‹ Traité de chimie toxicologiqueChapitre 143 sur 185 · PTOMAÏNES · texte numérisé non relu

PTOMAÏNES

loïdes existanl réellement dans 1rs résidus: entre les mains d'un experl soigneux, habitué à juger de l'intensité et de la valeur des réactions et à oe conclure que s'il peut baser son opinion sur un ensemble de faits concordants, nous necroyons pas que la présence des ptomaïnes puisse fausser les résultats jusqu'à faire admettre à tort l'existence d'un alcaloïde végétal. Pour résumer ce long travail, nous dirions donc volontiers que qos erreurs, en cette difficile matière de la recherche des alcaloïdes végétaux, ont pour effet bien plutôt de faire innocenter un coupable que de faire condamner un innocent '. »

GLUCOSIDES CAVAD ÉRIOU ES

A côté des ptomaïnes, il existe dans 1rs produits de putréfaction des matières animales d'autres corps donl l'étude esl à peine ébauchée, mais dont I existence doif être signalée parce qu ds peuvenl être, t < mf aussi bien que les ptomaïnes, une source d'erreurs importantes en toxicologie. — ( les corps, qui semblenl appartenir a la classe des glucosides, se forment, sinon toujours, au moins très fréquemment, dans le processus de la putréfaction.

Il y a plusieurs années déjà que j'ai eu L'occasion d'en constater l'existence; je rappellerai brièvement dans quelles circonstances :

Au cours d'une expertise chimico-légale 2 dans l'extraction par la méthode de Stas-Otto, l'épuisement par l'éther en solution acide nous avait mis en possession de résidus dans lesquels nous avions à rechercher des poisons de l'ordre des glucosides et en particulier des poisons cardiaques tels que la digitaline; nous isolâmes, en effet, dans cette expérience une substance qui. injectée à des grenouilles même en quantitéinfiniment faible, déterminait des symptômes d'intoxication cardiaque presque immédiate et d'uni' intensité' surprenante. Trois minutes environ après l'injection, le nombre des pulsations cardiaques diminuait dans une très forte proportion; cependant leur amplitude ne variait guère ; elles Unissaient par devenir rares, le cœur cessant complètement de battre, quoique l'animal ne fût pas mort : détaché de l'appareil, il continuait à se mouvoir, le cœur restant immobile.

Après plusieurs recherches destinées à vérifier si ces résultats ne pouvaient pas être attribués à la présence dans les viscères de quelque poison cardiaque d'origine végétale de l'ordre des glucosides digitaline, ouabaïne langhinine, strophantine, etc. ,j'ai penséque peut-être de semblables poisons étaient, comme les ptomaïnes, un produit de décomposition cadavérique et pourraient être retrouvés dans des viscères quelconques. Par un hasard

1 Lab de Toxicologie. Paris, Bailliùre, 1891.

s Pratiquée par MM. Brouardcl, Schutzenherger, Richardiere el Ogicr. Voir le rapport, p. 773 et suiv.)

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heureux, les deux premiers essais faits, l'un sur le cadavre d'une femme morte de congestion pulmonaire, l'autre sur celui d'un diabétique morl d'un érysipèle, doDnèrenl des résultats positifs, el nous pûmes observer dans ces deux cas l'existence d'un poison cardiaque extrêmement actif : ralentissemenl ou arrêt ilu cœur selon La dose injectée; l'arrêl «lu cœur n'esl cependant pas complet entre deux ralentissements, car sur les tracés, la ligne qui sépare deux pulsations consécutives n'est pas horizontale, mais va en remontant peu à peu, indiquant aussi l'afflux progressif el lent du sang dans le ventricule voir p. 789 el suiv., fig. 80,81,82.)

Os poisons smii d'une extraordinaire activité; les solutions injectées (solutions aqueuses des résidus de l'éther acide, après Bltration pour séparer diverses matières, notamment des substances grasses) sont excessivement étendues; quelques gouttes cependant suffisent pour produire les effets signalés.

Sur les caractères chimiques de ce corps nous ne savons que forl peu de chose : les solutions ne précipitent pas par les réactifs généraux. Les produits en question semblent appartenir à la classe des glucosides ; la solution chauffée avec un peu d'acide chlorhydrique fournil un liquide qui réduit la' liqueur de Fehling : cette réduction n'a pas toujours été observée, probablement parce que les quantités de matières mises enjeu sont trop faibles. Il n'est évidemment pas aisé de se procurer des doses notables de ces produits, i'i c'est ce qui rend leur étude chimique difficile.

