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208. Les corps purs. — Quand on change la pi^sston on I* température d'une phase pure, il résulte de la définition tiièmc que, tout au moins si Ton ne dépasse pas certaines limires* Ij'

CHAP. VII. — GORPS PURS ET LOIS DES COMBINAISONS. 'lO'y

nouvelle phase obtenue est encore pure. On appelle cor^ps pur la substance qui forme une quelconque des phases pures qu'on peut ainsi obtenir, à partir d'une phase pure donnée, par variations continues des facteurs physiques d'action.

Nous ne pouvons exposer en ce moment avec quelque détail les différentes méthodes que l'on emploie dans les laboratoires pour éprouver la pureté d'un corps. Cela exigerait des connaissances qui seront exposées plus tard et qui nous permettront de faire la théorie de ces méthodes.

Nous devrons, pour l'instant, nous contenter d'une première approximation, n'utilisant que des faits déjà bien connus, pour préciser un peu la définition qui précède.

ï09. J'ai dit qu'une méthode générale de fractionnement, applicable au voisinage de toute pression et de toute température, consiste à produire une légère perturbation dans la ma$sc en expérience, et à la séparer en deux fractions pendant la période de régime variable qui se produit alors. Sous cette forme extrêmement générale, cette méthode n'est guère employée, en raison des Jifficultés que soulève son application.

11 est intéressant de citer, en ce sens, la méthode de fractionncmentqui a été signalée par M. Brillouin au cours de recherches théoriques sur la propagation du son dans les fluides (*). On peut la résumer de la manière suivante : si l'on considère un fluide maintenu en vibration dans un tuyau sonore, et si, à un instant quelconque, on sépare, au moyen de vannes, une portion de fluide au voisinage d'un ventre de vibrations et une portion de fluide au Voisinage d'un nœud, ces deux masses, ramenées aux mêmes concilions extérieures, n'auront pas, en général, les mêmes propriétés : le fluide aura été fractionné.

210. Fractionnement par effusion. — Une réalisation pratique de fractionnement en régime troublé nous est donnée dans le frac-

(•) Annales de Chimie et de Physique, décembre 1899. M. Brillouin considère d'ailleurs ce résultat comme une conséquence remarquable des lois de la propagation du son au travers d'un mélange, sans croire qu'on en puisse tirer un fractionnement appréciable. On comprendra pourtant Tinlérèt de cette théorie au point de vue des idées ici développées.

*igS TRAITE DS CIÎIHIË PHYSIQLË. — LES t*tllNCll>ES.

Lionne ment par effusion^ que l'on pratique avec succès sur les masses gazeuses. J'en rappelle brièvement le principe :

En un point de la paroi d'une enceinte ou se trouve un gaï m équilibre, on perce un trou extrêmement étroit, de manièn* ï faire communiquer Tenceinte avec un récipient d'abord vide, cl dans lequel s*éeoule alors une partie du ga^. Si Ton arrête récowlemenl du gaz avant que Féqui libre ail étéréUibli^f et si Ton ramèûe à la pression et à la température initiales la fraction elTusée au Iraver* du trou et la fraction résidualle, on constate^ en général, qu'elles ne sou t pas identiques entre elles, mais que, entre antres dilTéreuf es. a fraction résiduelle est plus dense, et la fraction effusée moins dense que le gaz primitif, qui, dès lors, est regardé comme impur*

Au point de vue pratique, on perfectionne la méthode en employant, au lieu d'un trou «nique, la multitude de canaux im étroits qui sillonnent une paroi de porcelaine poreuse* Si* par exemple, on fait passer un courant d'air au travers d'un \m% tuynu de pipe autour duquel on fait le vide (Graham), on constat** que l'air n'a pas les mêmes propriétés à T entrée et à la sortie du tube ; Tair n'est donc pas un corps pur*

211* Distillation et cristallisât ion fractionnées. — Le fmrtionnement est rendu très facile^ comme je Tai dit plus haut, lorsqu'un changement dans les conditions extérieures a pourefTel ïtfparition d'une phase franchement ditTérenlede la phase donnée, d formée aux dépens de celle-ci. Tel est le cas pour les méthodes bien connues de la distillation fractionnée et de la cristailisalio» fractionnée, par lesquelles on éprou"ve couramment dans les labtK ra lu ires la pureté d*un iiquide^ et dont je rappelle seuleuicnl lc5 traits les plus connus.

On peut ramener une distillation fractionnée au schéma suivant : dans un corps de pompe, sous un piston chargé de poids, se trouve un liquide en équilibre avec une vapeur qui le sut^ monte (*). On se propose d'éprouver la pureté du liquide* On

(') J'accorde que ces mots de liquide cL de vapeur u*c>nL pas de 5trns pi"*cUt et je n'oublie pas que les phéuoiiicacs de condensation rétrograde poiifraieûl donner à la djstitlalîon une allure difTérentc de celle indiquée ici. M%h, ea^orf une fois, j*ai seulement eu vue^ pour l'instant, de rappeler certaines opcratioos déjà bien connues^ comme est lu distillation d'une eau-4l«-vie^ La ihéorie canpléle viendra plus loin (Livre lit).

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