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platinocyanure de potassium, que l’on purifie par des cristallisations subséquentes.

Il cristallise en prismes minces allongés, rhomboïdaux, terminés par un sommet à 4 faces et jaunes par transmission, bleus par réflexion. Exposés à l’air, ils s’effleurissent, deviennent opaques et roses ; ils retiennent 12,4 pour cent d’eau, qu’on ne peut chasser qu’à une haute température : ils deviénnent alors blancs, puis oranges, et fondent en se d&composänt. Les cristaux sont assez solubles à chaud, moins à froid; la dissolution ne précipite pas le nitrate de plomb, mais presque tous les autres sels métalliques. |

Platinocyanure de mercure. — Formule : Pt Cy, + Hg. En traitant la dissolution du sel précédent par du nitrate de protoxide de mercure, on obtient un précipité bleu de cobalt ; quand on ie chauffe dans l’eau, il se dissout du nitrate de protoxide de mercure, et le résidu blanc qui reste, est du platinocyanure de mercure pur. Cette combinaison se décompose par la calcination, en dégageant du cyanogène et du mercure, et laissant un résidu de cyanure de platine jaune, parfaitement pur (DOEBEREINER).

Ferricyanogène.

Formule : 2 Cfy — C N, Fe.. |

Lorsqu’on traite le ferrocyanure de potassium par le chlore, il se forme une nouvelle combinaison de potassium dont le radical contient deux fois autant de cyanogène et de fer, que le ferrocyanogene. Nous appellerons ce radical ferricyanogène ; il se combine avec 3 équivalents d'hydrogène, en donnant naissance à un acide tribasique. Toutes les combinaisons du ferricyanogène ont été découvertes et analysées par L. Gmerin.

Acide ferricyanhydrique.

Formule : 2 Cfy + 6 H.

Composition :

1 équival. de ferricyanogène — 2657,88 — 98,61 6 atomes d’hydrogene = 37,43 — 1,59

—— en

Digg ET ae up nt à NM 1 équival, d'acide ferricyanhydrique = 2695,31 — 100,00

170 TRAÎTÉ

On prépare cet acide en faisant passer un courant d'hydrogène sulfuré dans du ferricyanure de plomb en suspension dans leaus ou bien, en décomposant le ferricyanure de plomb par l'acide sulfurique étendu d’eau.

La liqueur filtrée est jaune clair, et dépose, par l’&vaporation, des cristaux brunätres, d’une saveur acide et äcre. Quand on l’évapore à l’aide de la chaleur, elle précipite une poudre insoluble d'un brun foncé.

La dissolution d’acide ferricyanhydrique se décompose au bout de peu de temps, en abandonnant une poudre bleue cristalline.

L’acide ferricyanhydrique forme, avec les oxides métalliques, les ferricyanures; les combinaisons à base de métaux alcalins et terreux, et celles à base de fer se dissolvent dans l’eau ; les combinaisons avec les autres métaux y sont insolubles et s’obtiennent par la double décomposition d’un FFHRTAAUE soluble et d’un sel métallique.

Ferricyanure de potassium.

Formule : 2 Cfy +3 K (L. GMELIN).

Synonyme : Cyanure rouge de fer et de potassium.

Il a été découvert par L. GMELIN. On l’obtient en faisant passer un courant de chlore dans une dissolution de ferrocyanure de potassium, jusqu’à ce que les sels de sesquioxide de fer n’y produisent plus de précipité. On concentre la liqueur, et on purifie les cristaux obtenus par le refroidissement, par de nouvelles cristallisations, pour enlever le chlorure de potassium dont ils sont souilles. | | '

La réaction est très simple : 2 atomes de ferrocyanure de potassium se décomposent par 1 équivalent de chlore, en 1 atome de ferricyanure de potassium et chlorure de potassium.

2 (Cf, 2K)+ Ci, = K CE, + 2 Cfy, 3K.