Cependant ils se forment très fréquemment. J'ai eu l'occasion de les rencontrer depuis quelques années, non pas dans toutes les analyses légales que j'ai eu à l'aire, mais peut-être dans la moitié des cas.

Je ne connais pas de moyens d'éviter dans les résidus la présence de ces glucosides cadavériques. Les poisons cardiaques d'origine végétale de la classe des glucosides ont des propriétés physiologiques 1res différentes de celles que je viens d'indiquer : aussi n'y a-t -il guère lieu de craindre îles confusions entre les uns et les autres. Mais, comme il arrive pour les ptomaïnes vis-à-vis des alcaloïdes végétaux, l'existence de ces corps est un obstacle sérieux à la reconnaissance des poisons cardiaques végétaux, et rend difficile ou incertaine l'expérimentation physiologique, si précieuse en pareille matière.

L'examen des taches de sang est une expertise 1res souvent demandée aux chimistes : bien que ce sujet sorte un peu du cadre que nous nous étions tracé, nmis avons cru bon de donner ici une description des principaux procédés propres à reconnaître le sang, dans les expertises médico-légales. Nous avons laisse de côté l'examen des autres taches, telles que celles du sperme, méconium, etc.. ces travaux étant le plus souvent confiés au médecin, et non au chimiste.

Nous annexons enfin à ce livre un petit nombre de rapports ayant trait à des affaires intéressantes d'empoisonnement, et divers documents officiels relatifs aux poisons.

11 existe plusieurs procédés pour reconnaître si une tache est formée par du san?; : le plus souvent cet examen ne présente pas de difficultés et les résultats en sont parfaitement sûrs; mais dans certains cas. on peut être assez embarrassé pour vérifier la nature d'une tache suspecte, par exemple lorsqu'elle est de petite dimension, ou très ancienne, ou lorsqu'elle repose sur des tissus lavés, sur des surfaces métalliques rouillées. Dans ces cas, il est nécessaire de procéder avec certaines précautions que nous allons indiquer. •

L'expert doit s'appliquer d'abord à décrire parmi les diverses taches qui se trouvent sur les pièces soumises à son examen, en général des étoiles ou des couteaux, celles qui peuvent être prises pour des taches sanguines : c'est un travail souvent fastidieux. Il faut noter la couleur, l'aspect plus ou moins brillant, plus ou moins sec, les traces de lavage sur les étoffes, de grattages ou de nettoyages récents sur les armes; il faut remarquer les indices qui peuvent donner des renseignements approximatifs sur l'ancienneté des taches: enfin, et ceci est souvent très important, il faut décrire leur forme (bords nets, bords irréguliers, taches rondes ou ovales, plus ou moins allongées, se suivant en chapelet et pouvant être produites par des jets échappés d'un vaisseau artériel et tombant obliquement sur une étoffe, etc.).

Les méthodes d'examen sont de trois ordres : chimiques, micrographiques, speelroseopiques.

Teinture de gaïac et essence de térébenthine. — Lorsqu'on ajoute à une petite quantité de sang, même dilué dans un grand volume d'eau, de la teinture de gaïac et de l'essence de térébenthine, il se produit une coloration bleue ou bleu verdàtre, de teinte plus ou moins sale. La teinture de gaïac ne doit pas être trop ancienne; on l'obtient rapidement en dissolvant dans l'alcool quelques fragments de résine de gaïac pris au centre d'un morceau un peu gros et récemment cassé. La teinte .-si plus franchement bleue lorsque la solution est récente. — L'essence de térébenthine doit être ancienne, car elle agit ici comme producteur d'ozone, comme oxydant, — les échantillons d'essence conservés depuis quelque temps dans des (laçons incomplètement remplis conviennent parfaitement pour cet usage. — On peut remplacer I essence de térébenthine par de l'eau oxygénée, soit encore par un mélange d'eau oxygénée et d'élher ordinaire ; mais l'essence de térébenthine, dont la conservation est indéfinie, est d'un usage pi us pratique.

