RÉACTIFS DES ALCALOÏDES
groupe d'alcaloïdes déterminé, el les résultats sont différents lorsqu'on passe d'un alcaloïde à l'autre ; ce sont ces réactifs qui uous permettronl en définitive de caractériser les alcaloïdes, alors que les précédents ue servaient guère qu'à reconnaître la présence d'une substance alcaloïdique en général. Plusieurs de ces réactifs son! formés d'acide sulfurique concentré dans lequel on dissout divers composés métalliques : acide molybdique, acide vanadique, acide nitrique, etc. L'acide sulfurique concentré lui-même, sans addition d'aucune substance étrangère, produit avec les alcaloïdes une foule < 1 « - colorations intéressantes.
Acide sulfurique. — Pour les essais, le résidu alcaloïdique doil être amené à siccité sur un verre de montre. Les réactions se voient souvent mieux sur la petite couche mince occupant le fond du verre de montre, après l'évaporation du dissolvant, que sur les fragments de l'alcaloïde tel quel. La netteté de ces réactions dépend, dans une très large mesure, de la pureté < 1 * i résidu sur lequel on opère. Avec lu milligrammes <l un produit impur, il peut i'< >i-t bien arriver que l'on méconnaisse la présence d un alcaloïde qu'il serait facile de caractériser sur 1 20, 1 50 de milligramme à l'état de pureté. Cette observation est particuhèrement vraie en ce quj concerne l'emploi de l'acide sulfurique et des autres réactifs à base d'acide sulfurique concentré : cet acide, agissant sur les impuretés qui accompanl lr> alcaloïdes dans le^ résidus, produit une carbonisation plus ou iiiuins complète de la masse; c'est-à-dire une teinte brune dans laquelle disparaissent les colorations qu'il s'agil d'observer.
Voici quelques-unes des réactions colorées déterminées par l'acide sulfurique pur :
Aconitine ou certaines aconîtines : jaune-brun clair, passant lentement au violet, puis au brun.
Berbérine : ver! olive sale :
( urarine : rouge, passant au rouge-violet.
Cubébine : couleur ardoisée :
Colchicine : jaune :
Chélidonine : vert pâle, passant au brun-rouge, puis au brun-violet.
Delphinine : rouge :
Digitaline : brunfoncé, brun rougeâtre, puis muge après plusieurs heures :
Emétine : brun verdàtre :
Narcotine : jaune clair, rouge à chaud :
Narcéine, gris passant au rouge :
Pipérine : jaune clair, passant au brun et au vert brunâtre:
Papavérine impure) : bleu ou bleu violacé.
Thébaîne : rouge, puis orangé.
Solanine : rouge clair, puis brun clair.
Vératrine : jaune vif, puis orangé, puis rouge.
La strychnine, quinine, quinidine, brucine, cinchonine, caféine, théobromine, atropine, morphine, nicotine, conicine restent incolores.
Outre les alcaloïdes, un grand nombre de glucosides ou autres matières sont colorés par l'acide sulfurique, par exemple : hi salicine, la jalapine, la convolvuline, Yamygdaline, la populine, en rouge ; la mponinc, la syringine, en violet; la picrotoxine en jaune, etc.
Signalons encore la crocine, matière colorante du safran, que l'acide sulfurique colore en bleu, réaction importante dans l'étude des empoisonnements par le laudanum.
Le réactif d Erdmaim esl un acide sulfurique légèrement nitreux. Pour le préparer, on ajoute à 100 grammes d'acide sulfurique dix gouttes d'une solution à 1/2 p. 100 d'acide azotique de densité 1,25. Avec beaucoup d'alcaloïdes les colorations sonf identiques à celles que fournil l'acide pur; avec la codéine on a rapidement une coloration bleue; la bvueine se colore en rouge foncé; Vétnétine en verl brunâtre, puis vert, puis orangé, la colchicine en bleu.
L'acide sulfurique concentré el le réactil d Erdmaim produisent à chaud quelques réactions intéressantes : la morphine, chauffée avec l'acide sulfurique vers ISO0, fournit un liquide rouge clair, puis violet, puis vert ; la narcotine devient orangée, puis rouge; la eodéine, verl brun foncé, rouge pur refroidissement (ou bleu si l'on se serl du réactif d'Erdmann) ; la papa vérine, bleu foncé; la thébaïne, vert olive ; l'atropine, brun. Ces essais se font plus commodément en dissolvant l'alcaloïde dans l'acide étendu el en évaporant l'eau doucement pour atteindre la concentration el la température nécessaires.
