MODES D'ACTION DES POISONS, LOCALISATION, ÉLIMINATION
\iius ii(ui> bornerons ici ;'> des généralités très sommaires sur le mode d'action des poisons, leur absorption, Leur élimination, etc.
Modes de pénétration, ajbsorption. — Les modes de pénétration «les substances toxiques dans l'organisme sonl nombreux el variés. Ce sont, par exemple :
L'injection dans 1rs veines, procédé employé dans les études de laboratoire, mai(S non dans l'empoisonnemenl criminel : le poison, par ce procédé, se trouve immédiatemenl en contaci avec le sang, el l'absorption est plus rapide que partoul autre moyen;
L'introduction dans les voies respiratoires, mode d'absorption également très rapide, comme le montrenl nombre d'empoisonnements par les j;-;iz mi vapeurs, tels que : chlore, brome, peroxyde d'azote, hydrogène sulfuré, Irydrogène arsénié, oxyde de carbone;
h'injection dans le tissu sous-cutané (flèches empoisonnées, injections hypodermiques d'alcaloïdes toxiques, etc. :
L'absorption par la praa, ou les muqueuses. — La peau absorbe assez facilement lessubstances gazeuses : la pénétration par la peau dessubstances sobdes mi dissoutes, n'est guère appréciable, à moins qu il y ait une ; 1 1 1 1 '• — ration de la peau, produite soit par des frottements et actions mécaniques, soit par des actions chimiques; l'absorption par les muqueuses nous n<> parlons pas ici des muqueuses du tube digestif . si ni des substances liquides, suit (1rs substances en dissolution, est très réelle et très prompte : on peut citer nombre d'empoisonnements où l'absorption a été produite par le contact de la substance toxique avec les muqueuses du nez, du vagin, etc.
L'introduction par la voie gastro-intestinale est le mode le plus fréquent d'administration et d'absorption des poisons ; c'est presque exclusivement la voie d'introduction usitée dans les empoisonnements criminels.
Les effets d'un même poison varient beaucoup suivant le mode de pénétration dans l'organisme. L'hydrogène sulfuré, poison si violentlors-
i|ifil est porté directement à l'état gazeux dans les poumons, peut être introduit sans grand danger, à des doses assez élevées, dans le tube digestif. Les effets du chloroforme inspiré en vapeurs sont très différents de ceux du chloroforme absorbé par l'estomac. Des différences très notables sont aussi constatées dans l'action des poisons selon qu'ils sont injectés dans les veines, introduits sous la peau ou portésdans l'estomac. Ainsi le curare dont les effets sont insignifiants lorsqu'il est absorbé par l'estomac, tue rapidement lorsqu'il est introduit dans le tissu cellulaire. La strychnine, l'émétique, ont une toxicité' plus grande, lorsqu'ils pénètrent par le tube digestif, qu'en injection hypodermique; on pourrait multiplier les exemples de ce genre.
L'état de l'estomac indue beaucoup sur la rapidité et l'intensité des effets physiologiques des poisons : l'absorption est plus rapide lorsque l'organe est vide, plus lente lorsqu'il contient des aliments : la raison en est facile à trouver; les poisons dilués dans une grande quantité' de matières étrangères ne viennent que lentement au contact des parois stomacales, par lesquelles se fera l'absorption. Toutefois cette règle souffre des exceptions : il peut arriver que, en raison de la nature des aliments ingérés ou à cause des produits sécrétés au moment de la digestion, certains poisons deviennent plus actifs. On a cité par exemple le cyanure de potassium, qui, rencontrant dans l'estomac en digestion un milieu acide, donne naissance à de l'acide eyanhydrique plus rapidement absorbable. La présence dans l'estomac de certains corps gras, surtout des huiles, active l'empoisonnement par le phosphore, en facilitant la dissolution de ce métalloïde. Les corps gras paraissent au contraire retarder l'action de certains autres poisons, tels que l'acide arsénieux, la strychnine.
Distribution et localisaton des poisons dans l'organisme. — Dès
que les poisons sont introduits dans le sang, ils se distribuent dans tout l'organisme avec une rapidité considérable : ainsi, d'après une expérience célèbre de Claude Bernard, lorsqu'on injecte dans la veine jugulaire d'un chien de l'hydrogène sulfuré', au bout de trois à cinq secondes, le gaz a parcouru l'organisme et commence à être éliminé par le poumon, comme on peut le constater en voyant noircir une feuille de papier trempée dans un sel de plomb et placée devant la bouche de l'animal.
