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COMBINAISON DU CYANOGÈNE AVEC L'HYDROGÈNE

Acide cyanhydrique.

Synonyme : Acide prussique.

Formule E Cy. H, = CG N, H..

Composition :

1 équiv. de cyanogène — 329,910 — 96,36 1 équiv. d'hydrogène —= 12,479 — 3,64

SS 1.1: LEARN ABER 1 équiv. d’acide cyanhydrique — 442,389 — 100,00

Il été découvert par SCHEELE'; GAy-Lussac en a fait connaître la nature et les propriétés chimiques. Il est contenu tout formé dans l’eau distillée des feuilles et des fleurs de plusieurs fruits à noyaux. Il se forme par la distillation sèche de plusieurs

substances azotées, par celle du formiate d’ammoniaque, par l’action des acides sur les cyanures alcalins, et dans beaucoup d’autres circonstances.

L’acide anhydre s’obtient, en distillant à une douce chalet 15 parties de ferrocyanure de potassium bien pulvérisé, avec un mélange de 9 parties d’acide sulfurique et 9 parties d’eau. Il faut recueillir le produit dans un récipient bien refroidi, contenant 5 parties de chlorure de calcium concassé. On arrête la distillation dès que le chlorure de calcium est couvert par le liquide passé dans le récipient, d’où on le décante dans un flacon bien bouché (TRAUTWEIN).

Le ferrocyanure de potassium contient du cyanure de potassium qui se décompose par l'acide sulfurique étendu, en sulfate de potasse et acide cyanhydrique ; ce dernier passe dans le récipient en entraînant un peu d’eau que le chlorure de calcium absorbe.

On obtient aussi l'acide cyauhydrique anhydre en décomposant le cyanure de mercure par de l’acide chlorhydrique très concentré ou par de l'acide sulfhydrique sec.

À la température ordinaire, l’acide cyanhydrique est un liquide limpide, sa densité à 18° est de 0,6967 ; — à 15° c., ilse prend en une masse fibreuse solide. II bout à 26°,5; il se mèle en toute proportion avec l’eau, l'alcool et l’éther. La densité de sa vapeur est de 0,9476, représentant 4 volumes ; le calcul donne le nombre 27281 — 0,9437. Ilrougit à peine le tournesol: il s’enflamme facilement et brüle avec une flamme blanche très vive ; il a une odeur suffocante particulière, très pénétrante, an Le à celle des amandes amères ; sa vapeur provoque le larmoiement ; sa saveur est très amère et brülante. C’est un des poisons les plus violents sa vapeur tue immédiatement quand on la respire. Les contrepoisons à employer dans ces sortes d'accidents sont l’ammoniaque ou une dissolution aqueuse de chlore.

D'après ScHuLz ‚l’acide cyanhydrique ne se solidifie à — 15° qu’en vertu d'une petite quantité d’eau qu'il contient ; parfaitement privé d'eau, il est, selon lui, encore liquide à — 49°. Quand il est tout à fait pur, il se décompose très facilement, surtout par l'action de la lumière; il se forme alors de l’ammoniaque et un précipité brun. On peut prévenir cette décomposition en ajautant

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à l'acide une petite quantité d’un acide étranger. En présence de l’eau, les acides inorganiques concentrés le décomposent rapidement en ammoniaque et acide formique ; 3 atomes d'eau et 2 atomes d’acide cyanhydrique renferment les éléments de 1 atome d'acide formique et 1 (équivalent d’ammoniaque :

1 équiv. d'acide 1 équiv. d’ammoeyanhydrique N, C, He niaque Ni:H, 3 équiv. d’eau H,O,\—/1 équiv. d'acide formique C, H O; N, CH: Os) \ RO NICE O,

Lorsqu'on chauffe du potassium dans la vapeur d’acide cyanhydrique, il se transforme en cyanure de potassium , en dégageant l'hydrogène de l'acide. La chaux et la baryte caustique, chauffées au rouge dans la vapeur d’acide cyanhydrique, l’absorbent en dégageant de l'hydrogène pur; ces oxides se changent par là en un mélange de cyanures et de cyanates. Le chlore décompose l’acide eyanhydrique en acide chlorhydrique et chlorure de cyanogène.

