Perchlorure de fer — Pas de coloration bleue (morphine
T. Mélange d'acide sulfurique el de bichromate dépotasse. — Pas de coloration violette strychnine .
8. Mélange de sucre et d'acide sulfurique. — Pas décoloration verte vératrine).
0. Solution éthérée d'iode : pas d'aiguilles routes nicotine;.
10. Mélange d'acide sulfurique el d'alcool, puis perchlorure de fer. — Pas de coloration verte (digitaline crist. .
1..' liquide aqueux, résultant de l'épuisement par l'éther p. 780 . a été épuisé par l'alcool amylique, dans le but de rechercher spécialement la morphine qui pouvait avoir échappé au traitement par l'éther. Les réactions sulfomolybdate, acide iodique, sulfosélénite, perchlorure de 1er) ont été tout à fait négatives.
La totalité du résidu dont nous disposions ayant été employée aux divers — lis que non- senoiis d'indiquer, il a fallu borner la nos expériences. Rien qu'elles puissent être c plétées sur plus d'un point, ces expériences mon-
Irent cependant qu'il n'existai I pas, dans les résidus examinés, de quantité appréciable des alcaloïdes suivants : morphine, codéine, aarootine, strychnine, brucine, colchicine, nicotine, digitaline, vératrine. En résumé, les réactions chimiques onl donné des résultats tout à faits nuls.
Les expériences physiologiques indiquent aussi l'absence de vératrine, strychnine, brucine, digitaline.
D'autre part, on a vu p. 780 que l'injection d'une petite portion du résidu à une grenouille déterminait une exagération de l'amplitude des mouvements du cœur : c'est un caractère de l'aconitine : mais il ne conviendrait nullement de s'appuyer sur celte seule observation pour conclure à la présence de l'aconitine. En effet, les expériences de MM. Viberl <•! L'hôte (Annales d'Hygiène, XXVIII, p. !îi onl montré que cel alcaloïde n'est pas ni corps qui puisse produire cette réaction. D'ordinaire, dans l'intoxication par l'aconitine, le cœur de la grenouille présente une période d'ataxie, précédant la période d'amplitude : ce qui n'a pas été observé ici. Remarquons enfin qu'il faut être très réservé dans ["interprétation d'un résultat de ce genre, alors que les essais n'ont pas été répétés plusieurs fois : quel que soit le soin apporté à l'expérience, il peut arriver, par suite des mouvements de l'aniinal. qu'un très - changement de la position du cœur entre les cuillerons qui le maintiennent, amène des modifications importantes dans la grandeur du tracé inscrit par le style.
En somme, la pr l'aconitine n'est aucunement démontrée, et nous
n'avons là qu'une indication tr - - . qui n'est corroborée ni par l'expérience I. faite sur le cobaye, animal cependant très sensible à l'aconitine. ni par la saveur de l'extrait pas de fourmillement caractéristique de l'aconitine . Nous ne nous sommes pas arrêtés à l'étude des réactions chimiques de l'aconitine, réactions que nous avons toujours trouvées peu sensibli peu probantes; mentionnons toutefois que l'acide sulfurique n'a point fourni
la coloration brune, puis violacée, qu'c bserve avec certaines marques
d'aconitine.
En résumé :
I. — L'autopsie du baron de Iî... n'a révélé l'existence d'aucune lésion à laquelle on doive nécessairement attribuer la mort.
Les organes étaient sains, à l'exception du cœur : celui-ci se trouvait dans un état qui justifie certaines réserves; on sait., en effet, que le mauvais fonctionnement de cel organe est une cause fréquente de mort subite.
Parmi les accidents cardiaques pouvant entraîner la mort subite, les uns, tels que : rupture du cœur, anévrisme du Cœur, oblitération des artères coronaires, thrombose cardiaque, alV.-i-ii.in-- aortiques el mi traies, -..ut en rapport avec des sions que révèle l'autopsie. Aucune lésion de cel ordre n'ayant été observée dan- Le cas actuel., ces causes de mort doivent être .'■.'art' s. Lais-" n- encore de côté l'hypothèse d'une angine de poitrine, affection qui peut bien tuer des le premier accès, mais qui détermine une
s >isse très vive, force le malade à s'asseoir, l'oblige à appeler des irs ; circonstances qui ne semblent pas s'être produites lors du décès de M de li.
D'autres accidents, difficiles à reconnaître lorsque l'autopsie n'est faite que tardivement, doivent être signalés. — Rappelons que le cœur de M. de
R était gras; la paroi du ventricule droit était amincie et réduite
presque à la moitié de l'épaisseur normale : une partie de la substance musculaire, qui détermine les contractions cardiaques, était transformée en tissu adipeux : du fait de cette d tisseuse, il pouvait résulter
un fonctionnement défectueux des mouvements de diastole et de systole : «lit n-^ ces conditions vicieuses de l'organe, un arrêt du cœur pouvait être particulièrement à craindre sous la forme d'une syncope. Il est dune légitime de dire que le baron de R... était plus exposé au danger de mort subite que ne l'aurait été une personne possédant un cœur de structure normale et sans trace de di - cence graisseuse.