Les poisons répandus dans l'organisme agissent sur les divers tissus de façons très différentes : quelques-uns exercent leur effet directement sur le globule sanguin ; l'oxyde de carbone est le type des poisons de ce genre ; la rapidité d'action de ces poisons se comprend sans peine, lorsqu'on songe à l'extrême vitesse du courant circulatoire. Pour d'autres substances, le sang ne sert que de véhicule; par dissolution dans le plasma, sous des
formes chimiques plus ou moins connues, les éléments toxiques vonl agir .1 se fixer sur tel ou tel organe, sur tel ou tel tissu, el déterminer des symptômes "H lésions divers. La localisali -l cette propriété qu'ont 1rs poisons de -'■ fixer, à l'étal d'une combinaison de plus ou moins grande stabilité, dans les tissus el dans certains tissus plus particulièrement que dans d'autres.
Elimination. — L'élimination (1rs poisons esl nue autre question fort importante, qui peut être envisagée à divers points de vue : voies de l'élimination, formes sous lesquelles les toxiques sonl éliminés, durée de celte élimination.
Le vomissement constitue une forme très ordinaire de l'élimination des poisons; c'esl celle que l'on cherche le plus souvent à provoquer dans le traitement des intoxications par voie stomacale, suit au moyen de médicaments spéciaux, suit encore par le lavage de l'estomac. Mais ce sonl là plutôt des procédés d'expulsion que d'élimination proprement dite, ce mol devanl s'appliquer aux modes d'issue des poisons qui on) été fixés dans les tissus. Parmi les appareils de véritable élimination, il l'ont citer les reins, L< s glandes, les poumons, les muqueuses el la peau. Le- poumons sonl principalement chargés de l'expulsion des substances volatiles oxyde de carbone, éther, alcool, hydrogène sulfuré, acide cyanhydrique, chloroforme, etc. . L'élimination par les muqueuses esl d'une importance secondaire; la peau permel assez facilement l'expulsion de certains corps volatils en gazeux, parfois aussi solides. Certains poisons sont éliminés par la salive, mois comme celle-ci esl en majeure partie réabsorbée par ] • stomac, celle suite d'élimination esl pins apparente que réelle. La sécrétion biliaire est un antre moyen d'élimination par exemple pour les poisons mercuriaux . qui, comme le précédent, est parfois incomplet, la substance vénéneuse se trouvant déversée dans l'intestin où elle peut subir une n<ni\elle absorption; certains poisons sont aussi expulsés par les glandes intestinales, par la sécrétion lactée, ou passent dans des tissus destinés à disparaître cheveux, ongles . De tous les agents d mination, les reins sent les plus importants; ce sont eux qui sonl chargés de l'expulsion de la plupart des substances fixes (les sels métalliques el aussi les alcaloïdes el un grand nombre de corps organiques : l'étude de l'urine, en toxicologie pratique, esl donc du plus haut intérêt : car non seul ment on peut retrouver dans ce liquide un grand nombre de toxiques, mais encore leur recherche el leur caractérisation y sont relativemenl faciles.
Les moyens que possède l'organisme pour expulser les poisons sent. comme on vient de le voir, trçs variés : mais i|> ne s'appliquenl pas indistinctement à tous le- poisons: de même que ceux-ci <>nt un pouvoir de
localisation spéciale pour tel ou tel organe déterminé, de même le mode d'élimination varie avec les poisons; ou plus exactement, pourun poison déterminé l'un des procédés d'élimination possède une prépondérance particulière.
La durée de l'élimination esl essentiellement variable selon la nature du poison, selon la dose absorbée, selon la manière dont l'absorption a eu lieu : ainsi l'élimination d'une même dose d'arsenic, prise en une fois, ou prise en plusieurs jmirs par petites fractions, ne se fera pas de la même manière. Nos connaissances sur cette question si importante pour la toxicologie pratique ne sont pas encore bien avancées : quelques poisons métalliques el en particulier l'arsenic ont été cependanl assez bien étudiés à ce poinl de vue. L'imperfection des données acquises sur ce sujel tient aux difficultés de l'extraction <le certains poisons, et surtout à l'impossibilité de pratiquer des dosages à peu près exacts quand il s'agit de substances très actives, que l'on ne donne aux animaux d'expériences qu'en proportions très minimes. — On peut indiquer encore, d'une manière générale, que l'élimination des poisons gazeux ou volatils par la voie pulmonaire se fait assez rapidement il y a cependanl des exceptions . Le-^ sels métalliques restent longtemps localisés dans le fuie; i m a puretrouver de l'argentdans l'urine trois mois après la cessation d'un médicament à hase d'argent; le plomb, le cuivre ne disparaissent que très lentement. Les nitrates de potasse ou de soude apparaissent dans l'urine quelques minutes après l'ingestion, et l'élimination totale est 1res promple.
