‹ Traité de chimie organiqueChapitre 28 sur 140 · CY] INTRODUCTION · texte numérisé non relu

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eaux pluviales. L’urine de l’homme est l’engrais le plus énergique pour tous les végétaux riches en azote ; l’urine des bêtes à cornes, des brebis et du cheval est moins riche en de mais elle en contient toujours mfiniment plus que les excréments de ces animaux. L’urine des herbivores … contient, outre l’urée, de l’acide hippurique qui, par la putréfaction, se décompose en ammoniaque et en acide benzoïque ; on retrouve l’ammoniaque comme gluten, l’acide benzoïque comme tel, dans Panthoxanthum odoratum.

Si lon compare la proportion d’azote contenue dans les excréments solides de l’homme et des animaux, on trouve qu’elle est presque nulle comparativement à celle qui est renfermée dans les excréments liquides. Cela ne peut en effet pas être autrement.

Les aliments que prennent l’homme et les animaux ne peuvent entretenir la vie qu’autant qu’ils présentent aux organes les éléments dont ils ont besoin pour leur propre reproduction ; les blés, ainsi que les herbes fraiches et desséchées qu’ils consomment, contiennent sans exception des principes riches en azote.

La quantité de fourrage, ou en général de nourriture, qu’il faut à l’animal, diminue dans le même rapport que cette nourriture est riche en principes azotés ; elle augmente au contraire dans le même rapport que cette nourriture en contient moins.

On peut entretenir la vie d’un cheval en ne le nourrissant qu’avec des pommes de terre, qui contiennent fort peu d’azote ; mais cette vie est une inanition lente ; le cheval ne gagne nien masse ni en force, et succombe aux plus légers efforts.

Les quantités énormes de riz que les Indiens prennent dans leurs repas étonnent l’Européen ; la raison en est fort simple, le riz est la céréale la plus pauvre en azote.

Il est clair que l’azote des plantes et des graines qui servent de nourriture aux animaux est employé pour l’assimilation ; après la digestion, les excréments de ces animaux doivent être privés d’azote, et s’ils en contiennent, cela provient de quelques sécrétions biliaires ou intestinales. Du reste, de toute manière, ils contiennent toujours moins d’azote que les aliments consommés.

Les exeréments de l’homme sont les plus azotés de tous, parce que, pour lui, manger c’est non seulement la satisfaction d’un besoin, mais en HIPme tem une source de jouissances,, de sorte qu’il consomme plus d'azote qu’il ne lui en faut : c’est cet excès qui-passe alors dans ses excréments.

Ainsi, par le fumier animal, on ramène toujours dans le sol moins de matières azotées que l’on n’en enlève par les récoltes ; mais on y apporte toujours une plus grande quantité de la substance nutritive qu’aurait fournie l'atmosphère seule. La véritable question scientifique pour le cultivateur se réduit donc à savoir utiliser convenablement l’aliment azoté des plantes, que les excréments de l’homme et des animaux produisent par la

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putréfaction. S’ilne l’apporte pas dans ses champs sous une forme conve-

nable, cet aliment est perdu pour lui en plus grande partie. Un tas de fu-

mier mal employé ne lui serait pas plus utile qu’à son voisin; au bout de

quelques années, il trouverait à sa place les débris carbonés des par-

ties végétales pourries, mais parmi eux il ne rencontrerait plus d’azote, celui-ci s’étant dégagé en totalité à l’état de carbonate d’ammo-

niaque.

Tout exerément animal est une source d’ammoniaque et d’acide. carbonique, qui dure tant qu’il renferme de l’azote ; dans chaque période de sa pourriture, il dégage, lorsqu’on l’humecte d’eau, de l’ammoniaque, que l’on reconnait à son odeur ou aux vapeurs blanches épaisses qui se développent par l'approche d’un corps humecté d’un acide, Cette ammoniaque s’infiltre dans le sol, de sorte que la plante trouve en elle une source d’azote bien plus féconde que ne le serait atmosphère. Mais c’est bien moins de la quantité d’ammoniaque amenée à la plante par les excréments animaux, que de la forme sous laquelle elle y est introduite, que dépend cette efficacité du fumier.

