‹ Traité de chimie physiqueChapitre 9 sur 74 · CIIAP. II. — LES FACTEURS D ACTION. DJ · texte numérisé non relu

CIIAP. II. — LES FACTEURS D ACTION. DJ

Ce classement des objets en trois catégories présente Tinconvénicnt de supposer notre organisme toujours identique à lui-même, ce qui n'est pas. Mais les variations de Torganisme ne dépassent pas certaines limites : même si nous avons la lièvre, de Teau bouillante ne nous semblera pas froide. Passons donc sur cette difficulté.

L'observation la plus banale nous montre qu'un objet A(Jig, 9) qui est tiède à un certain instant ne reste pas tiède, en général, mais s'échauffe ou se refroidit. Pour qu'il reste tiède, il faut qu'il soit

enfermé dans une enceinte close E, une étuve par exemple, dont la paroi intérieure est tiède. Mais il change dès qu'on introduit dans l'enceinte un objet B qui n'est pas tiède (*). Le changement est rapide s'il j a contact direct ou contact par l'intermédiaire de Time des substances qui conduisent bien le chaud et le froid; il est ralenti si l'on interpose entre A et B des substances mauvaises conductrices ou bien un écran métallique.

Enfin, certains caractères généraux se laissent encore noter. Par exemple, l'immense majorité des objets tièdes A se dilatent quand on les met en présence d'un objet chaud absolument quelconque, tandis qu'ils se contractent si cet objet est froid.

Prenons maintenant un objet, froid ou chaud, mais dont les propriétés restent invariables tant que certaines conditions restent assurées. Telle est l'eau en équilibre avec la glace, à la pression atmosphérique. Nous pouvons réaliser une glacière fermée E' dont la paroi est complètement entourée par un mélange d'eau et de

(') Il va de soi (|ue, s'il y avait lieu, on oinpccherait loule action d'origine mécanique ou électrique, par interposition d'une cloison rigide ou électriquement isolanie.

58 TBAITÉ DE CHIMIK PinSIQUE, — lES PBTXCIPE6.

g'iarc, et rexpêrieiice pronverik que dans cette glacière iioui^ |m>l voiiïi répi'ler une série d^;u|n^nence!§ très analogues aux |jrécé^ dentés.

Noufi iroiiverans d'à boni que certains nbjels B, i ni nid ni l h dan^ la fjlacière^ ny éprouvent aucun cliuiigeuienl, Nuus run 5. la le rond en second lieu qtie, un de (.-es objets B étant dans lu gbïcit^rt'. Ton y introduit un d<^â ol>jcls C qui ne posmlrnl pas la [iropriétd d^j subsister en équilibre^ le corps B ciiange toujuurs; non** eoïi4 statcrons de plus que le clianj;ement est ralenli ou accéléré par lej mêmes conditions de conductibilité ou de rajonneineni qui ralef tissaient im fiecéléniient tout à T heure l'action de B sur A,

En lin on trouvera encore qu'un objet C choisi queh^onque fa varier dans un même sens le volume de presque tous les objets Bl

On fera alors deux caléf^ories avec h^s objets C; dans Tune, on placera tous ceux qui diminuent le volume des objets B, eî Toi: dira qu'ils sont moins chauds (ou plus Inuds) que ces objets Bj dans l'autre on placera tous ceux qui augmentent le volume de objets B, et Ton dira qu'ils sont plus chauds que ces objets : dai cette catégorie se trouverooL les objets (tèdes^ c'est-à-dire les objel en équilibre avec la première enceinte considérée. Quant wux ol jets B, ils seront considérés comme tous éf,'alement cliauds. I! faul d^ailleurs observer que deux quelcon(|ues d'entre eux pourront pn> duîre sur la main des impressions très dilTérentes; par exemple un morceau de cuivre , en équilibre avec la glacière, nous pruHuinfl une impression de frotd bien plus vive que relie causée par ni^ nifuxeau de liège également eu étpîilif*re avec la glacière. Cette seule remarque expliquera pourquoi , même dans une premièr^H approximation, je n'ai pas cru pouvoir me contenter de dire qu*ufi corps est plus froid qu'un autre quand il refroidit les mains plus. fortement.

Des expériences analogues seront encore possibles à riutérîem d'une enceinte E" entourée d'eau bouillante et Ton sera conduit à^ ilire^ pour des raisons semblables aux [précédentes^ qtic les objets en équilibre avec cette enceinte E*' sont plus chauds que les objet en équilibre avec chaeime des deux enceintes déjà consid crées J Ainsi les objets en équilibre avec l'enceinte E' sont tnoins chuudi que les objets en équilibre avec l'enceinte E, qui eux-mêmes soni moins chauds que les objets en équilibre avec Tenceinie E'^.