On a beaucoup critiqué cette réaction qui en effet n'est pas caractéristique du sang; d'autres substances la produisent, la salive, le pus. le mucus nasal, etc. Mais il est probable qu'on a beaucoup exagéré les chances d'erreur, et dans tous les cas, lorsqu'il s'agit de taches petites et d'un examen diftieile. c'est un essai qu'il ne faut pas négliger, car il est, comme nous le verrons plus loin, d'une application farde et d'une extrême sensibilité : il n'arrivera presque jamais que l'on puisse constater le sang par d'autres réactions, alors que l'essai au gaïac aura donné des résultats négatifs. C'est donc un caractère d'élimination extrêmement précieux. — Si au contraire on a "Menu un résultat positif, il faut évidemment préciser davantage avant de pouvoir affirmer la présence du sang, et observer d'autres caractères, en particulier l'essai spectroscopique et microscopique et la formation des cristaux d'hémine.

Pour que l'essai au gaïac ait toute sa valeur, il faut ajouter d'abord la teinture 'le gaïac, la térébenthine ensuite; la teinture de gaïac seule ne bleuit pas le saut;, et bleuit diverses autres substances : le bleuissement avec la teinture seule est dune un indice probable que la matière examinée n'est pas du sang.

On ne doit pas peler trop d'attention à la couleur elle-même, qui varie, comme je l'ai dit. du bleu au vert sale selon la qualité et l'ancienneté de la teinture de gaïac. Mais la réaction n'a de valeur que si elle se produit presque immédiatement, après dix ou vingt secondes par exemple. L'apparition d'une teinte bleue ou verdàtre pâle, après plusieurs minutes, n'a aucun intérêt et n'indique en aucune manière l'existence du sang.

Si la tache est facile a dissoudre, on place les quelques gouttes qui constituent la solution au fond d'une petite capsule de porcelaine, on ajoute un peu de gaïac, puis un peu de térébenthine. Pour les taches quireposenl sur du linge ou sur une étoffe à peu près blanche, on peut se contenter d'humecter la tache et d'ajouter les deux réactifs directement sur l'étoffe.

Mais c'est -urtout lorsqu'il s'agit de vérifier la présence de lâches sanguines

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sur des tissus de couleur sombre, où La teinte propre du sang n'apparaît pas, que la réaction du gaïac Fournit de précieuses indications. On emploie dans ce cas le procédé dit des empreintes, qui consiste à humecter d'eau la portion d'étoffe où l'on soupçonne l'existence d'une tache, et à la comprimer entre plusieurs feuilles de papier à liltre blanc. Si la tache est récente, elle se dissout en partie en laissant sur le papier une trace rougeâtre qui reproduit avec une fidélité suffisante la forme même de la tache. Si la tache esl ancienne, il est nécessaire de prolonger le contact du papier humide pendant plus longtemps, et l'empreinte esl souvent moins nette. [Pour des Fragments découpés de dimensions moyennes il est commode de les comprimer dans un châssis-presse photographique; mais il est évident que l'expérience peul être faite sans qu'il soit nécessaire de couper l'étoffe. A l'aide d'une pipette on verse ensuite sur l'empreinte d'abord le gaïac, pm- la térébenthine : s'il y a du sang l'empreinte prend rapidement une teinte bleue : j'insiste de nouveau sur ee point, (pue la coloration doit apparaître rapidement: tous les papiers à filtre blancs, papiers de soie, etc., prennent une teinte bleuâtre ou verdàtre après un temps plus ou moins long '-n présence du mélange des deux réactifs. — Le même procédé des empreintes sur papier à filtre s'applique fort bien à l'examen des taches sur les couteaux et autres armes, où le sang est souvent difficile à distinguer et prend un aspect tout à fait pareil à celui de la rouille.

Les empreintes obtenues parce procédé peuvent au moins servir à montrer quels sont l^s endroits du tissu ou de l'arme examinés, qu'il convient d'étudier plus particulièrement. On voit donc qu'on aurait grand tort de négliger un moyen d'investigation aussi utile, sous le prétexte qu'il n'est point à lui seul tout à l'ait démonstratif.

Cristaux d'hémine. — La réaction consistant à produire avec le sane. cristaux d'hémine, désignés ausr-i sous 1.- nom de chlorhydrate à"hématine, ou cristaux de Teichmann (du nom de celui qui les a découverts en 1833 . est très fréquemment employée dans la caractérisation des taches de sang; elle permet en effet des constatations très précises, même lorsque les ta a examiner sont très petites ou très anciennes. Il importe donc de bien connaître les conditions dans lesquelles s'obtiennent ces cristaux : l'opération n'est point difficile, mais demande cependant un peu d'adresse el parfois beaucoup de patience.

Les cristaux d'hémine se forment lorsqu'on traite le sang par l'acide acétique cristallisable, en présence d'une trace de chlorure de sodium.

