BE
Molybdate d’ammonium.
Formule : Mo O,, AdH,O.
La dissolution d’acide molybdique dans l’ammoniaque, fournit par l’évaporation des prismes droits d’une saveur métallique, amère et astringente ; ces cristaux se dissolvent dans 3 parties d'eau, et donnent par la calcination un résidu d’oxide brun.
Le molybdate acide cristallise en prismes rhomboïdaux transparents, à double réfraction, et d’un éclat nacré bleu verdätre ; porphyrisés , ils sont tout à fait blancs. Après la calcination ils. laissent une poudre gris de cendre.
Vanadate d'ammonium.
Formule : VO, Ad H, O.
L’acide vanadique, en se dissolvant dans l'ammoniaque caustique, produit une liqueur jaune brunätre de bivanadate d’ammonium, qui, traitée par ‘un excès d’ammoniaque et abandonnée à elle-même, dépose des cristaux jaunes. En faisant bouillir la dissolution avant de la laisser s’&vaporer, elle se décolore en donnant des cristaux blancs, qui possèdent la même composition que le . sel jaune (BERZELIUS).
Sélénite d'ammonium.
Formule : Se O,, Ad H, O.
L’acide sélénieux forme trois combinaisons avec ’ammoniaque: Le sel neutre S'obtient quand on emploie un excès d’ammoniaque; il cristallise en prismes ou en tables obliques à base carrée ; quand on le chauffe il se boursouffle et se décompose en eau, ammoniaque, sélénium, et quadrosélénite d’ammonium qui se sublime. Par l’évaporation spontanée du sel neutre, il se dégage de l’ammoniaque et l’on obtient le bisélénite dammonium en aiguilles , inaltérables à l’air. En évaporant la dissolution de ce dernier à l’aide de la chaleur, on obtient le quadrosélénite d’ammonium en cristaux déliquescents.
86 PRAÎTÉ COMBINAISONS D AMIDES.
A cette classe de corps, signalée le premier par Dumas, appartiennent un certain nombre de combinaisons, qui renferment de l’amide et un métal ou un radical composé.
Les combinaisons d’amides s’obtiennent en général par la décomposition que l’ammoniaque éprouve par certains métaux (amide de potassium, de sodium), par des chlorures (amide de
benzoïle, de mercure), par des oxides (amides de mercure), ou.
par des oxacides anhydres (suceinamide).
Il est très probable que plusieurs combinaisons organiques azotées renferment de l’amide, et que la benzamide, par exemple, est un des éléments de l’acide hippurique qui se trouve dans l’urine des mammifères herbivores. | |
Celles d’entre ces combinaisons qui ne renferment que 1 équivalent d’amide, se distinguent particulièrement en ce qu’elles ne possèdent ni les propriétés des bases ni celles dés acides, et se décomposent par la présence de l’eau seule ou par l’action simultanée des acides ou des alcalis et de l’eau, en sels ammoniacaux, formés aux dépens des éléments de l’eau et de ceux de l'amide.
Voici quelques exemples de ce genre de décomposition :
Oxamide : C, O,, Ad Benzamide : Bz, Ad Eau : 10) EL, Eau : O HB, C,0,,AdH, BzO, AdH,
San ent un um u Acide oxalig. Ammoniaq. Acide benzoique. Ammoniag. .
La constitution des amides que nous venons de citer n’est pas
douteuse, parce que l’oxamide et la benzamide ne renferment
que la quantité d'hydrogène qui appartient à lamide seule, ou à l'amide et au radical de la combinaison ; cependant il existe une série de combinaisons qui sé forment à peu près dans les mêmes
circonstances que l’oxamide, et jouent le rôle d’amides dans plusieurs cas, mais auxquelles on ne peut pas assigner, avec autant
de certitude, le même mode de composition.
C'est à cette dernière classe qu'appartiennent les combinai-
we‘ N
sons de l'acide sulfurique anhydre et de l'acide sulfureux anhydre avec le gaz ammoniac et aussi celle de l’asparagine.
Dans la formation de l’oxamide, par exemple, par l'éther oxalique et l'ammoniaque , l'acide oxalique se décompose avec l’ammoniaque ; il se forme de l'oxamide et de l'eau : cette dernière se combine avec l'éther et produit de lalcool.
Mais quand les acides sulfurique et sulfureux se combinent avec l’ammoniaque, tous les éléments restent dans la nouvelle combinaison. Ils renferment par conséquent et les éléments de l'acide anhydre et les éléments de l’ammoniaque : néanmoins l'acide ne peut être remplacé par d’autres acides que lentement, et ’ammoniaque ne peut être remplacée qu’en partie par d’autres bases. Ce ne sont donc pas des sels. à
On ne peut pas non plus les compter au nombre des amides avec une certitude parfaite, surtout parce qu’il paraît, d’après H. Rose, que l’acide sulfureux peut être transporté, dans le même état qu’il est contenu dans ces combinaisons, sur d’autres bases, sans perdre les propriétés qu'il possédait dans sa combinaison avec l’ammoniaque.