CIIAP. II. — 1:1

On conroil f|ii*ûn (juistic cire tunsî conduit^ sans rencontrer de rofitriidicltritij mi^riit' en <"hiinj^ei*nl It* moiU' u[UTaU>ire employé^ à décider qne^ de deux objets pris ;irbî Irai rement, Vun est plus chaud que Fauln?, reMiniRuL par cette expression une chaîne d'obsprvaUons anaro|;ues à ceiles que je viens d'indiquer, A ce nionientj les considérations antiiropocentjiqnes dont nou*^ sommes partis ont perdu toute importance : nous n'attribuoDs plus à notre corps une sÎLua^ tion privili'^giée danâ la scorie des objets possibles.

Bref, mius avons réussi a dislin^Hier unc^ qualité de la maiière <jui s'est révélée a nous directement p^ir les sensations de chaleur et de froid, mais que mms |iourrions reconnaître et gra~ duei% même si aoiis étions intu|ïablcs d'éprouver ces sensations, gnire aux lois expértitientales que résume Tanaljse précédente. Ainsi avons-nous déjà fait pour les champs électrique et magnétique, inaceessîlrles a la perception directe, et que nous mesurons pour la ni sans incertitude,

CVst ce que nous allons préciser par un langage phis ri^^oiireux(n'*58, oBettM)).

58, L'équilibre thermique, — Considérons un objet quelconque A, par exemple une oicisse de mercure enfertnëe dans une ampoule scellée (*), et sU|q>osons que A, placé dans une certaine enceinte, ne suliîl aucune modification, ou, plus brièvement, qu'il est en équilibre. Considérons de même, en une autre région, un objet B éj;ali"tu€iit en équilibre; |ilaçons alors rapidement Tobjet B à colé de r objet A, dans F enceinte qui entoure A.

Il peut arriver que ce rapprochement, de quelque manière qu'on le produise, n'entrafne aucune modification dans les propriétés des objets A et B : nous dirons alors qu'ils sont en équi^ libre thermique. Mais, en général, i) arrive que des modificatious sr produisent aussitôt dans les deux objets (^); nous dirons alorâ que \ et B ne sont pas en é([uilihre thermique.

On ne peut démontrer, mais rexpérience prouve que si deu%

(*> Thcrinoiiiélrr ^1 uiçrcure ordinaire,

<*) Bien r-nliMittii, lc$ racilcurâ force él (ûrf.v élcctromotrice doivent a^élrejpovv rien dàni» C4"a niudilicalion^^ qui ilf*vrool iiC produire niéme si A el B ^ont enfertnéi daii> des enveloppe* rigides et éïeelriquemcnt is<diJ«les.

6û TRAITÉ DE CIUMIK PHYSIQVE. — LES PRIMCtPES*

objels sont an équilibre lhernik|ue séparément avec im même] autre objc^t, ils sont eu équilibre llu?riui(|ue entre eux.

u Cette loi n'est pas une vérité hânale, mais exprime le fait que' SI une barre de fer plongée dans de Teau ou dans de Tliuile est en

équililvre thermique avec ehaeun de ces liquides^ cette eau et cette liufle, placées dans le même récijHentj seront aussi en équi-j libre thermique. >i (Maxwei-l.)

Par déJînîtjiïu, on dira que tous tes objets qai\ séparément,

sont en /'(j ni libre thermique àpcc an même objet donné A, ont ^ une niéntr /t- m p(h attire.

59* Glassement des températureB. — Méthode de M. Iian^evin.

— 11 esl ulilc d aiialvserj avec plui de rigueur que je n'ai fait ^ dans les pages qui précèdent, ce qu^on veut exprimer quand on I dit qu'un objet a une température plus basse ou plus haute que celle d'un aulre objet. I*our cela, je suivnii une exposition qui m'a été indiquée par M. Lange vin.

Montrons d'abord comment les objets qui n^ont pas la même tem|iérature que A petnent être sans ambiguïté rangés en deux calégorieîj remarquables.

Dire que A se modifie sous T influence de l'approche de l'objet B, c'est dire que certaines de ses propriétés mesurables varient; par exemple, si eVsl un corps homog:ène, sa den^^ité varie, ou son indice de réfractinnj ou sa pression s'il est iluïde et enfermé dans une enceinte rij^ndcj on sa viscosité, etc. (*).

