‹ Traité de chimie organique (volume 3)Chapitre 8 sur 90 · C. II. t.. + I · texte numérisé non relu

C. II. t.. + I

J.e corps qui, dans la formule précédculo, ligure nomme radical de raciile, a donc cédé 2 é(piivaletiîs (-1 alouies) d'hydrogène, lesquels se trouvent rem[)laeés par 2 équivalents {l d'atome) d'anlimoino : de sorte qu'à 200", rémélique présente tout à fail la eoiupoMtiou des autres larlrales, comme le démontrent les formules suivantes :

Cs IIu 0,.j -f 2 K — tarfrate do potasse.

11 ne faut pas perdre de vue que 8^7, est l'équivalent de K ou de 11.^. On ne saurait dire si l'oxii^ène que ces deux équivalents d'hydrogène ont entraîné a été enlevé à l'oxide d'antimoine ou aux parties constituantes de l'acide; mais, ce qui est positif, c'est que cette eau ne préexistait pas dans l'émétiqueséchéà lOO**, car les autres tartrates neutres ne cèdent plus d'eau au-dessus de 100", et ne sauraient être portés à une température plus élevée sans se décomposer. Ceci nous porte à croire que les éléments de l'acide tartrique n'ont, à eux seuls, aucune part à la formation de l'eau qui se dégage de l'émétique chauffé au-dessus de 200". Comme cette particularité se présente dans un sel dont les bases renferment ensemble 2 atomes d'oxigène de plus que les autres tartrates , c'est-à-dire autant qu'il s'en sépare à l'état d'eau à une température élevée, rien n'est plus rationnel que d'attribuer la production de cette eau précisément à ces deux atomes d'oxigène , et de la considérer comme étant l'effet d'une réduction de l'oxide d'antimoine.

SouBEiRA?s et Capitaine ont constaté les mêmes caractères dans un autre sel double, analogue à l'émétique. Suivant ces chimistes, le tartre soluhle renfeiroe de l'acide borique 130-, à la place de l'oxide d'antimoine Sbz, O,, mais comme il n'y

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a aucuîir raison, selon eux, pour adnKltro que l'acide borique soit réduit en partie, ils si]i)poscnt dans l'acide tartrique, tel qu'il est contenu dans ces sels lu'utres, l'exisfeiice de 2 atomes d'eau toute formée. Cette eau serait alors tout simplement éliminée. 1! est toutefois un fait fort sini;ulicr que oette hypothèse n'explique pas: c'est que l'atome d'acide borique ou d'oxide d'antimoine ne peut pas être remplacé, dans ces sels doubles, par son équivalent de potasse ou d'oxide d'arp^ent.

Lorsqu'on fait bouillir une dissolution d'acide tartriquc avec de l'émétique, ce dernier s'y dissout en plus grande quanlilé que dans un même volume d'eau. Si on laisse refroidir la dissolution et qu'on attende que l'excès d'émétique se soit sépaié par cristallisation, il reste en6n une liqueur acide, qui, évaporée à consistance de sirop, se prend en cristaux incolores. L'émétique étant envisagé comme sel basicpie, ceux-ci représentent la combinaison neutie de l'acide tartrique avec la potasse et l'oxide d'antimoine :

Les deux oxidcs contiennent ensemble 4 atomes doxii;ène , c'est-à-dire la même quantité que celle qui se trouve dans les bases de tous les tartratcs à 1 atomes d'acide. Ce sel neutre se rencontre toujours dans les eaux-mères provenant de la préparation de l'émétique.

Lorsqu'on fait bouillir de la crème de tartre avec de l'oxide d'antimoine, ce dernier ne s'y dissout qu'en partie , tandis qu'une autre portion reste dans le mélange sans se dissoudre, en combinaison avec la potasse (KO, Sfts O; ).

L'ém.éti{iue se comliine avec le tarlrate acide de potasse, en formant un sel neutre qui renferme 3 atomes de tartrate acide de potasse pour 1 atome d'émétique;

3 (T, K O, H, O) -f T, K O, S6, O,)- Ce dernier sel se produit également dans la préparation de

l'émétique , lorsqu'on maintient constamment le mélange en

ébullition.

Tartrate neutre d'oxide d'antimoine et de potasse. — 2 T,

PO TRAITF,

KO, s/;, (), 4- 7 aq. ^^K^AIM>)• — l'our rolitcnir, on dissout dans lV;iii bouillante un lutian^^e de 9 parties d'cniétique et de 4 pailles d'acide tarliiciiie cristallisé, et on évapore à une douce chaiciM-. Il faut avoii- .soin de séparer clia(pie fois les cristaux démélicjne qui se déposent par la concentrai ion du licpiidc; celui-ci. exposé dans un endroit un |»en chaud, fournit enfin la combinaison en (Micslion. La solution .sirn[)euse précipite, par le repo'J. des cristaux confus, groupés autour d'un centre commu!K et dont les axes paraissent être inclinés sous des angles aigus.