De même, certains alcaloïdes passent dans la sécrétion urinaire avec une grande rapidité.
11 e>t à peine besoin d'ajouter que la durée de l'élimination est encore modifiable par l'action de certaines substances médication-, évacuantes .
Sors QUELLE FORME SONT ÉLIMINÉS LES POISONS? — Beaucoup de poisons
sonl éliminés en nature, c'est-à-dire tels qu'ils ont été absorbés. On citera, par exemple, l'oxyde de carbone, le nitrate de potasse, l'alcool, l'éther, divers sels métalliques et un grand nombre d'alcaloïdes. Pour ceux-ci. peut-être va-t-on trop loin en supposant qu'ils sont régulièremenl éliminés en nature ; il semble que de tels corps ne peinent agir qu'en se transformant, et que, >i on les retrouve dans les organes ou les produits d'excrétion, c'est probablement parce queles doses administrées mil été trop élevées et que l'organisme n'a pu les transformer en totalité.
Très souvenl au contraire les poisons subissent dans l'organisme des changements profonds, qui sont du plus haut intérêt, à la l'ois au pointde vue de la physiologie et au point de vue de la toxicologie pratique. Nos
connaissances sur ces questions sonl loin d'être complètes : un certain nombre de transformations chimiques, dans le tube digestif, sonl faciles à prévoir el à vérifier ; ainsi la précipitation d'un sel d'argent soluble, sous forme de chlorure, dans l'estomac; la sulfuration de certains sels métal? liques par l'hydrogène sulfuré, dans l'intestin, etc.; parmi les substances dont les modifications dans l'organisme ont été à peu près étudiées, citons, d'après Rabuteau et d'autres observateurs, les corps suivants :
Sulfures se transforment en . . Sulfates (Wôhler).
Bjposulfites Sulfates (Rabuteau).
Sulfites Sulfates (Id.).
Cyanates de potasse el de soude. Carbonates de potasse et de soude
i Rabuteau et Massul).
Acétates, Tartrates, Malates, Citrates alcalins Carbonates alcalins (Wôhler).
Formiales, Valérianates, Quinates, Méconates, Fumarates,
Aconitates alcalins Carbonates alcalins (Rabuteau).
Acide succiniqi t Succinates
alcalins Carbonates alcalins (Rabuteau).
Ferricyanurc de potassium. . . Ferrocyanure (Wôhler).
Perchlorure de fer Protochlorure (Rabuteau).
Hypochlorites Chlorures (Kletzinski).
todates . . lodures (Melsens).
Bromates Bromures (Rabuteau).
Séléniales \cide sélénhydi'ique (Rabuteau).
Tellurites et Tellurates Acide tellurhydrique et Tellure
(Rabuteau).
acides benzoïque cl cinnamique. Acide benzoïque (Wôhler).
Acide nitro-benzoïque \ < - i < 1 1 ■ nitro-hippurique.
Vcide tannique Acide gallique (Landerer).
Hypophosphites Phosphates (Rabuteau).
Phosphites Phosphates (Id.).
On voit, d'après cette liste, qu'il s'agit tantôt de réactions d'oxydation, tantôt de réductions.
D'autres transformations ont été nettement observées : parmi les corps organiques, la benzine se change en hydroquinone ; le toluène, en acide benzoïque; les phénols passante l'état de phénysulfates, ou s'oxydant partiellement ; l'indol el le scatol se changeant en acides indoxylsulfurique et scatoxylsulfurique ; l'acide benzoïque, en se combinant au glycocolleet formant l'acide hippurique, etc.
