‹ Traité de chimie toxicologiqueChapitre 46 sur 185 · A NIL] N E · texte numérisé non relu

A NIL] N E

L'aniline, C6H7Az, existe dans le goudron de houille, dans l'huile d'us. On la prépare industriellemenl en grandes quantités par la réduction de la nitrobenzine.

C'est une substance assez toxique, et l'on observe souvent des accidents chez les ouvriers occupés à sa fabrication. — D'après les expériences de Letheby, vingt ou trente gouttes d'aniline, introduites dansl'estomac d'un cobaye, le tuent rapidement; deux à trois grammes sont toxiques pour un chien de faille moyenne. Les grenouilles meurent dans une eau contenant un peu d'aniline en solution. Les piaules sont aussi très sensibles à l action nocive de cette base. — Chez les animaux, l'ingestion de petites quantités d'aniline produit des spasmes cloniques, des troubles de la respiration, de la dilatation des pupilles, de la paralysie. Les mêmes effets oui été notés chez l'homme, à la suite de l'inhalation des vapeurs d'aniline; on a observé souvent une coloration violacée particulière des lèvres, des ongles,

de la jonctive : cette coloration paraît être due à une transformation

de l'aniline par oxvdation, et ne semble pas uniquement attribuable à des phénomènes d'arrêt dans la circulation. ( )n a indiqué aussi une coloration rouge violacé de la sueur chez les individus intoxiqués par l'aniline.

L'absorption de l'aniline est beaucoup plus rapide que celle de la nitrobenzine, ce <|ui lient à sa plus grande solubilité et à la facilité avec laquelle elle peu! se transformer dans l'économie en sels solubles.

Les lésions trouvées à l'autopsie, chez les animaux, ne sont pas très saillantes. Le poison paraît se localiser dans le foie, et s'éliminer en grande partie par les poumons; on n'en trouve que de faibles quantités dans le sang et dans l'urine '.

1 Certains auteurs prétendent cependant que ["urine exhale une forte odeur d'aniline : on a fait justement observer '[in- cette odeur ne pourrail guère être perçue que m l'urine était franchement alcaline.

Propriétés. — L'aniline esi un liquide incolore, nmi^ brunissant rapidement à l'air, huileux, réfringent, d'une odeur assez caractéristique. Elle bouta -f- 183°, est soluble dans 31 parties d'eau à -\- 12°, mais ne dissout que de petites quantités d'eau : elle est miscible en toutes proportions avec l'alcool ordinaire, l'alcool méthyhque, l'éther, l'acétone, lo> huiles, les essences, le sulfure de carbone. Elle dissout un assez grand nombre de corps, notamment le soufre, le phosphore, des résines, etc.

L'aniline est une base énergique formant des sels stables; à chaud elle déplace l'ammoniaque de ses sels; à froid c'est au contraire l'ammoniaque qui déplace l'aniline. Traitée par les oxydants, elle donne naissance à di\ erses matières colorantes.

Recherche de l'aniline. — L'anibne peut être isolée par distillation des matières en présence de l'eau; toutefois, en raison deson point d'ébullition assez élevé, cette distillation serait longue et pénible. — D'autre part, l'anibne étant un alcali, on peut l'isoler aussi par les procédés généraux qui sont employés pour l'extraction des alcaloïdes végétaux; ces procédés, en effet, basés principalement sur la solubibté des sels des alcaloïdes dans l'alcool, et sur la solubibté des alcaloïdes libres dans l'éther ou autres dissolvants, conviennent parfaitement à l'extraction de l'anibne. Nous renverrons donc le lecteur au chapitre 1er, •"> partie, où sont décrites ces méthodes générales. Quel que soit le procédé adopté, on prendra soin de ne pas prolonger inutilement les évaporations des dissolvants, et de chauffer modérément, sous peine de voir disparaître, en raison de sa volatihté, une notable proporti le l'anibne isolée.

Dt's procédés spéciaux ont été indiqués pour isoler l'aniline ou pour la caractériser dans des viscères ou matières organiques.

Obvier et Bergeron chauffent les matières avec de l'acide sulfurique et de l'acide arsénique; l'anibne est ainsi transformée en fuchsine sulfate de rosanibne . Le résidu lavé avec de l'alcool chaud fournit une solution colorée en rouge plus ou moins louer.

Letheby, dans un procédé où il paraît s'être préoccupé surtout d'isoler simultanément la nitrobenzine et l'anibne, acidulé les matières avec de l'acide sulfurique étendu et distille, dans un bain deçhlorure decalcium, en recueillant ce qui passe vers -f- 213° (nitrobenzine : on épuise le résidu par l'alcool ; on précipite par l'acétate de plomb, on filtre, on élimine l'excès d'acétate de plomb par addition de sulfate de soude dissous, et on filtre de nouveau : on rend le liquide alcalin par de la potasse et on distille au bain d'huile ; le produit distillé contient l'anibne libre, qui est transformée en sulfate. Plusieurs réactions sensibles permettent de caractériser ce sulfate : nous en indiquons ci-après quelques-unes.

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