On dissout la tache dans la moindre quantité possible d'eau distillée : il suffit souvent de faire macérer le petit fragment d'étoffe découpé, avec trois ou quatre gouttes d'eau, dans un verre de montre : après un temps variable. quelques minutes ou quelques heures, selon l'ancienneté de la tache, on c. imprime entre les doigts le morceau d'étoffe de manière à faire tomber le liquide qu'il contient sur une lame de verre porte-objet, en ayant soin de ne

pas étaler inutilement le liquide qui doit occuper sur la lame une surface aussi petite que possible. En cas où la quantité de liquide dépasse trois ou quatre gouttes, on exprime le morceau d'étoffe dans un verre de nu mire et on évapore le liquide de manière a réduire beaucoup si m volume: l'opération doit être faite à une température assez basse, vers S0° à 60° par exemple; mieux encore, sous une cloche en présence de l'acide sulfurique, ou dans le vide sec. Si le liquide n'esl aucunement coloré, il y a peu chances d'obtenir des cristaux d'hémine; mais la revu-lion n'en esl pas moins d'une extrême sensibilité, puisque 1rs cristaux peuvent être produits avec une seule goutte de liquide à peine teinté en brun ou brun rougeàtre clair, c'est-à-dire avec une infiniment petite quantité de sang.

La solution étant amenée ainsi à un très petit volume, on la transporte sur le porte-objet à l'aide d'une pipette très efûlée, en ayant soin de n'en déposer qu'une goutte ou deux à la fois, toujours afin de ne pas avoir des préparations trop étalées. On ajoute une trace d'une solution de chlorure de sodium au millième. (Il arrive souvent que les cristaux se produisenl sans addition de sel, parce que le sang en contient lui-même des traces; mais pour exiler tout mécompte cette addition est utile.) Une trop forte dose de sel peul gêner l'observation des cristaux d'hémine. — On évapore alors le liquide à une température qui ne doit pas dépasser 6§°-70°; c'esl là une précaution essentielle; aune température plus élevée, on risque de coaguler les matières albuminoïdes, ce qui empêche presque sûrement la formation des cristaux ou du moins la rend fort difficile. C'est presque toujours pour avoir trop chauffé, pendant cette partie de l'opération, que les débutants échouent dans la préparation des cristaux. Il convient de chauffer La lame à quelque distance* d'une très petite flamme de lampe à alcool, de ne jamais la laisser immobile au-dessus de celle flamme, de passer souvent le doigt au-dessous de la lame, dont la température doit être facilement supportée par la peau ; on peut se servir avec avantage d'une table chauffante convenablement réglée, OU d'une étuve à -1-60°, OU mieux encore évaporer à froid, soii dans le vide, soit sons une cloche en présence de l'acide sulfurique; mais ces précautions seront souvent jugées inutiles.

On ajoute alors au résidu sec une goutte d'acide acétique cristallisable, on chauffe et on évapore à siccité l'acide ; l'addition d'acide et l'évaporation doivent être répétées plusieurs fois.

Dans cette partie de l'opération la difficulté est d'empêcher l'acide acétique, qui dissout la tache de sang, de s'étaler sur le verre et de former ainsi une préparation de grande étendue dont l'examen miscrocopique serait très fastidieux, et où les cristaux seraient rares, petits et peu reconnaissants. Le tour de main consiste à chantier le porte-objet, non au centre de la préparation où l'on dépose l'acide, mais autour de ce centre : l'acide tendant à s'étaler rencontre des parties chaudes sur lesquelles la goutte s'évapore et revient vers le centre. La pratique de ce petil tour de main est fort importante.

J'ai l'ail construire l'appareil suivant (qui peul servir comme table chauf-

TACHES l>K SANC

faille ordinaire) dans lebul de rendre cette petite opération plus facile : c'esl une simple plaque métallique nickelée (fig. 76) en forme de rectangle allongé, portée sur trois pieds à vis calantes. Un becdegaz à très petite flamme assure l'échauffemenl de cette table dont la température va naturellement en décroissant d'uni' extrémité à l'autre. Dans la ligne médiane son! percés un certain nombre de trous ronds de 10 à l"2 millimètres de diamètre. C'esl sur ces trous que l'on pose la partie <lu porte-objel où l'on va verser la goutte d'acide acétique; cette partie du verre esl en contact avec l'air qui circule au-

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dessous de l'appareil, et n'atteint pas une température très élevée: le pourtour, en contact avec le métal chauffé, est à un degré beaucoup plus haut : on voit dune que la goutte d'acide, tendant à s'étaler, rencontre une circonférence de verre fortement chauffée, où Févaporation se produit rapidement, sans que la goûte d'acide puisse franchir l'obstacle que lui impose cette zone à température plus élevée.

