‹ Traité de chimie toxicologiqueChapitre 144 sur 185 · BO 50 60 70 80 90 100 MO 120 130 1*0 150 150 I/O · texte numérisé non relu

BO 50 60 70 80 90 100 MO 120 130 1*0 150 150 I/O

Fig. 78.

I. Spectre du sang normal. — Il Spectre du sang normal après addition du sulfhydrali — [II. Spectre du sang contenant de l'oxyde de carbone, avant ou après l'addition de sulfhy-

drate. — IV. Spectre du sang i tenant un peu d'oxyde de carbone après addition de

sulfhvdrate.

ment évaporée, et non encore traitée par l'acide acétique : les cristaux qui pourraient exister ne seraient pas des cristaux d'hémine; d'autre part, on ferait un essai avec une portion de l'étoffe sur laquelle il n'existerait pas de lâche, et on verrait si la solution fournit des cristaux.

On voit que la réaction de ïeichmann constitue un caractère très précieux dans le diagnostic des taches sanguines, à notre avis, le plus précieux de

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tous. Outre l'avantage de pouvoir être pratiquée sur une quantité de sang infinimenl raible, cette réaction a encore cehii de s'appliquer sans difficulté à l'élude de taches même très anciennes; c'esl ainsi qu'il esl possible de constater avec netteté par ce procédé l'existence du sang sur des tissus qui ont été lâchés depuis dix, \ in.^1 el même quarante uns. dit-un.

Les cristaux d'hémine obtenus avec le sang des divers animaux ne présentant pas de différences, le procédé ne fournil donc aucune indication sur la provenance «lu sang examiné.

Examen spectroscopiqde. — L'examen spectroscopique esl un moyen 1res rapide pour reconnaître les taches de sang : on sait en effet que ce liquide donne un spectre d'absorption très caractéristique.

Le mode opératoire esl des plus simples. La tache est mise à macérer dans de l'eau distillée; la solution, filtrée s'il y a lieu, esl placéedevanl la fente du spectroscope à peu de distance d'une source lumineuse telle qu'un !»•.■ de i;az. On la renferme dans un tube à essais ordinaire ou mieux dans une cuve à faces parallèles (v. p. ~i. fig. r. .

Les bandes d'absorption que l'on observe sont au nombre de deux, et sonl situées entre les raies I> el E du spectre solaire, c'est-à-dire dans la région du spectre comprise entre la fin de l'orangé el le milieu du vert. Plus exactement, leurs milieux occupent les divisions 84-85 el 103-104, le micromètre du spectroscope étant réglé de telle sorte que la raie du sodium soit à la division su. Ces bandes ont des bords estompés; celle de gauche est plus étroite que celle de droite fig. 78, I .

L'obscurité et la largeur de ces bandes d'absorption varienl s, 'Ion la richesse en sang de la solution examinée. Si celle-ci est trop colorée, les cl>'ii\ bandes se confondent, et même tout le spectre, sauf le rouge, disparaît. A mesure que l'on emploie des solutions plus étendues, les bandes se séparent l'une de l'autre, deviennenl plus minces el plus pâles. Pourfixer les idées, disons qu'on obtient un très beau spectre en examinant une solution de sang à I p. lui) sous une épaisseur de I centimètre I i: mais les deux bandes peuvent encore être très bien vues, sous cette épaisseur, avec des dilutions beaucoup plus grandes. D'ailleurs si le liquide esl très peu coloré, et les bandes très pale-., rien n'est plus facile que de taire l'observation - une épaisseur plus grande; l'emploi des cuves à faces parallèles, pouvant être examinées dans la largeur et dans la longueur, c'est-à-dire sous deux épaisseurs très différentes, esl tout à l'ail pratique. Ces cuves contenant une quantité assez considérable de liquide, on esl quelquefois amené à se servir d'appareils très petits et permettanl cependant l'examen sous une grande épaisseur : tel est le but des tubes plats représentés dan- la figure 79 dont nous avons déjà parlé p. 69).

L'emploi du spectroscope permel donc en définitive d'opérer très rapidement, el sur des quantités de sang extrêmement minime--.