Le réactif de Frôhde, ou sulfoinolybdate de soude, est l'un des plus employés parmi les réactifs colorants; on le prépare en dissolvant dans loo centimètres cubes d'acide sulfurique pur, 10 centigrammes de molybdate de soude.
Ce réactif esl surtout important pour la recherche de la morphine.
Voici la liste des alcaloïdes avec lesquels il donne des colorations :
Brucine : C. rouge, passant au jaune et se décolorant après vingt-quatre heures.
Berbérine : C. vert brunâtre, puis brune.
Codéine : C. vert sale, devenant bleue, en chauffant, jaune après vingtquatre heures.
Conicine : C. jaune clair.
REACTIFS DES A l.é A l.i > 1 1> K S 531
Colchicine : ('. verl jaunâtre, puis roûge, violel sale puis jaune. Colocynthine : C. rouge cerise.
Digitaline : C. orangé foncé, passant au rouge, puis au brun. Ernêtine : C. rouge, puis verte.
Morphine: C. violette, devenant verte, verl brunâtre, puis jaune, puis bleu-violet après vingt-quatre heures.
Narcotine : G. verte, passant au vert brun, jaune, puis rouge. Nicotine : G jaune, puis rouge.
Quinine : G. verte.
Vipérine: C. jauni-, puis brune, puis noire. Soîanine : G. rouge cerise, puis brune.
Le sulfovomadate d ammoniaque réactif de Mandelin), préparé en dissolvanl une partie de vanadate d'ammoniaque dans 100 parties d'acide sulfurique pur. est le réactif par excellence île la strychnine, qui se colore en un violel (les plus intenses, devenant rose par addition d'eau.
La brucine se colore en rouge jaune. l'émétine en brun, la pipèrine en rougi.' sang très foncé, la morphine en rougeâtre, puis bleu-violet, la narcotine en rouge, la, codéine en vert-bleu, la thébaïne en rouge orangé, la narcéine en violet, puis en rouge orangé', la papavérine en vert bleuâtre, la colchicine et la colchicéine en vert olive devenant brun, la so lanine en jaune orangé', puis rouge, puis violet, la réralrine en jaune, puis orange, puis rouge, la digitaline en rouge brunâtre, l'atropine en jaune.
Le sulfosélénite d'ammoniaque, formé par une solution de sélénite d'ammonium 1 1 gramme dans ^(i centimètres cubes d'aride sulfurique concentré , a été signalé par Lafon comme un très bon réactif de la morphine, qui se colore en verl un peu olive, et surtout de la codéine, qui prend une teinte verl émeraude magnifique1.
\Sacidf sulfurique saturé de chlore donne avec quelques alcaloïdes des réactions intéressantes; par exemple : narcotine, coloration violette passant rapidement au rouge vineux, puis au jaune ; coloration rouge en chauffant; — narce'ine, coloration verl olive, devenant graduellemenl bleue; — brucine, coloration rouge, connue avec l'acide nitrique (Brocmer. Journ. de Pliar'm. et de Chim., I. XVIII, p. 204, I S.S8,.
Le niobate d'ammonium, ou mieux le fluoniobate erisolution sulfurique dissoudre I gramme de sel dans 10 centimètres cubes d'acide sulfurique, puis chauffer doucemenl pour chasser l'acide fluorhydrique) a élé employé' par Brociner loc. cit.), comme réactif de la morphine et de l'apomorphine.
1 TV. iln Lab. île Toxicologie.
532 I UA I I E DE CHIMIE l'OXICOLOGIQUE
Le môme auteur a employé le lellurate d'ammoniaque dissous dans l'acide sulfurique concentré. Pour préparer le réactif, mi broie I gramme de tellurate d'ammoniaque avec 20 centimètres cubes d'acide sulfurique concentré; un sépare par décantation i < i partie insoluble : une partie du sel se décompose avec production d'hydrogène tellure. — Avec ce réactif, la digitaline fournil une coloration rose violacé devenani de plus en plus intense; — la chëlidonine prend au boul île quelques minutes une coloration verte; cette réaction esl 1res sensible; — la narcéine, coloration jaune passant au ver! s; de, puis au violel : — lu narcotine, coloration rose lie- fugace; — l'apomorphine, coloration violette n'apparaissanl qu'après quelques instants Journ. île Pharm. et de Chim., I. XXI. p. ïi;n .
L'acide azotique, qu'on emploiera de préférence ;'t In densité 1,4, et oxempl «le vapeurs nitreuses, produil un certain nombre de colorations importantes; les plus remarquables sont : lu brucine, coloration rouge très intense; lu morphine, coloration rouge orangé; lu colchicine, coloration violette passant un violet rouge, un rouge brun, puis au jaune ; les autres réactions de cet acide, moins utiles ù connaître, sonl : strychnine, coloration jaune clair, rouge s'il \ a des traces de brucine, curarine, coloration pourpre, aconiline, vératrine, codéine, thébalne, narcéine, nicotine, conicine, colorations jaunes plus nu moins intenses; solanine. solution incolore devenant bleue.