Mais nous sommes bien loin de pouvoir affirmer que telle a été réellement la cause de la mort. Quelles que soient, en etfel nditions dans lès-
es elle se produise, la syncope, qui • sn un arrêt fonctionne
mouvements cardiaques, ne laisse aucune trace qui puis e par
l'examen direct, ni même par l'examen microscopique. Dans la syncope,
ivités du cœur sont vides; mais cette constatation n'est plus poss quand l'autopsie est pratiquée Irois semaines après la mort; car, alors, par suite de la putréfaction, le sang a été expulsé du cœur et des vaisseaux, i ! eurest normalement vide.
II. — La mort de M. de R peut donc avoir eu une cause tout autre
que celle dont nous venons d'indiquer seulement la possibilité; elle peut avoir été le résultat d'un empoisonnement : beaucoup de poisons, en effet, donnent la mort sans laisser sur le cadavre de traces appréciables à l'autopsie.
L'analyse chimique n'a révélé la présence d'aucune substance toxique à laquelle on doive attribuer la mort.
Il nous semble utile de préciser ici les résultats de celte analyse. Les recherchés faites en vue de retrouver les composés métalliques, tels que : plomb, mercure, arsenic, antimoine — rechereb is qui ne présentent pas grandes difficultés même lorsque l'analyse est faite longtemps après la
mort. — nous conduisent à affirmer que le décès du baron de R n'a
pas été causé par un poison de ce genre. Quant aux poisons volatils on facilement altérables aride prussique, chloroforme, etc.), qu'on peut craindre de ne pas retrouver par l'analyse lorsque celle-ci est pratiquée trop tardivement, nous dirons seulement qu'il n'en existe actuellement pas de traces dan- les viscères, et que toute nouvelle recherche dirigée dans ce s :ns serait vaine.
11 nous reste à parler des poisons végétaux ou alcaloïdes. On a vu qu'il n'a été trouvé' aucun indice formel de la présence d'un poison alcaloïdique.
-si II! \l l 'K DE i II l MIE TOXICOLOGIQUE
Mais m His devons l'aire remarquer que, soucieux de réserver une très grande partie des viscères en vue de nouvelles expériences qui pouvaienl devenir nécessaires, nous avons opéré sur des résidus d'extraction fort peu abondants, et que par suite mis essais pourraient être étendus el complétés.
En reprenant ces essais avec la totalité ou la presque totalité de ce qui reste des viscères, on obtiendra des résultats plus certains ; et, s'ils concordent avec ceux de uns premières expériences, ils pourront être tenus pour probants. — Quant à présent, toul ce que nous devons dire, c'est que nous n'avons pas trouvé dans les \ iscères de traces des alcaloïdes les plus importants, à savoir : morphine, codéine, narcotine, brucine, colchicine, strychnine, vératrine, nicotine, digitaline, aconitine.
Il importe de remarquer que, si l'analyse n'indique pas dans les viscères la trace d'un poison végétal, ce n'est pas une preuve absolue qu'un tel poison n'a pas été absorbé : il existe des alcaloïdes qui tuent à la dose de 2 à 3 milligrammes ; on conçoil les difficultés à peu près insurmontables que peut présenter la recherche d'une aussi minime quantité de substance, disséminée dans la masse énorme du cadavre, alors surtout que cette dose inliniment faiblea été partiellement ou totalement transformée par son passage dans l'économie, en partie éliminée par les excrétions, altérée ou détruite par les phénomènes de la putréfaction.
III. — Pour reconnaître avec précision un empoisonnemenf par un alcaloïde, il faudrait encore pouvoir rapprocher des résultats fournis par l'analyse chimique un autre ordre de documents: il faudrait connaître les accidents el phénomènes pathologiques qui ont précédé la mort. Dans le cas actuel, les documents de ce genre nous fout à peu près complètement défaut. Si nous nous en rapportons aux déclarations faites devant M. le juge d'instruction par la personne qui, la première, a vu M. de R... mort dans son lit, le matin du 20 novembre 1892, le défunl aurait été' trouvé couché sur le dos. dans la position qu'il occupai! d'ordinaire pendant son sommeil ; el la uiorl n'aurait été précédée ni de diarrhée, ni de vomissements, ni de phénomènes convulsifs qu'aurait révélés le désordre du lit ou L'attitude du cadavre.
Celle déposition serait plutôt de nature à faire écarter l'hypothèse d'un empoisonnement : car. dans une intoxication aiguë, il y a presque toujours, pende lemps après l'absorption du poison, des phénomènes pathologiques tels que ceux que nous venons d'indiquer: parmi les poisons qui feraient xception à cette règle, on pourrait citer l'opium el la morphine, el seulement dans des circonstances spéciales; par exemple, dans le cas d'une injection hypodermique de morphine à dose élevée, pratiquée sur un individu déjàa ccoutumé à ce poison. •
Conclusions. — Des expériences qui viennent d'être rapportées, il découle que nous ne pouvons déterminer d'une façon rbrmelle quelle a été la cause de la mort du baron de R... Toutes réserves étant faites sur les résultats que
ANNEXES pourra donner une seconde série d'expériences, nous nous bornerons à dire :