Acide cyanhydrique aqueux. — Cet acide , employé en médecine, s’obtient en décomposant, par l'acide sulfhydrique, une dissolution de 1 partie de cyanure de mercure dans 8 parties d’eau. Quand la dissolution est sursaturée d'hydrogène sulfuré, on neutralise l'excès d’acide sulfhydrique par du carbonate de plomb et on filtre. La liqueur claire que l’on obtient contient environ /4, d'acide cyanhydrique anhydre. Par la décomposition du eyanure de mercure, la liqueur devient noire comme de l'encre, et ne se clarifie le plus souvent que lorsqu'on y ajoute quelques gouttes d'un acide inorganique. Le liquide renferme ordinairement une petite quantité d’acide sulfocyanhydrique.

D'après GEIGER, on Pobtient de la même force et parfaitement pur, en distillant 4 parties de ferrocyanure de potassium avec 18 parties d’eau et 2 parties d’acide sulfurique hydraté. On met 20 parties d’eau dans le récipient, et on distille jusqu’à ce que ces 20 parties aient augmenté de 18 parties, ainsi jusqu'à ce que l’on ait dans le récipient 38 parties de liquide. La distillation se fait très bien dans un bain de chlorure de calcium. Pour savoir quand

149 PRAITE | il faut arrêter la distillation , on prend pour récipient un flacofi cylindrique, auquel on a désigné par une marque le por s'arrête le niveau des 38 parties d’eau.

Pour préparer le même acide, CLARK dissout 1 partie d'acide tartrique cristallisé, dans 40 parties d’eau, et y ajoute 2 2/, parties de cyanure de potassium en gros morceaux. Le mélange est maintenu à une temperature très basse et agité de temps en temps. L’acide ainsi obtenu contient 3 pour cent d'acide eyanhydrique sec, et 217, où 3 grains de tartrate acide de potasse par Once.

Pour préparer l’acide cyanhydrique employé en médecine, on mélange, d’après MAGENDIE, 1 volume d’acide cyanhydrique anhydre avec 6 volumes d’eau ; ou bien en poids, 1 partie d’acide cyanhydrique anhydre avec'8 ‘/, parties d’eau. |

Les propriétés de l'acide cyanhydrique, en dissolution dans l'eau, sont tout à fait semblables à celles de l'acide anhydre ; l'odeur, la saveur et les propriétés vénéneuses varient suivant le degré de concentration. Quand il est parfaitement pur, il se décompose tout aussi facilement que l'acide anhydre, en devenant d’abord brun, puis noir.

Préparation d'un acide cyanhydrique d’une concentration voulue. — Toutes les méthodes que l'on suit pour préparer, par dis2 tillation , ce corps si énergique et si dangereux , ne le donnent jamais d’une même force ; même en ne négligeant auéune précaution, on n’obtient qu’un produit qui renferme les 4/; de l'acide anhydre, qu’il devrait contenir d’après le calcul. Cette perte provient sans contredit de la grande volatilité de’ce corps, ou, si l'on s’est servi du ferroeyanure de potassium pour le préparer, de ce qu’une partie de la potasse reste à l’état de eyanure de potassium en combinaison avec le cyanure de fer. II est done | préférable de préparer un acide plus concentré, d’en déterminer la quantité d'acide anhydre par des essais, et d'y ajouteride l'eau jusqu’à ce qu’on arrive au degré de concentration nn par la | pharmacopée du pays. |

A cet effet, on distille 2 parties de ferrocyanure de pötzsgihh avec 1 partie inside sulfurique concentré et 2 parties d’eau: La distillation s’opere dans un bain de chlorure de calcium et doit être poussée jusqu’à siccité. On recueille le produit dans un ap-

DE CHIMIE ORGANIQUE. 143 pareil convenablement refroidi et contenant 2 parties d'eau ; Où a ainsi, après la distillation, 4 ou 4 %, parties de liquide, dont la quantité d’aeide anhydre varie entre 16 et 20 pour cent, suivant

lè degré de froid dans lequel l'appareil a été maintenu. Voici

maintenant de quelle manière on en détermine le titre :

On pese 1 gros =— 60 grains du produit obtenu, dans un flacon qui contient une dissolution étendue de nitrate d'argent ; après s'être assuré par une petite quantité de nitrate d'argent que Vacide eyanhydrique est complétement précipité, on recueille le précipité sur un filtre pesé; quand il est bien lavé, on le sèche et on en détermine le poids. L’excès de poids du filtre représente le poids duprécipité. Trois parties du précipité correspondent à 1 partie d’acide cyanhydrique. Ainsi, par exemple, si on avait obtenu 52 grains de cyanure d’argent, 60 grainside l'acide cyanhydrique essayé contiendraient 1,04 grains d’acide anhydre et 49,6 grains d’eau.