Beaucoup des réactions déterminées par l'acide nitrique se produisent aussi bien, nu même mieux, lorsqu'on ajoute un petit cristal fie nitrate de potasse a lu solution de l'alcaloïde dans l'acide sulfurique concentré brucine, colchicine, etc. .
Parmi les autres réactifs pouvant donner lieu à des réactions colorées, que nous étudierons avec plus de détails à propos de chaque alcaloïde, signalons : le mélange <\'t/ri<Ir sulfurique ri de sucre coloration verte avec la vératrine . le mélange de bichromate el d'acide 'sulfurique, nu d'oxyde de cérium el d'acide sulfurique coloration violette avec lu strychnine , l'acide iodique réduction par lu morphine . le perchlorure de fer coloration bleue pur lu ninrpliine ; l'acide nitrique fumant, additionné de potasse alcoolique après évaporation du résidu coloration violette avec l'atropine . l'acide sulfurique alcoolisé, additionné de perchlorure de fer coloration verte avec les digitalines cristallisées : l'acide sulfurique brome coloration rouge avec certains produits de la digitale ; l'eau iodée coloration bleue avec la narcéine . etc., etc.
Caractères physiques. — Parmi les caractères physiques des alcaloïdes l'étude des point- de fusion serait des plus importantes ; mais dans une
EXPER I M ENTATIOiN PHYSIOLOGIQ1 !'.
expertise toxicologique, on ne ili-p>>:-(j que rarement d'une quantité suffisante pour de semblables essais v. |>. 502 . On réussil quelquefois à constater la sublimation de certains alcaloïdes. On ne devra pas négliger d'examiner au microscope la forme cristalline des résidus; et si l'on l';iif des comparaisons avec les cristaux fournis par tel ou tel alcaloïde déterminé, on se rappellera que la forme cristalline varie souvent avec les conditions dans lesquelles s'est faite l'évaporation el surtoul avec la nature du dissolvant.
L'examen microscopique des résidus, dans la lumière polarisée, donne quelquefois des indications utiles.
L'examen spectroscopique des solutions colorées obtenues par l'action des divers rjactifs précités sur les alcaloïdes a été essayé par divers observateurs : je m' pense pas que ce genre <l essais suit fréquemmenl applicable.
Expérimentation physiologioue. — Les réactions chimiques doivent toujours, -i cela esl possible, être contrôlées par l'étude de l'action physiologique des résidus qui contiennent, ou que l'on suppose contenir des
te
Fig. lu.
alcaloïdes. En général, on ne dispose pas de résidus assez abondants pour expérimenter sur de gros animaux : dan- quelques cas. <m pourra se servir de lapins ou de cobayes; le plus souvent, il faut se contenter d'injecter à une grenouille une portion des résidus suspects, d'observer si ce résidu esl fortemenl toxique, s'il détermine un ralentissement des mouvements du coeur, ou des contractions tétaniques des muscles, ou un allongement de
Ti; VITE DK CHI.MIK T0XIC0L0G10UE
la courbe de contraction musculaire, une dilatation de la pupille, etc. : ces essais pourronl indiquer l;i présence [)robable de certains alcaloïdes, tels que la digitaline ou autres poisons cardiaques, la strychnine, la brucine, la vératrine, l'atropine. Par un autre genre d'observations |>lu^ simples, on pourra constater certaines autres propriétés <lc quelques alcaloïdes, telles que : le pouvoir vésicanl de la cantharidinc, [insensibilité
Fis. «.
produite sur lc^ muqueuses par la cocaïne, la saveur spécial de laconiline el d'autres substances, etc.
Nous indiquerons quelques détails concernant le manuel opératoire quj peul être suivi dans les plus importantes de ces expériences.
Quand il esl possible de le faire, il esl toujours préférable d'opérer dans des conditions qui permettent l'inscription graphique des phénomènes
i: X PE 1! I M î: N T A I 1 1 1 N PHYS 10 L OGI Q I E 535
observés. Cette inscription graphique est parfois absolument nécessaire; le plus souvent elle facilite beaucoup l'observation et l'interprétation des phénomènes; enfin les tracés graphiques constituenl des pièces à conviction qu'il esl toujours bon d'avoir entre les mains.
