d'étincelles et en laissantdu charbon. Le sel acide se produit par Tadiiition d'un peu d'acide nitrique à la solution du sel neutre saturé à chaud ; il se dépose par le refroidissement sous forme d'aiguilles très fines. Il rougit par la dessiccation et déflagre avec ignition quand on le chauffe.

lodate de strychnine. — 11 s'obtient par double décomposition de l'iodate de baryte et du sulfate de strychnine sous forme de longues aiguilles semblables au cyanure de mercure (Pelletier). Phosphate de strychnine. — On obtient ce sel en dissolvant la strychnine dans de l'acide phosphorique dilué et bouillant; il se dépose par le refroidissement sous forme de paillettes brillantes. Il renferme, suivant PlEOault, 1 atome d'acide phosphorique, 1 alome de strychnine et 1 atome d'eau ; celte composition ne peut pas être exacte puisque l'acide phosphorique exige pour sa neutralisation 3 atomes de base , tandis qu'elle n'en présente que 1 atome ( 1 atome de strychnine et 1 atome d'eau n'équivalent qu'à 1 seul atome d'oxide métallique;. On peut , en partant de la proportion de carbone trouvée dans le sel, calculer une autre formule qui serait F» O^ , Sr Ha O, 2 aq. ; mais d'après cette formule la strychnine renfermerait 44 atomes de carbone.

Carbonate de strychnine. — Les carbonates alcalins le précipitent des solutions salines de strychnine à l'état de flocons blancs. On l'obtient aussi en faisant passer de l'acide carbonique dans de l'eau tenant de la strychiiinc cn suspension ; l'alcaloïde se dis-

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sout alors peu à peu ^ par le repos à l'air , le carbonate neutre se précipite à l'état de grains cristallins. Il est insoluble dans l'eau.

Oxalale , tartrate et acétate de strychnine. — Ils sont fort solubles dans l'eau, et cristallisent aisément avec un excès d'acide. La solution de l'acétate n'est point précipitée par le perclilorurc de mercure; l'addition de Taciiie hydrochlorique y détermine la formation d'un précipité cristallin.

Çuerciiannate de strychnine. — Précipité peu solubie, qui toutefois ne se forme pas dans des solutions ne renfermant que 0, 1 pour cent de strycimine.

La strychnine et ses sels appartiennent aux poisons les plus énergiques, hn raison de leur solubilité les sels sont même en grande partie bien plus vénéneux que l'alcaloïile pur. Ils tuent promptement, soit qu'on les prenne intérieurement, soit qu'on les applique sur des plaies. On recommande comme antidotes l'infusion de noix de galle et le thé, à cause du tannin qui s'y trouve.

On emploie la strychnine et surtout le nitrate dans les cas de paralysie, en petites doses, ordinairement à '|,o de grain.

Brucine.

Formule : C^* H^o N4 O7.

Synonyme : Caniramine (Geiger).

Cet alcaloïde fut découvert en 1819 par Pelletier et Ca- VEATOU et se rencontre dans la fausse angusture , ainsi que dans d'autres stryclinos.

La brucine s'obtient dans la préparation de la strychnine. Elle est contenue dans les eaux de lavage ; on les évapore et l'on purifie la brucine par de nouvelles cristallisations dans l'alcool.

Pelletier et Cave.xtol" l'avaient d'abord extraite de la fausse angusture en la traitant comme les autres strychnos, ajoutant de la magnésie à l'extrait et lavant la portion insoluble ; le liquide renfermait la brucine \ ils le satinèrent par de l'acide oxalique, évaporèrent et lavèrent l'oxalate de brucine sec avec de l'alcool absolu refroidi à 0**; puis, après l'avoir dissous dans l'eau , ils y ajoutèrent de la chaux ou de la magnésie, évaporèrent de nouveau à jiccitc et lirent chaufler le résidu avec de l'alcool ;

6;)-2 TIIAITK

enfin ils ;ijon(èr('iil de Tcti ;iu liquide nloooliqiii) lillré et, Tabiiudoruièretil ;i réviipor.ilion sponînotM*.

La s^'pavation de la brucinc tr.ivec la strychnine est fondée sur la plus gr.-mdo soluhililé du prciiiicr alcaloïde dans l'eau cl. dans l'alcool concentré.