Supposons maintenant que l'on veuille préparer, d’après le pröcepte d’une pharmacopée quelconque, un acide cyanhydrique renfermant 3 pour cent d’acide anhydre, par conséquent 97 pour cent d’eau, il faudra, en se servant de l'acide cyanhydrique préparé précédemment, et dont le titre est connu, raisonner de la manière suivante : si pour 3 d’acide cyanhydrique il faut 97 d’eau, pour 10,4 d'acide eyanhydrique il en faudra æ, c’est-à-dire 22104 — 336,92. Par conséquent, il faut ajouter 336,2 parties d'eau à 10,4 parties d’acide cyanhydrique anhydre, pour avoir un produit contenant 3 pour cent d'acide anhydre. Or Facide que lon'a préparé précédemment contient 10,4 d'acide anhydre et 49,6 d’eau; ainsi, pour parvenir au degré de concentration voulue, il faut ajouter à chaque gros du premier acide 336,2 — 49,6 = 286,6 grains d’eau. did er A UN BEER

Cette méthode sert aussi à reconnaître la forcé d’un acide cyanhydrique quelconque. 100 grains d’un acide cyanhydrique, qui contient 3 pour cent d’acide anhydre, produit 15 grains de cyanure d'argent, quand on le traite par le nitrate d’argent.

Ce procédé est indépendant de toutes les circonstances qui pourraient influer sur l'efficacité de ce remède; en même temps, il est si simple que tout le monde peut s’en servir avec facilité et parvenir à des résultats exacts.

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Détermination du titre de l'acide cyanhydrique employé en médecine. —L’acide cyanhydrique étendu, ainsi que l'acide anhydre, ne peut se conserver qu’autant qu’il contient une quäntité très petite d’un acide inorganique étranger. Ainsi, lorsqu'il rougit;! faiblement le tournesol de manière que la coloration persiste, ce n'est pas une raison pour le rejeter comme produit impur. Du reste, il doit être limpide et ne pas laisser après l’évaporation un résidu solide; de même l'hydrogène sulfuré n’y doit pas preduire de précipité noir, ce qui indiquerait la présence d’un sel de plomb ou de mercure.

Pour déterminer le titre de l’acide cyanhydrique, le mieux est de se servir du nitrate d'argent, d’après la méthode décrite; on peut aussi employer de l’oxide rouge de mercure, qui se dissout à froid dans l’acidecyanhydrique, en formant du cyanuredemercure. Dar:s ce but, on verse une goutte d’une dissolution de potasse caustique dans l’acide cyanhydrique à essayer, et on ajoute à la liqueur l’oxide de mercure bien pulvérisé et pesé. 4 parties d’oxide de mercure dissous, correspondent à 1 partie d’acide cyanhydrique anhydre.;

La méthode qui consiste à employer le sulfate de fer pour déterminer la force de l'acide cyanhydrique, doit être tout à fait rejetée.

Pour être à un degré de pureté convenable, l’acide eyanhydrique aqueux, mélangé d’ammoniaque et évaporé au bain-marie, ne doit pas laisser plus de */, pour cent de résidu solide. Site résidu brunit par l’&chauffement, c’est une preuve que l'acide cyanhydrique contenait de l'acide formique, dont la prése: ce peut du reste encore être décelée au moyen des réactifs ordinaires qui servent à reconnaître ce dernier, et que nous indique- « rons en en faisant l'histoire. On découvre l'acide sulfurique au moyen des sels de baryte; l'acide chlorhydrique, en évaporant l'acide aqueux au bain-marie, jusqu’à ce qu’on n’observe plus l'odeur particulière de l'acide cyanhydrique et ajoutant alors au résidu un sel d'argent.