Les appareils enregistreurs imaginés par Marey et construits par A. V'erdin sont ceux qu'on utilise le plus fréquemment en France. Parmi ceux qui trouvent leur application dans les recherches toxicologiques figurenl :
L'appareil enregistreur proprement dit et son chariot automoteur;
Les appareils ^permettant d'enregistrer les mouvements du cœur et les contractions musculaires.
Le plus simple des enregistreurs est relui que représente la figure il). Le cylindre est mis en moui emeiil par un moteur d'horlogerie dent la vitesse est réglée par les ailettes d'un volant. Selon la position que l'on donne à ces ailettes, un t'ait varier la résistance de l'air pendant la rotation, et un obtient ainsi des vitesses diverses du cylindre, par exemple I tour en 30 secundo. I tour en 15 secondes, I tour en •"> secondes.
La figure il représente un autre modèle plus parlait de cylindre enregistreur. Les ailettes servent ici seulement à régulariser le mouvement. Les vitesses varient selon la position du cylindre sur les axes de rotation commandés par un mouvemenl d'horlogerie. Ces axes son! au nombre détruis et donnent respectivement des vitesses de 10 tours, de 7 tours, ou de 1 tour par minute. Cette dernière vitesse est celle qu'on utilise le plus souvenl dans les expériences donl nous avons à nous occuper. On commence par enlever le cylindre qu'on fixe sur un support spécial el on le recouvre d'une feuille de papier glacé à l'extérieur, et maintenue par une bande gommée. On noircit ce papier, en le faisant tourner lentement à la main et en promenant au-dessous la (lamme d'un gros rat-de-cave : la surface blanche s'enduit ainsi de noir de fumée ; ce noircissage du cylindre se l'ait plus rapidement à l'aide d'un bec de gaz papillon, alimenté par du gaz d'éclairage qui traverse un flacon laveur contenant du pétrole léger ou de la benzine: la couche de noir de fumée ainsi obtenue est moins fine que celle produite par le rat-de-cave. — Le tracé graphique terminé, on transporte de nouveau le cylindre sur le support spécial, et on coupe le papier par un trait de canif dans le sens de l'arête du cylindre. Pour conserver ce tracé, un le trempe dans
un vernis formé d'une solution dégomme laque dans l'aie 1 et additionné
d'un peu d'essence de térébenthine. Le petit dispositif suivant, figure 42, formé d'une rigole de zinc reliée à un flacon qui contient le vernis et peut être élevé ou abaissé à volonté, permet d'effectuer commodément cevernisr sage ; en abaissant le flacon au-dessous du niveau de la cuve, on détermine la rentrée du vernis. La feuille de papier est suspendue et séehée. 11 est
facile d'obtenir d<-s reproductions photographiques d'un tracé, en exposant celui-ci contre une feuille de papier sensible dans un châssis-presse ordinaire.
Le chariol automoteur représenté figure il comporte une vis horizontale mise en mouvement par une petite corde de transmission, Laquelle
Fig. »-'.
d'autres chariots, |ilns corni les, cette vis est mue par un petil moteur
d'horlogerie spécial, dont la vitesse est variable et réglée par des ailettes/ La vis horizontale détermine elle-même, par enfiTenaere, la translation du supporl sur lequel sont installés la plaque de liège portant L'animal, les appareils destinés à recueillir les mouvements, Le style qui tracera ces mouvements sur Le papier noirci, etc. Le chariol étant en marche, Le style avancera de telle sorte que les tracés ne pourront se superposer sur le cvlindre enregistreur.
Tracé des contractions musculaires. — Pour obtenir ce tracé, chez la grenouille, on isole le muscle gastrocnémien. L'animal est installé comme le montre la 6gure !■>. el solidement fixé par des épingles sur une plaque de Liège. Avec des ciseaux on fail une incision dans la peau de La patte gauche et on meta nu le muscle- gastrocnémien M; c'est celui qui se trouve sur Le côté droil de la patte; à L'aide d'une grosse aiguille courbe, on
EX PKRIMENTATION PHYSIOLOGIQUE
passe derrière ce muscle un lil solide ël on le noue à l'extrémité du muscle ; on coupe ensuite cette extrémité, toul près du nœud; lf muscle esl ainsi isolé ; le lil es! alors relié au bouton A du myographe, comme l'indique la figure L3. On voit, d'après la disposition de ce) instrument, que chaque contraction du muscle aura pour effet d'attirer le bouton A et par suite de
li„ 13
faire mouvoir le style : l'amplitude des déplacements du style peul être variée selon qu'on rapproche plus ou moins le bouton A de l'axe. Pour ramener le style, après les contractions, à sa position primitive, un petil
plateau P relié à l'axe el sur lequel on peut pli r des poids exerce une
action antagoniste.
