V. Echantillon prélevé le matin, i te en III
VI. Tirage exagéré, par suppression de la plaque mobile, de la soupape régula-
trice. Tuyaux de 2 m. de hauteur avec- trois coudes. Grande marche.
Le transport des poêles mobiles d'une pièce dans une autre est une source de dangers; le tirage dans une cheminée pleine d'air froid s'établit mal ou lentement. Les poêles mobiles <le\ raient, autant que possible, rester immobiles. — La cause principale de l'intoxication par ces appareils est le passage des produits de combustion d'une pièce dan- une autre, par l'intermédiaire de corps de cheminées communiquant entre eux. Ces accidents se produisent surtout dans les vieilles maisons où les corps de cheminées ne -"lit pas séparés. Le passage des gaz se t'ait souvent d'un étage à l'autre, el ce n'est pas un paradoxe que de soutenir qu'on est moins souvent empoisonné par son propre poêle mobile que par celui de son voisin. La séparation des corps de cheminée remédie à ces danger-, niais non point absolument. Il n'est pas rare qu'il se produise entre deux corps de cheminées contiguës, des fissures, des dégradations permettant la communication entre les gaz qui circulent dans les deux (-(induits '.
' Voir par exemple, Relation d'un quadruple empoisonnement par un poêle mobile, par Ogier et Socquet Ami. d'hyg. (3), t. XXII, p. 276.)
Combustion im charbon a l'air libre. — Dans la combustion du charbon à l air libre, par exemple à l'aide du réchaud vulgaire si souvent employé dans les suicides, la composition des p\z produits varie nécessairemenl beaucoup selon les dimensions de la pièce, la proportion d'oxygène, etc. Leblanc a fait à ce sujei diverses expériences, consistant à faire brûler un l>iiids déterminé de braise de boulanger dans une pièce de dimensions connues : de temps à autre des échantillons d'air étaienl puisés par un tube traversant la porte. Voici la composition d'un de ces échantillons qui constituai! une atmosphère mortelle pour les animaux :
Hydrogène carboné 0.04
Oxygène 19.10
Azote 73.69
Oxyde de carbone 0,54
Pour comparer la toxicité de l'oxyde de carbone avec celle de l'acide carbonique, Leblanc introduisail dans la même chambre un courant de gaz carbonique ; le chien résistail encore au bout de lb minutes, après qu'une bougie s'y était éteinte (25 minutes). L'atmosphère alors
contenait :
Oxygène 10
Azote :ii
Acide carbonique 30
On tirerait de ces expériences la conclusion que l'oxyde de carbone
est soixante l'ois plus toxique que l'acide carbonique.
Cazeneuve a analysé les produits de combustion de certaines briquettes employées au chauffage des voitures et formées d'un mélange de charbon de bois, de nitrate de soude et de dextrine : ces produits de combustion roni'ermaienl 90 p. 100 d'acide carbonique, Kl p. Mil) d'oxyde de carbone el u\[c faible quantité de vapeur nitreuse.
Oxyde de caiusone dans les mines. — ■ Le grisou, qui s'accumule parfois dans les galeries des mines de bouille, est un mélange de formène et (l'air. Le formène lui-même ne parait pas avoir d'effet toxique. .Mais, à la suite des explosions, il se forme, par suite de la combustion incomplète de ce gaz, une quantité notable d'oxyde de carbone. On peut citer par exemple les analyses suivantes, faites sur l'air d'une galerie, après une explosion, au puits de la Culatte, dans le bassin de la Loire <lcX87 .
Acide carbonique 1.42S
Oxyde île carbone 3,333
Hydrogène •'■ ~
Azote • 78,236
Oxygène 10.100
11 arrive donc que les mineurs qui succombent dans ces explosions offrent souvent les signes de l'empoisonnement par l'oxyde de carbone. Dans l'explosion du puits Jabin, relatée par le Dr Riembault 1896 . quinze survivants ont tous présenté les symptômes de l'intoxication par l'oxyde de carbone : des ouvriers <>nl été trouvés morts dans une galerie où les lampes brûlaient encore, ce qui ne permei pas de croire à une simple asphyxie. Au puits Chastelus, les signes de l'empoisonnement oxycarbonique ont été constatés par le spectroscope ; l'analyse des gaz a montré dans l'air environ 3 p. 100 d'oxyde de carbone '.
Oxyde de carbone dans lk gaz d'éclairage. — Les asphyxies par le gaz d'éclairage son) extrêmement nombreuses. Le véritable agenl toxique dans le gaz d'éclairage esl l'oxyde de carbone. La proportion de ce gaz dans le mélange est variable; elle est souvent voisine de G |>. 100; mais elle atteint parfois 10 et même 13 p. 100.
On -.ait que dans les canalisations les mieux construites, il existe toujours des fuites inévitables jusqu'à 10 p. 100, et plus . Quand il s'agit de grandes villes connue Paris ou Londres, les volumes de gaz ainsi déversés dans l'atmosphère arrivent à représenter des chiffres énormes : il est fort possible que ces dégagements lents de gaz toxique ne soienl pas sans influence sur l'hygiène.