Si l'acide contient une trop grande quantité d’acides étrangers, on peut l’en débarrasser en le rectifiant avec précaution sur de la craie; toutefois il est nécessaire d'ajouter alors au produit distillé une trace d’acide sulfurique ou d'acide chlorhydrique, pour qu’il puisse se conserver.

DE CHIMIÉ ORGANIQUE, 145

Cyanhydrate d’ammoniaque ou cyanure d'ammonium.

Formule : Cy Ad Hi = Cye Ho + N, H..

On obtient ce composé en distillant un sel d’ammoniaque see avec un cyanure métallique, ou bien en saturant de l'acide cyanhydrique anhydre par de l'ammoniaque gazeuse. Il est presque aussi volatil que l'acide cyanhydrique lui-même, et se décompose immédiatement lorsqu'on le dissout dans l’eau ; il a une odeur particulière, très forte et pénétrante. C'est un poison violent.

Cyanures métalliques.

Les oxides métalliques dont le métal a une faible affinité pour

P’oxigene, se décomposent en présence de l'acide cyanhydrique, en eau et cyanure métallique. Les oxides de mercure, d'argent et de palladium sont dans ce cas. Quand la décomposition s'effectue sans la présence de l’eau, elle est accompagnée d'un si grand dévéloppement de chaleur, qu'il y a souvent explosion. Les oxides alcalins en dissolution aqueuse se combinent avec l’acide sans se décomposer, et conservent leur réaction alcaline; la dissolution a l'odeur de l’acide eyanhydrique. Cette classe de combinaisons se décompose immédiatement en eau et cyanure métallique, quand on ajoute à leur dissolution un autre cyanure, avec lequel elles peuvent former des combinaisons doubles.

En mettant de l'acide cyanhydrique en contact avec de l'oxide de cuivre, on obtient un bieyanure correspondant au bioxide de cuivre, qui se décompose peu à peu en cyanogène et protoeyanure; mis en présence du peroxide de plomb, l'acide cyanhydrique donne du protocyanure de plomb et du cyanogène

libre. |

Les combinaisons de cyanogène avec l'argent, le mercure ct la plupart des métaux pesants, ne sont pas décomposées par les oxacides étendus, et résistent longtemps à l’action de l'acide nitrique concentré et bouillant; les acides chlorhydrique et sulfhydrique les décomposent très facilement en acide cyanhydrique et chlorure ou sulfure métallique. Les cyanures d'argent, de

mercure, etc., se décomposent par la chaleur comme les oxides l. 10

ai ah er A NED Aa Ze

146 | TRAITÉ correspondants, en cyanogène et métal; les cyanures des m&taux non réductibles par l’action seule de la chaleur se décomposent, sous l'influence de cet agent, en azote et un carbure métallique. |

A l'abri du contact de Pair et de l'humidité, les cyanures alcalins peuvent supporter une très haute température sans se décomposer. run

Tous les cyanures insolubles des métaux non alcalins peuvent s’obtenir, en traitant l’acétate du métal par l'acide cyanhydrique. |

Vous les cyanures décomposables se transforment par l'action d'un excès d'acide chlorhydrique, ou par l’hydrate de potasse, en chlorure métallique ou en oxide métallique, ammoniaque et acide formique. La même réaction a lieu pour les cyanures alcalins, lorsqu’on les fait bouillir avec un excès d’alcali. Tous les cyanures métalliques, dont les oxides correspondants ne retiennent pas l’acide carbonique à la chaleur rouge, produisent, par la calcination avec l’oxide de cuivre, des volumes d'azote et.

d'acide carbonique dans le rapport de 1 à 2.

Cyanure de Potassium. >

Formule : Cy, K.

Composition :

1 équivalent de cyanogène — 320,91 — 40,94 1 atome de potassium = 489,92 — 59,76

1 atome de cyanure de potassium = 81 9,83 — 100,00

Il se forme directement, lorsqu’on chauffe du potassium dans un courant de cyanogène ; on l’obtient également en caleinant un mélange de potassium avec des substances azotées anhydres, ou bien en chauffant des substances carbonées et azotées avec du . carbonate de potasse.

