V. Picrate de strychnine. VI. Picrate de ptomaïne ï
Vil. Acide picriquc.
Fie. 39.
gouttes d'eau, qu'on enlève par imbibition. au moyen d'un papier buvard. Les ptomaïnes fournissent également des picrates cristallisés, donl les
REACTIFS DES ALCALOÏDES 527
formes peuvent être quelquefois confondues avec celles des picrates d'alcaloïdes : en général, ils sont assez solubles dans l'eau.
La figure 39 montre quelques-unes de ces cristallisations de picrates d'alcaloïdes. — Pour plus de détails, nous renverrons le lecteur au mémoire original Ann. d'Hyg. et de Méd. lég., t. XXVI. p. 81 1. En résumé, de ces recherches il découle que, s'il esl vrai que l'aspecl (l'un picrate cristallisé nepeut jamais suffire pour permettre d'affirmer la présence de tel ou tel alcaloïde déterminé, cependant l'emploi de L'aride picrique,- dans Les conditions indiquées, pourra dans bien des cas mettre l'observateur sur la voie et lui fournir des indications précieuses; il permettra de subdiviser les alcaloïdes en groupes, ceux qui ne précipitent pas ou qui précipitent difficilement dans les conditions ordinaires de concentration ; ceux qui précipitent el ne cristallisent pas; ceux qui précipitent et cristallisent. Dans ce dernier groupe, l'aspect et le mode d'assemblage des cristaux seront souvent assez typiques pour faire soupçonner avec beaucoup de vraisemblance, sinon pour démontrer formellement la nature de l'alcaloïde cherché'.
Tanin. — Beaucoup d'alcaloïdes sont précipités par le tanin. Les précipités sont blancs ou blanc jaunâtre. In grand nombre de substances organiques autres que les alcaloïdes sonl précipitées par les alcaloïdes, en sorte que ce réactif esl vraiment dé peu d'intérêt. Nous indiquerons, à propos de chaque alcaloïde, les cas où l'emploi du tanin présente quelque particularité.
Les tannâtes d'alcaloïdes sonl décomposés par l'oxyde de plomb, qui met en liberté l'alcaloïde; celui-ci peu! être redissous dan- l'alcool ; on a utilisé quelquefois ce procédé pi nu- purifier des résidus alcaloïdiques, mélangés à d'autres substances non précipitables par le tanin.
Le chlorure de platine doit être employé en solution ne renfermant pas d'excès dacide. Il précipite les alcaloïdes en jaune ou en blanc jaunâtre. Ces précipités peinent souvenl cristalliser el être obtenus à l'étal de pureté ; par la calcination, ils laissent un poids déterminé de platine : ce (jui fournit, dans certains cas, un caractère précieux pour la reconnaissance d'un alcaloïde, lorsqu'on dispose d'une quantité suffisante de matières. Au moyen de l'hvdrogène sulfuré on peut retirer l'alcaloïde de -a combinaison platinique.
Voici, d'après divers auteurs, les quantités de platine que laissent après calcination les précipités de chloroplatinates d'alcaloïdes:
Strychnine Platine p. 100 18,16
Brucine — 16.52
Curarine — 32.65
' Tr. du Labov. de Toxicologie.
Quinine Platine p. 100 26.26
Cinchonine 27.36
Caféine 24.58
Théobrominc 25,55
Morphine 19,52
Narcotine — 15.95
Codéine — 19,11
Narcéine 14.52
Papavérine 17,82
Thébaîne 18,71
Nicotine — 3i.25
Conicine 29.38
Viodure de platine et de potassium esl un réactif proposé par Selmi ;
de mé que l'injure d'or et de potassium. On prépare le premier en
ajoutant de l'iodure de potassium à du chlorure de platine jusqu à disparition <lu précipité '.
Sublimé. — Le sublimé précipite beaucoup d'alcaloïdes. Les précipités sont tantôt amorphes, tantôt cristallins, ou li' deviennent à la longue. Ils sont de couleur blanche ou jaunâtre. L'hydrogène sulfuré les décompose; l'alcaloïde mis en liberté peut êtreisoléà l'aide d'un dissolvant convenable. — La sensibilité de ce réactif n'est pas très grande.
Chlorure d'or. — Le chlorure d'or Fournil aussi des précipités jaunes ou blanc jaunâtre avec la plupart des alcaloïdes; il en esl de même du
chlorure de palladium et du chlorure d'iridium.
Bichromate de potasse. — La solution concentrée de bichromate de potassium donne des précipités jaunes, tantôt amorphes, tantôt cristallins. Le précipité obtenu avec la slrvchnine se colore en violet par l'acide sulfurique.
Le ferroci/anure de potassium agit sur la plupart îles alcaloïdes en solution chlorhydrique , el donne des -ris neutres nu acides qui se décomposent plus nu moins facilement à l'air humide en se colorant en bleu. On obtient avec la quinine une poudre verte; avec la cinchonine, orangée; avec la conicine, blanche; avec la cocaïne, blanche; avec la morphine, blanche bleuissant facilement à l'air; avec la strychnine, blanc bleuâtre; avec la narcotine, la pilocarpine, la spartéine, blanche Beckurtz. Arclt. Pharm.. t. XXVIII, p. 347 .
Réactifs spéciaux. — Les réactifs dont il nous reste à parler m- sonl plus des réactifs généraux ; leur action ne s'exerce que sur un alcaloïde ou un
' Mi m. Accad. iti Bologna, t. VI. p. 3.