Mais on remarquera sans peine que les corps dont les modifications dans l'organisme ont été ainsi étudiées, ne sont pas pour la plupart des puisons bien actifs : l'expérimentation devient en effetfort difficile lorsqu'on travaille
avec un poison qu'un animal ne peu! supporter qu'à la dose de quelques milligrammes; les quantités des produits de transformation existant dans les organes ou produits de sécrétion, spécialement dans l'urine, deviennent alors tellement petits que l'analyse chimique est impuissante à les déceler. C'est pour cette raison que nous ne savonsà peu près rien sur les changements que subissent dans l'économie les alcaloïdes vraiment toxiques; les difficultés de semblables travaux ont de quoi décourager les plus habiles.
L'importance de ces questions dans les recherches de chimie légale esl manifeste. Le plus souvent, même dans les cas les plus simples, nous ne -a\iiiis pas retrouver le poison lui-même, soit parce qu'il a été transformé dans l'économie en une nouvelle substance chimique, soit parce que nos procédés ne nous permettent pas de l'isoler sous la forme qu'il avait lorsqu'il a étéingéré : un homme a été empoisonné par l'acide arsénieux ou l'arsérûate de soude, c'est de l'arsenic que mais isolons; de même nous constatons du mercure quand le toxique absorbé était du sublimé, de l'acide cyanhydrique quand il s'agissait de cyanure de potassium, etc. Dans les cas que nous venons de citer, l'inconvénient n'est en général pas bien grand; la présence de l'arsenic, du mercure métallique suffira pour étayer des conclusions précises, quant à la réalité de l'empoisonnement par une substance arsenicale, mercurielle, etc. : mais s'il s'agit d'un corps organique de grande activité, tel que certains alcaloïdes, l'ignorance où nous sommes des transformations subies par le poison dans l'organisme a des conséquences beaucoup plus graves : supposons qu'un homme soit empoisonné avec une dose très faible. 2 à 3 milligrammes, par exemple, d'aconitine cristallisée : il ne parait guère probable qu'une si petite quantité d'un corps aussi actif puisse traverser l'économie sans y subir des modifications profondes : il faudrait donc, sans négliger la recherche de l'aconitine qui peut être en effet partiellement éliminée en nature, s'appliquer bien plutôt à retrouver les produits de sa transformation ; et e'esl malheureusement ce que nous ne savons pas taire, quant à présent.
Doses toxiques. — Pour un même poison, la quantité capable de donner la mort varie avec une foulede circonstances.
Les animaux d'espèces différentes onl des sensibilités différentes vis-à-vis d'une même substance toxique; les exemples de ce fait sont nombreux et bien connus ; rappelons-en quelques-uns: le chien est forl peu sensible à la morphine, qui est pour l'homme un poison violent. Les lapins, les cobayes absorbent sans accidents de grandes quantités de belladone; les poules peinent manger des cantharides; les vaches, du colchique d'automne; les porcs sont insensibles à l'action il rtains champignons vénéneux, etc. Si l'on établit des comparaisons entre les effets des poisons chez
les vertébrés el les animaux inférieurs, on trouve des différences encore plus saillantes.
Ces faits doivenl être présents à L'esprit do ceux qui étudient 1 action des poisons; ils indiquent l'importance du '-li"i\ de l'animal d'expérience, dans Les essais physiologiques pratiqués, au cours des expertises légales, avec Les résidus extraits des organes; il- montrent aussi la nécessité (l'une grande prudence, lorsque, dans l'expérimentation d'un médicament actif, on \ eut passer de l'animal à l'homme.
11 v a plus : dans i même espèce, les divers individus offrent des résistances très diverses ;'i l'action d'un même poison; el c'est pourquoi la f/ow toxique est un chiffre si difficile à déterminer. L'âge, l'accoutumance, L'état de santé, le mode d'administration du poison, la présence simultanée dans l'organisme de certaines substances dites antagonistes, etc., voila quelques-unes des causes qui contribuent ;'i rendre si variée l'action des poisons. On s;iil par exemple que l'opium est pour les enfants en bas âge nu poison terrible, même aux doses les plus minimes. Xous rappelleronsen temps el lieu les l;iil- bien connus d'accoutumance à certains poisons, tels <|iii' l'opium, l'arsenic, l'alcool, etc. : au point de vue <lc l'influence de l'état de santé, citons l'émétique, pour lequel certains malades pneumonie, chorée présentent une résistance particulière. Ce même médicament nous fournit un exemple des différences observées selon La manière dont le poison est administré : à petite dose l'émétique provoque des nausées et des vomi — iements; la même dose détermine des effets purgatifs, si l'on ;i eu soin de la diluer dans une très grande quantité d'eau. Xous avons déjà indiqué l'influence de l'étal de vacuité ou de répLétion de l'estomac sur l'absorption des poisons. L'antagonisme de certains toxiques est une question encore peu connue : nous mentionnerons à leur place quelques-uns des ïaits bien démontrés sur ce sujet.