I.a brucine cristallise par révaporalion s[)ontanée de sa solution dans l'alcool aqueux en prismes droits à base rlionihe , blancs, transparents et souvent de quelques lignes d'é[)aissein',quelquefois on l'obtient en aiguilles i^roupées en étoiles ou en feuillets nacrés et irréiçulièrement enchevêtrés. Il arrive parfois qu'en précipitant un sel de brucine par de l'ammoniaque, on l'obtienno d'abord sous la forme d'une huile qui ne se concrète qu'au bout d'un certain temps au contact de l'eau.

Elle est inaltérable à l'air, sans odeur, et d'une saveur fort amère-, elle est vénéneuse, moins toutefois que la strychnine.

La brucine cristallisée renferme 16, 6 pour cent d'eau, suivant J. L., etl5, 55 pour cent, d'aprèsREGNVULT; par l'échaulTement elle fond dans son eau de cristallisation et se concrète, en se refroidissant, en une masse qui ressemble à la cire et qui pulvérisée et remise au contact de l'eau, reprend peu à peu son eau de cristallisation.

Elle exige pour se dissoudre 850 parties d'eau froide et 500 parties d'eau bouillante ,• lorsqu'elle est impure sa solubilité est encore plus grande.

Elle est fort soluble dans l'alcool aqueux et dans l'alcool absolu; elle est insoluble dans l'étlier et dans les huiles grasses; elle est peu soluble dans les huiles essentielles.

La chaleur la décompose aisément. L'acide nitrique concentré lui communique d'abord une teinte écarlate qui jaunit peu à peu; la solution devient violette par la solution d'étain, en déposant un précipité de même couU'ur; ces réactions la distinguent delà morphine et de la strychnine pure. L'acide sulfurique concentré la colore d'abord en rose, puis en jaune et en vertjaunàlre.

Sa solution aqueuse est précipitée par les alcalis fixes; elle est troublée par les bichlorures d'or et de platine; l'infusion de noix de galle la précipite abondamment.

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Seh dr hruclne. — Ils cri>l;illispnt cri plus grande partie, sorif, fort solubles dans l'eau el possèdent une saveur très amère. iSon seulement les alcalis et les tei res alcalines séparent la brucine de leur solulion, mais aussi la morphine et la strychnine produisent le nième cfï'et.

f/ydrochlorate de brucine. — \\r, C/., 11,^. — Suivant .1. L., 100 parties de brucine sèche absorbent 13,06 de gaz hydrochlorique ; d'après RiT.NAULT, elles nVn |)rendraient que 9,3. L'hydroclilorate de brucine donne avec le bichlorure de platine une combinaison double jaune et pulvérulente , renfermant, suivant J. L. , 16,16, et, selon Varrentrapp et^ViLL, 16,59 pour cent de platine. Il est fort soluble dans l'eau et cristallise en prismes quadrilatères tronqués en biais , souvent aussi ténus qu'un cheveu.

Jlydriodate de brucine. — l'euillets quadrilatères, transparents, ou prismes raccourcis et incolores, peu solubles dans l'eau froide, fort solubles dans l'eau bouillante et dans l'alcool. Ce sel donne avec l'acide iodique un précipité brun qui renferme 6 atomes diode pour 1 atome de brucine ; l'iodure mentionné plus haut ne renferme que 3 atomes d'iode.

Sulfate de brucine. — Il contient 1 atome de brucine, 1 atome d'acide sulfurique et 8 atomes d'eau.

Nitrate de brucine neutre. — lîr, N, O^ + ^ ^7 • — JI' ^e dessèche en une masse gommeuse.

Le sel acide cristallise aisément en gros prismes quadrilatères, terminés par un biseau.

Il rougit par réchauffement, devient ensuite noir et déllngrc avec ignition. On peut employer les nitrates lorsqu'il s'agit de séparer la brucine d'avec la strychnine. Le nitrate de brucine étant moins soluble cristallise le premier en cristaux durs qu'on peut aisément distinguer des aiguilles tendres et flexibles formées par le nitrate de strychnine.

Phof^phate de brucine. — Pi'éparé avec un excès d'acide, il forme de gros cristaux, reclaiigulaircs , tabelliformes et tronqués sur leurs arêtes terminales ; il setïleurità l'air et est très soluble.

Oxalate de brucine. — Il cristallise en longues aiguilles.

Acétate de brucine. —On ne l'obtient pas cristallisé.

Lu bn;ciiio('l ses sels présmtrnt utie nclion toxique semblable à celle de la i<trychiiiue , mais bien plus Lible.