C’est pour ces différentes raisons que nous décrivons ces combinaisons dans un chapitre particulier. *
Plusieurs oxides métalliques forment , par leur contact immédiat avec l’ammoniaque, des combinaisons qui se distinguent des combinaisons analogues par Ja facilité avee laquelle elles détonnent par le frottement ou par la chaleur. Dans ce nombre se rangent surtout les oxides des métaux qui retiennent leur oxigène avec très peu d’affinité, tels que ceux d’or, d'argent, de platine et d’osmium. Peut-être l'ammoniaque se décompose-t-elle avee ces oxides en éau et une combinaison d’amide ; mais cette supposition n’est soutenue que par de faibles appuis, car. elle n’explique pas mieux leur propriété explosive, que lorsqu'on suppose quelle provient d’une réduction de l'oxide métallique au moment de l'explosion ; de plus, l'analyse du fulminate d'or, par exemple, démontre clairement qu'il renferme. tous les éléments de l’oxide, et tous ceux de l'ammoniaque, avec laquelle cet oxide est combiné.
L'on a en outre essayé d'envisager le chlorure d’azote dk Je
bromure d'azote comme des amides; mais l'existence du sulfure | et phosphure d’azote et la décomposition que le cuivre métallique fait éprouver au chlorure d’azote, en chlorure de cuivre et azote libre, sans formation d’ammoniaque, observation due à # DuLong, paraissent être des preuves suffisantes pour lever tous les doutes sur la nature de ces combinaisons.
L’iodure d'azote, seul, paraît faire une exception, car il produit par sa détonnation non-seulement de l’iode et de l'azote, mais de ’ammoniaque libre et de l’iodure d’ammonium. Sa dissolution dans l’acide chlorhydrique renferme de l’ammoniaque et du chlorure d’iode; il se dissout aussi dans le cyanure de potassium , en donnant naissance à de l’iodure de potassium, de l’iodure de cyanogène et de l’ammoniaque libre, sans dégagement d'azote.
Amide de potassium.
Sa formule est : Ad K.
RE à 2 at. d'azote 177,040
1 öq. damide | 4 zu d'hydrogène 24,959. } 201,000 + at. de potassium : 489, 920 1 at. d’amide de potassium 691,919
La découverte de ce corps est due Mur Lussac et THENARD.
Quand on chauffe du potassium dans un courant de gaz ammoniac sec jusqu’à ce qu'il entre en fusion, il y a une vive effervescence, et sa surface se recouvre d’un liquide vert olive qui s'étend sur les parois du vase ; dès que le métal a perdu son éclat métallique blanc d'argent, il reste un liquide jaunätre et transparent, qui se prend en masse cristalline formée de PRES lames satinées d’un blanc grisätre.
Gay-Lussic et THÉNARD ont démontré que le ue sépare de l’ammoniaque autant d'hydrogène, dans cette opération, qu'il en dégage par son contact avec l’eau; ils remarquèrent en outre que l’amide de potassium, en contact avec Peau, se décompose en oxide de potassium et ammoniaque sans dégagement de gaz et sans formation d’autres produits.
Cette combinaison renferme par conséquent 1 équivalent de,* potassium et 1 équivalent d’amide (une combinaison de 1 équivalent d’azote et 2 équivalents d'hydrogène), qui doit être l’équivalent de la quantité d’oxigène qui se combine avec-le potassium “ pour former l’oxide de potassium.
L’amide de potassium renferme des proportions différentes d’amide et de potassium, suivant la température à laquelle elle a été exposée; fondue à une haute température, elle contient 1 atome d’amide sur 2 atomes de potassium , tandis que lorsqu’elle a été fondue à une basse température, elle contient 1 atome d’amide sur 1 atome de potassium. Avant la chaleur rouge, elle devient noire verdätre, perd sa fusibilité et dégage de l'ammoniaque, de l'azote et de l'hydrogène; les volumes des deux derniers sont entre eux comme 3 est à 1; à la chaleur rouge, elle dégage de l'hydrogène et de l'azote dans le rapport de-2 à 1.
Chauffee avec des métaux très fusibles, elle abandonne de l’ammoniaque, de l’azote, des traces d'hydrogène; il reste un alliage de potassium. «- | Elle brüle dans l’oxigène avec dégagement de chaleur et de lumière; fondue dans un courant de gaz cyanogène, elle forme du eyanure de potassium, et abandonne de l'azote et de l’ammoniaque ; fondue avec du soufre, elle produit du sulfure de potassium, de l'hydrogène sulfuré et du gaz ammoniac; elle s’enflamme spontanément dans le chlore gazeux (GAy-Lussac et THÉNARD). |
Aide de sodium.
Sa formule est : Ad Na.
Une quantité de sodium qui, en contact avec l’eau, dégagerait 100 volumes d'hydrogène, absorbe, quand on le chauffe dans le gaz ammoniac, 142 à 163 volumes de ce gaz, et dégage sans effervescence 100 volumes d'hydrogène. La masse fondue prend une couleur vert olive pendant l’op£ration ; les propriétés de cette nouvelle combinaison sont les mêmes que celle de l'amide de potassium (GAy-Lussac et. THENARD). |