Ce sel s'effleurit à l'.iir chaud et perd dans le vide 5 atomes = 9, 2 pour cent d'eau ; 2 atomes d'eau restent en combinaison. Il se dissout facilement dans l'eau, en lui communiquant une réaf^lion très alc;iline.

Lorsqu'on év.ipore une solution bouillante de ce sel au-delà de son point de cristallisation et qu'on la refroidit brusquement , elle se prend en une masse visqueuse et transparente, qui, au bout (le quelque tem[)S, devient opaque , en prenant un aspect laiteux; il s'y forme alors des points brillants qui se multiplient rapidement par l'agitation de la masse, de sorte qu'elle présente finalement un aspect blanc éclatant. Mise en coritact avec l'eau, elle la rend acide et y occ-isionne un précipité blanc, peu solii!)Ie dans Tenu froide. Ce dernier n'est autre chose qu'une conibinaison d'éniétiquc avec du tartrate acide de potas.se; la liqueur acide renferme en dissolution du tartrate d'antimoine.

Lorsqu'on ajoute de l'alcool à une solution de tartrate neutre d'oxide d'antimoine et de potasse, il se précipite de l'émétique à Tétai d'une poudre très fine, tandis que la liqueur retient en dissolution de l'acide tartrique exempt d'antimoine et de potasse.

Tartrate basique d'oxide d'antimoine et de potasse (émétique, tartre slibié). — Formule : T, S6, O,, K O + 2 aq. (Wall- QUiST, DULK). — T, S62 O5, K O 4- aq. (Di M\s). — Ce corps a élé découvert en 1631 par Myasicht.

Le meideur procédé pour prépaier l'émétiijue est celui que BucHOLz a indiqué , et que nous avous légèrement modifié sous le rapport des proportions. On broie ensemble 3 parties

d'oxide d'antimoine \mv et A parties de crème de tartre, on 4 parties (le verre d'antimoine et '> parties de crème de tartre, en y ajoutant assez d'eau jiour foimer une bouillie liquide. Ensirite on chaufTe le mélanine à 60* ou 70'' , en ayant soin dt* remplacer l'eau qui s'évapoie , jusqu'à ce qu'on n'y observe plus de parcelles grenues et qu'une petite quantité, prise pour essai, se dissolve dans 15 parties d'eau froide. Ce terme arrivé, on y ajoute 6 à 8 parties d'eau et on fait bouillir le tout pendant une demi-heure environ. On filtre le mélange pendant qu'il est encore chaud; par le refroidissement, on obtient des cristaux que l'on redissout dans l'eau pour les faire cristalliser.

La poudre d'AIgaroth (oxi- chlorure d'antimoine) et le beurre ( chlorure ) d'antimoine peuvent égalen;ent servir à la préparation de l'émétique. D'après He.xry, on fait bouillir un mélange de 100 parties de p(>udre d'Algaroth et de 245 parties de crème de tartre avec une quantité d'eau convenable.

On [)eut aussi employer du sous-sulfate d'oxide d'antimoine et de la crème de tartre, par parties égales.

L'émétique cristallise en prismes rectangulaires, dont les aiêtes terminales sont remplacées par quatre faces de troncature ; d'après Bf.rnhardi, la forme primitive en est l'octaèdre à base rhomlie. Les cristaux sont blancs et d'un gran 1 éclat; à l'air, ils deviennent opaques et friables , sans toutefois se désagréger; leur saveur est particulière, légèrement sucrée, d'un arrièregoût styptique, métallique et nauséabond.

Pris à la dose de 1 à 4 grains, l'émétiipie provoque des vomissements; en plus grande quantité, il agit comme poison. Dans les accidents de ce genre, Sauveton propose l'emploi du quinquina comme antidote.

ChaufTé seul, dans un vase fermé, jusqu'au rouge blanc , lérnétique donne xm alliage de potasse et d'antimoine qui décompose l'eau en ( ■^gageant de Phydrogène. Si ce dernier gaz manifeste une odeur aliacée, cela dénote la présence de l'arsenic dans l'émétique (Sérullas).

L'émétique roui;ii le tourn<*sol. Tl se dissout dans 14 à 15 parties d'eau froide tX duis -2 ,iarlies d'eau bouiikiote Voici, d'après lîR\VDr:s , les qjrantiiés dVau à divei-ses tem-

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