Les empoisonnements aigus sont dus à des fuites importantes provenanl soit de> robinets laissés ouverts par négligence, suit des joints des canalisations. On a signalé des asphyxies brusques par le gaz inhalé presque à l'état de pureté, par exemple pendant l'opération du délutage des cornues dans les usines à gaz, ou chez t\f> ouvriers descendant dans des tranchées où l'on avait laissé ouverte une conduite de gaz. etc. ( le son! là plutôt des asphyxies par manque d'oxygène ou des phénomènes d'inhibition, la mort, en pareil cas. survenant trop promptemenl pour que l'oxyde de carbone ait le temps d'exercer son action sur les globules. ■ — Dans les appartements et autres espaces élus, on se préoccupe des fuites de gaz. surtout en raison du danger d'explosion : les dangers d'intoxication lente ou aiguë ne sont pas moins à redouter. D'ordinaire, l'odeur très pénétrante
1 Le lecteur trouvera de très intéressants el très complets documents sur l'oxyde de carbone dans les mines de charbon el sur la composition de l'air des galeries après Ii explosions, dans un ouvrage de J. Haldane (d'Oxford). Rapport sur les causes de mort dans les explosions des mines et les incendies souterrains. Ce travail a été traduit et commenté par J. Daniel, dans les Annales des mines de Belgique, f. II, 1897.
H 2 TRAITE DE CHIMIE T0XIC0L0GIQ1 E
du gaz indique les Fuites longtemps avanl qu'il \ ail danger d'explosion og d'intoxication : mais très souvent «1rs accidents se produisenl pendanl le sommeil : on * 1 « > ï t se rappeler que le mélange de gaz el d'aif devient dangereux à respirer bien avant que la richesse en gaz d'éclairage soit suffisante pour créer un risque il explosion.
On connaît plusieurs exemples d'empoisonnement par le gaz d'éclairage répandu en grande quantité dans îles appartements sans que l'odeur du gaz ail été perçue : c'est ce qui arrive lorsque le mélange, avant de pénétrer dans les maisons, doit traverser une forte épaisseur de terre ; dans ce cas, les vapeurs carbonées qui donnent au gaz son odeur bien connue, telles que la benzine, la naphtaline, sont retenues par la terre; en sorte que le gaz sort i'i peu près inodore el a perdu en même temps une partie de son pouvoir éclairant. On constate, dans ces cas, que la tuile est d'ordinaire à mie assez grande distance du lieu de l'accident 10. 15, 2" mètre-, jusqu'à X\ mètres dans un exemple cité par Koberl .
Ces faits d'empoisonnement à distance — < »i 1 1 utiles à connaître. Il peut forl bien arriver que l'expert ne songe point tout d'abord à un empoisonnement par le gaz, surtout s'il n'y a pas de canalisation de gaz installée dans la maison où a eu lieu l'accident.
Il a été remarqué que les asphyxies de ce genre surviennent presque toutes en hiver, alors que la terre est gelée; on en devine les raison- : la pression du gaz en cette saison est plus tinte ; le sol des chaussées devient à peu près imperméable; les gaz s'échappant des canalisation- tuile-, siphons désamorcés, etc. circulent dan- le sol et finissent par rencontrer des mur.-, entre les pierre- desquels se trouvent toujours îles interstices permettant la pénétration du gaz dan- le- maisons.
Les signes de l'empoisonnement par le gaz d'éclairage ne diffèrent guère de ceux de l'intoxication oxycarbonée ordinaire ; nous mentionnerons plus loin p. llli les quelques travaux qui ont été faits sur ce sujet et nous étudierons les autre- éléments constituants du gaz d'éclairage.
Beaucoup d'autres mélanges gazeux employés dan- l'industrie contiennent de tories proportions d'oxyde de carbone et présentent de sérieux dangers. Ces mélanges -ont d'autant plu- à redouter, qu'ils ne sont point odorants comme le gaz d'éclairage. C'esl d'abord le gaz à l'eau, produit par l'action de la vapeur d'eau sur du charlioii chauffé au rouge, selon les deux réactions :
C 4. ii-m = !n- II- C + 2H*0 = CO! — -211-
On cherche, sans y parvenir entièrement, à produire surtout la seconde réaction, qui ne donnerait que de l'hydrogène non toxique l'acide carbo-
nique étanl absorbé par l;i chaux . Voici la composition d'un gaz à l'eau épuré appareil de Fages :
Hydrogène 04
Acide carbonique 0.5
Oxyde de carbone 3,5
Formène 0.4
Ce gaz peut être rendu éclairant. L'industrie du gaz ù l'eau, peu répandue en France, a fait de grands progrès en Amérique.
Le gaz produit par la distillation du bois vers 350° est un mélange contenant lin p. 100 d'acide carbonique, 7 p. luit de formène, 33 p. 100 d'oxyde de carbone. Le gaz de tourbe renferme environ 2o ]>. 100 d'oxyde île carbone.