On peut l'obtenir en sursaturant une solution concentrée de potasse caustique, récemment préparée, par de l’acide cyanhy-

drique, et'évaporant dans une cornüe par l’ébullition, jusqu'à ce que la cristallisation commence; on verse alors toute la masse dans une capsule de porcelaine, et on fa fond'à la chaleur rouge obscur. Une REN methode consiste à pulvériser avec soin du »prussiate jaune de! potasse sec, à le chauffer dans un vase en fer couvert jusqu’à la chaleur rouge cerise, le laisser refroidir à Pabri du contact de l’air et à introduire la masse A. moitié fondue et poreuse, après lavoir pilée, dans un entonnoir en verre; on P’humecte alors avec de l'esprit de vin, et on lessive ensuite à l’eau froide. La première eau de lessive incolore et concentrée, | doit être rapidement évaporée à siccité, et fondue dans une capsule de porcelaine. L’on peut aussi faire digérer la masse fondue dans de l’alcool étendu et bouillant, qui dépose le cyanure de potas- Sium parfaitement pur, par le refroidissement. L'alcool à 60 pour cent, dissout à la température.de l’ébullition une grande quantité de ,cyanure de potassium qu'il abandonne presque complétement par le refroidissement. Le cyanure de potassium reste ‚en dissolution dans l'alcool après le refroidissement, quand Valcool est plus fort ou plus faible.

D’après WIGGERS, on obtient aussi le cyanure de holassium, en faisant entrer les vapeurs d’acide prüssique qui se degagent pendant la distillation du mélange de ferrocyanure de potassium et d'acide sulfurique, dans une dissolution alcoolique et concentrée de potasse ; dès que cette dissolution est saturée, le ans de potassium se précipite en poudre cristalline.

Propriétés.

Le cyanure de potassium est incolore et transparent, quand il est bien cristallisé. Il cristallise en cubes ou bien en d'autres formes derivant du cube; il est inodore, sa saveur 'est âcre, caustique, piquante , learn et same un peu à icelle dés amandes amères ; il fond facilement et se transforme en un liquide incolore et rent; à l'abri du contact de l'air, il est inaltérable à la chaleur rouge blanc ; en présence de l'oxigène, fl se transforme en cyanate de SEE Les cristaux perdent leur transparence à l'air, ils tombent en déliquescence dans l'air humide. Il est très soluble dans l’eau; la dissolution se décompose à

l'air par l'acide carbonique et prend l'odeur de l'acide prussique; elle se décompose même dans des flacons bien bouchés, au bout de quelque temps.

Le cyanure de potassium se décompose quand on le dissout dans l’eau, et passe à l’état de cyanhydrate de potasse; en évaporant la dissolution avec un excès de potasse, elle abandonne: tout l'azote qu’elle contenait sous forme d’ammoniaque, et il reste du formiate de potasse. |

Caractères de sa pureté.

Une dissolution de cyanure de potassium qui fait effervescence avec les acides, contient du carbonate de potasse; une teinte jaune indique la présence du fer; quand elle se noircit par la calcination , elle est souillée par un mélange de formiate de potasse.

Cyanure de sodium.

Sa formule est : Cy, Na.

La préparation et les propriétés du cyanure de sodium sont les mêmes que celles du eyanure de potassium.

Cyanure de zinc. l î

Sa formule est : Cy, Zn.

1 équivalent de cyanogène —+1920,9h:

1 atome de zinc | — 403,23 :

1 atome de cyanure de zinc — 7839,14

Préparation.

On le prépare en dissolvant du zinc métallique dans de l'acide acétique à l’aide de la chaleur, puis en ajoutant à la dissolution acide de l'acide cyanhydrique pur tant qu’il se forme un précipité. Le précipité doit être lavé et séché. TT | :

| | | Propriétés.

Le cyanure de zinc est une poudre d’un blane éblouissant, insipide, insoluble dans l’eau et l'alcool, soluble dans l’ammoniaque, et qui se dissout dans l’acide chlorhydique étendu, en abandonnant de l'acide cyanhydrique. 4

Cyunure de fer.

Sa formule est : Cy, Fe.