Il eristallise en prismes droits, rhomboïdaux, brillants, transparents, d'un rouge aurore, anhydres et inaltérables à l’air, qui se dissolvent dans 3,8 parties d’eau froide et sont plus solubles à chaud. Exposés à la flamme d’une bougie, ils brülent en projetant des étincelles; chauffes à l'abri du contact de l'air, ils dégagent du cyanogène et de l'azote, et laissent du carbure de fer et du ferrog

cyanure de. potassium. Le chlore et l'hydrogène sulfuré décomposent la dissolution aqueuse des cristaux ; par l'hydrogène sulfuré, il y a du soufre mis en liberté, qui se précipite avec du eyanure de fer, et il se forme du ferrocyanure de potassium et de l'acide édité iQ. Cette combinaison est un des réactifs les plus sensibles pour découvrir le protoxide de fer, avec FAquEL elle ormie de fer n’&prouvent pas de changement par le ferrieyanure de polassium.

| Ferricyanuré de fer.

Sa formule est :2 Cy+3 Fe.

1 atome de ferricyanogène | | — 2657,88 3 atomes de fer v — 1017,63 1 atome de ferrieyanure de fer — 3675,51

Cette combinaison se trouve aussi dans le commerce, Sous le nom de bleü dé Prusse ; sa couleur est un peu plus claire, et elle se distingue Ah taNtef du,bleu de Prusse ordinaire, par sa composition., On l'obtient en traitant une dissolution de sulfate de protoxide de fer , par une dissolution de ferri icyanure de potassium, ou bien par un Hhélaside de ferrocyanure de potassium et d’hypochlorite de soude, äuquel on a ajouté un peu d’acide chlorhydrique. Dans cette espèce de bleu de Prusse, les 3 atomes de potassium Au ferrieyanure de potassium sont remplacés par 3 atomes de fer. Pour des quantités égales de cyanogène, le fer du ferrieyanure de fer est au fer du bleu de Prusse ordinaire, comme 14 est à 15; ‚ ceci est mis en evidence par les formules :

6 Cfy FM 8 Fe bleu de Prusse ordinaire.

6 Cfy +.9 Fe bleu de Prusse du fer Hioyanurs de potass, Le beau bleu de Prusse, connu dans le commerce sous le nom

de bleu de Turnbull, est du ferrieyanure de fer. CAMPBELL a donné un moyen de reconnaître le férrieyanure de fer ; il consiste à le faire bouillir avec, du ferrocyanure de potassium, ‚avec lequel il se décompose en ferricyanure de potassium qui se dissout, et un résidu insoluble de ferrocyanure de fer et de. fer cpCYARUEE de potassium.

Combinaisons de cobaltocyanogene.

Elles ont été découvertes par L. GMELIN. La combinaison de cyanogène et de cobalt, qui correspond à loxide de cobalt, Co, Os, n’a pas encore été isolée. Le cyanure de cobalt se combine avee 4 atomes d'acide cyanhydrique, et forme l'acide cobaltocyanhydrique, analogue, quant à sa composition, à l’acide ferricyanhydrique. L’acide anhydre se compose de 12 atomes = 6 équivalents de cyanogène, 2 atomes de cobalt et 6 atomes d'hydrogène: c’est ainsi un acide tribasique. Nous désignerons 1 atome de son radical par 2 Chy.

Les formules de ses combinaisons, sont :

2 Cky — Cyı. Co, le radical, cobaltocyanogène,

2 Chy + 6H acide cobaltocyanhydrique.

2 Cky +3 K cobaltocyanide de potassium.

2 Cky + 3 Pb cobaltocyanide de plomb.

2 Cky + 3 Ag cobaltocyanide d'argent.

Acide cobattocyanhydrique.

suture Qt Cyıs Co, HZ = 3 Cky +6 H.

‘ 12 at. de cyanogène 1 1979,460 — 71,85 2 at. de cobalt à 737,982 — 26,79.