Les plantes sauvages reçoivent par latmosphère ordinairement plus d’azote sous la forme d’ammoniaque qu’elles n’en ont besoin pour leur développement; car l’eau qui se vaporise à travers les fleurs et les feuilles éprouve une fermentation putride, propriété spéciale aux matières azotées. h

Les plantes cultivées reçoivent de atmosphère la même quantité d’azote que les plantes sauvages, la même ‘que les arbres et les arbrisseaux; mais elle ne suffit pas aux besoins de l’agriculture.

L'économie agricole se distingue essentiellement de l’économie forestiere en ce qu’elle vise surtout à la production de l’azote sous une forme qui se prête à lassimilation, tandis que dans cette dernière on a pour but principal de produire du carbone.

Le carbonate d’ammoniaque, que les eaux pluviales amènent sur le sol, ne passe qu’en partie dans les plantes, car avec l'eau qui s’évapore, il s’en volatilise constamment une certaine quantité; ce que le sol recoit à de plus grandes profondeurs, ce qui par la rosée est amené immédiatement aux feuilles, ce qu’elles absorbent de Pair avec Pacide carbonique, peut être uniquement employé à l'assimilation.

L’urine, dont les exerements solides de l’homme et des animaux sont imprégnés, contient l’ammoniaque à l’état de sels, ainsi sous une forme où elle a entièrement perdu sa volatilité. Aussi, lorsqu'on l’offre aux plantes dans cet état, il ne s’en perd pas la moindre quantité; elle se dissout alors dans Peau et pénètre dans la plame par les spongioles.

Influence du plâtre sur la végétation. — L'influence si favorable du plâtre sur la végétation des prairies provient tout simplement de ce que ce corps fixe l’ammoniaque de latmosphère, et empêche l’évaporation decelle qui s’est condensée avec les vapeurs d’eau. Le carbonste d’ammoniaque, dissous dans l’eau de pluie, se décompose avec le plâtre

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de la même manière que dans les fabriques de sel ammoniaque ; il se produit du sulfate d’ammoniaque soluble et du carbonate de chaux. Peu à peu tout le plâtre disparait, mais son action continue tant qu’il en reste encore une trace.

On avait comparé l’action du plâtre et de beaucoup d’autres sels à celle des épices, qui, en exaltant l’activité de l’estomac et des intestins, rendent ces organes plus aptes à la digestion. Mais la plante ne contient pas de nerfs; il n’existe pas de substance qui puisse l’enivrer, l’endormir ou la rendre folle ; s’il manque une matière azotée à une feuille, celle-ci ne pourra point contribuer à l’accroissement d’une plante, meme dans le cas où il y aurait de l’acide carbonique en abondance ; on ne peut remplacer par aucune substance étrangère la substance propre, nécessaire aux fonctions assimilatrices d’un de ses organes.

Il est vrai que de petites quantités d'épices, mélangées aux aliments de l’homme, produisent un effet très favorable. Mais aux plantes, on donnerait l’épice toute seule, sans y ajouter les aliments proprement dits.

L'effet du plâtre comme stimulant, de même que celui du chlorure de calcium, consiste donc à fixer dans le sol l’azote, ou plutôt Pammoniaque, principe indispensable à la végétation.

Pour se faire une idée nette de l’efficacité du plâtre, il suffit de noter qu’une livre de plâtre cuit fixe autant d’ammoniaque dans le sol que 6250 livres d'urine de cheval * pourraient lui en amener, en supposant que l’azote de l’acide hippurique et de lurée soit absorbé par le plâtre, sans la moindre perte, sous forme de carbonate d’ammoniaque.

Si Pon admet maintenant, d’après Boussinsaurr **, que l'herbe contient un centième de son poids d’azote, une livre d’azote que l’on y amène de plus augmentera le rendement de la prairie de 100 livres de fourrage sec; or, cet excès sera la conséquence de l’action de 4 livres de plâtre.