La figure il montre les dispositions à réaliser pour exciter le muscle électriquement. L'installation de l'animal est la même; la décharge électrique, produite par un petit appareil d'induction A, esl conduite par deux crochets, sur lesquels on appuie le nerf seiatique. Le passage du courant a lieu à des intervalles plus ou moins rapprochés : pour déterminer le contact, on se sert d'une roue dentée fixée sur le cylindre enregistreur et engrenée sur une autre roue dentée 1>, montée sur un pied fixe. Cette seconde roue dentée porte une pointe latérale qui, en soulevant à chaque tour un petit ressort, détermine le passage du courant. C'est donc le cylindre enregistreur lui-même qui produil la secousse électrique, une fois à chaque tour de roue. Si la roue li porte plusieurs petites pointes
TRAITE DK r.lll MIE TOXICOLOGIQUE
latérales, nn peul obtenir un | > 1 1 1 -^ grand nombre d'excitations n chaque tour du cylindre. — La roue dentée du cylindre est en réalité formée de deu.\ roues dentées parallèles; l'une ;i le même nombre de dents que la roue l>. l'autre a une déni de |ilu->: --i la roue 1> esl engrenée sur la première, les excitations se fonl toujours après une révolution complète du
cylindre, el le tracé d'une contraction musculaire présente l'aspecl » 1 1 1 ï 1 1— dique la figure il toul le système du mvographe étaul entraîné par le
chariol automoteur : celle Hgure esl un tracé obtenu avec le muscle d'une grenouille à laquelle on ;> injecté une trace de vératrine : elle montre
Fie. iij.
l'allongement de la courbe et la lenteur avec laquelle le muscle contracte reprend sa position normale.
Si au contraire la roue 1! esl engrenée sur la seconde roue du cylindre,
I X I' K K I M K N I A Ï10N l' Il V S I ( » 1. 1 Ml 1 ni E
il y a à chaque tour de roue une légère avance de l'instant <<ii se produit l'excitation; il en résulte un tracé comme celui que représente la figure i'-'-. imbrication oblique .
La ligure H! montre les contractions tétaniques produites par I injection d'une petite quantité de strychnine; dans la figure 47. ces contractions
sont excitées électriquement chez le même animal vingt-quatre heures après l'injection.
Les appareils propres à produire les excitations électriques consistent en une pile actionnant uue petite bobine d'induction, dont le lil induit peul être déplacé, en sorte iju'on fait varier à volonté l'intensité du courant; les interruptions sont produites à l'aide du dispositif que montre la figure 41.
Four olivier ii quelques inconvénients de ces appareils, (i. Pouchet a fait construire un système qui réalise les conditions suivantes : 1° durée d'excitation Infiniment courte : 2° excitations produites à intervalles réguliers et variables au gré de l'opérateur; •"• isolement des courants de fermeture et de rupture : i possibilité de faire varier la durée delà période de repos entre les excitations produites par le courant direct et le courant inverse. Anu. d'Hyg. et de Mèd. leg. (3 . t. XXIII, p. 188
l i; \l 11'. HT. CHIMIE TOXICOLQGIQUE
L'injection <lu produil toxique se fail sous la peau du <los. ou ù ta cuisse, à l'aide d'une seringue de Pravaz : les modèles de seringues entièrement en verre, à piston d'amiante, faciles à démonter el à nettoyer, smii les plus recommandantes.
Le résidu alcaloïdique à injecter doil être sous forme de solution aqueuse. Si l'on se serl des résidus extraits par les méthodes générales, il conviendra, l'alcaloïde étant isolé à l'état libre, el étant souvent très peu soluble ou insoluble, de l'amener d'abord à l'étal de sel : on le dissout ensuite dans un quart ou un demi -centimètre cube d'eau. Il faut éviter autant que possible l'emploi de dissolvants pouvant exercer par eux-mêmes une action toxique (l'alcool par exemple et compliquer ou rendre impossibles les observations.