A ces causes connues de différences dans l'action des poisons, il faut
ajouter cette cause générale, décorée du i i à'idiosyncrasie, « disposition,
dit Littré, qui fait que chaque individu subit d'une manière qui lui est propre l'influence des agents capables d'impressionner nos organes ». Dans l'étude des empoisonnements, on a bien souvent l'occasion d'invoquer cette idiosyncrasie, qui explique tout, ou plutôt qui nous sert à dissimuler pour le mieux notre ignorance. Quoi qu'il en soit, la littérature médicale renferme un nombre considérable de faits curieux et inexplicables, relatifs à la tolérance spéciale de certains individus pour certains poisons.
Relations entre la toxicité et les poids atomiques. — On a cherché depuis assez longtemps à établir des relations entre la toxicité des corps et leur nature chimique. La loi dite de Rabuteau est une tentative intéres-
saute, pour relier la toxicité des métaux à leur poids atomique, ou, ce qui revienl au même, d leur chaleur spécifique. Malheureusement cette loi est formulée d'une manière beaucoup trop absolue : Les métaux sont d autant plus actifs que leur poids atomique est plus élevé, ou les poids atomiques étant, d'après la loi de Dulong, en raison inverse des chaleurs spécifiques les métaux sont d'autant plus actifs que leur chaleur spécifique est plus faible. Rabuteau part de ce fait, que si l'on compare l'énergie physiologique, la toxicité des métaux dont le poids atomique est élevé plomb, mercure . avec celles des métaux à poids atomique faible magnésium, sodium . on observe que les premiers sont beaucoup plus actifs que les seconds.
A ce compte, les plus violents des poisons devraient être le thorium poids atomique 233) , l'uranium 240 . le bismuth 208 : oril n'en est pas ainsi, et chacun sait que le sous-nitrate de bismuth est absorbé à haute dose, sans produire d'effets toxiques bien appréciables1. La loi de Rabuteau n'est donc pas acceptable, sous l'énoncé trop général qu'il lui a donné. Cependant, si l'on étudie certains métaux présentant entre eux des relations chimiques évidentes, par exemple dans le groupe des métaux <liu alcalinoterréux, la loi paraît se vérifier, les toxicités augmentant quand on passe du magnésium au calcium, au strontium, au baryum, en même temps qu'augmentent les poids atomiques 24. 10, 87,5, 1 : î 7 J.
' Rabuteau s'explique sur ce point on disant que l'on conteste la toxicité 'lu bismuth, parce que l'on administre un composé insoluble, le sous-nitrate ; mais que l'ëmétique di bismuth est réellement très toxique, etc. En tout cas, il est bien difficile de considérer le bismuth comme plus toxique que le mercure, ainsi que le veut la loi on question.
- D'après des expériences de Gh. Richel Rendus, t. XC1II, p. 649 . pratiquées
sur des p lissons plongés dans des solutions diluée- de sels métalliques divers, il n'y aurait pas de relations a établir entre 1'' poids atomique et la toxicité même pour des métaux appartenant à un même groupe. Ainsi le cadmium (112) est moins toxique que le zinc 65 : la lithine (17) esl soixante-dix fois plus toxi.(iie que le sodium -
Blake [Comptes Rendus, t. CVI. p. 1250 a essayé d'établir une relation entre l'atomicité d.-- corps et leur action biologique. Selon cet auteur-, l'atomicité d'un élément est toujours un facteur important quant à l'étendue de son action biologique, el quant au nombre de- organes ?ur lesquels cette action se porte. Parmi les éléments dont les -el- n'ont pas ton- la même atomicité, c'est toujours le sel dont l'atomicité est la plu- forte quia l'action biologique la plus étendue exemple: sels ferreux et ferriques, sels thalleuxet thalli cobalteux et cobaltiques, etc.). Blake résume dans un tableau les mode? d'action des éléments mono, bi, tri, tétratomiques ; ces modes d'action sont déplus en plus nombreux a mesure que l'atomicité augmente.