Les cristaux se forment quelquefois 1res vile, dès la première addition d'acide acétique : mais le plus souvent il esl nécessaire d'ajouter successivement de m nivelles quantités d'acide acétique cristallisable ; ici encore, il convient de procéder avec une grande patience et ne pas se hâter de conclure à l'absence de cristaux, parce qu'une première addition d'acide n'en aurait pas l'ait apparaître dans la préparation.

On peut procéder d'une manière un peu différente, et plus facile, qui consiste a recouvrir d'une lamelle, couvre-objet le résidu desséché provenant de Févaporation de la solution suspecte; puis à l'un des coins du couvre-objet on dépose une goutte d'acide, qui pénètre par capillarité' entre les deux surfaces de verre: on chauffe sur une table chauffante et on remplace l'acide à mesure qu'il s'évapore. Lorsqu'on a répété huit ou dix fois l'opération, on termine lentement Févaporation de l'acide. — Ce mode opératoire, plus commode que le précédent, est recominandable si la solution sanguine n'est pas en trop petite quantité: les cristaux sont généralement beaux; on peut les trouver dans toute l'étendue de la préparation ; mais souvent ils sont localisés spécialement près des bords du couvre-objet. — Si, au contraire, la solution est très diluée et très peu abondante, je préfère le premier procédé parce qu'il permet d'obtenir des préparations de très petite étendue, et par suite d'un examen plus facile.

Souvent les cristaux apparaissent au premier coup d'ieil : souvent aussi

I U A I II-: l>K CIIIMII') TOXICOLOGIOU

la préparation doil rire examinée longtemps el dans tous ses points, avant qu'on découvre la zone de peu d'étendue où des cristaux se sonl formés. Il convienl d'employer un grossissemenl <lr 100 à 800 diamètres ; on peul cependant abréger beaucoup la recherche en examinant rapidement la préparation avec un objectif faible, un 2 par exemple, souvenl suffisant pour montrer îles cristaux un peu gros.

La grosseur de ces cristaux dépend des conditions dans lesquelles ils ont été formés; en effet, ils sont un peu solubles dans L'acide acétique chaud, el se déposenl par le refroidissemenl : G'esl en évaporant lentement qu'on obtiendra les plus beaux cristaux; ou encore, si l'on a opéré sous la lamelle, en laissant la dernière goutte d'acide se refroidir peu à peu.

Ces cristaux sont de couleur brune plus ou moins foncée. Quand ils atteignent une certaine «li nsion, on peul constater qu'ils sonl translucides.

Fitr. 77. — Ci i-i,ni v d'hémine

La figure ~~ donne une idée des formes qu'ils présentent le plus souvent; i''1 sonl des prismes allongés, souvent maclés de manière à former des croix ou étoiles; leur longueur est très variable : quelquefois on en rencontre de l'orme courte et trapue, dont les bords paraissenl rormés par des arcs de cercle. — Ces cristaux se conservent bien, el les préparations, après scellement du couvre-objet par les procédés connus, peuvent être gardées pour servir de pièces à conviction.

Bien que la forme des cristaux d'hémine puisse varier notablement, il est très facile de les reconnaître avec sûreté; il suffit d'avoir l'ait quelques préparations pour être très certain que les cristaux observés sonl ou ne sont pas du chlorhydrate d'hématine. En pareille matière, l'expérience personnelle esl indispensable el ne peul èlre remplacée par aucune description.

Parmi les causes d'erreur qui ont été signalées, el qui pourtant ne sont guère à craindre, on a cité la production de cristaux de murexide, qui sonl rouges, et se colorent en violet par la potasse; leur l'urine est, il esl vrai, analogue à celle des cristaux d'hémine ; mais on ne voit pas bien comment de semblables cristaux se formeraient dans les traitements que nous avons indiqués. -- Certaines étoffes contiennent des matières colorantes qui, dis-

soutes dans l'eau en même temps que- la matière de la tache examinée, pourraient abandonner par l'évaporation des cristaux de forme analogue aux cristaux d'hémine. Descoust a signalé ce fait, par exemple, pour des étoffes bleues, teintes avec de l'indigo. S'il y a doute, — le ras ne parait pas devoir se présenter souvent, — il conviendra d'examiner la solution simple-

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