Cardiographe. ■ — Pour prendre les tracés graphiques du cœur «le la grenouille, on Bxe l'animal sur le il"-: nu pratique, vers l'extrémité du sternum, une petite ouverture carrée : on aperçoit alors le cœur, quon attire à l'extérieur en tirant sur le péricarde fi l'aide d'une petite pinceel en déchirant celui-ci. Avec un peu d'habitude on arrivera à faire des incisions très petites, ce qui est important si l'on veut éviter de voir saillir au dehors les .min- organes. Le cardiographe de Marey est formé de deux
E \ I' E lî I M ENTATI ON PH YSI OL OGI Q L* E
Ml
cuillerons métalliques, l'un fixe, l'autre mobile et portanl le style inscripteur. Le cœur de I animal esl placé entre ces deux euillerons. Le dispositif de la figure iN esl une modification avantageuse due aux indications de Ch. Vibert. Le cœur de la grenouille ayant été mis à nu, comme il vient d êlrc dit, est maintenu au dehors au moven du système A, si nie de plateau métallique légèrement convexe, portanl une rainure el un trou central par où passe le cœur; ce plateau a pour effel de retenir le cœur toujours à la même place el d'empêcher 1rs autres organes de sortir parla plaie. En I! esl un supporl à fourche portanl les différents organes utiles au placement ilu cuilleron, c'est-à-dire un bouton 1) attenant à un pignon qui commande
u 'rémaillère par laquelle un l'ait monter et descendre le cuilleron ; en E
un autre bouton commandant une crémaillère horizontale qui l'ail mouvoir le cuilleron d'avant eu arrière; eu F une manette qui déplace le système
Fie. 19.
circulairemenl ri permet de mettre le levier dans la direction couvenable. La plaque de liège, placée soi! sur la tige d un pied spécial, suit sur la tige du chariot enregistreur, doit être maintenue assez oblique pour que le cuilleron redescende sous son propre poids cl suive les contractions du cœur. Cette obliquité de la planchette esl obtenue, comme d'habitude, à
1 aide t\[i bouton à vis ( 1.
La figure 19 représente un tracé cardiaque normal. Avec la digitaline Iilirnl un ralentissement des battements du cœur; avec d'autres poisons, un affaiblisssement graduel fig. 50) de l'amplitude de ces battements; avec d autres au contraire (aconitine (ig. 51 . une exagération d'amplitude. Pour observer ces variations d'amplitude, on conçoit qu'il est nécessaire ipi il ne se produise pendanl l'expérience aucun changement dans les positions relatives du cœur et du cuilleron, changements qui, même très minimes, amènenl des modifications considérables dans la grandeur «lu tracé; c'esl pour éviter ces difficultés résultant des mouvements
Tli \ I I I". DE Cil 1 M 1 !•: T(».\ fCOLOGlOUE
1 1 m cfl'i'i-t m- souvent l'animal qu'a été construit 1«' petit appareil que nous venons de décrire. — Les expériences avec les poisons cardiaques sont par-
Kig. :.n.
fois assez longues, d où ta nécessité; de chang'er plusieurs lois le cylindre enregistreur. Pour obviera a-\ inconvénient, on donne au cylindre un mou-
ni de rotation suffisamment lent, — à l'aide d'un jeu de poulies et de petites cordes de transmission, — de telle sorte que l'expérience
K X I' É I! I M E NTAT I ON l'H Y S IOL OG I QV K 543
puisse se continuer une ou deux heures sans changement du cylindre.
Des dispositions analogues à celles qui précèdent sonl applicables à L'enregistrement des mouvements divers chez d'autres animaux. Pour lu description de ces appareils, qui ne sont pas très Fréquemment utilisés dans les expertises toxicologiques, nous renverrons le lecteur aux traités de physiologie et aux ouvrages spéciaux .
Que l'on ail ou non à s:i disposition les appareils enregistreurs dont nous venons de parler, appareils qui donnent aux expériences une précision plus grande, il est toujours utile — et c'est même une des premières expériences à faire avec les résidus extraits des viscères — d'injecter une petite quantité de la substance a une grenouille el d'observer les effets produits. Ces essais doivent être laits avec méthode ; en observant certaines précautions, on peu! ne,ii seulement recueillir des [■enseignements précieux touchant la nature de l'alcaloïde, mais encore quelquefois se faire une idée approximative de la dose de cet alcaloïde.