6 at. d'hydrogène RN 37,438 —. 1,36

1 at. d’acide cobaltocyanhydrique, = 2754, 880 — . 100, 00 : 1 atome d'acide cobaltocyanhydrique renferme 3 an Pröparation. | On l’obtient en décomposant le cobaltocyanide de plomb par l'hydrogène sulfuré, et évaporant la liqueur filtrée jusqu'à ce qu’elle cristallise. D’après ZWENGER, il cristallise en'fils soyeux et transparents, il a une saveur très La il est ‚deliquescent dans l’air humide et très soluble dans Peau. | Propriétés. | Sa dissolution décompose les carbonates avec effervescence, elle peut étre portée à l’ébullition et être évaporée sans se décomposer ; à une température plus élevée, les cristaux Ben

de l'eau et ensuite de l'acide cyanhydrique; on obtient un résidu bleu qui, à la chaleur rouge, brüle et laisse de l’oxide.

Cobaltocyanure de potassium.

Sa formule est : Cyse Co, +3 K — 92 Cky +3 K.

Préparation,

Il a été découvert par L. GMELIN. Pour le préparer, on chauffe légèrement un mélange de carbonate de cobalt ou d’oxide de cobalt, Co-H O, avec une solution de potasse sursaturée d’acide cyanhydrique, jusqu’à ce que tout se soit dissous ; la dissolution doit être évaporée, et fournit des cristaux jaune rougeätre, qu’il faut purifier par de nouvelles cristallisations *.

Propriétés.

Les cristaux possèdent la même forme que le ferricyanure de potassium ; ils sont incolores, ou bien légèrement colorés en jaune. Ils sont anhydres et produisent en se fondant une liqueur verte ; ils sont plus solubles à chaud qu’à froid ; leur dissolution est incolore, sans action sur les couleurs Kalos , inaltérable par les acides chlorhydrique, nitrique et sulfurique; elle est sans réaction sur les sels de sesquioxide de fer, et produit un précipité rose dans les dissolutions du protoxide de cobalt.

Cobaltocyanure de plomb.

Il s'obtient en traitant le cobaltocyanure de potassium par l’acétate de plomb tribasique ; le précipité blanc est une combinaison de cobaltocyanure de plomb et d’oxide de plomb.

Cobaltocyanure d'argent.

On le prépare en mélangeant du nitrate d'argent avec du cobaltocyanure de potassium; le précipité est blanc, cristallin, soluble dans ’ammoniaque ; il forme avec ce dernier, quand on élève la température, une combinaison double qui cristallise en prismes incolores et transparents.

* L’oxide de cobalt CoO se change par son contact avec le cyanure de potassium en cyauure de cobalt, qui, en présence de cyanure de potassium libre et d'acide cyanbydrique, décompose cet acide en s’emparant de son cyanogene et

en meltant en liberté de l'hydrogène qui se dégage avec une légère effervescence,

174 TRAITÉ ‘ Acide “chromocyan hydrique et chromocyanures? | =

Ces combinaisons ont été découvertes par BOECKMANN. un on laisse évaporer à l’air un mélange d’une dissolution d’hydrate de potasse et d’hydrate d'oxide de chrome à laquelle on a ajoutéun excès d'acide cyanhydrique, le liquide se colore en rouge brun, et il s’en dépose des cristaux jaunes qui, purifiés par des cristallisations subséquentes, possèdent une forme cristalline identique et une composition analogue à celle du ferricyanure, ou du cobaltocyanure de potassium. La formule de ce sel est Cr, Cyss K;. La dissolution précipite le nitrate d'argent en blanc, les sels de protoxide de fer en rouge brique, l’acétate basique de plomb en blanc, le nitrate de plomb et les sels de sesquioxide de fer ne sont pas précipités. La composition du sel d'argent correspond à celle du sel de potassium ; chauffé à l’état sec, il se décompose en cyanogène gazeux, argent métallique et cyanure de chrome; en faisant passer un courant d’acide sulfhydrique à travers un mélange de chromocyanure d’argent et d’eau, on obtient du sulfure d'argent et de l'acide chromocyanhydrique en dissolution. Cet acide rougit fortement le tournesol, décompose les carbonates et peut être obtenu en cristaux par l’évaporation de la dissolution dans le vide sec.