1 équivalent de cyanogène . == 329,91 1 atome de fer — 339,21 1 atome de cyanure de fer — 669,12

Cette combinaison, qui correspond au protoxide de fer et qui est si remarqnable par sa propriété de former avec d’autres cyanures des combinaisons doubles d’une espèce particulière, ne peut pas être isolée. En mélangeant un sel de protoxide de fer avec une dissolution de eyanure de potassium, on obtient un précipité rouge orange abondant, qui se dissout dans un excès de eyanure de potassium ; la liqueur est jaune et contient du ferrccyanure de potassium. En calcinant le ferrocyanure d’ammonium, il se dégage du cyanure. d’ammonium, et il reste une poudre grise jaunâtre, insoluble dans l’eau, que l’on croit être du cyanure de fer. D’après RosiQueT, l'on obtient aussi cette combinaison ‘en faisant digérer dans un flacon bien bouché du bleu de Prusse, récemment préparé avec une dissolution saturée d’acide sulfhydrique. Le bleu de Prusse devient blanc et la liqueur contient de l'acide cyanhydrique (BERZELIUS).

Les propriétés de ces différents produits, sont trop différentes pour qu’on puisse les croire identiques. |

Cyanure ferrosoferrique.

Sa formule est : Cy, Fe, + Cy Fe, 4 aq. (PELOUZE).

Cette combinaison correspond à l’oxide magnétique. On l'obtient, d’après PELOUZE, en faisant passer un courant de chlore dans une dissolution bouillante de ferrocyanure de potassium ou de ferricyanure de potassium; il se précipite une poudre vérte que l’on porte à l'ébullition, dans 8 à 10 parties d’acide chlorhydrique concentré, le peroxide de fer et le bleu de Prusse se dissolvent, tandis qu'il reste une poudre verte, qui, lavée et séchée dans le vide, constitue cette combinaison intermédiaire. Chauffée à 180°, elle perd de l’eau, du cyanogène, un peu d'acide eyanhydrique, et prend une couleur bleu pourpre foncé. Par

150 TRAITÉ une dissolution de. potasse caustique, elle se transforme en per-

oxide de fer insoluble, et un mélange de ferro et Me © de

potassium. Lara

Cyanide de fer.

Cette combinaison n’existe pas à l’état de pureté. En traitant une dissolution de ferricyanure de potassium, par du fluosiliciure de fer, il se forme un précipité de fluosiliciure de potassium, et une liqueur brun foncé d’une saveur astringente, qui devient bleue par lPévaporation, et laisse un résidu de bleu de Prusse: Ji entre dans la composition d’un ce nombre de CAES doubles. | IR

Cyanure Fe cobalt.

I s'obtient en précipité brun blanchätre, en traitant une dissolution d’ac&tate de cobalt par l’acide cyanhydrique.

Cyanure de mercure, Sa formule est : CH Hg. | Kr.

1269,82 |, ‘1 atome de eyanure de mercure = 1595,73 0

1 équivalent, de cyanogène 1 atome de mercure

Préparation.

On le prépare en ajoutant de l’oxide rouge de mercure bien pulvérisé à de l'acide cyanhydrique étendu, jusqu’à ce qu'il ait perdu son odeur ; la liqueur abandonne par. l’&yaporation des

cristaux ee nn gr purs de cyanure de mercure. Dans cette -

Opération, lon se sert de l’acide cyanhydrique, obtenu par la méthode de GEIGER, on l’introduit dans un vase qu’on puisse boucher convenablement, et on facilite sa combinaison avec l’oxide.de mercure en le secouant. Il ne faut pas perdre de vue, dans cette

préparation, que la combinaison ne peut avoir lieu qu’autant. qu'il

ya assez d’eau pour dissoudre le cyanure formé ; par conséquent, Si la liqueur a encore l'odeur de l'acide cyanhydrique, tandis que

l'oxide de mercure n’est pas dissous en totalité, il fautajouterune

nouvelle quantité d’eau. On l’obtient aussi en dissolvant 2 parties de ferrocyanure de potassium dans 15 parties d’eau bouillante, en ajoutant 3 parties de sulfate de deutoxide de mercure parfaitement sec, et en entretenant ce mélange en ébullition, pendant un quart d’heure ; on le filtre bouillant, et le cyanure de mercure cristallise par le refroidissement. L'eau mère fournit une nouvelle portion de cyanure par l’&vaporation; on peut même évaporer à siccité, et extraire tout le cyanure par l'alcool bouillant. Les cristaux de la première dissolution doivent être purifiés par une nouvelle cristallisation. Ce qui se passe dans cette opération est très simple; 2 atomes de cyanure de potassium du ferrocyanure, se décomposent avec 2 atomes de sulfate de mercure, en cyanure de mercure et sulfate de potasse ; le cyanure de fer se précipite. |

Propriétés.