Voici quelques-unes des recommandations formulées à ce propos par Boutmy. — La baseétanl isolée, on la transforme en sulfate, en la dissolvant dans la plus petite quantité possible d'acide sulfurique au 1/100 ; on ajoute ensuite de l'eau distillée, de façon à faire un volume connu, de 10 ou 20 centimètres culics par exemple, selon la richesse probable en alcaloïde, richesse indiquée par les réactions chimiques préalablement effectuées. Une partie de cette solution est titrée par le réactif de Mayer; le reste est séparé en trois parties : sur la première on établit chimiquement la nature de l'alcaloïde ; l'exactitude des résultats est contrôlée par des essais identiques faits sur une solution de sulfate pur de la même hase, solution dont la concentration esl indiquée par l'esai fait au réactif de Mayer. On procède alors aux essais physiologiques avec la deuxième portion de la liqueur suspecte et comparativement avec une portion égale de la solution du sulfate d'alcaloïde pur. L'animal employé sera le plus souvent la grenouille. La substance est injectée à l'aide d'une seringue de Pravaz, sous la peau, dans le haut de la cuisse, ou dans tout autre endroit, mais de telle sorte qu'aucun organe essentiel ne puisse être lésé. La même expérience, avec des doses égales du sulfate pur, est faite sur une grenouille témoin, simultanément. Il convient de ne pas injecter beaucoup de liquide à la fois, mais de commencer par une goutte, d'attendre la ou 20 minutes, el de continuer ainsi jusqu'à ce qu'on observe l'efFel toxique attendu. Il n'est poinl toujours nécessaire de pousser les doses jusqu'à l'aire périr l'animal : dans le cas où la grenouille meurt, on note certains détails utiles, par exemple si le cour s'esl arrête en diastole ou en systole, si les poumons sont congestionnés, etc. -- La troisième portion de
' Voy. Mjivy. La méthode graphique. Paris, Ma--. m : — du même auteur. Le Mouvement, de.
544 l i; \ l I i: DE CHIMIE T0XIC0L0G1QUE
ta liqueur esl destinée à répéter 1rs essais qui pourraienl être jugés nécessaires.
Mais il arrive souvent que la quantité d'alcaloïdes retirée des viscères esl trop faible pour qu'on puisse opérer comme il a été ilii ci-dessus. On procède alors comme il suil : la portion de liqueur destinée aux expérimentations physiologiques esl divisée en deux parties, l'une des deux étant destinée a répéter les essais, s'il y a lieu, et à parer aux accidents imprévus. On a préparé d'autre part une solution de sulfate pur de l'alcaloïde trouvé. Comparativement, mi injecte deux petites grenouilles, l'une avec une goutte i\>la solution suspecte, l'autre avec une goutte de la solution d'alcaloïde pur; les effets produits avec cette dernière sont généralement plus intenses : on prépare alors des solutions cinq luis, dix fois plus étendues : eu injectant des nombres de gouttes variables de ces solutions diluées, on arrive à observer des effets toxiques identiques à ceux qu'a fournis le liquide suspect. En procédant ainsi méthodiquement, on arrive à avoir une idée approximative de la quantité d'alcaloïde qui exisiail dans la solution examinée.
Nous avons résumé brièvement 1rs recommandations Formulées par Boutmy à propos de l'expérimentation physiologique; dans ce mode opératoire, l'étude (\f^ effets toxiques ne fait que corroborer les résultats de l'examen chimique préliminaire. Mais mi peu! aussi, très utilement, à notre a\ is, procéder dans l'ordre in\ erse ri injecter toul d'abord une petite portion du résidu à une grenouille ; cet essai, même exécuté sans précautions spéciales, pourra souvent montrer s'il existe une substance toxique cl t\f quelle nature; 1 analyse chimique vient ensuite, ri donne des résultats plu-- précis qu'on vérifie définitivement par une expérimentation physiologique effectuée dans des conditions meilleures el en recueillanl 1rs tracés graphiques.
Mais, quelle que soit l'importance <\v ces essais phvsiologiques, ils ne sauraient avoir l'exactitude des réactions chimiques : les effets produits varient avec beaucoup de causes diverses ; le réactif animal n'esl pas identique à lui-même dans deux expériences consécutives1 : la présence de ptomaïnes el de diverses impuretés daiis les résidus peu! dans une large mesure fausser les résultats; les caractères observés manquent souvent de netteté : enfin et surtout,' un symptôme déterminé, si frappant qu'il suit . ne peut suffire <i définir un alcaloïde : ainsi la digitaline n'est pas le seul
' Libavius (13(30-1016) dil que de tout temps en a essayé les poisons '■! leurs antidotes sur les animaux, mais il l'ail remarquer très sagement que ■ les expériences qui sonl faites sur des chiens, des chats, des cochons, etc., ne nous inspirent pas beaucoup il'1 confiance : I'-- animaux sont affectés autre ni que les hommes, ri ni.'im- chez les animaux, il n'\ .i pas deux tempéraments qui se ressemblent : il esl donc impossible que ces expériences donnent des résultats absolus ri applicables ;i tous les cas | Uchymia pharm.. XIV). Voy. Hœfcr, l. II. p. 28.
ALCALOÏDES — LESIONS j43
poison i[ni ralentisse les battements du cœur, la strychnine n'est pas le seul poison qui produise des convulsions tétaniques, etc. Ce que l'expérience apprend, c'esl qu'on a affaire à un poison du cœur, à un poison tétanisant, à un poison dilatant la pupille, etc., mais rien de plu». En sorte que, s'il convient de ue jamais négliger ce mode d'expérimentation, qui esl parfois d'une grande valeur, il ne faut pas non plus espérer qu'on arriverait à définir avec une entière certitude la nature d'un poison alca- Ioïdique, si l'on ne pouvail en même temps s'appuyer sur les résultats plus rigoureux à quelques exceptions près) tirés des caractères chimiques.