Deux cas peuvent alors se présenter pour chacune de ces propriétés.

Ou bien cette propriété varie toujours dans le même senSj quel que soit Fobjet B; par exemple, si A est de Feau prise à son maximum de densité, on observera que l'apprûçhe de n^imporie quel objet a pour ellet de diminuer la densité, quand du moins cette approche a un effet*

( ^ ) "Sons supposerons d'iiUttruis cfuVn n'approche J^objet B que pcndaut un tcirïps assez louri pour que la modificiUion de A soil petite, de tiianierc à éviter' qu'une propriété donnée subisse une v^rintiou a^ser grande pour diminuer après iivoir ;:randi, ce qui introduirait un doute (précaution analogue h ccll« usitée dans JVmptui d*un élc€troscope pour recoD naître Je signe d'une élect, satîofl).

CIIAP. II. — LES FACTEURS d'ACTION. 6i

Il est évident que ce cas ne permet aucune classification des objets qui n'ont pas la température de cette eau. L'expérience montre, d'ailleurs, qu'un tel cas est exceptionnel (').

Ou bien, et c'est le cas général, la propriété considérée, variant dans un certain sens pour certains des objets B, varie dans le sens inverse pour les autres objets : par exemple, l'indice de réfraction de A grandira en présence des premiers, décroîtra en présence des seconds. Nous classerons ensemble les objets qui font varier celle propriété dans le même sens, et ensemble ceux qui la font \arier dans le sens inverse. Les objets qui n'ont pas la température de A se trouvent ainsi partagés en deux groupes.

Recommençons la même élude sur une nouvelle propriété de Tobjet A, ou de tout autre objet ayant même température que A; nous obtenons, si cette propriété peut varier dans deux sens opposés, une nouvelle division en deux groupes. L'expérience promue qu'on retombe ainsi précisément sur les deux mêmes groupes. Par exemple, il n'arrivera pas que trois objets B, C et D étant considérés, B et C fassent grandir la densité d'un corps A, quand D la diminuerait, ce qui mettrait B et C dans le même groupe, et qu'en même temps B tout seul fasse grandir l'indice de réfraction de A, alors que C et D la diminueraient, ce qui mettrait B et C dans deux groupes difTérents.

Li totalité des objets en équilibre imaginables est ainsi partagée en trois groupes, savoir :

Les objets A, A', A'', . . . qui ont la température de A, et les objets de température différente classés, comme il vient d'être dit, en deux groupes Gj , Gj.

Écrivons sur une même ligne les noms des objets A, A', A'', . . .; écrivons au-dessus de cette ligne les noms des objets de l'un des deux groupes précédents, G< par exemple, et au-dessous ceux des objets du groupe Gj. Nous obtenons le Tableau :

(*). Comme le prouve la suite, une telle exception ne serait gênante que si elle se présentait en môme temps pour chacune des propriétés de chacun des corps ayant même température que A.

Ul TRAITÉ ÛE CHJSIIE PllTSI^i K* — LES PRINCIPES.

Considérons maintenant un des objets du groupe Gj, soit par exemple B; recommeneons les opi^ralîons précédente;^. Nou* trouverons d'aÏKïrd des corps U\ B'' en équilibre thermique aver B.

Vnh nt*ns jumrmns de nouveau classer les autres olijeU en deux groupes, el, sans qu'il soh nécessaire de détailler dii\antj*ge, IVipérienee iriontrera que Tun de ces groupes conltenl tout le ^^oupe (i|. les objets A, iV, A"*, ... et une partie (V^ deG^, Tantre grunpeeontenunl le reste G* des objets qui formaient le groupe G^* Le Tableau précédent pourra alors s' et rire

Bref, procédant ainsi de proebe en proche^ on conçoit qu'im pourrait foruier^ avec les noms de tous les objets en équilibre qii on peut réaliser^ un Tableau de lignes horizontales qui possède les propriétés suivantes :

a. Deux objets dont les ni>nis sont dans une même ligne sont en équilibre thermique;

ù. Deux objets dnut les noms sont dans deux lignes difTérentes ne sont pas eu équilibre ibcrmicjue;

c. Deux oljjels d(>tit'l(?s noms sont dans deux lij;nes situées d< part en d'autre du nom d'un troisième objet, mis suceessivemen en [irésenee de cet objet, lui font é|irouver des modifications qui au moins pour certaines propriétés, sont de sens inverse ;

d. Deux objets qui ont leurs noms dans deux lignes situé d'un uième côté par rapport au nom d'un troisitme objet, mi successivement en [irésence de cet objet lui font toujours éprouver des modifications de même sens.