Jcrvinv.

Formule : Coo H„o IN^ O3.

Découverte par E. Simon dans la racine de l'ellébore blanc (reralrum album) -^ elle s'y rencontre eu société de la véralrinc et de la sabodilline.

On traite l'extrait alcoolique de la racine par de l'acide hydrochlorique étendu et l'on préci[)i(e la solution filtrée par du carboiKite de soude. Le précipité ayant été dissous dans l'alcool, on le décolore par du charbon et on expulse l'alcool par la distillation, de manière que le tout se prenne en une bouillie cristalline ; on éloigne par la pression la plus grande partie de la vératrine non cristallisée. En délayant le précipité plusieurs fois dans l'alcool et l'exprimant convenablement, on obtient la jervine presque entièrement pure. Les liquides exprimés renferment encore beaucoup de jervine; après les avoir évaporés à siccité , on les traite par de l'acide sulfurique dilué qui dissout aisément la vératrine, tandis que le sulfate de jervine y est peu soluble.

Suivant Will, la jervine est blanche, cristalline, et fond par l'échaufTement en un liquide oléagineux ; à une température plus élevée , elle s'enflamme et brûle avec une flamme fuligineuse sans laisser de résidu.

Elle est presque insoluble dans l'eau, soluble au contraire dans l'alcool.

Ses combinaisons avec les acides hydrochiorique, sulfurique et nitrique sont peu solubles dans l'eau et dans les acides; l'acétate se dissout aisément dans l'eau ; les trois acides minéraux précédents, ainsi que l'ammoniaque, le précipitent en flocons volumineux.

WiLL a trouvé que l'acétate de jervine séché à l'air perd à 130" 6,88 d'eau. Elle donne avec le bichlorure de platine un précipité jaune-clair, floconneux, et qu'on peut laver sans qu'il se décompose; on l'obtient mieux en mélangeant l'acétate de jervine avec une dissolution hydrochiorique de bichlorure de i>latine. Ce

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composé double a laissé par la calciualioD 14,50-14,33 pourceut (le platine.

Curarine.

Elle a élé découverte par I5oussingallt et Roulin; les expériences de ces chimistes ont été conûrmées par celles de Pel-

LLTIER et PeTROZ.

La curarine est renfermée dans une substance appelée Curara ou Curari, et employée par les Indiens de TAméi iijue méridionale pour l'empoisonnement de leurs flèches 5 ils l'obliennciit, suivant DEHL:.iiîOLDT,en traitant par l'eau une liane appelée J/atacure et appartenant à la famille des strychnées, et leur donnent de la consistance en mélangeant l'extrait avec une espèce de gomme provenant dune autre plante. Appliquée sur une plaie, elle tue dans l'espace de quelques minutes, mais on peut l'avaler sans inconvénient.

Pour en extraire la curarine, on procède, selon Bolssin- GAULT et RouLiN, de la manière suivante : Le curara ayant é;é réduit en poudre, on l'épuisé par de l'alcool, on mélange l'extrait avec de l'eau, on éloigne l'alcool par la distillation, et après avoir décanté le résidu liquide de la résine, on le décolore par du charbon animal et on le précipite par une infusion de noix de galle. Le précipité ayant été lavé, délayé dans l'eau, et celle-ci portée à l'ébullition, on y ajoute de l'acide oxalique cristallisé jusqu'à ce qu'il soit parfaitement dissous. Ensuite l'acide oxalique et le lannin sont précipités par de la magnésie, tandis que la curarine reste en dissolution. Le liquide ayant été évaporé à siccité, le résidu est traité par l'alcool qui laisse l'oxalate de magnésie. Enfin la solution alcoolique est elle-même évaporée à siccité.

Pelletier et Petroz préparent la curarine en puritianf, au moyen de i'éther, l'extrait alcoolique de la résine et de la matière grasse, dissolvent le résidu dans l'eau, précipitent Us matières étrangères [lar de l'acétate de plomb basique, éloigne. it l'excès de plomb par l'hydrogène sulfuré et décolorent par du charbon animal. Le liquide lillté est évaporé, puis mélangé cwc de l'acide sulfuriipic di>5ou.'- dan.s de l'alcool absolu, alin d'exp'd-

CoG TRAITi:

sor l'acide acétique ' ; on prccipife l'acide sulfiii iquo par de l'eau de l)aryl(\ et après avoir cr)l(!vé l'excès de l);iry(e par do l'acide carbonique, on évapore à siccilé le liquide filtré.