La largeur de la fente du spectroscope influe sur la largeur et la netteté

r.VCHES DE S ANC 719

des bandes d'absorption; on la règle de manière à obtenir le maximum d'intensité des bandes. C'esl surtout avec les solutions très peu colorées que l'on sera conduil à employer des rentes très minci -

Le spectre d'absorption du sang est suffisamment caractérisé par la position

Pi g /

- deux bandes dont nous venons déparier; il devienl plus caractéristique encore si l'on ajoute à la solution quelques gouttes de sulfbydrate d'ammoniaque (ou d'un autre agent réducteur, tel que l'hydrosulfite de soude : s.uis l'influence du sulfhydrate, l'hémoglobine oxygénée se réduit, et, au bout de deux à cinq minutes, on voit apparaître un nouveau spectre d'absorption, celui de l'hémoglobine réduite ; dans ce spectre les • 1- ux bandes primitives sont remplacées par une bande unique, qui occupe l'espace compris entre les deux précédentes (région jaune du spectre . et un peu au delà, de chaque c-nté : cette bande est plus large que celle de l'oxyhémoglobine : elle est aussi moins foncée : on ne la voit que mal avec des solutions de sang trop diluées, qui pourraient montrer cependant avec netteté les deux bandes normales. Rappelons que lorsque le sang contient de l'oxyde de carbone, la réduction n'a pas lieu (voir Bg. 78. (II. et p. 70. 72).

Parmi les substances rouges qui ont un spectre d'absorption analogue a celui du sang, il faut signaler le carmin, qui montre en effet deux bandes à peu près semblables à celles de l'oxyhémoglobine. S'il pouvait y avoir confusion, on lèverait tous les doutes par l'addition du sulfhydrate qui ne produit aucune réduction avec le carmin.

Microspectroscope. — Ton- les spectroscopes peuvent servir pour des

essais de ce genre : spectroscope ordinaire de laboratoire à un seul prisme

voy. Bg. ii. p. ~ï . il n'y a pas d'avantage à rechercher une grande dis-

persion, parce que les bandes sont moins nettes : spectroscope à vision

directe, et spectroscope portatif.

Enfin on peut utiliser aussi l'instrument connu sous le nom de microspectroscope Bg. 80 . Cet appareil est destiné à être placé sur un microscope, a la place de l'oculaire. La lumière traversant l'axe du tube, réglée au moyen dune fente, tombe sur un prisme et fournit un spectre que l'on examine avec un oculaire : cette partie de l'appareil constitue un spectrosà vision directe : d'autre part, une seconde fente latérale, réglée au moyen d'une vis spéciale, peut recevoir le- rayonsd'une seconde source lumi-

neuse, bec de gaz ou lumière diffuse du ciel, et, au moyen du jeu d'un petil prisme à réflexion totale, fournit un seconds pectre pouvant servir de comparaison, juxtaposé au premier. L'appareil étanl posé mm- nu microscope à ta place de l'oculaire, on obtient facilement le spectre d'absorption du sang, si

Fig. su.

Mir.rospGctroscop

l'on place au-dessous de l'objectif une gouttelette d'une solution sanguine. L'emploi de cet instrument n'est guère pratique que pour l'examen de parcelles de sang desséché, très petites à la rigueur, mais cependant assez fortement colorées : il peut servir même à montrer l'existence de très minimes gouttelettes sanguines déposées sur un tissu qu'on examine directement, pourvu que ce tissu suit à peu près blanc el un peu translucide. L'objectifà employer dépend de la grandeur de la tache : mais on doit se contenter d'ordinaire d'un grossissemenl assez faible. Si l'on n'a à examiner que des solutions très faiblement colorées, l'emploi du microspectroscope ne présente aucun avantage sur les autres instruments.

On voit que l'examen spèctroscopique fournil un moyen simple, précis el 1res rapide pour reconnaître le sang; mais le procédé n'est pas toujours applicable, suit parce que 1rs solutions obtenues sont trop étendues, suit encore parce que l'hémoglobine a subi des transformations qui empêchent d'observer le spectre d'absorption. Cependant l'examen spèctroscopique peut être., même dans ces cas, rendu pratique à l'aide de certains artifices.

Pour les solutions trop étendues, à peine colorées, el ne montrant pas le spectre d'absorption de l'oxyhémoglobine, rappelons, d'après une observation intéressante de Linossier Ann. d'hygiène et de méd. légale, ISSU. p. 169 . que parmi 1rs dérivés de la malien' colorante du sang, l'oxyhémoglobine n'est pas celle qui fournit la réaction spèctroscopique la plus sensible : l'hétnatine réduite (hémochromogène de Hoppé-Seyler) peut donner un spectre très visible avec des liquides provenant de solutions sanguines convenablement transformées, qui préalablement étaient trop étendues pour montrer le -spectre normal. Pour effectuer celte trans-

I. Spectre d'absorption du sang qoi mal | liémoglo bine oxj gênée).

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