Toutes ces propriétés seraiient conservées si nous faisions lou ner b^Tabb^au |ir(''cédent de i8f>'' autour d*une ligne liorizontale quelconque : il y a là une indétermination inutile. Or. parmi le^^ objets représentés dans ce Tableau se trouvent de la glace fon^^ (tante [*) el de Feau bouillant sous la pression atmosphérique;

(') Expression incorrecte, par laqoelïe on riésigoe an mélange de glace ei d'eau en cquiNbie sous h pression alrnosphériqtje.

CUAV

LES KWITKLRS iJ ACTION,

ïifiiis iliâposerotis notre Tableau de? manière que k ligne de Feim boinJlaiiLe âoit au-deâsuïï de la ligne de la glace fondante, ce qui Slip primera riudéteruiinalioii. Ënfiu, nous conviendrons de dire (\uc lit lenipf' rature d'un objet est supérieure à celle d'un autre nbjel si la li^ne du premier se trouve alors au-dessus de celle du

Précisons ces considérations [jar un exemple :

Lrau bouillante et la glace Jomlanle provoquent <les modîJication^ (le même sens en un sjslcme fornié d étain solide et d'étain liijuiile en équilibre (étatn fondant). Donc (a), la température de fusion lie VéUiin n'est pa;^ intennëdiaire entre celles de la glace foatliinïe et de rean bouillante.

LVuin tondant et Teau bouillante provoquent des modifications Je màue sens dans de la glace fondante; donc (^}^ la température ^it* tiisiou de Fétain est supérieure à celle de la glace fondante; *1 iipms le résultai précédent, elle est donc aussi supérieure à celle deTeiiu bouillante.

De même (y)* l'argent fondant est à une température supérieure * vêle de Teau bouillante.

Euliu (S), rétain fondant et Teau bouillante provoquentdes nioiiiiirîjtîons de même sens sur de l'argent fondant; Tétain fondant il donc, comme Tenu bouillante, une température iul'érieurc à celle 4c rargenl fondant.

Tel est ie schéma de Tune des séries d'opérations qui peuvent permettre de dire, sans craindre de contradiction tirée d'une autre éévw d'expériences, que la température de fusion de l'argent est supérieure à celle de Té tain.

J*ai à peine besoin d'ajouter que, le plus souvent, sauf à être «iverlî d'une erreur possible par un désacord entre les prévisions et rexpériencej on opère plus vite; on dira par exemple : une barre de fer. t|ui se dilate ({uand un la fait passer de la glace fondante dans l'eâu boni liante ^ se dilate encore plus dans Fétain fondant, ei encore plus dans Tardent fondant; donc sa température a été probablement en s'élevant toujours. Mais le seul exemple du maxi* muni de densité de Teau suffit pour empêcher que de telles inductions soient tout à fait convaincantes; on peut et Ton doit procéder ainsi^ mais sans oublier <]ue l'on pourrait s'être trompé.

TftAITE DE CHIMIE PElYSiaVE*

LES FHOCIPES.

60* draduatîon des températures. — Nous n'avons plus main* tenant qu'à numéroter les lignes du Tableau précédent pour avoi une échelle de teni|K' ratures; a chaque ligne nous fc^nins corres-J pondre un nombre dont on dira qu^il mesure ou mieux iju'il repère la température des corps de la ligne.

En principe, cette correspondance numérique est arbitraire; il i paraît pourtant difiîciic de ne pas s'astreindre à deux conventions, dont Tavanliige est évident.

i'' Le nombre qu'on fait correspondre à une tenipéi-ature est d'autrint jvius grand que la température est plus élevée, au sens précédeuimenl détermine*

2* La seconde convention est une convention de continuité. Uni exemple fera comprendre comment elle s'impose. Considérons une masse de mercure en équilibre thermique avec de Teau bouillante; rcxpcricnce prouve qu'on peut réaliser une série de niasses de mercure dont la température, graduellement croissante^ reste inférieure à celle de l'eau bouillante, en sorte que ces masses dif~J fèrent de moins en moins de la masse de mercure laissée dans Tcail bouillante, et qu'on pourra considérer comme étant leur Hmite;j on s'astreindra, en conséquence, à ce que les nombres qui repré-j sentent leurs températures aient pour limite celui qu'on a fait coi^ ] respondre à la température de l'eau boulUante.