Lésions. — Organes a soumettre a l'analyse, etc. — L'action physiologique des alcaloïdes esl infinimeni variée; 1rs symptômes observés pendant la vie sont souvent d'une grande netteté, par exemple pour les poisons convulsivants comme la strychnine; pour ceux qui dilatent la pupille, comme l'atropine, etc. ; quelques-uns de ces symptômes sonl si frappants qu'ils attirent forcément l'attention des personnes qui approchent le malade; et la description des accidents observés, même faite par des gens tout à l'ait inexpérimentés, fournil donc souveni des renseignements fort utiles : ainsi, j'ai eu l'occasion d'étudier une vingtaine d'empoisonnements par la strychnine; dans tous les cas la nature du poison pouvail être devinée à la seule lecture des dépositions laites par divers témoins.
Les lésions que révèle l'autopsie dans les empoisonnements par les alcaloïdes n'uni le plus souvent qu'une valeur très secondaire.
Quant aux organes à soumettre à l'analyse, il n'y a pas d'observation générale à formuler; le mieux est de procédera l'extraction des alcaloïdes, d'abord sur un échantillon moyen îles viscères : estomac, intestins et leur contenu, foie, rein-, rate, poumons, cœur, cerveau, sang, cet échantillon moyen comprenant environ le quart des viscères, ainsi que nous l'avons indiqué page 53. S il y a lieu, on vérifie ultérieurement les résultats observés en pratiquant de nouvelles recherches sur tel ou tel organe déterminé.
Plusieurs alcaloïdes amènent la mort avec une grande rapidité- ; aussi de tels poisons se retrouvent-ils souvent en nature dans l'estomac, mu dans
l'intestin, orgi s dont l'examen présente alors un intérêt spécial. Mais
beaucoup d'autres, dont l'action toxique est plus lente, sont absorbés promptemenl et passent dans la circulation; on les retrouve donc dans le sang et dans les divers organes, dans certains organes en particulier, par exemple dans le foie, l'uni- quelques-uns de ces corps, l'élimination est assez lente pour qu'on puisse constater les réactions dans le foie alors même que la mort n'est survenue que plusieurs jours après l'absorption. Un grand nombre d'alcaloïdes sont éliminés par la voie rénale: aussi l'examen attentif de l'urine nedoit-U jamais être négligé ; l'extraction d'un
5*0 TRAITÉ DE I HIMIE TOXH OLOGIQI I
poison dans ce Liquide esl infinimenl |>ln^ facile que dans les viscères : lorsqu'on a |>u recueillir un peu d'urine dans la vessie, il vaul mieux, je croisjj rechercher directemenl les alcaloïdes, sans la mélanger avec les organes formant l'échantillon m yen. Lorsque le poison a été administré par voie hypodermique, l'examen de l'urine esl spécialement important : il serait également utile, dans ce cas, d'analyser des portions de tissus prélevées aux environs du point où a été faite l'injection.
Résistance a la pctréfaction. — La recherche des alcaloïdes doit être faite sans trop de délais, car beaucoup de ces corps disparaissent par la putréfaction et échappent ainsi h l'analyse. La résistance des divers alcaloïdes ii la décomposition esl extrêmement variable. J'indiquerai, à propos <le chaque alcaloïde, les données connues sur ce sujet
■Voici quelques résultats observés par J. Lt'n'-. Dans des échantillons de bouillon de bœuf, additionnés de I 1000 d'alcaloïdes divers, puis abandonnés .1 la putréfaction, on ne, p mvail plus constater lit morphine après un an : la strychnine a été retrouvée très facilement après quatre ans; la vératrinea persisté aussi pendant quatre ans; l'atropine a été constatée après un an. el avait disparu au boul de deux ans : la brucine, la codéine, la narcoline, onl pu être reconnues après quatre ans : la colchicine, la digitaline cristallisée, après deux ans aussi. Dan- d'autres expériences, on a ajouté a du sang de porc des alcaloïdes divers dans la proportion de 1 2000. La destruction par la putréfaction spontanée a été plus rapide, en général, que dans le bouillon. La strychnine, la brucine, la narcoline ont été constatées après 'I u\ an- : la vératrine, {'atropine, la codéine, la colchicine, la digitaline n'ont pu être reconnu?s au boul du même temps ' . e Toi