L’eau est la condition la plus indispensable pour l’assimilation du-sulfate d’ammoniaque qui se produit, et en général pour la décomposition du plâtre si peu soluble **; ce qui fait que dans les prairies et les champs secs l'influence du plâtre n’est pas sensible, tandis que sur eux le fumier animal se montre efficace, en raison de l’assimilation du carbonate d’ammoniaque gazeux qui s’en dégage. La décomposition du plâtre par le carbonate d’ammoniaque ne s’opere pas tout d’un coup, mais elle est lente, parce que la quantité de carbonate dans l’eau de pluie

* D’après FOURCROY et VAUQUELIN l'urine de cheval renferme : Hippurate de soude 2,4

Urée 0,7

Sels et eau 96,9 EE me

** Annal. de chim. et de phys., t. LXII, p. 243. ** 1 partie de plâtre exige 400 parties d’eau pour se dissoudre,

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est restreinte dans des limites étroites ; ce qui explique pourquoi son efficacité se conserve pendant plusieurs années.

Influence de l'argile cuite sur la végétation. — L’amendement des champs avec de l'argile quite ne s’explique pas moins facilement. Jusqu’à présent, on attribuait la fertilité des sols ferrugineux en partie à Pabsorption de l’humidité ; mais la terre ordinaire et sèche possède cette propriété à un degré non moins grand ; du reste, quelle influence peut-on véritablement attribuer à quelques centaines de livres d’eau qui sont réparties sur un champ dans un état où ni les racines ni les feuilles n’en peuvent tirer profit ?

Le peroxide de fer et ’alumine se distinguent de tous les autres oxides métalliques par leur faculté de former avec ’ammoniaque des combinaisons solides. Ainsi les précipités que l’on produit par l’ammoniaque dans les sels de fer et d’alumine sont de véritables sels, dans lesquels Pammoniaque joue le rôle d’une base. C’est cette affinité qui est cause de la propriété remarquable que possèdent tous les minéraux riches en peroxide de fer et en alumine d’attirer ’ammoniaque et de la retenir.

On sait que c’est à l’occasion d’une recherche judiciaire que VAuquE- LIN découvrit que la rouille contient toujours une certaine quantité d’ammoniaque. CuevArLıer trouva plus tard que ’ammoniaque forme une partie essentielle de tous les minéraux ferrugineux , et que la sanguine même, non poreuse, contient près de 1 pour cent d’ammoniaque. Bouis observa que l’odeur particulière qui se développe lorsqu’on humecte les minéraux argileux, provient en partie d’une émanation d’ammoniaque. D’après lui, une foule de plätres et d’argiles, la terre de pipe, et d’autres, dégagent encore au bout de deux jours, après avoir été humectés de potasse caustique, tant d’ammoniaque , qu’un papier de tournesol rougi, maintenu par dessus, est ramené au bleu.

Un sol ferrugineux, ainsi que l'argile cuite, dont l’état poreux favorise absorption des gaz encore davantage, aspire pour ainsi dire l’ammoniaque, et l’empêche de se volatiliser, en la fixant, comme le ferait un acide que lon aurait étendu sur le sol. Par chaque pluie, ’ammoniaque que le sol a absorbée se dissout dans l’eau, et est PrÉnee dans cet état à la plante.

Influence du charbon sur la végétation. — Le poussier de charbon exerce sous ce rapport une action non moins énergique; récemment caleiné , il surpasse même tous les corps connus par sa faculté de condenser dans ses pores le gaz ammoniaque; car 1 volume de charbon absorbe 90 volumes d’ammoniaque, qui s’en dégage simplement par l’humectation (SAUSSURE ).

Le bois pourri, celui de chêne surtout, se rapproche à cet égard beaucoup du charbon; car dans le vide, et lorsqu'il est exempt d’eau, il en prend 72 fois son volume.

D’après cela, les propriétés de l’humus s’expliquent facilement. Ce corps, qui n’est autre chose que du ligneux en pourriture, est donc non

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