En langage moins rigoureux, on s'impose la condition que tes] températures de deux objets dont, k tous égards, les propriétés! sont extrêmement voisines soient représentées par deux uomhrei très peu différents.

On peut satisfaire d'une infinité de manières à cette condîlîotn de continuité; par exemple, dans les limites où le mercure reste liquide, et parce que son volume spécifique croît sans cesse même temps que la température, on pourra prendre pour repêr la température une fonction continue^ croissante et d'ailleurs tpiél-' conque de ce volume. Cette fonction cessera évidemment de convenir si le mercure se congèle, car il y a discontinuité entre lesfl volumes spécifiques du mercure solide et du mercure liquide^ alors pourtant qu'ils sont en équilibre thermique, et qu'on doit, par suite, leur attribuer la même température. On devra, pour re présenter les températures inférieures, faire choix d'une nouvelli fonction assujettie aux mêmes conditions générales que la preintére,!

CM\P* tl.

LES FACTEORS D ACTIO?f.

ijettic. de plus, à la prolonger exarleiiicnl. Arnsi pour ni être k-rinie de [ïroclie en proclie une l'onction iiutnrriqije de la qiudilê [lUTslijue température ^ Le choix de cette fonction est, comme on \ôil, possible d*iine infrnilé de manières ; nous verrons ]>lus larrl (n" MW) i|uel tlmix a [ïaru le [dus avantageux.

01. La température, facteur d'action* — La fa*; on même dont ou w dfHlni ta lempërature montre aj^i^ez* qu^elle intervient comme faclpyr d'action dans le sens indic|ué au n*' 48: rétjuilibre ne pent (Tïî&ler dans un syslèrne matériel que si la température y a partout la m é 1 1 i c \ a 1 e u 1% ri u n t.* t va n s i\ i rm a ti o 1 1 se | > r m 1 u i l a u ?. s i I Oj l q 1 1 c e < H te unifmunité est rompue. L-ubservalion la plus banale montre, d'ailleurs, que ceLte transformation ï^e poursuit dans le sens d'un retour i4 ruaiformilé \ de deux corps mi-s en présence le plus ehauij se refrtndil, et le plus froid s'écliaufle.

La lempérature pamit même être le seul facteur d^action qui, en lôitle circonstance, possède sans restriction ce caractère que 'ïon uniformité est nécessaire à réquiliLre. Par exemple, nous ne rencontrons plus, en ce qui concerne la température, des compli- *'îilioris analii^ues à celles qui nous ont forcés a observer que, de |>arl et d'autre de la surface de séparation de deux tluides en équi- (il)re, la pression peul premlre des valeurs di (rérentes (n** SI ).

62* Isolement thermique. — Il résulte de là que nous ne pouw»ns pas isoler un système au point de vue thermique aussi bien ffué nous savons le faire au point de vue mécanique et électrique. fVceisou^ : pour isoler un sj-slcme au point de vue mécanique, nou> pouvons l'enfermer dans une enceinte faite d'une substance douée des earacléres suivants ; elle est rigide, c'esL-a-dire se déforme très Y^ii quand la pression extérieure varie, et, en second lieu, une fois qu'elle a pris une certaine déformation caractéristique d'une différence fixée des pressions extérieure et intérieure, elle ne eonliuue pas à se déformer^ Tous les solides cristallisés possèdent, entre ce ri aines limites, ces propriétés- Mais supposons rpic nous n^avons eu a notre disposition, comme substances rigitit*^, que des corps analogues à la poix ou à la cire à cacheter. Nous aurt4ins pu réaliser encore un isolement approximatif, mais cet isolenicnl n'eût pas résisté à la plus faible dillcrence de pressions, mainîenue pendant un temps €Uses tong^

THiltIC 1>£ dit MIL HlVâiaili:.

LES PniXClPES.