Il cristallise en prismes réguliers à 4 ou 6 pans, incolores, transparents, anhydres et inaltérables à l'air; sa saveur, est nau-

séahonde, corrosive et métallique. C’est un poison très violent. Soluble à froid dans 8 parties d'eau, plus soluble dans l'eau bouillante, et soluble dans l’alcool. L’oxide de mercure decompose tous les cyanures en isolant l’oxide métallique, et en formant des cyanures doubles de mercure et d’autres métaux. Le cyanure de mercure bouillant dissout un excès d’oxide de mercure (3 atomes d’après Kunn); cette liqueur cristallise par l'évaporation en ‘aiguilles fines et courtes, dont la dissolution dans l’éau a une réaction alcaline sur le tournesol; cette com- Binaison est plus soluble que le cyanure ordinaire. Il faut éviter avec Soin la formation de cette matière, dans la préparation du cyanure de mercure, sans cela on n’obtiendrait qu’une masse saline blanche confuse. Pour remédier à cet inconvénient, il faut ajouter de l’acide prussique jusqu’à ce que l'odeur en indique un excès. s |

Le eyanurequi correspond au protoxide est inconnu, il n’existe pas. En traitant un sel de protoxide de mercure par l'acide eyanhydrique, ou par un cyanure soluble, il se précipite, immédiatement du mercure métallique, et.ilise forme le cyanure de mer-

cure, qui correspond au bioxide et que l’on devrait appeler cyanide de mercure.

Cyanure d'argent.

Sa formule est : Cy, Ag.

Preparalion.

On obtient cette combinaison en traitant un sel d’argent so- Juble par de l'acide prussique, sous forme d’un précipité caillebotté d’un blanc éblouissant.

Propriétés.

Il'est décomposé par tous les hydracides ; les acides morganiques ne l’altèrent que très difficilement ; l'acide nitrique concentré et bouillant le dissout en le décomposant. Il est inaltérable par les dissolutions d’alcalis caustiques fixes; l’ammoniaque le dissout facilement.

Il se dissout facilement dans une solution concentrée de nitrate d'argent, et forme avec ce dernier une combinaison cristalline qui se décompose dans l’eau; il se dissout dans les chlorures alcalins. 11 forme des cyanures doubles avec tous les autres Ban metalliques.

Cyanure de palladium.

La for mule du cyanure de palladium est : Cy, Pa. |

L’affinit que possède le palladium pour le cyanogene, surpasse celle de tous les autres métaux. On l’obtient, en traitant un sel de protoxide de palladium par l'acide prussique ou par un cyanure métallique soluble ; le précipité est de couleur fauve et possède une légère teinte ir vert, quand il contient du cuivre. IL forme des sels doubles avec Lan le cyanure de potassium et le nitrate de palladium.

Cyanure dor

La formule du cyanure d’or est: Cy, Au,.

On se procure cette combinaison, en traitant une So d’or

DE CHIMIE ORGANIQUE. 153 dans l’eau régale, et évaporée à siccité pour la priver d’acide libre, par une solution récente de cyanure de potassium ; il faut avoir soin dans cette opération de laisser un petit excès de chlorüre d’or non décomposé. Le précipité blanc jaunätre de cyanure d’or doit être bien lavé et séché. Un excès de cyanure de potässium ajouté au chlorure d’or, dissout le précipité qui s’est formé, et colore la liqueur en jaune orange. Dans le cas où lon aurait versé un excès de cyanure de potassium, on peut obtenir tout le cyanure d’or, en ajoutant à la liqueur quelques gouttes d'un acide quelconque. On peut aussi se procurer le cyanure d’or dont on fait usage en médecine, depuis quelque temps, en ajoutant à une solution de 16 parties d’or dans l’eau régale, une dissolution bouillante de 24 parties de cyanure de mercure. Le mélange, évaporé à siccité et lavé, laisse un résidu de cyanure d’or. Il n’existe pas de cyanure d’or correspondant au protoxide.

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