La curarine ainsi obtenue foi'me une masse non cristalline, jaun;Hre, de l'aspect de la corne, transparente seulement en éclats minces, déliquescente à l'air, fort amère, et présentant une réaction alcaline fort tranchée avec le tournesol et le rurcuma. Kllc est fort soîuble dans l'eau et l'alcool, insoluble dans l'étlier et l'essence de téréberitliine. La chaleur la charbonne en lui faisant répandre l'odeur de la corne. On peut probablement la sublimer eu partie.

Elle se combine avec les acides hydrochlorique, sulfurique et acétique en donnant des sels neutres, amers et incristallisables. Le tannin fa précipite. Elle est encore plus vénéneuse que lecurara doù on l'extrait.

Conjdaline.

Formule : Cr,, U^ jVs, 0,o V2 (douteuse).

Wackenrodkr l'a découverte dans les racines de Corydalis bulbosa et de C. fabacea.

Pour l'extraire, on fait macérer dans l'eau pendant plusieurs jours les racines réduites en poudre grossière. L'extrait rouge foncé et légèrement acide ayant été filtré, on y ajoute un alcali en léger excès, de manière à obtenir un précipité gris. Un nouveau traitement des racines avec de l'eau aiguisée par de l'acide sulfurique donne encore de la corydaline, mais bien moins pure. Après avoir desséché le précipité, on l'épuisé par de l'alcool bouillant; on éloigne celui-ci par la distillation, et, le résidu ayant été desséché, on le mélange avec de l'acide sulfurique. Celui-ci dissout la corydaline en laissant une résine verte. On sature la solution par un alcali qu'on ajoute successivement par petites doses ; il se précipite d'abord de la matière colorante que l'on sépare, puis, par une nouvelle addition, la corydaline se dépose à l'état incolore ; toutefois, par les lavages, elle prend une teinte grise.

• BERziii.ii.s préfère l'emploi de racidc suUurifiuc élcndu d'eau.

DE CHIMIE ORf.AMQI E. ^'Vj

Suivant Wi.nkle», le meilleur procédé pour ol)l('nir l.i cory- «liliiie consiste à exprimer b racine fraîche et à la précipiter complètement par du sel de Saturne ; on éloigne l'excès de plomb par de l'acide sulfurique, puis on précipite la corydaline par de l'ammoniaque. Après l'avoir desséchée, on la dissout dans 12 à 16 parties d'alcool de 80 centièmes pour la décolorer avec du charlt()n animai; on tiltre à chaud et on évapore le liquide à une douce cirdeur. L'addition de beaucoup d'eau en précipite alors la corydaline à l'état pulvérulent.

A l'éiatsec, elle forme une masse grisâtre, légère, non colicrente et déteignant fortement. Elle est sans odeur ni saveur, fort solublo avec une couleur verdâtre dans l'aloool, surtout absolu. La solution saturée à chaud la dépose en prismes; par l'évaporation spontanée, on l'obtient à l'élat de paillettes. La solution bleuit le tournesol rouge.

La lumière solak-e la rend plus foncée et verdâtre.

Elle fond déjà au-dessous de 100° en une masse qui redevient cristalline par le refroidissement.

Elle est soluble dans i'élher, l'eau froide ne la dissout pas 5 elle est légèrement soluble dans Teau bouillante. Elle se dissout un peu mieux dans les liqueurs alcalines que dans l'eau pure, de sorie qu'il faut éviter l'emploi d'un excès d'alcali lorsqu'on la précipite de sa solution dans les acides.

L'acide nitrique décompose la corydaline en se colorant en rouge foncé ; cette coloration se manifeste même dans des solutions étendues. L'infusion de noix de galle la précipite.

Son hydrochlorate ne cristallise pas, mais il donne avec le bichlorure de mercure un sel double insoluble. Wl\k.ler., Elle donne avec l'acide acétique un sel cristallin, fort soluble dans l'eau. L'acide sulfurique étendu mis en digestion avec la corydaline produit un sel cristallin ; par l'évaporation du liquide, on obtient un sel acide à l'état d'une masse gommeuse, fort soluble et inaltérable à l'air.

Carapine.

Elle est contenue, suivant Bolllw, Petroz et Rorini.t,

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