Constitution des combinaisons de ferrocyanogene d’après BERZELIUS. |

BERZELIUS suppose que les cyanures forment entre eux des combinaisons doubles, analogues aux sels doubles que forment les oxacides ; dans ces combinaisons, 1 atome de cyanure de fer est combiné avec 2 atomes d’une autre combinaison de eyanogene, de sorte qu'en y supposant les métaux combinés à l’oxigène, loxigene du protoxide de fer équivaut à la moitié de celui qui est combiné, à l'autre métal. L’on aura ainsi : |

Cyanure de fer Cy Fe Acide ferrocyanhydrique Cy, Fe + Cy, H, € FFE cyanure fer-

x Ferrocyanure de potass. Cys Fe + Cys Ka h rosopotassig,

Ferroeyanure double de \ | potass. et de calcium. | Cy, Fe, Cyı Ka + Cys Fe, Cy, Ca,

Bleu de Prusse 2 Cy, Fe, +3 Fe Cy Bleu de Prusse basique 2 Cy, Fes, 3 Fe Cy, +Fe, O; Bleu de Prusse soluble 2 Cy, Fes, 3 Fe Cy, +2 Cy: K, Cys Fe.

Combinaisons de ferricyanogene et de cobaltocyanogene d’après BERZELIUS.

Ces composés sont, d’après BERZELIUS, des combinaisons doubles de cyanures, dans lesquelles 1 atome de percyanure de fer ou de cyanure de cobalt correspondant, pour la composition, au peroxide de fer (Fe, O,) et au sesquioxide de cobalt (Co, O,), est combiné avec 3 atomes d’un autre cyanure. On a donc, d’après cela : |

hydrocyanide de fer cyanure ferricopotassique.

cyanure ferro- Ferricyanure de fer Fe, Cyc + 3 Cy, Fe soferrique (bleu de Prusse).

Acide ferrieyanhydrique Fe, Cys 3 Cy: H }

Ferricyanure de potass. Fe Cy. + 3 Cy, K h

Acide cobaltocyanhydriq. Co, Cy: + 3 Cy, H Cobaltocyanure de potass. Co, Cy, + 3 Cy, K.

Combinaisons de ferrocyanogène d’après GRAHAM.

Ces combinaisons de ferrocyanogène contiennent un acide particulier dont le poids atomique est trois fois plus grand que celui de l'acide cyanhydrique; cet acide renferme un radical composé de 6 atomes de cyanogène que GRAHAM appelle prussine, en combinaison avec 6 atomes d'hydrogène. D’après cela, cet acide est la combinaison hydrogénée tribasique qui correspond à l’acide cyanurique ; lorsqu'il se combine avec les oxides métalliques , ces 6 atomes d'hydrogène sont remplacés par leur équivalent de métaux.

176 TRAITÉ Voici les formules qui expriment cette manière de voir :

Prussine = Pr= Cu

Acide prussinhydrique — Pr+ 3H

Prussiuredeferet d'hydrogène __ Pr+ 2 H (acideferrocyanhydrique) Fe

Prussiuredefer etde potassium __ Pr+ | 2K (ferrocyanure de potassium) Fe

de Prussiure "fer,de potass.etde Pr+ Si calcium (sels de Mosander) Fe

c3F Bleu de Prusse =3 Pr+ ; 9 4 > u re 2 LE. 2°

Cette théorie serait préférable à toute autre, si elle pouvait expliquer pourquoi le fer du ferrocyanure de potassium, par exemple, ne peut pas être remplacé par d’autres métaux. Évidemment, s’il y jouait le rôle d'un élément basique, on devrait pouvoir le déplacer par un autre métal. Néanmoins, dans l’état actuel de nos connaissances sur les sels doubles, cette théorie est plus admissible que celle de BERZÉLIUS.

Sans vouloir prétendre que la théorie que nous avons suivie dans cet ouvrage sur la constitution des cyanures doubles, soit à l'épreuve de toute objection, nous avons pensé que, par sa simplicité, elle faciliterait beaucoup l'étude de ces composés. |

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