REGLE &ES PHASES
fixer Taltenlion sur un cas remarc|uablejun complexe dedeux phases forrri*^ de deux composants indépendanlSj chacune des pliases pouvant être formée âu moyen de Tautre et, par suite, ayant niênie composition cenlésinialr, A température fixée, la pression est alors maximum ou minimum; admettons cju'elle est minimum.
Enfermons alors un échantillon du complexe dans un corps de pompe à la température fixée, sous un piston qui maintient réquilibre. Soulevons lenlemenl le piston, comme pour une distillation isotherme. Nous avons vu qu'alors la pression ne peut pas croître (n* 21 1 ). Or, étant déjà minimum, elle ne peut pas décroître; elle reste donc fixe* Puisque T et/? restent fixes, le complexe dî variant ne peut se modifier quant aux propriétés des phases qui le forment; ces phases resteront donc inaltérées, mais la quantité de la phase plus dense décroît^ en même temps que celle de la phase moins dense croît d^ine quantité égale.
En d'autres termes^ chacune des phases résiste au frarlionnemenl {n** 207) comme si Von avait un complexe monoimrianl formé iVun composant ttnique. Si on ri^^noraît, on verrait que le eorapi exe n'est pas mono variant en changea ut la température ou la pression de TéchantiUon étudié : les deux phases cesseraient alors en général d'avoir même composition.
(Jn prévoit Timportance que prendront ces notions dans une théorie de la distillation.
■ On généralisera sans peine le raisonnement qui précède au cas où r phases du complexe dr variant étudié peuvent sVjhlenir par mélange des {n — r) autres phases. On verra encore qu'un tel complexe, à température maintenue constante^ ou a pression maintenue constante, se comporte comme un complexe monovarîant.
I/équîlihre d%jn tel complexe est indiflerentj aussi bien que réquilihre dVm liquide pur en présence de sa vapeur. C^?sl pourquoi, suivant une pruposîlî<m de M. Duhem, nous appellerons points indiffêrenis l<*s points qui, dans la représenta lion géométrique adoptée, fi^Mireot ces complexes remarquables. Si l'on représente, comme nous l'avons fait, rensemblc de complexes étudié par la surface A|, on verra que tous les points indiflerents appartiennent au contour ap(ïarent de cette surface (relativement à la direction OP, ).
TRVrTK DE ClILMIEI PHVStQtE-
LES PflINCIPES,
284. Polyvariancô, — Un complexe sera dit triçariani^ téira* cariant^ ... si la variance (rt + 2 — ç) est égale à 3, 4t ■■* ^^ l'on dira des ensembles correspondiints qu'ils sont à trois lUmensions, quatre cilmeFuionSf etc. On doit observer c|ije. pour un oumplexe Iri varia ni ^ le nombre des composants ne peut plus su: réduire à i ^ car cela entraînerait ç =: o^ ce qnî n^a pas de sens : im complexe trivariunl est formé d'au moins deux com posants, de même un complexe tétravariantest formé d'au moins trois composanlSj et ainsi de suite.
La reprcsentatioQ g'éométrique d\tn ensemble de complexes poly variants ne paraît pas possiblej car Tespace n'a pour nou§ que trois diuiensions. Mais on pourra, par exemple, tracer une surface donnant une section isotherme d'un ensemble de complexes Invariants.
Enfin, ici encore, quand certaines phases du complex»? étudié peuvent être formées par mélange des autres phases, le complexe peut se comporter à certains égards comme s'il était mono variant {^ ).
Si, par exemple, on se trouve atteindre dans une distillation un complexe de deux phases liquide et gazeuse ayant la méroc composition centésimale, on peut être assuré que, à tem péraliirt' maintenue constante, ou à pression maintenue constante, ce complexe se comportera comme un liquide pur en équilibre avec sa vapeur^ et qui résiste au fractionnement par distillation*
Comme au point de vue expérimental les systèmes jîoly variants sont fort peu connus, je n'entrerai pas dans plus dedélaiU au sujet de leur théorie,
28o. Comparaison des ensembles de môme ordre. — Au lieu de rapprocher les complexes selon leurs variances, on peut, comme nous l'avons annoncé^ prendre Tordre de ces complexes comme base de leur classification. Mais ce qui ne peut pas èlre prévu par les théories précédentes, c'est qu'il se révèle alurs des analogies très étroites entre les ensembles de complexes qui ont le même ordre, tout au moins lorsqu'il s'agit des ensembles que j'ap
1,^) Pour plus de déLaiïs sur cette génërali^ation, voir Saurel, Sur VéqmHbH des tysiemes chimiques (Tlièse de Doctorat).
CUAP. IX. — LA REGLR D£S PHASES.
pelleraî réguliers, c'est-à-dire d'ensembles de complexes dont toutes les phases sont rcguUères (n'^ 231).
De façon plus précise, lorsqu'on a étudié renseiiible des complexes qui peu vent être formés avec n composants indépenJiinls, on se trouve avoir du luéme coup des renseignements snr Tensemble des complexes qui peuvent être formés avec n autres composants indépendants, «et, par exemple^ les modèles géométriques construits pour le premier ensemble représenteront souvent, tout au moins de façon qualitative, les complexes du deuxième ensemble.
Ces analogies sont particulièrement fra|>pantes entre les en^ semblés réguliers du premier ordre* Nous verrons qu'un modèle unif|ue peut représenter tous ces ensembles avec une exactitude comparable à celle des mesures : en ce résultat consiste la loi des étais correspondants.
Les analogies devieniieul moins complètes, tout en restant fra|ipantes, quand Tardre commun aux deux ensembles de complexes que Vùn compare devient plus grand. 11 ne parait pas encore impossible, eu dépit des divergences aujourd'hui conslalées, qu'une étude approfondie des ensembles de complexes réguliers conduise à une généralisation de la loi des étals correspondants.
Je dois me borner icî à ces allusions; on trouvera dans les Livres suivants une expositiun des principaux résultats relatifs aux complexes des diQ'érents ordres. On comprendra mieux alurs comment riuïportance actuelle de la règle des phases tient surtout peutêtre à ce fait imprévu qu'elle a mis en lumière des analogies essenlielles.