De même, on ne peul pas empêcher tout à fait, mais il semble qu^on peut ralentir autant que Ton veut, le» variations prodtiîtes dans un sjstème par la préseoce, au voisinage, d^un autre sr^tèinfl à températin-fi (lifïereiile. Les isolements réalisés pour les calon^ mètres ordinaires nous donnent im (ïremier exemple dV*irnri$ tentés dans ce sens, mais on atteint à un isolement bien meilleur en ulîllsaut les récipients ima^inr's par Dew,ir jiour i*nnlenir d*? Tair liquide. Ces récipients sont formés par une enceinte en ver; dont la paroi j argentée sur ses deux faces, est creuse et vide d'air les deux modes par Ies(]aels agit une différence de temperatii {^rayonne me ni et condaclibiiitt% n*'57) se trouvent ainsi presqn totalement empêchés. On cnnçoit qu'avec une sorte d^eneeînte feuîlielée, formée par une Buite d'enveloppes en veire argent^fl *iéparées par des intervalles vides d'air, f4 malgré la présence indispensable de celles entre les enveloppes, on arriverait à un isule ment aussi parfait que Ton voudrait, mats seulement pendant u durée finie,

Incidemmentj on dit qu'une transformai ion est rtffiabatiq lorsqu'elle porte sur un s^sLeine qu'on peut considérer eouiuie theriniquement isolé. ■

Nous avons fait comprendre qu'tKi peut îsider un svsteme au point de vue mécanique, électrique ou ihennique. Nous appielle rons SYSTÈME ISOLÉ tout système qui, de fa^on plus générale, trouve isolé en même temps vis-à-vis de tous les facteurs d'actîoni

te n-

63, Thermomètre a- — En opposition aux systèmes thermiqu ment isolés, se trouvent à considérer les systèmes qui ne peuvent

eonnai'tre Textérieurque par rinterniédiairc du facteur température Nous signalerons comme particulièrement remarquables parmi ce systèmes les ihermomètres et les thermosiais.

Tout ihermumètre doit posséder les deux propriétés suivantes

I ** Comme on vient de le dire, il n'^est sensible qu*à des influence thermiques, du moins dans les conditions où on Tutllise;

%*^ Son état est fixé dès que sa température est fixée, redevenant" toujours le même, dès que la température redevient la méme< Ainsi un fil élastique ou un dynamomètre reprend le même état dès que ta tension reprend la même valeur; ainsi encore, dans un électro-'

CHAP. II. — LES FACTEURS d'aCTION. 67

mètre, le champ redevient le même pour une même force électromotrice.

Un thermomètre pourra donc être gradué une fois pour toutes, et, dès lors, s'il se trouve en équilibre thermique avec un objet quelconque, on saura par simple lecture la température de cet objet, à ce moment.

Si Ton est assuré que, dans les conditions de l'expérience, la mise en équilibre du thermomètre et de l'objet n'a pu faire varier que d'une façon insignifiante la température de cet objet, on aura du même coup mesuré la température supposée inconnue de cet objet (•).

64. Thermostats. — Tout thermostat doit posséder les deux propriétés suivantes :

1° Comme un thermomètre, il ne connaît l'extérieur que par 1 intermédiaire du facteur température;

ii* Sa température reste invariable quels que soient les changements qu'il subit, ou, tout au moins, elle est assujettie à varier eilrèmement peu.

Un bon exemple de thermostat nous est donné parle calorimètre ^ glace fondante. Toute influence extérieure (-) se traduit d'abord par un échaufl'ement ou un refroidissement local (([ul sera toujours pelit si la matière du thermostat est convenablement agitée), puis se traduit en définitive, quand l'équilibre est retrouvé, par la fusion d'une certaine quantité de glace ou la congélation d'une certaine quantité d'eau, la température ayant exactement repris sa valeur initiale.

Un thermostat théoriquement moins bon, mais plus pratique, sera réalisé par une grande masse d'eau, maintenue en équilibre thermique par une agitation convenable.

Il arrive fréquemment que Ton désigne un thermostat par l'ap-

(*) Je ne crois pas utile de rappeler ici, à titre d'exemples, les types bien connus des différents thermomètres employés.

(-) En toute rigueur, la pression extérieure a une action. Un exemple théoriquement parfait de thermostat, comme nous verrons plus loin (n® 273), serait donné par un système de volume invariable, formé de gluce, d'eau et de vapeur d'eau en équilibre.

pellation de source de chaleur. Ce langage, d'ailleurs expressif, -< rinconvénirnl d'insinuer l'hypollièse d'uu fluide calorifiquCy el date en effet du temps où cette hypothèse était en faveur.

65. J'observerai enfin, en terminant cette analyse, que, plu* nettement encore (jue la pression (n** o3), la température peul agir comme fadeur interne d'action. J'entends par là que, mê;ne en un système à température bien uniforme, l'allure ou l'étal terminal d'une réaction pourront être très différents, suivant la position qu'occupe cette température dans l'échelle physique des températures. L(;s exemples connus de cette influence sont extrêmement nombreux; citons, au hasard, ce fait constant qu'une élévation de température accroît les vitesses de réaction.

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